Today: Friday 18 June 2021 , 2:56 am


advertisment
search


Régis Debray

Dernière mise à jour 14 Jour , 9 heure 8 Vues

Advertisement
In this page talks about ( Régis Debray ) It was sent to us on 03/06/2021 and was presented on 03/06/2021 and the last update on this page on 03/06/2021

Votre commentaire


Entrez le code
 
Régis Debray, né le à Paris, est un écrivain, philosophe et haut fonctionnaire français.
Engagé aux côtés de Che Guevara dans les années 1960, il est emprisonné et torturé à plusieurs reprises en Amérique du Sud. Il devient par la suite un écrivain prolifique. Dans le domaine des sciences de l'information, il crée et développe le domaine de la médiologie et fonde la revue Médium. Il est fondateur en 2020 de l'Institut européen en sciences des religions, une Chaire universitaire française publique sur « l’enseignement du fait religieux dans l’école laïque ». Il a été membre de l'académie Goncourt entre 2011 et 2015.

Biographie

Régis Jules DebrayRégis Debray dans Le Grand Entretien sur France Inter le 9 avril 2013. est le fils de Georges Debray, avocat à la Cour d'appel de Paris, ancien membre du Conseil de l'Ordre des avocats et secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Parishttp://www.laconference.net/?promo=georges-leon-debray., et de Janine Alexandre-Debray, avocate et femme politique .. Élève au lycée Janson-de-Sailly dans le de Paris, son premier « passeur » vers la philosophie est Jacques Muglioni qu'il décrit comme un « hussard noir de la grande époque » ne commentant jamais l'actualité .. Il réussit brillamment le concours d'entrée à l'École normale supérieure en 1960 : il entre cacique, puis passe l'agrégation de philosophie en 1965, tout en militant à l'Union des étudiants communistes. Il étudie à la faculté des lettres de Paris. En 1965, il est nommé professeur de français au lycée Henri-Poincaré de Nancy, qu'il quitte après quelques mois d'enseignement.
La même année, il part à Cuba puis suit Che Guevara en Bolivie. Il théorise sa participation à la guérilla de l'ELN dans Révolution dans la révolution (1967) où il développe la théorie du foquisme de « foco » (foyer en espagnol) : la multiplication de foyers de guérillaPierre Lepape, Les Révolutions du , coll. « Le point de la question », SGPP, 1970, et sq., « Debray : le castrisme théorisé ».. Ion Pacepa, ancien général des services secrets roumains, dit qu'alors le « terroriste français Régis Debray était un agent hautement prisé du KGB »Ion Mihai Pacepa et R. Richlak, Disinformation, WND Books, Washington, 2013, ch. 12.. Il use alors du pseudonyme de « Danton »Charles Jaigu, « Régis Debray, professionnel du désenchantement », Le Figaro Magazine, semaine du 21 octobre 2016, p. 68-76..
L'ELN est durement frappée le , lorsque Régis Debray et Ciro Bustos sont capturés. Tous deux sont torturés par les forces gouvernementales et par des agents de la Central Intelligence Agency (CIA) . Irénée Guimarães sera aussi, à cette occasion, arrêté avec eux par la police militaire bolivienne. Les preuves d'un accord de Debray avec la CIA (informations contre arrêt des tortures et promesse d'une peine clémente) ont été découvertes Pacho O'Donnell, Che, la vida por un mundo mejor, Random House Mandatori, 2003, . ; d'autres évoquent également des informations et des dessins donnés par Bustos en échange d'un traitement de faveur pour l'identification du groupe. Aucune version n'a pu être confirmée à ce jour, mais il semble vraisemblable qu'un ensemble de renseignements, à la suite de leurs interrogatoires respectifs, ait permis de rassembler assez d'éléments pour permettre aux forces boliviennes d'identifier, tracer et intercepter le groupe.
