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Afghanistan

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L’Afghanistan, en forme longue la république islamique d'Afghanistan (pachto : ; dari : ), est un pays d'Asie centrale sans accès à la mer entouré par l'Ouzbékistan au nord, la Chine et le Tadjikistan au nord-est, le Pakistan à l'est-sud-est, l’Iran à l'ouest et le Turkménistan au nord-ouest.
Le pays est un carrefour de l'Asie qui voit passer de nombreux peuples par son territoire. Ce dernier constituait, à l'époque de l'Antiquité, un point de passage important sur la route de la soie et les conquérants qui souhaitaient prendre le contrôle de l'Inde y passèrent : Cyrus le Grand, Alexandre le Grand, Gengis Khan, l'empereur Babur, etc. Cette région est cependant le noyau de vastes empires comme l'Empire bactrien, l'Empire kouchan ou encore l'Empire ghaznévide.
C'est à la suite de l'effondrement du royaume perse afcharide que l'Afghanistan devient une entité souveraine en 1747, sous le commandement du général Ahmad Chah Durrani, devenu premier padichah du pays cette même année.
À la suite de la seconde guerre anglo-afghane, les Britanniques privent l'Afghanistan de certains territoires . mais s'engagent à ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la partie restante .. Le pays devient ainsi un État tampon de 1879 à 1919, demeurant indépendant sur le plan de la politique intérieureÀ la suite du traité de Gandamak, ce « quasi-protectorat » ne sera pas reconnu par la communauté internationale mais la politique étrangère est prise en charge par la Couronne britannique qui installe un résident représentant le vice-roi des Indes à Kaboul ; cf. Antoine Fleury, La pénétration allemande au Moyen-Orient, 1919-1939 , éd. Brill, 1977, 279 note 1. En 1919, à la suite de la victorieuse troisième guerre anglo-afghane, le pays récupère le contrôle de sa politique étrangère avec le traité de Rawalpindi{{Ouvrage langue=français auteur1=Sophie Chautard titre=La géopolitique du et du nouvel ordre mondial passage=216 éditeur=Studyrama année=2005 pages totales=298 isbn=2-84472-547-3 lire en ligne=https://books.google.fr/books?id=8hjTg_CpPFMC&pg=PA216&dq=%22l%27%C3%A9mir+Amanoullah+r%C3%A9ussit+%C3%A0+faire+accepter,+par+le+trait%C3%A9+de+Rawalpindi+en+ao%C3%BBt+1919,+l%27ind%C3%A9pendance+de+son+pays.%22., lieu de la défaite des armées britanniques ., et rejoint en 1921 la Société des Nations. En 1979, les troupes soviétiques, dans le cadre des accords de défense mutuelle qui lient l'URSS à l'État afghan, répondent à l'appel du parti communiste au pouvoir, menacé par une rébellion armée. Cette intervention entraîne une forte résistance des rebelles, armés par les États-Unis, résistance qui mènera au retrait des forces soviétiques en 1989. En 1996 un gouvernement islamiste, celui des talibans, prend le pouvoir et est chassé par une coalition internationale en 2001. En 2004, le pays devient une « république islamique » de type présidentiel dirigée par un président aux pouvoirs étendusS'inspirant à la fois des systèmes américain et français, la constitution afghane accorde d'importants pouvoirs au président de la République. Par exemple, comme la constitution française, la constitution afghane accorde au président le droit de dissoudre la chambre basse du parlement bicaméral. En revanche tout comme la constitution américaine, la constitution afghane ne fait partager les prérogatives et les pouvoirs du président avec aucune autre personnalité (exécutif monocéphal, absence de la fonction du premier ministre). http://www.afghan-web.com/politics/current_constitution.html#chapterthree mais contrôlés par un parlement bicamérismebicaméral. Depuis 1979, le pays est le théâtre constant de conflits armés.

Géographie


L'Afghanistan est un pays montagneux avec des plaines au Nord et au Sud-Ouest. Le point le plus haut du pays, à au-dessus de la mer, est le Nowshak. De grandes parties du pays sont arides, et l'eau potable est limitée. L'Afghanistan a un climat continental, avec des étés chauds et des hivers froids. Le pays est fréquemment sujet aux tremblements de terre.
Les villes principales de l'Afghanistan sont Kaboul, Herat, Jalalabad, Mazar-i-Sharif et Kandahar.
Fleuve : Hari Rud

Étymologie

Le nom « Afghanistan » dérive du mot « Pachtoune », qui désigne l’ethnie majoritaire du pays qui a fondé l’Afghanistan actuel. Le suffixe « stān » veut dire « pays » en dari et « afghan » est un synonyme de « pachtoune », Afghanistan signifie donc « pays des Pachtounes ».
On a longtemps pensé qu’al-Biruni, le célèbre mathématicien, encyclopédiste et philosophe persan, fut le premier à avoir évoqué les Afghans dans son Histoire de l’Inde (1030). En réalité, le terme « Afghan » avait déjà été cité en 982 par Houdoud al Alam, géographe persan et Ibn al-Athir qui avait cité le nom dix ans avant le premier.
De nombreuses légendes entourent le nom de ce peuple mystérieux dont le passé est relativement mal connu. Ainsi , historien et géographe indien à la cour de l’empereur moghol Jahangir, écrivit dans son Histoire des Afghans que le peuple afghan serait issu d'un officier du roi Salomon nommé Afghâna. Les descendants de cet officier auraient été chassés d'Israël par Nabuchodonosor et se seraient installés dans l'actuel Afghanistan, notamment dans la région des . Cette légende n'est pas confirmée et dans l'Ancien Testament on ne retrouve nulle part le nom de ce fameux officier de Salomon. Cette théorie peut aussi être réfutée par les origines du peuple pachtoune, ethnie majoritaire du pays. En effet, les Pachtounes font partie des peuples indo-aryens et ne sont pas sémites.
D'autres explications, toutes aussi originales, ont été avancées. Ainsi, l’une prétend que le mot « afghan » aurait des origines albanaises (du grec Al-Ab, on aurait fait Agvan, puis Avgan). L'autre, celle de Vera Marigo, se rapporte aux « épigones » — les successeurs d'Alexandre le Grand : Epigonoï aurait évolué en Aphigonoï (Afigani). Ces théories n'expliquent pas les mille ans qui séparent la fin des royaumes grecs de la toute première apparition du mot « Afghan . ».
Une histoire raconte que le nom « Afghan » vient du mot qui voudrait dire « cavalier ». Les gens du peuple, pour faciliter la prononciation, disaient Apagan. La phonétique changea lors de la venue des Arabes. Dans l’alphabet arabe la lettre p n’existait pas alors ce qui donna Afagan. Ce mot évolua pour enfin donner le mot Afghan. À la suite de cette interprétation et du roman Les Cavaliers de Joseph Kessel l’on retrouve le « pays des Cavaliers » comme désignation de l’Afghanistan.
Les Afghans considèrent que le nom médiéval de leur pays est Khorassan qui désigne actuellement une région du nord-est de l'Iran.

Histoire


Fichier:Gandhara, periodo kushan, buddha in meditazione, I-IV sec.JPGvignetteredresseBouddha assis en méditation. Gandhara. Empire kouchan, .
L’Afghanistan, considéré comme un carrefour de l’Asie centrale, a une histoire mouvementée. À travers les âges, le territoire désormais connu sous le nom « Afghanistan » a dominé la région puis a été occupé à son tour par l’Empire perse, par Alexandre le Grand, Gengis Khan, et l’URSS. Son emplacement géographique sur les routes commerciales fait que ce pays reste encore au début du un enjeu stratégique majeur.
Cet emplacement stratégique a profité à de nombreux royaumes qui se sont succédé sur ce territoire. Ainsi, après l’effondrement des royaumes grecs et un bref contrôle exercé par l’empereur Ashoka, le peuple Yuezhi, avec à sa tête le chef Kujula Kadphisès s’empare du pays et se taille un gigantesque Empire qui sera nommé l’Empire kouchan. Son territoire s’étendait de l’Iran actuel jusqu’en Inde, probablement plus loin que Delhi et de la mer d'Oman jusqu’à la mer d'Aral. Pour beaucoup d’historiens, c’est grâce à cet Empire kouchan et plus précisément à son empereur Kanishka que le bouddhisme a pu s’étendre jusqu’en Chine, en Corée et au Japon par les voies commerciales et non par des conquêtes militaires.
Les Afghans menèrent de nombreuses batailles contre les envahisseurs qu’ils aient été perses, indiens, russes ou britanniques. Ces derniers ont notamment subi en Afghanistan des défaites marquantes, en particulier celles de Gandamak en 1842 . où le régiment britannique fut totalement anéanti et de bataille de Maiwand où le régiment n’a compté que quelques survivants. L’Afghanistan fut État asiatique avec le Japon aux puissances coloniales européennes. Son histoire et sa création comme État tampon entre les possessions de l’Angleterre et de la Russie ne se comprend pas sans une analyse géopolitique du Grand Jeu des Puissances, réactivé au début du dans un contexte de contrôle des routes pétrolières et gazières.