Selon Jorge Castañeda Gutman, Debray est passé à tabac les premiers jours de sa détention, mais jamais torturé au sens propre. Personne à aucun moment n’a touché un cheveu de BustosJorge Castañeda, Compañero, . Pierre Kalfon, Che, Le Seuil, . Régis Debray, Loués soient nos Seigneurs, Gallimard, 1996, .. C’est au bout de trois semaines, après avoir sciemment parlé dans le vide de façon à ne livrer aucune information concrètePréface de François Maspero au Journal de Bolivie de Che Guevara, La Découverte, 1995, ., que Debray admet les évidences, à savoir la présence du Che, déjà reconnue par Bustos, les déserteurs et le guérillero Vasquez Viana, arrêté le et victime d’un subterfuge. Même après la rupture politique de Debray avec le régime cubain, Manuel Piñeiro, le chef des services secrets cubains, reconnaît que ce dernier n’a fait que {{citationconfirmer la présence du Che en Bolivie », et qu’« il ne serait pas correct de ma part de rendre Debray responsable de la localisation de la guérilla, et encore moins de la mort du CheLuís Suarez Salazar, Barbarroja, Selección de testimonios y discursos del Comandante Manuel Piñeiro Losada, La Havane, Ediciones Tricontinental, 1999, et 120.. Quant à Fidel Castro, qui avait déjà évoqué « l’attitude ferme et courageuse » de Debray dans sa préface au Journal du Che (1968), il répète dans sa Biographie à deux voixIgnacio Ramonet, Fidel Castro, biographie à deux voix, Fayard, 2007 pour la traduction française (de l'espagnol), et 276. l’avoir envoyé lui-même en mission en Bolivie, et ne lui fait reproche de rien. Debray a lui-même, dans sa Déclaration devant le Conseil de GuerreRégis Debray, Déclaration devant le conseil de guerre, Camiri, Bolivia, Instituto del Libro, La Havane, 1968 (voir la de couverture) et Maspero, 1968., révélé et stigmatisé la présence de la CIA dans ses interrogatoires et les propositions qui lui furent faites de se renier en échange d’une libération « rapide et discrète »« Le procès Régis Debray », Les Cahiers libres, , Maspero, 1968, . (http://regisdebray.com/pages/bibpop.php?bibid=le%20proces Voir la de couverture.).
Selon Aleida Guevara, il aurait livré des informations-clés permettant d'éliminer le CheAleida Guevara, l'un des cinq enfants d'Ernesto Che Guevara, avait affirmé dans une déclaration au quotidien argentin Clarin, que Régis Debray est directement à l'origine de la mort de son père pour avoir « parlé plus que nécessaire ». Debray s'était refusé à commenter cette accusation : , estimant qu'il n'avait pas à revenir sur ces épisodes de la guérilla bolivienne . Cette imputation, intervenue après la rupture politique de Debray avec le régime cubain en 1989 (alors qu'a lieu le procès du général Ochoa et que s'ensuit l'exécution de son ami , qu'il condamne), n'a jamais été reprise par Fidel Castro, et même démentie par le chef des services secrets cubains, Manuel PiñeiroIgnacio Ramonet, , , 484-486. Manuel Barbarroja Piñeiro, Che Guevara and the Latin American Revolution, Ocean Press, Melbourne/New York, 2001, . Version espagnole : Barbarroja : Seleccion de testimonios y discursos del Comandante Manuel Piñeiro Losada, Ediciones Tricontinental, La Havane, 1999, : « No seria etico de mi parte, sin elementos probatorios, responsabilizar a Debray con la localizacion de la guerrilla, ni mucho menos con la muerte del Che. », ainsi que par François MasperoMaspero, « Regis Debray, admirable en Bolivie », Libération, 3 février 2001., Pierre Clostermann, compagnon de la Libération, après une entrevue avec le général ParrientosEntretien de Pierre Clostermann avec Rémi Kauffer pour Historia , janvier 1998, et aussi L'Histoire vécue : un demi-siècle de secrets d'État, : « Les Américains avaient mis un tel paquet pour localiser le Che qu'ils disposaient d'une foule de renseignements. Debray a peut-être été imprudent, mais il n'a pas parlé. », l'investigateur cubain Froilán GonzálezAdys Cupull et Froilán González, La CIA contre le Che, éditions EPO, 1993, . et par Régis Debray lui-même. Régis Debray sera condamné le à la peine maximale de trente ans d'emprisonnement militaire, échappant à la peine capitale . S'ensuivra une campagne internationale en sa faveur lancée par Jean-Paul Sartre ; il sera libéré au bout de trois ans et huit mois d'incarcération, grâce à un général modéré de la junte militaire au pouvoir en Bolivie. À sa libération, il séjourne au Chili et rencontre Salvador Allende et Pablo Neruda. De la rencontre avec Salvador Allende émergeront le livre Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, ainsi qu'un entretien vidéo : Ce que disait AllendeDont un extrait est disponible sur le http://www.regisdebray.com/mediatheque site de Régis Debray.. Il travaille fin 1972 avec Serge et Beate Klarsfeld afin de les aider à organiser l'enlèvement du responsable nazi Klaus Barbie, devenu tortionnaire en Bolivie, afin d'obtenir son jugement en France. Il rentre en France en 1973. Ciro Bustos vit quant à lui en exil en Suède.
En 1979, son tiersmondisme revenant à la charge, il participe - essentiellement en tant qu'observateur - à la révolution sandiniste aux côtés des muchachos du Nicaragua aux côtés de Daniel Ortega et Humberto Ortega, qui considèrent le proche de Castro comme un ami. Un crochet par Paris lui fait manquer le renversement du dictateur Somoza en placeRégis Debray, Les masques, Folio, 1992, page 169.
De 1981 à 1985, il est chargé de mission pour les relations internationales auprès du président de la République François Mitterrand. Le , une explosion détruit son appartement, vide à ce moment-là ; cet attentat aurait été commis par de mystérieuses « Brigades Révolutionnaires Françaises » qui avaient revendiqué l'enlèvement de Jean-Edern Hallier, quelques mois plus tôt, le .. Régis Debray est ensuite nommé secrétaire général du Conseil du Pacifique Sud, et enfin maître des requêtes au Conseil d’État puis mis en disponibilité sans traitement en 1988. Il démissionne en 1992.
En 1991, il participe à la fondation du Comité Laïcité République .. La même année, il est responsable culturel du Pavillon français à l’exposition universelle de Séville. En 1993, il présente une thèse de doctoratVoir sur regisdebray.com. à Paris-I, intitulée « Vie et mort de l’image. Une histoire du regard en Occident », sous la direction de François Dagognet ; il obtient, en 1994, son Habilitation universitairehabilitation à diriger des recherchesSur travaux, jury présidé par M. Bourgeois, en Sorbonne..
Il analyse alors l'impact des médias et de la communication, et fonde, en 1996, les Cahiers de médiologie qui deviennent, en 2005, la revue Médium. Transmettre pour innover.
En 1998, il est directeur de programme au Collège international de philosophie (avec François Dagognet, un séminaire sur « Technique et Philosophie ») et président du Conseil scientifique de l’École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB).
En 2002, il est à l'initiative de la création de l’Institut européen en sciences des religions (détachement auprès de l’École pratique des hautes études, à Paris) dont il est président jusqu'en 2004.
Selon l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, Régis Debray est allé à Port-au-Prince en 2004 lui demander de démissionner avant la fin de son mandat constitutionnelRéflexions sur Haïti – Mais bien sûr, M. Debray !, Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine, 4 juin 2004. https://www.nouvelobs.com/monde/20040305.OBS5363/aristide-menace-l-ambassadeur-francais.html Aristide menace l'ambassadeur français, L'Obs, 7 mars 2004..
Le , Régis Debray est élu membre de l'académie GoncourtRégis Debray élu à l'Académie Goncourt, Le Figaro, 11 janvier 2011.. Dans une lettre datée du , il annonce qu'il démissionne du jury de l'académiehttp://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/11/23/97001-20151123FILWWW00059-debray-demissionne-de-l-academie-goncourt.php Debray démissionne de l'Académie Goncourt, Le Figaro, 23 novembre 2015. http://www.lefigaro.fr/livres/2015/11/23/03005-20151123ARTFIG00117-regis-debray-quitte-l-academie-goncourt.php Régis Debray quitte l'Académie Goncourt, Le Figaro, 23 novembre 2015..