Avant 1747

Convoité par de nombreuses puissances tant régionales que mondiales, l’Afghanistan se trouve toujours sur le chemin de l’Inde lorsque les Perses, Grecs, Moghols, ou Turcs rêvent d’en prendre le contrôle. Inversement, l’Afghanistan s’est toujours trouvé sur le chemin des empereurs indiens comme Ashoka, dans leur volonté d’expansion vers l’ouest.
Fichier:Drachme bilingue du royaume de Bactriane à l'effigie de Ménandre Ier.jpgvignette est le plus remarquable des rois indo-grecs qui succèdent en Afghanistan, au Pakistan et en Inde du nord à la dynastie gréco-bactrienne.
L'archéologie de l'Afghanistan a révélé la présence de populations depuis la préhistoire .. Des relations ont pu être établies entre les cultures du chalcolithique afghan et les cultures chalcolithiques du Baloutchistan pakistanais. Plus tard une civilisation dite de l'Hilmand (seconde moitié du millénaire - première moitié du millénaire) prouve par ses productions artisanales l'étendue et la diversité de ses relations avec le plateau iranien, l'Asie centrale et surtout la bordure occidentale du monde indien. Le site de Mundigak (surtout entre 3000 et 2500 av. J.-C.) en est un témoin significatif, sur , il est en relations étroites avec un site aujourd'hui situé dans le Seistan iranien fondé av. J.-C.. Ce site, Shahr-i Sokhta, dépasse , là le travail du lapis-lazuli et de l'albâtre sont le signe d'une vie florissante. Les échanges sont particulièrement révélateurs avec les premières cultures qui précèdent l'apparition de la civilisation de la vallée de l'Indus dont le développement va entrainer un changement complet des échanges commerciaux et la disparition de Mundigak et de nombreux autres sites de cette époque.
Parallèlement, l’Afghanistan a également été le centre de nombreux pouvoirs forts d'origine grecque sous le royaume gréco-bactrien, bouddhiste sous l’Empire kouchan, turc du Turkestan afghan (la région nord de l'Afghanistan) sous le règne des empereurs Ghaznévides comme Mahmoud de Ghazni qui a conquis depuis sa capitale Ghazni (ville du sud de l’Afghanistan) non seulement une bonne partie d’Asie centrale, la Perse et l’Inde du Nord, ou l’Afghan Muhammad Ghûrî de la dynastie des Ghûrides (originaire de la région de Ghûr appelé aussi Ghor dans le centre l’actuel Afghanistan) qui conquis non seulement la totalité de l’actuel Afghanistan et l’Inde du nord, où on le considère comme fondateur du Sultanat de Delhi (qui a été fondé après son passage en vérité par un de ses lieutenants afghans, Qûtb ud-Dîn Aibak).
Fichier:The Surrender of Kandahar.jpgredressevignetteKandahar en 1640
La région va souffrir au du passage des Mongols de Gengis Khan, qui vont détruire des cités prospères comme Balkh et Bamiyan tout en massacrant ses habitants. Après une période de décadence et de petites principautés qui dominent l’actuel Afghanistan, en 1370, Timur Lang appelé Tamerlan par les occidentaux, un Turc originaire d’Asie centrale se débarrasse de son beau-frère, s'autoproclame Émir dans la cité de Balkh et se lance à la conquête du monde en installant sa capitale à Samarkand (l’actuel Ouzbékistan) et fonde l’empire des Timurides, mais son fils Shah Rukh Mirza va transférer le siège de l’empire à Hérat (actuelle ville de l’ouest afghan) et Hérat va connaître son âge d’or sous le règne du sultan Husayn Bayqara au avec l’édification de l’art timuride, la littérature et la connaissance, Hérat va devenir la capitale impériale et le berceau de la connaissance et de la civilisation. En 1510, l’empire Timuride est détruit par l’Ouzbek Mohammad Chaybani. Puis c’est l'entrée d’un prince local Timuride de Ferghana, Babur qui a été chassé de son trône par ses oncles et installé à Kaboul, où il s’est fondé un petit royaume composé de Kaboul et Kandahar. Depuis sa capitale, Kaboul il se lance à la conquête de l’Inde, où il va chasser du trône de Delhi, le sultan afghan Ibrahim Lodî. Babur va fonder la dynastie appelée Baburide, connue sous le nom des Grands Moghols de l’Inde. L'Afghanistan va connaître une période mouvementée, disputé entre les Grands Moghols de l’Inde et les Séfévides de Perse. En 1707, le prince afghan de Kandahar, Mirwais Khan Hotaki de tribu pachtoune de Ghalzaï qui va chasser les Perses au-delà de sa région et son fils Mahmoud Hotaki va repousser les Perses, tout en envahissant leur pays et se fait couronner Shahanshah (roi des rois) à Ispahan, la capitale des Séfévides par l’empereur déchu des Perses qui lui remet sa couronne et son épée et le fait couronner empereur en 1722. En 1739, un Turkmène persan s’autoproclame roi sous le nom de Nader Chah Afshar va chasser les Afghans et envahit de nouveau le pays et l’Inde du nord.
  • Le rôle de l’islam : au cours de l'expansion arabe et de la conquête de l'Irak, à la suite d'une contre-attaque des Sassanide de Perse en 634 (ou 631/632, Bataille du pont), les premières armées arabo-musulmanes défient le puissant voisin à la bataille d’al-Qadisiyya. La déroute des sassanides ouvre la voie à la jeune armée musulmane qui finit par absorber le grand Empire dont l’Afghanistan faisait partie intégrante. L’islamisation de l’essentiel du pays a pris plus de . La résistance , l’a considérablement retardée. La région du Nouristan a été la dernière région du pays à se convertir à l’islam. En effet, les Nouristanis ne sont majoritairement musulmans que depuis le , soit plus de après les toutes premières conquêtes arabes.
  • Après l’installation définitive de l’islam en Afghanistan, celui-ci ne s’est plus étendu par l'action des Arabes mais surtout par celle des Turcs comme l’empereur Mahmoud de Ghazni et Muhammad Ghûrî. En ce qui concerne l’islamisation de l’Inde, le chef militaire afghan Sher Shah Suri y a joué un grand rôle quand il fut suzerain à Sasaram. Ce dernier a notamment été à l’origine de la route Grand Trunk Road connue par les Européens sous le nom de la Grande marche. Cette route relie le Bengale à Delhi, s’étend jusqu'au Pakistan et finit en Afghanistan passant par le Khyber Pass. Le tombeau du suzerain, appelé aussi le deuxième Taj Mahal en Inde, figure sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.

    1747-1919

    Règne d’Ahmad Shâh Durrani

    vignetteLimites de l’empire afghan de 1747 à 1772
    L’Afghanistan en tant qu’État commence à exister en 1747. Cette date correspond à la dislocation de l’Empire perse afsharide, après la mort de l’empereur Nader Chah de Perse. Très rapidement, l’Afghanistan s’impose comme une puissance militaire de premier ordre dirigée par des généraux comme Ahmad Khan Abdali. Ce chef militaire, devenu padichah Ahmad Chah Durrani, cette même année, après son élection par la Loya Jirga, mène de nombreuses campagnes militaires et étend l’Empire afghan aux confins de l’Empire perse et indien où il met définitivement fin au règne des Moghols. Les Afghans remportent de grandes victoires en Inde : par exemple, la troisième bataille de Panipat qui fit la renommée d’Ahmad Shâh Durrani.
    Pour beaucoup d’Indiens, parmi les quelques raisons qui ont permis aux Britanniques de s’installer durablement sur le sous-continent indien figurent deux événements majeurs. D’une part, la troisième bataille de Pânipat pendant laquelle les forces militaires sikhs et indiennes qui auraient pu résister aux forces armées britanniques furent anéanties par les Afghans. D'autre part, l’inaction des souverains afghans, sourds aux innombrables appels des maharajahs indiens pour les aider face aux Britanniques. Les souverains afghans, bien qu’excellents guerriers, ne furent jamais de fins politiciens, n’ayant pas mesuré l’importance de la pénétration des armées britanniques. Les Afghans ont dû aussi faire face à l’avancée des armées russes au nord du pays et ont dû céder d’importantes villes comme Samarcande et Boukhara.
    Ahmad Shah Durrani régna sur l’Afghanistan jusqu’en 1772, l’année de sa mort, laissant son empire à son fils Timour. Il est peut-être mort d’un cancer de la face. Le fondateur de l’Afghanistan porte aussi le titre de « Bâbâe Mélat » qui, en pachto, signifie père de la Nation. Il est seul, avec Mohammed Zaher Chah, le dernier roi d’Afghanistan, à détenir ce titre.

    Règne de Timour Shâh Durrani

    Le règne du fils aîné d’Ahmad Shâh Durrani, Timour Shah Durrani commença en 1772 et dura . À , le jeune Timour était déjà un administrateur et un commandant confirmé. Sous le règne de son père, Ahmad Chah Durrani, Timour Shâh fut gouverneur de Lahore, de Multan et de Herat mais aussi vice-roi du Penjab. Contrairement à son père, Timour Shâh n’aima jamais le faste et les conquêtes militaires, la priorité du jeune souverain fut de contenir son Empire dans ses limites de l’époque, ce qui était déjà extrêmement complexe.
    Timour Shâh accéda au trône dans un climat de confusion et de guerres d’influence en coulisses. N’ayant laissé aucune instruction ni protocole quant à sa succession, Ahmad Shâh avait rendu compliquée la succession au trône afghan. Pour les dirigeants de l’époque, il n’était un secret pour personne que Timour Shâh avait la préférence de son père. Le jeune Timour Shâh avait montré ses capacités de gestionnaire et de bon chef militaire en gouvernant les provinces les plus difficiles (hormis Herat). Il avait également assuré la vice-régence de Penjab, une région reculée de l’empire, très difficile à gouverner pour cause de dissensions internes et attaques incessantes des sikhs. Bien qu’indéniablement Timour Shâh eût la préférence et la confiance de son père, les chefs de tribus, notamment les chefs Ghilzai (adversaires traditionnels des Durrani) ne souhaitaient pas voir Timour Shâh succéder à son père, très probablement parce que d’une part le jeune Timour n’avait pas le charisme de son père et que d’autre part qu’il était très indépendant, ce qui ne convenait pas aux chefs de tribus qui préféraient un Padichah facilement contrôlable.
    C’est ainsi que le vizir d’Ahmad Shâh Durrani, Shah Wali Khan Bomezaï convainquit son beau-fils et le frère cadet de Timour Shâh, le prince Sulayman Khan Durrani de revendiquer le trône en 1773. Alors loin de la capitale, Timour Shâh, apprit la nouvelle de l’intronisation de son frère Sulayman Khan comme Padishah de Kandahar, alors la capitale de l’Empire. Ce fait inacceptable poussa le jeune Empereur à marcher sur la capitale, soutenu par tous les clans de la tribu Durrani. La ville opposa une forte résistance sur ordre de Shah Wali Khan Bomezaï afin de protéger Sulayman Shâh. Mais il échoua finalement dans son entreprise d’installer au pouvoir un Padishah pantin. Tentant de se faire pardonner par Timour Shâh, ce dernier voulut donner l’exemple en ordonnant à la garde impériale de décapiter Shah Wali Khan Bomezaï alors qu’il demandait audience. Ce châtiment eut pour conséquence de calmer toutes les velléités et tentatives de coup d’État pour une courte durée mais attisa la haine des tribus Ghilzaï à laquelle appartenait Shah Wali Khan Bomezaï. Le jeune Timour put entrer dans la ville de Kandahar et se faire couronner Padishah de l’Empire afghan.

    = Kaboul devient capitale en 1776 =

    Sous le règne de Timour Shah Durrani, l’Afghanistan connut une relative stabilité mais resta rongé par des dissensions internes, notamment parmi les familles pachtounes, l’ethnie dont était issue la famille impériale. Les tribus Ghilzai et Durrani, deux branches pachtounes, se battent depuis la création du pays pour accéder au pouvoir. On retrouve cet affrontement tout au long de l’histoire afghane, notamment contemporaine. À titre d’exemple, les talibans sont essentiellement dirigés par les Ghilzai, la tribu de Mollah Mohammad Omar, alors que le président de 2001 à 2014, Hamid Karzai, est un représentant de la tribu des Durrani, branche Mohammadzaï, clan Popalzaï.
    vignetteKaboul
    Timour Shâh se sentait à l’étroit dans sa capitale Kandahar où il était sans cesse pris à partie par certains membres de sa cour. Fatigué des agissements de la cour qui provoqua la révolte de 1774 et proclama Padishah un certain Abdul Khaliq Khan, Timour Shâh décida de transférer la capitale de Kandahar à Kaboul en 1776. La révolte de la cour tenait à deux faits majeurs : les chefs de tribus entendaient profiter de la mort d’Ahmad Shâh Durrani pour étendre leur pouvoir féodal déjà considérable que Timour Shâh avait commencé à réduire sous son règne et parce que le jeune Empereur était très indépendant, refusant de suivre les chefs de clan. Afin de minimiser les risques de coup d’État et son éventuel assassinat, Timour Shâh choisit Kaboul pour capitale. D’abord parce que la ville était très appréciée de plusieurs souverains qui y avaient établi leur capitale avant Timour Shâh, comme l’Empereur Babur, surnommé d’ailleurs le roi de Kaboul. En outre la ville était appréciée pour sa fraîcheur, alors qu’une chaleur écrasante régnait à Kandahar. Par ailleurs la ville était prospère et fut le centre des arts, de la culture et des sciences de l’Empire. Son multiculturalisme permettait d’amoindrir le rôle des pachtounes assoiffés de pouvoir.