Vie privée

  • Elizabeth Burgos, sa épouse, rencontrée en 1963 à Caracas; ils prennent ensemble le maquis. Ils vont ensuite à Cuba. Ils se marient le , dans la prison de Bolivie où Régis Debray est incarcéré. De retour en France en 1973, ils logent chez Simone Signoret, place Dauphine à ParisCaroline Manguez, « Laurence Debray : "Mon père n'est pas qu'un héros" », Paris Match, semaine du 28 septembre au 4 octobre 2017, pages 72-77.. Ils divorceront plus tard.
  • Isabelle Ambrosini, sa épouse, rencontrée en 1995 à Paris.
  • Laurence Debray, sa fille, née en 1976, qu'il a eue avec Elizabeth Burgos.
  • Antoine Debray, son fils, né en 2001, qu'il a eu avec Isabelle Ambrosini-Debray .
Il vit à Paris, dans le quartier de l'Odéon.

Distinctions

  • 1977 : prix Femina pour La neige brûle
  • 1996 : prix Novembre pour Loués soient nos seigneurs
  • 2005 : docteur honoris causa de l'université Michel-de-Montaigne Bordeaux-III
  • 2011 : élu membre de l'Académie Goncourt
  • 2019 : grand prix de littérature de l'académie française .

Engagements politiques


En 1981, 1988 et 2002, il fait partie des intellectuels qui soutiennent respectivement François Mitterrand puis Jean-Pierre Chevènement.
Son engagement est marqué par l'antiaméricanisme.
En 1989, il co-signe un appel dans Le Nouvel Observateur avec notamment Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter et Catherine Kintzler appelant à faire interdire le foulard islamique à l'école.
En 1991, il fait partie des premiers membres du Comité Laïcité République.
Après avoir soutenu le NPA à sa création , il s’engage aux côtés du Front de gauche aux élections européennes de 2009S. Z., « Le soutien des intellectuels divise la gauche de la gauche », Le Monde du 4 juin 2009, 11.. Lors de l’émission Bibliothèque Médicis du sur LCP, il déclare : https://www.dailymotion.com/video/xcsdsj_bibliotheque-medicis-corriger-l-his_news , 51 min 48 s. Dans Rêverie de gauche, Régis Debray associe République et peuple et prend position sur les enjeux électoraux, en soutenant Jean-Luc Mélenchon à quelques semaines de la présidentielle de 2012 ..
En 2013, Régis Debray se déclare pour la sortie de la France de l'OTAN, organisation qu'il juge .

Idées


Révolution dans la révolution ?


Régis Debray écrit Révolution dans la révolution ? Lutte armée et lutte politique en Amérique latine en 1966 et l'ouvrage est publié en aux éditions François Maspero. Cet ouvrage est issu de discussions entre l'auteur, Fidel Castro et Che Guevara . Il y expose la théorie du « foco » ou « foquisme » développée séparément par ces deux hommes depuis la révolution cubaine qui débute en 1953.
Cet ouvrage apparaît comme un manuel montrant comment faire une guérilla efficace en prenant les armes, en gagnant les paysans à la cause et en renversant le pouvoir en place pour que le peuple puisse disposer de richesses égales et ainsi sortir de la grande pauvreté dans laquelle il est plongé . La guérilla prend la forme de trois grandes étapes : l'implantation, le développement et l'offensive révolutionnaire .
Cet ouvrage participe au moment révolutionnaire en Amérique latine, de 1959 à la chute du mur de Berlin en 1989, qu’on surnomme parfois « trente glorieuses révolutionnaires ». Debray dit lui-même : « Vaincre c’est accepter, par principe, que la vie n’est pas le bien suprême du révolutionnaire » . Il intervient pendant une grande agitation politique dans le monde et notamment . L'auteur attaque notamment les anti-révolutionnaires : « trotskisme et réformisme se donnent la main pour condamner la guerre de guérilla la freiner ou la saboter » . À sa sortie, il est tiré à en espagnol ; des extraits étaient lus tous les jours sur radio Habana.
Régis Debray prend les armes aux côtés du Che dans la Guérilla de l'ELN, qui se veut une application de la théorie du Foquisme.

Sacré

Régis Debray s’intéresse au problème du religieux et de la croyance au sein du groupe social. Son postulat de départ est : il n’y a pas de société sans transcendance.
De même qu’un État laïc a ses obligations morales, les athées ont des valeurs sacrées. Pour lui, cette transcendance est nécessaire à la cohésion sociale. L’Union soviétique avait Lénine, les États-Unis d'Amérique ont George Washington et les pères fondateurs, la Constitution. Il y en avait aussi autrefois en France avec les héros mythiques de la République, comme Danton ou Leclerc…
Selon Régis Debray, un groupe ne peut se définir que vis-à-vis d'une référence transcendante (qu'elle soit territoriale, doctrinaire ou légendaire) vers laquelle se tourne la croyance des gens. Il appelle cette nécessité de définir le groupe par une entité qui lui est extérieure l incomplétude, et nomme cette entité le « sacré du collectif », qui est la représentation de ce que le groupe estime être le « meilleur ». C'est cette croyance qui assure la confiance réciproque entre les membres du groupe, et garantit selon R. Debray l'ordre social.
Debray affirme que l'on a cru pouvoir éliminer la religion par le siècle des Lumières, mais que l'on n'a pas pu éliminer la croyance. Selon lui, la crise actuelle en France est une crise de la symbolique républicaine, due à un manque de sacré. Pour Régis Debray, le dernier grand homme à la symbolique républicaine était François Mitterrand. Les États-Unis auraient ainsi su échapper à cette crise du sacré, par leur civisme et leur patriotisme, même s'ils se sont mis au service de mauvaises causes. L’effigie du dollar des États-Unis en est un exemple : « In God We Trust ». C’est cette symbolique patriotique qui ferait la force des États-Unis. Debray prétend appliquer le théorème d'incomplétude de Gödel à l'ordre social pour « démontrer » sa théorie.
Régis Debray affirme que quand s’épuise le sens du symbolique reviennent les autorités religieuses. Plus la puissance symbolique est dématérialisée (la religion), plus l’ordre symbolique est fort et plus la puissance symbolique est historicisée (personnages), plus l’ordre symbolique est fragile. Une humanité sans croyance est donc, selon lui, réduite à l’animalité.

Médiologie

Debray affirme que le sacré serait déterminé par la technologie de la transmission d'information, et baptise l'étude de celle-ci la médiologie. Ce néologisme désigne l’étude des supports de transmission de message, qui selon lui ont transformé les mœurs, les rapports au pouvoir, au savoir…
Régis Debray s'intéresse à trois exemples en particulier :
  • Le premier est ce qu’il appelle le codex, c’est-à-dire le premier livre relié, la Bible chrétienne, qui facilite la communication du Dieu unique. Cette « invention » du christianisme va transformer l’ordre social.
  • La deuxième révolution, deuxième évolution du sacré, est l’invention de l’imprimerie. Cette diffusion des livres, du savoir, générera l’École, la République et la laïcité.
  • La troisième grande technologie est la révolution informatique avec le développement du Web. Sur cette toile géante, il n’y a plus de frontières, plus d’État. À quelle forme de « sacré » cela mène-t-il ?
  • La médiologie sera le deuxième temps du travail de Régis Debray. Comment une idée abstraite devient une force matérielle ? Qu’est ce que la force des idées ? Comment l’idée d’un Dieu unique, total, universel a-t-elle acquis autant de force et comment s’est-elle traduite par des rites ? Comment l’idée d’un Dieu totalement abstrait incarné dans un être a-t-elle fait, selon lui, exploser la société romaine ? Comment peu à peu y a-t-il eu une conversion dans cette croyance qu'il présente comme incongrue ? Debray va se pencher sur toutes ces questions en étudiant les moyens de transmission. Pour lui le messager conditionne le message. Sa thèse est : « l’invention de l’écriture alphabétique jointe à une nouvelle technique de partage (le codex) dans un milieu nomade mais sédentarisé a été la condition de naissance de Dieu comme universel ». Sans cela, l’idée d’un Dieu universel n’aurait pas été possible et le Dieu juif aurait été un dieu mort. Le transport s’est réalisé par l’écriture et le partage d’un Dieu transcendant. Debray va alors constituer une histoire des « médiasphères », c’est-à-dire les techniques de transport qui ont impliqué des changements de croyance et donc des changements d’ordre social.