    = Mort suspecte de Timour Shâh et deux siècles d’instabilité =

    Timour Shah Durrani fut finalement assassiné, probablement par empoisonnement le 18 mai 1793. Sa mort reste suspecte et n’a jamais été élucidée. L’Empereur se portait très bien, comme tous les guerriers, si bien qu’une mort subite comme la sienne ne peut que laisser interrogatif. Son tombeau à Kaboul est resté inachevé.
    redressevignetteKandahar
    L’Empereur Timour a finalement commis la même erreur que son père en ne désignant clairement aucun de ses fils comme successeur et en ne mettant en place aucun protocole de succession. Néanmoins, il laissa entendre que son préféré était son fils Zaman Shah qui fut d’ailleurs élevé au rang de gouverneur de Kaboul, alors la fonction la plus prestigieuse après celle de Chef de l’État.
    La mort subite de Timour Shâh et l’absence d’héritier au trône clairement désigné plongent l’Afghanistan dans une profonde instabilité qui durera deux siècles et que les Britanniques sauront exploiter au détriment des Afghans tout au long du .

    Règne de Zaman Shâh

    La mort subite de Timour Shah Durrani ouvre une ère de guerre et de déchirures pour la succession au trône. Alors gouverneur de Kaboul, Zaman Shah, le cinquième fils de Timour Shah Durrani est couronné Empereur en 1793, succédant ainsi à son père avec le soutien du chef des Mohammadzaï et des Barakzay de Kandahar, sardar Painda Mohammad Khan qui va devenir son grand vizir sous l’appellation de Wazir Sarfaraz Khan. Mais ses vingt-deux frères réclamaient le trône aussi, arguant que leur père n’avait clairement désigné aucun de ses fils et qu’il n’y avait aucune loi qui permettait à Zaman Shâh de devenir souverain. Ce fut alors le début d’une guerre civile qui déchira le pays pendant plusieurs années.
    Les dirigeants historiques furent issus de la tribu des Abdali de l’ethnie afghane, dont le nom fut changé en Durrani lors de l’accession d'Ahmad Chah Durrani. Ils prolongèrent jusqu’à la dynastie Saddozay du clan Popalzay ou de la dynastie Mohammadzay du clan Barakzay de l’ethnie pachtoune. Les Mohammadzay donnèrent fréquemment les rois Saddozay ainsi que des conseillers suprêmes, qui servirent occasionnellement comme régents, identifiés avec l’épithète Mohammadzay.

    Shah Shuja

    vignetteShuja Shah Durrani en 1839.
    Shuja Shah Durrani (aussi connu comme Shah Shujah, Shoja Shah, Shujah al-Mulk) (4 novembre 1785-5 avril, 1842) est le cinquième padischah d’Afghanistan de la dynastie Durrani entre le et 1809 puis du à sa mort en 1842.
    Fils de Timour Shâh, il est gouverneur d’Herat et de Peshawar de 1798 à 1801. Il dépose son demi-frère Mahmud Shah et dirige l’Afghanistan de 1803 à 1809.
    Il s’allie avec le Royaume-Uni en 1809 pour empêcher toute tentative d’invasion de l’Inde par Napoléon et la Russie, mais il est alors rapidement renversé par son prédécesseur.
    Après des emprisonnements successifs à Attock, puis au Cachemire et à Lahore entre les années 1811-1814, il est contraint de céder le diamant Koh-i Nor qu’il possédait pour retrouver la liberté. Son exil se partage alors entre le Punjab et le Ludhiana.
    En 1838, il s’allie avec le Royaume-Uni et le Punjab pour envahir l’Afghanistan, contribuant au déclenchement de la première guerre anglo-afghane. Il retrouve son trône en 1839 avec l’aide des Britanniques, trente ans après son premier règne mais il est assassiné en avril 1842, après leur départ.

    Bataille de Gandamak


    vignetteLe dernier carré du régiment d'infanterie d'Essex à Gandamak
    En une bataille opposa l’armée britannique des Indes aux forces de Dost Mohammad Khan, souverain de l’Afghanistan, dirigées par son fils Wazir Akbar Khan.
    Afin de contenir l’expansionnisme russe, dont les forces militaires venaient d’annexer les grandes villes de Samarcande et Boukhara, les Britanniques décidèrent de s’emparer de l’Afghanistan. Les généraux avaient planifié de prendre le contrôle de la passe de Khyber ainsi que des grandes villes d’Afghanistan comme Jalalabad, Kaboul, Kandahar et Herat en y envoyant un contingent limité de militaires. Mais les troupes anglaises et indiennes durent affronter une résistance de troupes afghanes dont la valeur avait été sous-estimée. L’issue de la bataille, un désastre et un camouflet pour les armées anglaises, marquera par la suite la politique étrangère britannique en Asie du Sud.

    1919-2001 : Instabilité chronique


    Depuis 1900, douze dirigeants ont été déposés, renversés ou assassinés :
    • 1919 : Habibullah Khan est assassiné le 20 février à Kalagosh pendant une partie de chasse. Le pays mène alors une guerre d'indépendance contre l’Empire britannique.
    • 1929 : Le roi Amanullah Khan doit fuir devant une révolte populaire et se réfugie en exil en Europe.
    • 1929 : Son frère Inayatullah règne trois jours, du 14 au 17 janvier, avant d’abdiquer.Fichier:King Amanullah of Afghanistan.jpgvignette150pxAmanullah Khan
    • 1929 : Amir Habibullah Ghazi dit « Bacha e Saqao » prend le pouvoir avant d'être chassé et exécuté par son successeur qui restaure la dynastie royale Barakzai.
    • 1933 : Mohammed Nadir Chah est assassiné.
    • 1973 : Mohammed Zaher Chah, fils du précédent, est déposé à la suite d'un coup d'État et la république est proclamée.
    • 1978 : Mohammad Daoud Khan, qui avait pris le pouvoir en 1973, est assassiné à la suite d’un coup d’État pro-communiste effectué le 27 avril 1978 sans l'aide de l'URSS, Leonid Brejnev est furieux mais finira par soutenir le Président Nour Mohammad Taraki en signant en décembre 1978 un traité économique et militaire ..
    • 1979 : La réforme agraire qui ne respecte pas les traditions ancestrales, l'école obligatoire pour les filles contre la volonté des mollahs, leur assassinat ou incarcération rendent le nouveau pouvoir impopulaire. Les Soviétiques organisent l'assassinat du président Nour Mohammad Taraki jugé trop extrémiste par Hafizullah Amin qui lui succède.
    • 1979 : Hafizullah Amin est renversé et tué par une fraction du Parti démocratique populaire d’Afghanistan (PDPA) à la suite d’un coup d’État soutenu par l’Union soviétique qui envahit militairement le pays.
    • 1986 : Babrak Karmal est poussé à la démission par les Soviétiques.
    • 1992 : Mohammad Najibullah est déposé et le régime communiste s'effondre.
    • 1996 : Les talibans prennent Kaboul et assassinent l'ex-président Mohammad Najibullah.
    • 2001 : Le 9 septembre, Ahmed Shah Massoud dit « le Lion du Pandjchir » est assassiné.
    • 2001 : En novembre, le gouvernement des talibans est renversé par une opération militaire dirigée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN.
    La dernière période de stabilité en Afghanistan a lieu entre 1933 et 1973, lorsque le roi Mohammed Zaher règne sur le pays. Néanmoins, le 17 juillet 1973, son beau-frère et ancien Premier ministre, Mohammad Daoud Khan organise un coup d'État avec l’appui des militaires, renverse le roi qui séjourne alors en Italie et qui, peu après, abdique.