    Critique

    Régis Debray a été vivement critiqué pour son utilisation du théorème d'incomplétude de Gödel, jugée au mieux infondée sinon fallacieuse par Alan Sokal et Jean Bricmont dans leur livre Impostures intellectuelles, et par Jacques Bouveresse dans Prodiges et vertiges de l'analogie.

    Ouvrages

    Essais

    • La Frontière suivi de Un jeune homme à la page, Paris, Le Seuil, 1967, 93 p.
    • Révolution dans la révolution ? : Lutte armée et lutte politique en Amérique latine essai, Paris, Maspero, 1967, 138 p.
    • Nous les Tupamaros suivi de Apprendre d'eux, (collectif), Paris, Maspero, 1971, 243 p.
    • La Guérilla du Che, Paris, Le Seuil, 1974, 187 p.
    • Les Rendez-vous manqués (pour Pierre Goldman), Paris, Le Seuil, 1975, 155 p.
    • Ledannois (essai sur le peintre Jean-Marie Ledannois), Paris, Éditions Pierre Horay, 1977, 64 p.
    • Modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire de mai 68, Paris, Maspero, 1978, 93 p. Réédité en 2008 avec le titre Mai 68 : une contre-révolution réussie.
    • Le Pouvoir intellectuel en France, Paris, Ramsay, 1979, 280 p.
    • Le Scribe : genèse du politique, Paris, Grasset, 1980, 349 p.
    • Critique de la raison politique, Paris, Gallimard, 1981, 473 p.
    • Que vive la république !, Paris, Odile Jacob, 1989, 217 p. . Pour le bicentenaire de la révolution française.
    • À demain de Gaulle, Paris, Gallimard, 1990, 178 p.
    • Cours de médiologie générale, Paris, Gallimard (Bibliothèque des idées), 1991 ; rééd. Paris, Gallimard (Folio), 2001, 395 p.
    • Christophe Colomb, le visiteur de l'aube, suivi des Traités de Tordesillas, Paris, La Différence, 1991, 124 p.
    • Vie et mort de l'image. Une histoire du regard en Occident, Paris, Gallimard (Bibliothèque des idées), 1991 ; rééd. Paris, Gallimard (Folio), 1995, 526 p.
    • Contretemps : Éloges des idéaux perdus, Paris, Gallimard, coll. « Folio actuel », 1992, 182 p.
    • L'État séducteur : les révolutions médiologiques du pouvoir, Paris, Gallimard, 1993, 208 p.
    • Un mot encore, cher Béré, Paris, Arlea, 1993, 29 p. . Hommage à l'homme politique Pierre Bérégovoy, alors récemment décédé.
    • L'Œil naïf, Paris, Le Seuil, 1994, 184 p. . Essai d'art sur la photographie.
    • Contre Venise, Paris, Gallimard, 1995, 94 p.
    • Transmettre, Paris, Odile Jacob, 1997, traduit en anglais en 2000 (Transmitting Culture), 203 p.
    • La République expliquée à ma fille, Paris, Le Seuil, 1998, 61 p.
    • Shanghaï, dernières nouvelles : la mort d'Albert Londres, Paris, Arléa, 1999, 158 p.
    • L'Emprise, Paris, Gallimard, 2000, 160 p.
    • Dieu, un itinéraire : matériaux pour l'histoire de l'Éternel en Occident, Paris, Odile Jacob, 2001, Prix Combourg, 2003, 410 p. extraits en lignehttp://www.scienceshumaines.com/la-fabrication-de-dieu-entretien-avec-regis-debray_fr_12514.html La fabrication de Dieu, Entretien avec Régis Debray, Sciences humaines, 11 mai 2012 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/chris_0753-2776_2003_num_76_1_2425_t1_0201_0000_2 Recension, par Philippe Wender, Autres Temps, 2003 http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=8649 Compte-rendu, par Jean-Louis Schlegel , revue Esprit, mai 2002, (payant) http://assr.revues.org/1213 Compte-rendu par Michael Löwy, Archives des sciences sociales des religions, avril-juin 2003
    • L'Enseignement du fait religieux dans l'école laïque, avec une préface de Jack Lang, Paris, Odile Jacob, 2002, 67 p.
    • Le Feu sacré : fonctions du religieux, Paris, Fayard, 2003, 471 p.
    • À l'ombre des lumières : Débat entre un philosophe et un scientifique, entretien avec Jean Bricmont, Paris, Odile Jacob, 2003, 198 p.
    • Ce que nous voile le voile : La République et le sacré, Paris, Gallimard, coll. NRF, 2004 ; rééd. coll. « Folio », 2006, 83 p.
    • Le Plan vermeil : modeste proposition, Paris, Gallimard, coll. NRF, 2004, 61 p.
    • Le Siècle et la Règle : une correspondance avec Gilles-Dominique o.p., Paris, Fayard, coll. « Littérature générale », 2004, 193 p. – Prix François-Mauriac de la région Aquitaine
    • Sur le pont d'Avignon, Paris, Flammarion, 2005, 121 p. . Sur le théâtre.
    • Les Communions humaines : pour en finir avec « la religion », Paris, Fayard, 2005, 158 p.
    • Supplique aux nouveaux progressistes du , Paris, Gallimard, 2006, 65 p.
    • L'Obscénité démocratique, Paris, Flammarion, 2007, 86 p.
    • Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations, Paris, CNRS Éditions, 2007, 61 p.
    • Le Moment fraternité (essai), Paris, Gallimard, 2009, 335 p.
    • Dégagements, Paris, Gallimard, 2010, 309 p. . Textes issus de la rubrique "Pense-bête" tenue par l'auteur dans la revue trimestrielle Médium.
    • À un ami israélien : Avec une réponse d'Élie Barnavi, Paris, Flammarion, 2010, 156 p.
    • Éloge des frontières, Paris, Gallimard, 2010, 90 p.
    • Du bon usage des catastrophes, Paris, Gallimard, 2011, 107 p.
    • Jeunesse du sacré, Paris, Gallimard, 2012, 203 p.
    • Rêverie de gauche, Paris, Flammarion, 2012, 102 p.
    • Modernes Catacombes, Paris, Gallimard, 2013, 320 p.
    • Le Bel-âge, Paris, Flammarion, 2013, 107 p.
    • Le Stupéfiant image : de la grotte Chauvet au Centre Pompidou, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2013, 396 p.
    • Ça coule de source : l'image, l'eau, la femme, Paris, Ina Éditions, 2014, 25 p.
    • L'Erreur de calcul, Paris, Le Cerf, 2014, 54 p.
    • Un candide à sa fenêtre, Dégagements II, Paris, Gallimard, 2015, 394 p.
    • Madame H., Paris, Gallimard, 2015, 160 p.
    • La Laïcité au quotidien : guide pratique avec Didier Leschi, Paris, Gallimard, , 2016, 154 p.
    • Allons aux faits : croyances historiques, réalités religieuses, Paris, Gallimard, Hors série Connaissance, 2016, 254 p.
    • Civilisation : comment nous sommes devenus américains, Paris, Gallimard, 2017, 243 p.
    • Le Nouveau Pouvoir, Paris, Le Cerf, 2017, 93 p.
    • Bilan de Faillite, Paris, Gallimard, 2018, 153 p.
    • L'Angle mort, Paris, Le Cerf, 2018, 80 p.
    • L'Europe fantôme, Paris, Gallimard, coll. « Tracts », 2019, 48 p., ,
    • Un été avec Paul Valéry, Paris, coéditions Des Équateurs et France-Inter, coll. « Parallèles », 2019, 173 p., , ,
    • Du génie français, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2019, 128 p., ,
    • Le Siècle vert, Paris, Tracts Gallimard, 2020,
    • D'un siècle l'autre, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2020, 304 p.,