    1978-1992 : Intervention soviétique


    L'intervention soviétique en Afghanistan s’inscrit dans le contexte de la guerre froide, puisque les États-Unis soutiennent le Pakistan face à une Inde qui se voulait le fer de lance des pays non alignés ; l’URSS soutient l’Afghanistan qui avait, depuis 1919, des revendications territoriales sur les régions à majorité pachtounes du Pakistan, ce qui aurait permis à l’Afghanistan de se désenclaver en possédant un accès vers la mer d'Arabie .
    À la suite d’un coup d’État fomenté en 1973 par le prince Mohammad Daoud Khan, la monarchie afghane est renversée, et la république d’Afghanistan proclamée. L’État afghan s’éloigne de plus en plus de Moscou.
    Le coup d’État du Parti démocratique populaire d’Afghanistan, le 27 avril 1978, renverse le gouvernement de Daoud. Ce dernier est assassiné, de même que de nombreux membres de sa famille. Cependant ce coup d’État n'a été ni organisé ni soutenu par l'Union soviétique, Leonid Brejnev est furieux mais finira par soutenir le Président Nour Mohammad Taraki en signant en décembre 1978 un traité économique et militaire .. Nour Mohammad Taraki (1917-1979), chef du Khalq (fraction radicale et majoritairement pachtoune du PDPA) devient président de la nouvelle République démocratique d’Afghanistan, régime socialiste et prosoviétique. Ce régime met en place une série de réformes collectivistes et sociales (école obligatoire pour les filles, droit des femmes, abolition des dettes paysannes, réformes agraires…) qui contrarient les coutumes ancestrales afghanes. Une répression s'exerce contre les opposants au régime, de nombreux dignitaires religieux sont tués ou emprisonnés. L’émigration des Kirghizes du Wakhan en Turquie a lieu à cette époque.
    Le 15 mars 1979 la division régulière de l'armée afghane se revolte dans la ville d'Hérat à l'Ouest du pays. Elle est dirigée par le capitaine Ismaïl qui deviendra célèbre comme chef de la résistance de la région d'Hérat contre l'Union soviétique sous le nom de Ismaïl Khan. Les combats durent cinq jours et font . Les soldats abandonnent leur division et partent dans les montagnes avec les armes dont ils ont besoin. Ils sont rejoints par de nombreuses personnes de la population et débutent leur résistance contre le gouvernement, secrètement aidés , cité dans . . par la CIA.
    Le président Taraki téléphone le 18 mars 1979 au premier ministre soviétique Alexis Kossyguine (conversation consignée dans les archives du Kremlin) et lui demande l'intervention discrète de l'Armée rouge. Dans un premier temps il essuie un refus car les occidentaux le verrait en deux heures. Il obtient gain de cause en conseillant de n'utiliser que des soldats provenant des républiques soviétiques frontalières : un officieux "bataillon musulman", habillé avec des uniformes en laine de chameau.
    L’Union soviétique fomente un nouveau coup d’État le 28 décembre 1979 afin de permettre à Babrak Karmal, leader d'une faction plus modérée à l'intérieur du Parti communiste, de devenir président. L’Union soviétique intervient massivement à partir de janvier 1980 pour reprendre le contrôle des zones rebelles (Sud-Est du pays principalement).
    Une vive résistance se met en place face à un occupant soviétique qui ne s’attendait pas à une telle réaction. De plus cette agression soulève une grande émotion dans l’ensemble des pays musulmans et de nombreux islamistes issus de divers pays (Algériens, Bosniaques, Philippins, Saoudiens, Palestiniens, Égyptiens...) se joignent aux Moudjahidines. Les Soviétiques ne pourront jamais défaire ces combattants qui utilisent le terrain montagneux afghan pour mener une véritable guérilla financée et soutenue militairement par les États-Unis, le Pakistan, l’Arabie saoudite et diverses associations musulmanes à travers le monde.
    Le gouvernement entreprend de réformer ou d'abolir certaines pratiques traditionnelles de natures féodales : les mariages forcés et la dot sont interdits, l'âge minimum légal pour le mariage est rehaussée . et l'école est rendue obligatoire pour les filles .. Les femmes obtiennent par ailleurs le droit de ne pas porter le voile, de circuler librement et de conduire. Un projet de légalisation du divorce est rédigé mais n'est finalement pas instauré pour ne pas encourager les insurrections conservatrices. Très optimistes, les dirigeants communistes espéraient éliminer l’analphabétisme en cinq ans .. En 1988, les femmes représentaient 40 % des médecins et 60 % des enseignants à l'Université de Kaboul.
    Le 30 novembre 1986, Mohammad Najibullah devient président de l’Afghanistan à la place de Karmal. Les troupes gouvernementales doivent faire face à l’aide moindre de l’URSS d’année en année (pour cause de Perestroïka) et à une intensification des combats soutenus par le Pakistan voisin ainsi que par les États occidentaux dont les États-Unis. L’aide américaine aux rebelles, qui reçoivent plusieurs milliards de dollars de subsides et d’armements, devient décisive avec la livraison des missiles Stinger permettant d’abattre les hélicoptères et ruinant une stratégie soviétique de contre-guérilla jusqu’alors plutôt efficace ..
    L’Union soviétique décide unilatéralement de quitter le pays en février 1989, laissant à Mohammad Najibullah le contrôle du pays. Le régime tombe le 29 avril 1992 après la prise de Kaboul et la démission de Mohammed Nadjibullah le 16 avril.

    1992-1996 : la guerre civile


    vignetteTerritoires contrôlés par les parties en conflit en 1996.
    Le 9 avril 1992, Ahmed Chah Massoud, futur chef de l’alliance du nord, entre dans Kaboul avec plusieurs milliers d’hommes et devient ministre de la défense en mai. Le 28 juin, Burhanuddin Rabbani, musulman modéré du Jamiat-e Islami, est nommé président intérimaire, puis élu chef du gouvernement en décembre. De 1992 à 1995, un gouvernement issu de la résistance afghane prend le pouvoir, mais il y a des dissidences internes. Massoud démissionne du gouvernement afin de permettre à Gulbuddin Hekmatyar, un fondamentaliste appartenant à l’ethnie pachtoune, majoritaire dans le pays, de devenir Premier ministre. Mais les affrontements continuent dans Kaboul entre Talibans, forces du gouvernement (Massoud) et moudjahiddins (Hekmatyar…).
    À partir de 1994, les Talibans conquièrent peu à peu les différentes provinces du pays. De 1994 à 1996, soutenus par l’armée pakistanaise, ils conquièrent l’essentiel du pays (sauf le réduit tadjik au nord-est) et instaurent une dictature fondamentaliste. Des membres du Hezb-é-islami (parti de Hekmatyar) entrent au gouvernement du président Rabbani tandis que Hekmatyar devient Premier ministre. Durant l’été 1996, Oussama ben Laden, fuyant l’Arabie saoudite et après un séjour de deux ans au Soudan, retourne en Afghanistan. Il diffuse une déclaration de djihad contre les Américains.
    Le 27 septembre 1996, les Talibans prennent Kaboul, la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright déclare alors que ., et les fondamentalistes s’emparent dès lors du pouvoir. Le mollah Omar, chef charismatique du mouvement et « Commandeur des Croyants », dirige le pays sans aucun titre politique ou constitutionnel. Mohammad Najibullah et son frère sont assassinés. Selon Ahmed Rashid, le mollah Abdoul Razzaq se trouvait à la tête du groupe qui s’empare de Nadjibullah, quelques heures avant l’entrée des Talibans dans la capitaleL’Ombre des Talibans, Ahmed Rashid.

    1996-2001 : les Talibans

    vignetteTerritoires contrôlés par Massoud en 2000.
    En 1997, les Talibans – étudiants en théologie –, appuyés par des groupes armés étrangers, prennent le contrôle du pays, à l’exception d’une région au nord-est, à dominance tadjike, sous le contrôle d’une nébuleuse de groupes armés qui forment l’Alliance du Nord, dont le commandant Massoud est la figure de proue. Les Talibans instaurent une paix relative après des années de guerre, par le biais de l'application d’une loi islamique très stricte ayant pour but d’instaurer « le plus pur État islamique du monde », fondé sur une application rigoureuse de la charia, émanant de l’école déobandi. Les femmes n'ont plus droit à l'éducation et les exécutions sommaires sont courantes. En 1998, la prise de la ville de Mazar-e-Charif entraîne le massacre par les Talibans de quatre à six mille Hazaras ..
    En 2001, la destruction des statues de Bouddha préislamiques de Bâmiyân ( ), inscrites au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, attire l’attention de la communauté internationale. Les autorités du Pakistan dénoncent alors publiquement leur politique extrémiste. Des relations étroites entre des groupes fondamentalistes pakistanais et les talibans perdurent néanmoins, notamment dans la région frontalière.
    Le 9 septembre 2001, Massoud est assassiné lors d’un attentat suicide déguisé en une fausse interview par de prétendus journalistes. Cet événement est suivi deux jours plus tard des attentats du 11 septembre aux États-Unis, provoquant un revirement de la politique américaine qui va répondre rapidement à cet attentat.

    De 2001 à 2015 : intervention de l’OTAN


    vignette2003-2008
    vignette2008-2011
    Accusant le chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, d’être responsable des attentats du 11 septembre, avec le soutien des autorités talibanes, les États-Unis déclenchent une nouvelle guerre d’Afghanistan. Avec l’aide des forces terrestres de l’Alliance du nord et un soutien aérien des forces de l’OTAN, ils renversent en quelques mois le régime taliban. Hamid Karzaï devient alors le nouveau président de l’Afghanistan.
    La situation à la mi-2002 semble se stabiliser, même si l’insécurité reste présente dans des régions hors du contrôle du nouveau gouvernement, tandis que les zones sous contrôle de la coalition sont la cible d’attentats. Le président Hamid Karzaï est ainsi victime d’une tentative d’assassinat, le , lors d’un voyage dans la région de Kandahar.
    Le , l’OTAN prend le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), à laquelle contribuent « L’OTAN réunie à Bruxelles pour assurer le succès de sa mission en Afghanistan », Le Monde, 8 juin 2006 . ; elle s’emploie à étendre l’autorité du pouvoir central et à faciliter la reconstruction du pays. Au , une force internationale de près de était en Afghanistan, s’ajoutant aux américains toujours présents. Cette coalition, formée sous l’égide de l’ONU, tente d’installer des structures favorisant un retour de la démocratie.
    Mais les activités rebelles perdurent : le , cinq membres d’ONG sont tués dans une embuscade au nord-ouest de l’Afghanistan .. En septembre 2004, une roquette tombe près d’un collège visité quelques minutes plus tard par le président Hamid Karzaï .. Le , à Kaboul, un attentat à la voiture piégée fait plus de sept morts .. Les Talibans visaient l’entreprise de sécurité américaine Dyncorps, qui s’occupe de la protection du président afghan Hamid Karzaï.
    Entre la chute des Talibans en 2001, et la Loya Jirga de 2003, l’Afghanistan a été appelé « État islamique transitoire d’Afghanistan » par les États-Unis et l’Union européenne, lequel est dirigé par une administration intérimaire, puis par une administration transitoire. Depuis l’élaboration de sa nouvelle constitution, le pays est maintenant officiellement nommé « république islamique d’Afghanistan ».
    En 2004, deux ans après l’intervention internationale, l’Afghanistan est redevenu le premier pays producteur mondial de pavot, utilisé pour produire l’opium et l’héroïne.
    À partir de 2005, la situation s’aggrave à nouveau. Les talibans, appuyés par des volontaires étrangers, s’infiltrent dans certaines régions. En août 2006, l’OTAN lance l'offensive nommée operation Medusa à l’ouest de Kandahar, mais après la perte d’un avion de surveillance avec quatorze militaires et plusieurs morts au sol notamment par tir ami, son commandant réclame des renforts. Sur les dix premiers mois de 2006, la guérilla et les combats ont fait plus de en Afghanistan« Des dizaines de civils afghans tués dans un raid aérien de l’OTAN », Le Monde, 26 octobre 2006, ., alors que la production d’opium a augmenté de 60 % pendant l’année« La France fait du bon travail en Afghanistan », entretien avec Hamid Karzai, Paris-Match, 15 mai 2007, 61. La guerre d’Afghanistan est particulièrement liée au conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan. L’instabilité politique provoquée par les talibans au Pakistan, pays pivot de l’action américaine (conquête du district de Buner par les talibans, à une centaine de kilomètres d’Islamabad, la capitale), remet en cause la perspective d’une victoire à court terme en Afghanistan. Toutefois, depuis avril-mai 2009, l’armée pakistanaise a multiplié ses offensives contre les talibans mais refuse de s’attaquer aux groupes talibans afghans basés au Waziristan du Nord.

    Depuis 2015 : retrait progressif de l'OTAN


    En 2015, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) mise en place par l'OTAN est remplacée par la mission Resolute Support destinée à prodiguer conseils et formations à l'armée et aux institutions en place .. Après un engagement coûteux ( de dollars, et parmi les soldats américains), Donald Trump annonce en décembre 2018 son intention unilatérale de se retirer du pays. Les talibans, presqu'essentiellement composés de Patchounes, et soutenus de leur coté par l'autre ancien bloc de la guerre froide, prennent l'avantage dans un énième cycle de négociations de paix entamées à Doha en novembre 2018 : après plusieurs conférences avortées, un accord minimal se conclut à Doha en février 2020 ., visant surtout à sécuriser le retrait des troupes américaines, à éviter les attentats sur le sol américain, et conditionnant un cessez-le-feu entre talibans et gouvernement au pouvoir à la conclusion de négociations ultérieures ..
    Un nouveau cycle de négociations démarre à Doha le 12 septembre 2020, dans un climat de guerre persistante. Les talibans continuent leurs offensives militaires dans la province de Helmand, les Américains, qui n'ont pas encore effectué leur retrait, reprennent des attaques aériennes contre eux à partir du 10 octobre.
    L'Afghanistan doit aussi faire face à la sécheresse. Selon les Nations unies, celle-ci a forcé plus de personnes à quitter leur domicile en 2018 que la violence qui sévit dans le pays ..

    Événements 2020


    Janvier

    Le , un avion s'est écrasé dans la province de Ghazni . On ne savait pas quelle était l'identité de l'avion. Certains rapports ont indiqué qu'il s'agissait d'un 737-300 fabriqué par Boeing . Un autre rapport a suggéré qu'il s'agissait d'un avion E-11A de l'US Air Force . L'armée américaine a déclaré qu'elle enquêtait sur un accident d'avion dans une zone tenue par les talibans.
    Le , les forces spéciales afghanes ont attaqué un complexe Taliban à Bala Murghab, province de Badghis, libérant 62 otages. Une attaque des talibans à Kondoz a tué plusieurs forces de sécurité afghanes.

    Février

    Le , le projet CASA-1000 a été inauguré, lors d'une cérémonie en présence du président afghan Ashraf Ghani et de l'ambassadeur du Pakistan en Afghanistan Zahid Nasrullah Khan .
    Le , deux hauts responsables du Tehrik-i-Taliban Pakistan - Cheikh Khalid Haqqani et Qari Saif Younis - ont été retrouvés assassinés près de l'hôtel Inter-Continental Kaboul .
    Le , deux soldats des forces spéciales de l'armée américaine ont été tués et six autres ont été blessés lors d'une attaque interne dans le district de Sherzad, province de Nangarhar .

    Mars

    Le , deux insurgés de l'État islamique ont abattu à Kaboul .
    Le , l'EIIL attaque un gurdwara (lieu de culte sikh) à Kaboul, tuant .
    Le , les talibans tuent six soldats et policiers afghans dans la province de Zabul et cinq dans la province de Baghlan .
    Le , une bombe collante attachée à un véhicule a fait exploser Kaboul, blessant quatre personnes. Les talibans doivent envoyer dix représentants à l'aérodrome américain de Bagram, pour superviser la libération de Reuters rapporte que 27 forces de sécurité et 13 talibans ont été tués dans les combats. .

    Politique


    Fichier:Secretary Kerry meets Abdullah and Ghani 2014.jpgvignetteAbdullah Abdullah, John Kerry et Ashraf Ghani lors d'une rencontre suivant les élections, en juillet 2014.
    Fichier:Karzai and Wardak in 2011.jpgvignetteHamid Karzai est le président d'Afghanistan de 2001 à 2014.
    vignetteParlement afghan en 2006.
    L'Afghanistan est dirigé par le président Ashraf Ghani. Il succède à Hamid Karzai, en poste de 2001 à 2014 à la suite d'élections contestées par le candidat battu, Abdullah Abdullah.
    En 2002, l'ancien monarque Mohammed Zaher Chah est retourné dans le pays ; bien que très populaire, à sa demande il ne fut pas réinvesti du pouvoir royal et son influence se limita seulement à des pouvoirs cérémonieux, jusqu'à sa mort en 2007.
    Avec les accords de Bonn, la Commission afghane de la Constitution fut établie pour consulter le peuple et formuler une constitution. Programmée pour la réaliser le , la commission a demandé un délai pour entreprendre plus de consultations. La rencontre d'une Loya Jirga (Grand Conseil) constitutionnelle fut tenue en décembre 2003 quand une nouvelle constitution fut adoptée, créant une forme présidentielle de gouvernement avec une législature bicamériste.
    Les troupes et les agences de renseignements des États-Unis et nombres d'autres pays sont présents, certains pour maintenir la paix, d'autres assignés à chasser les Talibans et al-Qaïda. Une force de maintien de la paix des Nations unies, la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) est opérationnelle à Kaboul depuis . L'OTAN a pris le contrôle de cette force le 11 août 2003. Une bonne partie du pays reste sous le contrôle des chefs de guerre.
    L'Eurocorps est sous la responsabilité de l'OTAN qui dirige la FIAS à Kaboul depuis le . Les pertes parmi ces troupes sont le plus souvent provoquées par des erreurs d’identification, des attentats à la voiture piégée ou des accidents routiers aggravés par l’absence de ceintures de sécurité.
    Des élections nationales furent tenues le . Plus de d'Afghans furent enregistrés sur les listes électorales. Plus de 17 candidats s'opposant à Hamid Karzaï boycottèrent les élections, soupçonnant une fraude ; une commission indépendante mit en évidence la fraude, mais établit que cela n'affecta pas le résultat du scrutin. Hamid Karzaï gagna 55,4 % du vote .. Il fut investi de la présidence le 7 décembre. Ce furent les premières élections nationales du pays depuis 1969, lorsque des élections parlementaires furent tenues pour la dernière fois.
    La politique intérieure du cabinet Karzaï est fondée sur un plan de reconstruction élaboré conjointement par ARTF .
    et plusieurs ministères clés : du Commerce et de l'Industrie, Économie et Finances, Mines et Ressources Naturelles. Le plan prévoit une privatisation des entreprises publiques ainsi que la création des conditions juridiques et fiscales pour attirer des investissements étrangers. Cette stratégie semble porter ses fruits. En 2007 l'entreprise chinoise China Metallurgical Group Corporation . a remporté l'appel d'offres du ministère des Mines et des Ressources naturelles portant sur l'exploitation de la mine de cuivre Ainak avec un investissement initial de de dollars US. L'Afghanistan recevra en échange près de d'euros de redevances par an pendant , durée de la concession. Le contrat prévoit également la construction d'une centrale électrique de , d'une ville pour les mineurs, d'un hôpital et de plusieurs écoles. La Chine a par ailleurs promis la construction d'un chemin de fer reliant le port d'Hairatan sur le fleuve Amou-Daria dans le nord, jusqu'à la frontière pakistanaise à Turkham d'une valeur totale de de dollars US. Ce chemin de fer est considéré comme stratégique pour le développement du pays.
    Ancienne parlementaire et éminente militante des droits de l'homme, Fawzia Koofi faisait partie de l'équipe de de l'équipe de négociation Afghane, chargée de s'entretenir avec les talibans dans le cadre du processus de paix en Afghanistan. Le 14 août 2020, elle et sa sœur Maryam Koofi ont été attaquées par des hommes armés. La critique vocale des talibans, Fawzia Koofi, a été légèrement blessée, car elle a reçu une balle dans le bras. .

    Provinces


    vignetteupright=2Carte des provinces de l’Afghanistan
    L’Afghanistan est divisé en 34 provinces, ou velayat :

    Économie


    Agriculture

    Fichier:Valley in Kunar-2012.jpgvignetteKounar
    Fichier:Scene of animals grazing in northern Afghanistan.jpgvignetteBadakhchan
    L'Afghanistan est avant tout un pays agricole. 85 % des Afghans sont des paysansNational Geographic France. Numéro de février 2011. Avant l'intervention soviétique de 1979, réclamée à cor et à cri par le régime communiste afghan alors en place, l'Afghanistan était connu pour sa production de fruits. Profitant d'un climat avantageux et ensoleillé au Sud et humide au Nord, l'Afghanistan produit une large gamme de fruits qui va du raisin aux pastèques en passant par les cerises, abricots et melons. Alexander Burnes, explorateur britannique, décrivait ainsi les fruits afghans : « Kaboul est particulièrement renommé pour ses fruits, qui sont exportés en grand nombre vers l'Inde. Ses vignobles sont si abondants que les grains sont donnés, pendant trois mois de l'année, au bétail. Il y en a de dix sortes différentes (au début du , on dénombre 30 variétés de raisins en Afghanistan). Le vin de Kaboul a un parfum proche de celui du Madère ; et il n'est pas douteux qu'une meilleure qualité pourrait être produite dans ce pays avec un peu de soin. Les habitants de Kaboul font de multiples utilisations des raisins, beaucoup plus que dans d'autres pays. Ils utilisent le jus pour rôtir la viande ; et, pendant les repas, ils se servent de poudres de fruits comme condiments. Ils sèchent également beaucoup de raisins, fabriquent beaucoup de sirop. Peshawar (désormais au Pakistan) est célèbre pour ses poires, Ghazni pour ses prunes, qui sont vendues en Inde sous le nom de « prunes de Boukhara », Kandahar pour ses figues et Kaboul pour ses mûres Alexandre Burnes, Travels into Bokhara and a voyage to the Indus, 1831, Historical Reprints, Oxford, university press, t. I, 155. » Les fruits afghans sont toujours autant prisés par les pays voisins qui absorbent la quasi-totalité de la production.
    Une grande partie des terres servent à produire du pavot au détriment de la culture de céréales, de fruits et légumes. La culture du coton a également pâti des années de guerre ( de coton graine étaient produites annuellement avant la guerre) et de la généralisation de la culture du pavot .. Cela a pour conséquence une raréfaction de denrées alimentaires sur le marché intérieur et le paradoxe est que l'Afghanistan devient ainsi un importateur de fruits, de céréales et de légumes pour répondre aux besoins intérieurs. En outre ces produits sont chers et les Afghans pâtissent du renchérissement de ces denrées. La production de pavot reste la principale manne financière du pays. Selon les estimations annuelles de l'ONU, les surfaces dédiées à sa culture ont augmenté de 63 % par rapport à 2016, atteignant le record de cultivés en 2017. Cette évolution est particulièrement marquée dans le Helmand, région frontalière du Pakistan, où les cultures ont augmenté de 79 %, pour recouvrir une surface de . Produisant à elle seule près de la moitié du pavot du pays, cette région consacre désormais un tiers de ses terres cultivables à la culture de l'opium. Même dans les régions du nord, où le pavot était quasi inexistant avant 2012, l’expansion est rapide : en 2014, la culture du pavot représentait ; en 2017, . Le pays totalise ainsi près de 90 % de la production mondiale d'opium ..
    L'Afghanistan fut également longtemps producteur de vin jusqu'à l'arrivée des islamistes au pouvoir. Bien que plus ouvert, le gouvernement actuel hésite à donner la permission de produire de l'alcool en Afghanistan. Avant 1992, l'Afghanistan produisait aussi des alcools forts comme la vodka.
    Quant à ses céréales, la région de Badakhshan, à elle seule, est considérée comme le grenier à blé du pays. Le pays est largement autosuffisant si les terres sont correctement employées aux cultures vivrières.

    Eau

    Le pays contient en son centre un massif montagneux qui culmine à plus de mètres d'altitude appelé Hindou-Kouch, le piémont de l'Himalaya. Ce massif montagneux contient des milliers de milliards de mètres cubes d'eau gelée en neiges éternelles. Plus d'une demi-douzaine de fleuves prennent leur source dans ce massif. Les problèmes de sécheresse sont essentiellement dus à l'absence d'un système d'irrigation efficace.
    Les rivières forment un riche potentiel hydroélectrique très peu exploité. Quelques barrages hydroélectriques ont cependant été construits (Surobi et Surobi II, Darunta, Mahipar…)Draft Power Generation Map - Carte des centrales électriques d'Afghanistan.

    Ressources naturelles

    Au Moyen Âge déjà, certains géographes comme l'Arabe Ibn Hauqal ( ) font état d'une extraordinaire richesse du pays en ces termes : « On se procure à Badakhchan de magnifiques grenats, de splendides pierres précieuses qui valent les rubis par leur beauté et par l'éclat surprenant de leurs coloris roses, grenadins, purpurins ou encore d'une nuance lie-de-vin. C'est également là que l'on extrait le lapis-lazuli, grâce aux nombreux gisements des montagnes environnantes. »
    En outre, le pays dispose d'autres innombrables richesses en tout genre et un immense potentiel d'exploitation à l'échelle industrielle. Mises au jour par les géologues soviétiques, elles sont estimées à de dollars par des experts américains. La signature d'un protocole d'accord, le 21 novembre 2007, entre le Ministère des mines et deux compagnies chinoises China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co sur les mines de cuivre d'Aynak, témoigne de ce potentiel.

    Métaux

    On peut notamment citer : le plomb, le zinc, l'aluminium, le molybdène, le tungstène, le chrome, le baryum, le lithium, mais aussi des métaux très valorisés comme l'étain et le tantale, sans oublier les incontournables que sont le fer et le cuivre. Pour ce dernier, l'Afghanistan vient d'annoncer la signature de la cession d'exploitation de la mine de cuivre Aynak, le plus important investissement étranger civil alorsThomas Vampouille, L'Afghanistan assis sur un trésor de minerais, lefigaro.fr, 14 juin 2010. Les clauses du contrat prévoient un investissement chinois (les gagnants de l'appel d'offres sont China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co) de , la construction du chemin de fer reliant le Nord de l'Afghanistan à la frontière pakistanaise, la construction d'une centrale électrique de et des royalties calculées sur 40 % des ventes de cuivre réalisées. En outre, l'Afghanistan a obtenu la construction d'une usine de transformation de minerai en lingots de cuivre, ce qui permettra au pays d'en maîtriser la technologie.
    Le fer peut également constituer une source importante de devises pour le pays. En effet selon Albert-Félix de Lapparent, la teneur en fer des gisements découverts au sud du Bâmiyân (centre de l'Afghanistan), dans la région de l'Hadjigak, est de l'ordre de 60 % . L'exploitation des minerais de fer n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, mais représente un immense potentiel pour le pays.
    Par ailleurs, des gisements d’or ont également été découverts dans des régions assez éloignées les unes des autres. Au Badakhchan, fut découverte dans les années 1960 une importante mine d'or qui n'est pas encore exploitée. Plus récemment une autre mine d'or a été découverte en 2003 près d'Herat à l'Ouest de l'Afghanistan. L'exploitation a déjà commencé et c'est une entreprise britannique qui l'assure.
    Ces gisements de métaux ferreux et non ferreux constituent un potentiel de développement et de croissance considérable tant pour le pays que pour les entreprises qui envisagent d'y investir.
    En 2010, une équipe de géologues américains confirment les immenses réserves en métaux que possèdent le pays : selon cette évaluation, ces gisements, répartis dans tout le pays, seraient suffisants pour faire de l'Afghanistan l'un des premiers exportateurs mondiaux de minerais. Ils mettent en particulier en avant les réserves de lithium, de fer et de cuivre.

    Pierres ornementales


    Depuis l'Antiquité, l'Afghanistan est la source principale de lapis-lazuli pour toute la planète. Cette pierre ornementale incrustée de quartz a servi à fabriquer des bijoux qu'on a retrouvés dans les tombes des nobles aussi bien en Inde, qu'en Chine et même en Égypte antique. En outre, le lapis-lazuli a servi de pigment bleu pour la peinture de la période de la Renaissance en Europe. À titre d'exemple, citons le bleu éclatant qui a servi à peindre le ciel sur le dôme de la chapelle Sixtine au Vatican, ou le bleu des palais nasrides à Grenade en Espagne musulmane, ce pigment bleu provient du lapis-lazuli venu sur le dos des chameaux afghans.

    Pierres précieuses

    En ce qui concerne les pierres précieuses, hormis le diamant, l'Afghanistan contient quasiment toutes les autres pierres précieuses, parmi lesquelles on peut citer l'émeraude, le rubis, le saphir. Le pays a même donné son nom à une pierre : l'afghanite. Le commerce de l'émeraude et de lapis-lazuli a permis au commandant Ahmad Shah Massoud de payer la guerre coûteuse qu'il menait contre les talibanstaliban est le pluriel de taleb, il n'est donc pas besoin de mettre un « s » à la fin de taliban au pluriel..

    Énergies fossiles


    Le pays possède d'importants gisements de gaz naturel dont l'exploitation avait commencé il y a plus de déjà. Dans les années 1980, les réserves étaient estimées par la Banque mondiale à de m . Des études préliminaires réalisées au début du montrent que ces évaluations ont été sous-estimées d’au moins 18 fois, les réserves réelles seraient donc plus près de de m . D'autres experts pensent qu'elles sont encore plus vastes puisque les estimations ne concernaient que le nord et l'ouest or certaines poches ont été découvertes dans le Sud et l'Est.
    Les réserves de pétrole seraient 90 fois plus grandes que ce que pensaient les Soviétiques dans les années 1980. Aujourd’hui, des compagnies pétrolières comme Unocal, Texaco, BP et Total se sont installés à Kaboul pour remporter des appels d’offres du gouvernementhttp://afghanistan.cr.usgs.gov/oil.php, USGC (United States Geological Survey).

    = Charbon =


    Le charbon est exploité au début du de manière quelque peu rudimentaire par des habitants résidant près les gisements. L'utilisation de celui-ci est encore domestique, essentiellement pour le chauffage. Mais on estime que l'exploitation du charbon en Afghanistan pourrait rendre le pays autosuffisant en termes d'énergie. Reste cependant l'obstacle écologique : à l'heure où tout le monde cherche le moyen de réduire l'émission de CO dans l'atmosphère, le choix du charbon comme énergie pourrait consister une erreur stratégique dans le développement à long terme de l'Afghanistan.

    Production de tapis

    vignetteredresseTapis afghan
    L'Afghanistan est l'un des plus grands producteurs de tapis du monde.
    Ce secteur d'activité emploie plus d'un million de personnes, soit 3 % de la population . Des millions d'autres personnes travaillent dans des branches d'activités connexes, telles que la production de la laine, la coupe, le lavage et la conception stylistique.
    En 2005, les exportations de tapis de l'Afghanistan ont atteint 140
    millions de dollars US, ce qui en fait officiellement le produit d'exportation le plus important du pays.
    Selon une étude réalisée pour le compte de l'Agence des États-Unis pour le développement international, l'importance de ce secteur doublerait si le pays pouvait faire revenir les entreprises qui se sont délocalisées au Pakistan.
    Seule une petite proportion des tapis au dessin très élaboré et aux belles couleurs est vendue à l'étranger en tant que produits afghans, car plus de 90 % d'entre eux sont envoyés au Pakistan pour la coupe, le lavage et la finition. Ils sont alors exportés avec une étiquette indiquant qu'ils ont été fabriqués au Pakistan.

    Narco-économie

    Fichier:Opium afghanistan.svgvignetteLa culture du pavot à opium en hectares entre 1994 et 2016 en Afghanistan UNODC and illicit crop monitoring Les rapports annuels de l'UNODC sur la production d'opium en Afghanistan.
    Depuis le retrait des troupes soviétiques, la production d'opium est une source importante de revenus pour les Afghans. Ainsi dans son livre Afghanistan - Opium de guerre, opium de paix, le journaliste et sociologue Alain Labrousse estime qu'un tiers de l'économie du pays repose sur le trafic d'opium ou de ses dérivés. L'Afghanistan est le premier fournisseur mondial d'opium.
    Même durant la période des Talibans, sa production a continué, avec plus ou moins un laisser-aller de la part des autorités talibanes. Le mollah Omar a même déclaré à des journalistes allemands : « À long terme, notre objectif est de nettoyer complètement l'Afghanistan de la drogue. Mais on ne peut pas demander à ceux dont l'existence dépend entièrement de la récolte de passer du jour au lendemain à d'autres cultures. » Il a tout de même ajouté que « si des non-musulmans souhaitent acheter de la drogue et s'intoxiquer, ce n'est pas à nous qu'il appartient de les protéger ». Durant l'été de l'an 2000, les Talibans ont malgré tout décidé de faire cesser complètement la production d'opium, la faisant baisser de plus de 95 %. Le peu d'opium encore produit en Afghanistan le fut très majoritairement sur des territoires contrôlés par l'Alliance du Nord, dont la province du Badakhchan qui produisit à elle seule 83 % du pavot afghan entre l'été 2000 et la fin de 2001 (estimation de d'opium produits, dont 151 au Badakhchanunodc.org rapport 2001 (pages 18-20) du Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) sur la production d'opium en Afghanistan).
    Fichier:Australian-Afgan Army patrol April 2010.jpgvignettePatrouille de militaires australiens et afghans dans un champ de pavots.
    Depuis la fin de la guerre d'Afghanistan en 2001 et la mise en place d'un nouveau gouvernement, la culture du pavot, qui était déjà diffuse à l’époque des Talibans, a aujourd’hui atteint des niveaux records estimés pour 2006 à , ce qui dépasse largement la demande mondiale et concurrence durement les autres produits de la toxicomanie. La production par irrigation de légumes ou de fleurs peut s'avérer possible mais est très vulnérable aux sabotages.
    Selon le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC), publié le 27 août 2007, la production d'opium en Afghanistan a augmenté de 34 % entre 2006 et 2007. Le montant total de la récolte de pavot s'élèvera à pour 2007, contre en 2006. En tout, les terres d'Afghanistan utilisées pour la culture du pavot sont passées de en 2006 à en 2007. D'après les enquêteurs de l'ONUDC, la culture du pavot se développe essentiellement là où la présence des talibans est très importante, dans le sud, soit à 80 % dans quelques provinces le long de la frontière avec le Pakistan ..
    Autre point de comparaison issu de l'ONUDC, d'après ses rapports Opium survey 2001 . et Afghanistan Opium Survey 2007 ., la surface cultivée en pavot est passée de en 2001 (dont plus de 80 %, , dans la province du Badakhshan, celle qui était à l'époque principalement contrôlée par l'Alliance du Nord), à en 2007 (dont 70 % dans 5 provinces du Sud-Ouest bordant le Pakistan, principalement celle de Helmand), puis en 2014. Ceci représente une multiplication par plus de 29 de la surface cultivée entre la dernière année du régime des Talibans et la situation en 2014.

    Télécommunications

    En 2011, l'entreprise de téléphonie mobile Roshan est l'une des plus importantes du pays. Portée par les investissements du prince Karim Aga Khan IV, elle a pu se targuer d'être le premier employeur privé du pays.
    Il y a trois autres opérateurs de téléphonie mobile, Afghan Wireless, MTN Group et Etisalat Whitepages.af, opérateurs Telecom en Afghanistan. Depuis 2006 la téléphonie fixe est gérée par Afghan Telecom.

    Démographie


    vignetteGroupes ethnolinguistiques de l'Afghanistan (CIA, 1997).
    Fichier:Khost children in 2010.jpgvignettePachtounes
    L'Afghanistan n'a jamais réalisé un recensement systématique de sa population, les chiffres exacts sur la taille et la composition des divers groupes ethniques ne sont pas disponibles. Les chiffres suivants manquent de fiabilité.
    Les Pachtounes forment le plus grand groupe estimé à plus de 42 % de la population. Le deuxième grand groupe linguistique parle le dari comprenant les Hazaras (9 %) qui habitent le centre et les Tadjiks (27 %) (ou les Fars). Les Ouzbeks représentent 9 % de la population et les Arabes 8 %. Il y a également une présence non négligeable de tribus telles les Aimak (4 %), les Turkmènes (3 %), les Baloutches (< 2 %), les Pashayis ou Nouristani, les Kirghizes. Le bilinguisme est commun. Un petit nombre de minorités ethniques allogènes d'origine indienne, principalement des sikhs et des hindous, parlent le pendjabi.
    Les Afghans sont majoritairement musulmans avec approximativement 80-89 % de sunnites et 10-19 % de chiites . . Le reste d'entre eux est hindou, sikh, juif ou chrétien. Les hindous et sikhs représentent aujourd'hui 0,3 % mais 1 % dans les années 1970 car beaucoup ont fui pendant la guerre civile des années 1990 vers les contrées voisines, l'Europe ou l'Amérique. Avec la chute des Talibans, des sikhs sont retournés dans la province de Ghazni d'Afghanistan.
    L'Afghanistan possède le taux de fécondité le plus élevé d'Asie : plus de cinq enfants par femme en moyenne.

    Culture


    Beaucoup de monuments historiques du pays ont été endommagés dans les guerres récentes et d'autres détruits comme les deux célèbres statues de Bouddha dans la province de Bamiyan en 2001 par les talibans. En 2017, le site bouddhiste de Mes Aynak est menacé de destruction par l'industrie minière ..
    Avant 1980, il y avait une tradition de francophonie chez les élites et classes favorisées de l'Afghanistan, et le roi Zaher Chah était francophone, ainsi qu'environ Afghans. L'anglais était sans doute plus parlé, et sensiblement plus important. La Poste d'Afghanistan a émis des timbres avec légendes en français jusqu'en 1996. Avec la guerre civile, et l'avènement des Talibans, les rares Afghans qui parlaient des langues étrangères parlaient farsi (persan), arabe, et anglais. Un grand nombre d'Afghans proches du régime communiste, entre 1978 et 1992, savent parler le russe. Les deux lycées français furent fermés en 1979 ; ils sont de nouveau ouverts depuis 2003, ainsi que d'autres établissements scolaires, américains, britanniques, etc.

    Religion


    vignetteMosquée bleue d'Hérat.
    {{Référence nécessaireOn compte également environ hindous, répartis dans tout le pays, de à zoroastriens ainsi qu'un nombre très réduit de sikhs, de chrétiens et de bouddhistes qui furent tous persécutés par les talibans. , dont les adeptes sont peu nombreux et concentrés vers la frontière iranienne. Les baha'is, tout comme en Iran, sont fortement discriminés, et persécutés, et ils ne sont pas reconnus comme un groupe religieux minoritaire. Avant 1992, il y avait entre , fortement persécutés après 1992. Ils sont majoritairement, depuis, exilés en des pays étrangers.date=mai 2020
    {{Référence nécessaireEntre 1996 et 2002, sous les talibans, les hindous et les sikhs, comme les autres religions, furent persécutés. Il y avait environ hindous et sikhs en Afghanistan en 1975. Au moins 80 % des non-musulmans fuirent avant 2002. Depuis 2003, des hindous et des sikhs reviennent : ce sont surtout des commerçants, et l'Afghanistan entretient des relations diplomatiques avec l'Inde. Il n'y a aucune statistique pour les chrétiens, fortement persécutés.date=mai 2020
    {{Référence nécessaireLes Bouddhistes sont entre et (2018), et vivent surtout dans les régions très montagneuses des provinces de Badakhchan, Badghis. et Baghlan. Historiquement, les Bouddhistes étaient majoritaires, dans l'actuel Afghanistan, avant le VIIème siècle et l'avènement de l'Islam dans le pays. Les Bouddhas géants sculptés dans la roche, de Bamiyan, étaient un témoignage de cette époque. On trouve aussi des Bouddhistes très isolés dans le peu peuplé Corridor du Wakhan.

    Santé

    L'accès à l'assainissement et à l'eau potable n'est pas acquis dans tout le pays, de même pour le système médical alors que de nombreuses maladies à transmission vectorielle endémiques ou récemment introduites (notamment transmise par des moustiques, tiques, mouches, poux...) concerne tout ou partie du pays : fièvre hémorragique de Crimée-Congo, paludisme, Fièvre pappataci, dengue, fièvre jaune, encéphalite japonaise, maladie du sommeil, leishmaniose cutanée, peste, fièvre de la vallée du Rift, chikungunya, bilharziose, poussières en aérosol ou maladie du contact avec le sol, fièvre de Lassa, filariose, fièvre des tranchées, fièvre boutonneuse méditerranéenne, leishmaniose cutanée (zoonose), leishmaniose cutanée (anthropisation), Leishmaniose viscérale, fièvre Q, fièvre pourprée des montagnes Rocheuses, fièvre jaune, virus du Nil occidental, fièvre de Sindbis, fièvre pourprée des montagnes Rocheuses de Sibérie, typhus à tetranychidae (typhus des broussailles), typhus à poux, typhus murin, fièvre récurrente mondiale, leptospirose (à Leptospira icterohaemorrhagiae, L. hebdomadis, L. tarassovi, L. grippotyphosa, L. pomona, L. javanica, L. canicola, L. ballum, L. bataviae). Le pays est aussi touché par la rougeole, la diphtérie, la méningite, la grippe, la tuberculose, des infections respiratoires aiguës, la méningite à méningocoques, la poliomyélite, le charbon, la rage, la rougeole, Escherichia coli entérotoxinogène, Campylobacter, Shigelle, Salmonella, Cryptosporidium spp. , Giardia intestinalis, Entamoeba histolytica, amibiases, hépatite A, hépatite E, fièvre typhoïde et paratyphoïdeGlobal Disaster Information Network. Infectious diseases in Afghanistan. Reliefweb. https://reliefweb.int/report/afghanistan/infectious-diseases-afghanistan-report-global-disaster-information-network-gdin. 7 novembre 2001. .

    Éducation


    vignettedroiteUne classe d’enfants d’un petit village d’Afghanistan
    Fichier:UNESCO Institute of Statistics Afghanistan Literacy Rate population plus15 1980-2015.pngvignetteISU Alphabétisation de population adulte de Afghanistan 1980-2015
    Au printemps 2003, on estimait que 30 % des d'Afghanistan avaient été sérieusement endommagées pendant la vingtaine d'années de l'occupation soviétique et de la guerre civile. Seulement la moitié des écoles ont indiqué avoir de l'eau potable, tandis qu'un peu moins de 40 % estimait avoir un état sanitaire adéquat. L'éducation pour les garçons ne fut pas une priorité pendant le régime des Talibans, tandis que les filles en furent complètement bannies.
    Une étude de 2002 menée par le groupe d'aide Save the Children indique qu'en regard de la pauvreté et de la violence de leur environnement, les enfants afghans s'adaptent. L'étude donne du crédit aux institutions fortes de la famille et de la communauté.
    Plus de quatre millions d'enfants afghans, sans doute le nombre maximal, sont reconnus avoir été scolarisés pendant l'année scolaire qui a débuté en mars 2003. L'éducation est maintenant accessible aux garçons et aux filles.
    Le niveau d'alphabétisation de la population est estimé à 43,1 % pour les hommes et 12,6 % pour les femmes. En Afghanistan, beaucoup de filles ne reçoivent aucune instruction et celles qui vont à l'école n'y restent en général pas plus de quatre ans.
    {/> vignetteUn marché afghan.
    • Superficie :
    • Densité :
    • Frontières terrestres : (Pakistan ; Tadjikistan ; Iran ; Turkménistan ; Ouzbékistan ; Chine )
    • Littoral :
    • Indicateur de développement humain (IDH) : 0.498 (168 sur 189) {{Lien web titre=Afghanistan - Indice de développement humain (IDH) Statistiques url=http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/AFG/fr/SP.POP.IDH.IN.html site=perspective.usherbrooke.ca consulté le=2020-01-24. .
    • Extrémités d'altitude : de + à +
    • Espérance de vie des hommes : (en 2018)
    • Espérance de vie des femmes : (en 2018)
    • Taux de croissance de la pop. : +2,37 % (en 2018)
    • Taux de natalité : (en 2018)
    Fichier:Black Hawk flying over a valley in Bamyan.jpgvignetteHindou Kouch.
    • Taux de mortalité : (en 2018)
    • Taux de mortalité infantile : (en 2018)
    • Taux de fécondité : (en 2018)
    • Taux de migration : (en 2018)
    • Création du pays : Octobre 1747
    • Reconnaissance internationale : 1880
    • Lignes de téléphone : (en 2011)
    • Téléphones portables : (en 2011)
    • Postes de radio : (en 1999)
    • Postes de télévision : (en 1999)
    • Utilisateurs d'Internet : (en 2009)
    • Nombre de fournisseurs d'accès : 46 (en 2010)
    • Routes: (dont goudronnés) (en 2006)
    • Voies ferrées :
    • Voies navigables : (en 2008)
    • Nombre d'aéroports : 53 (dont 19 avec des pistes goudronnées) (en 2010)

    Afghans célèbres

    Il s'agit de personnes nées sur le territoire de l'Afghanistan moderne, de personnes ayant eu la nationalité afghane ou de personnes ayant toujours leur nationalité afghane

    Penseurs, savants et écrivains

    • Abû Hanîfa : Juriste, Imam et un savant musulman, ce spécialiste de l'islam est à l'origine de l'école juridique musulmane dite Hanafite. Il est communément admis que le père de Abou Hanifa, Thabit bin Zuta, fut un commerçant originaire de Kaboul qui s'est installé à Koufa en Irak peu avant la naissance d'Abou Hanifa que les musulmans d'obédience hanafite connaissent aussi sous le nom respectueux d'Al-Imam al 'Azam (le grand Imam).
    • Al-Farabi : Né à Faryab, ce philosophe musulman fut un commentateur émérite des sages de la Grèce antique, il a par ailleurs approfondi les sciences et tous les arts de son temps et fut appelé le « Second instituteur de l'intelligence ». Le premier instituteur étant le grec Aristote.
    • Khushal Khān Khaṭak (1613-25 février 1689; Pashto: خوشال خان خټک), également connu sous le nom de Khushal Baba (Pashto: خوشال بابا), était un poète afghan, chef et allié des moghol de la tribu Khattak contre les combattants de la liberté pachtoune(spécialement Tribu Yousafzai). Khushal Khan a servi les Moghols en les protégeant des combattants de la liberté pachtounes pendant la majeure partie de sa vie. Après avoir été expulsé de la position de chef tribal remplacé par son fils par l'empereur moghol, Khushal Khan s'est retourné contre les moghols. Puis après, Khushal a prêché l'union de tous les Pachtounes et a encouragé la révolte contre l'Empire moghol, promouvant le nationalisme pachtoune pachtounwali dans les dernières années de sa vie, à travers la poésie. Khushal a écrit de nombreux ouvrages en pachto mais aussi quelques-uns en persan (Dari). Khushal est considéré comme le "père de la littérature pashto" et le poète national de l'Afghanistan.
    • Abdur Rahmān Mohmand (1632-1706) (Pashto: عبدالرحمان بابا), ou Rahmān Bābā (Pashto: رحمان بابا), était un célèbre derviche et poète pachtoune soufi et poète de Peshawar dans l'empire moghol (Khyber Pakhtunkhwa). Lui, avec son contemporain Khushal Khan Khattak, est considéré comme l'un des poètes les plus populaires parmi les Pachtounes. Sa poésie exprime un côté mystique pacifique de la culture locale qui est de plus en plus menacée par des interprétations moins tolérantes de l'islam
    • Jamal-al-Din Afghani : écrivain et penseur, a vécu en Égypte, en Turquie et en France où il a pu échanger quelques lettres avec Ernest Renan. Les Iraniens réfutent l'idée qu'il soit Afghan mais des doutes sérieux subsistent sur ses origines iraniennes.
    • Khan Abdul Ghaffar Khan (Pashto/Urdu: خان عبد الغفار خان) ou aussi appelé par les afghan (Pacha Khan)(né à Hashtnagar en Utmanzai au Peshawar, Indes Britanniques vers 1890 – mort à Peshawar, Pakistan, en résidence surveillée le 20 janvier 1988) était un dirigeant politique et spirituel pachtoune d’origine Afghane, connu pour son opposition non violente à la domination britannique à la fin du règne de l'empire sur le sous-continent. C'est un des représentants majeurs de la non-violence islamique.Il voulait réunir tous les Pachtounes il est enterré à Jalalabad en Afghanistan
    • Mahmoud Tarzi (1863-1933), penseur nationaliste, écrivain et poète, fondateur du premier périodique d'Afghanistan en 1911 et par la suite ministre des Affaires étrangères et ministre d'Afghanistan à Paris.
    • Atiq Rahimi : cinéaste, romancier et photographe franco-afghan, lauréat du Prix Goncourt 2008
    • Khaled Hosseini : médecin et romancier américain d'origine afghane, auteur du célèbre Les Cerfs-volants de Kaboul

    Chefs d'État, chefs militaires et administrateurs

    • Barmécides ( ) - La famille des Barmécides est une grande famille de noblesse musulmane originaire de Balkh, en Afghanistan. Faisant partie de l'élite politique et administrative du califat abbasside, la famille des Barmécides a offert de grands vizirs à plusieurs califes qui ont marqué non seulement l'histoire arabo-musulmane, mais sans doute l'histoire mondiale comme Haroun ar-Rachid ou encore le calife Al-Mansour. Les 1001 nuits évoquent cette famille dans une de ses nombreuses histoires.
    • Muhammad Ghûrî (1149 - 15 mars 1206), ou Mu`izz ud-Dîn Muhammad, est l'un des acteurs principaux dans la propagation de l'islam dans le Nord de l'Inde.
    • Alâ ud-Dîn Khaljî, (persan : علاء الدین خلجی) est un sultan de Delhi de la dynastie des Khaldjî entre 1296 et 1316 très peu de gens le savent mais les Khaldjî sont Afghans Pachtounes il était considéré par les Afghans comme le second Alexandre le Grand
    • Bahlul Lodi est le fondateur de la dynastie des Lodi. Gouverneur afghan du Pendjab, il dépose le dernier sultan de la dynastie des Sayyîd Alam Shah le 19 avril 1451 et règne sur le sultanat de Delhi jusqu'à sa mort en 1489. Il réussit à conquérir une grande partie de l’Inde du Nord.
    • Sher Shah Suri (1486-1545) - chef militaire et administrateur, suzerain de l'Inde du Nord, son tombeau à Sasaram, en Inde, est classé au patrimoine mondial de l'humanité et qualifié par les indiens de second Taj Mahal.
    • Mirwais Khan Hotak (1673-1715) - chef des tribus Ghilzaï, se rebella contre le pouvoir perse du , prit et mit à sac à plusieurs reprises Ispahan, il apparaît notamment dans les célèbres Lettres persanes de Montesquieu sous les traits d'un sanguinaire chef afghan.
    • Ahmad Chah Durrani, empereur-fondateur d'Afghanistan de 1747 à 1773
    • Malalai de Maiwand (pachto : نورزی د معيړند ملالۍ), aussi connue sous le nom de Malala (pachto : نورزئی ملاله) ou Malalai Anaa (pachto : نورزی ملالۍ انا), signifiant Malalai Noorzai la grand-mère, est une héroïne populaire nationale d'Afghanistan qui rallia l'armée pachtoune contre les troupes britanniques en 1880 lors de la Bataille de Maiwand. C'est une jeune femme pashtoune qui a combattu avec Ayub Khan et qui est responsable de la victoire afghane lors de cette bataille le 27 juillet 1880 lors de la Seconde guerre anglo-afghane. Elle est aussi connue comme la « Jeanne d'Arc afghane. » Plusieurs écoles, hôpitaux ou autres institutions sont nommés en son honneur en Afghanistan. Son histoire est mentionnée dans tous les livres scolaires afghans.
    • Mohammad Zaher Chah Mohamadzai Durrani (règne de 1933 à 1973) - dernier chah d'Afghanistan
    • Mohammad Daoud Khan, premier ministre de 1953 à 1963 et puis président-fondateur de la république d'Afghanistan de 1973 à 1978
    • Ahmed Chah Massoud (actif des années 1980 jusqu'en 2001) - chef militaire de l'ethnie tadjike, célèbre pour ses faits d'armes en Afghanistan sous l'occupation soviétique et le régime taliban. Le commandant Massoud fut assassiné le 9 septembre 2001, deux jours avant les attentats du 11 septembre à New York, par deux faux journalistes.
    • Commandant Amin Wardak (années 1980 - actif jusqu'en 1995, où il s'exile en France) - ce chef militaire pachtoune au tempérament trempé est originaire de la province de Wardak. Grand commandant de la résistance, il a été parmi les plus audacieux et courageux combattants durant la guerre contre l'occupation soviétique en Afghanistan.
    • Commandant Abdul Haq - cet autre chef militaire pachtoune fut célèbre pour ses qualités de guerrier et de négociateur, il participa à l'opération internationale pour renverser le régime taliban et fut assassiné lors d'une embuscade tendue par les talibans et leurs alliés, l'ISI pakistanais.
    • Gulbuddin Hekmatyar (né en 1947) - chef militaire ayant combattu les Soviétiques, allié des Talibans et combattant islamiste.
    • Mohammad Omar (né en 1959) - chef des talibans d'Afghanistan, et chef de l'État de l'émirat islamique d'Afghanistan, de 1996 à 2001
    • Hamid Karzai, président intérimaire et puis président de la république islamique d'Afghanistan de 2002 à 2014
    • Zalmay Khalilzad (né en 1951) - homme politique américain d'origine afghane, conseiller du président George W. Bush, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies.
    • Abdul Rachid Dostom (né en 1954) il a été l'un des chefs militaires du gouvernement communiste de la république démocratique d'Afghanistan soutenu par l'URSS. Il est le principal leader de la communauté ouzbek en Afghanistan. Dostom est le chef du "Mouvement Islamique National d'Afghanistan".
    • Ashraf Ghani, président de la république islamique d'Afghanistan depuis le .

    Musiciens

    • Sonita Alizadeh, rappeuse et activiste en faveur du droit des femmes née en 1996 ;
    • Soosan Firooz, artiste considérée comme la première rappeuse d'Afghanistan ;
    • Ustād Mohammad Hussain Sarāhang, chanteur classique (khayal, thumri, tarana, raag), dans les années 1980 il a reçu le très prestigieux titre de Sartag-é musiqi (couronne de la musique), en Inde, où il fut immensément célèbre et révéré.

    Codes

    L'Afghanistan a pour codes :

    Notes et références


    Voir aussi


    Bibliographie

    • . Un ouvrage incontournable sur l'histoire de l'Afghanistan.
    • .
    • .
    • (Géologie, biologie, archéologie et cultures)
    • .
    • .
    • .
    • Pierre Centlivres, 'The Controversy over the Buddhas of Bamiyan', South Asia Multidisciplinary Academic Journal, 22008 The Controversy over the Buddhas of Bamiyan
    • .
    • .
    • .
    • {{Ouvrage auteur1=Patrick Denaud auteur2=Béatrice Gitton préface=Jean-François Deniau et Olivier Weber postface=Michel Bras titre=Saveurs afghanes sous-titre=la cuisine du Gandhara lieu=Paris éditeur=Édition du Félin nature ouvrage=beaux-livres collection=hors collection année=2002 pages totales=ill. en coul., br., 208 format livre= isbn=2866454715 isbn2=9782866454715 bnf=39017147f oclc=401602180 sudoc=075931915 lire en ligne= présentation en ligne=http://www.editionsdufelin.com/o-s-cat-r-14.html consulté le=21 mai 2018
    • .
    • .
    • .
    • Gilles Dorronsoro Kabul at War (1992-1996) : State, Ethnicity and Social Classes, South Asia Multidisciplinary Academic Journal Kabul at War (1992-1996) : State, Ethnicity and Social Classes
    • .

    Articles connexes

    • Ahmed Zia Massoud
    • Commandant Massoud
    • Cuisine afghane
    • Hekmatyar
    • Liste des dirigeants des provinces d’Afghanistan
    • Narco-économie en Afghanistan
    • Direction nationale de la sécurité

    Liens externes


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