    Romans

    • L'Indésirable, Paris, Le Seuil, 1975, 310 p.
    • La neige brûle, Paris, Grasset, prix Femina, 1977, 220 p.
    • Comète, ma comète, Paris, Gallimard, 1986, 138 p.

    Journal

    • Journal d'un petit bourgeois entre deux feux et quatre murs, Paris, Le Seuil, 1976, 169 p.
    • Aveuglantes Lumières, Journal en clair-obscur, Paris, Gallimard, 2006, 203 p. . Critique des Lumières sous forme de journal.
    • Un candide en Terre sainte, Paris, Gallimard, 2008, 445 p.

    Mémoires et autobiographies

    • Le Temps d'apprendre à vivre
    • Les Masques : une éducation amoureuse, Paris, Gallimard, 1992, 288 p.
    • Loués soient nos seigneurs : une éducation politique, Paris, Gallimard, 1996, prix Novembre, 726 p.
    • Par amour de l'art : une éducation intellectuelle, Paris, Gallimard, 1998, 507 p.

    Théâtre

  • Julien le Fidèle ou Le banquet des démons, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2005, 160 p.
  • Entretiens

    • Entretiens d'un été, Paris, Desclée de Brouwer, 2010, 262 p. . Présentés par Dominique Rousset.
    • Conversations sous influence, Régis Debray / Jean-Paul Dekiss, Revue Jules Verne 35, 2012, 115 p.
    • Que reste-t-il de l’Occident ? avec Renaud Girard, Paris, Grasset, 2014, 114 p.

    Cinéma

    • Régis Debray apparaît dans Chronique d'un été (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin.
    • Régis Debray apparaît dans Hôtel Terminus, sous-titré Klaus Barbie, sa vie et son temps, film documentaire franco-américain réalisé par Marcel Ophüls en 1988.
    • Son rôle est joué par Marc-André Grondin dans Che - : Guerilla (2009), la seconde partie du diptyque Che de Steven Soderbergh sur Che Guevara.
    • Il apparaît aux côtés de son ami Daniel Cordier dans Daniel Cordier, la résistance comme un roman (2010). Le résistant et secrétaire de Jean Moulin, disparu en 2020, lui raconte ses années de service auprès de Rex par des lieux.
    • Régis Debray se raconte et se dévoile dans son œuvre, mais aussi dans un film (co-réalisé avec Yannick Kergoat en deux parties, diffusé sur Arte. Itinéraire d'un candide (2016) retrace la vie de l'écrivain en passant par la Révolution (la première partie ) puis la République (la deuxième partie ), avec l'aide de nombreux intervenants dont Elizabeth Burgos, Hubert Védrine, Roland Dumas ou encore Cédric Villani.
    • Régis Debray a collaboré au scénario du film de Miguel Littín, Le Recours de la méthode, en compétition au Festival de Cannes 1978 sous le titre Viva el Presidente

    Opéra

    En 2016, Régis Debray écrit le livret de l'opéra Benjamin, dernière nuit, drame lyrique en quatorze scènes de Michel Tabachnik, consacré au philosophe allemand Walter Benjamin, créé à l'opéra de Lyon le .

    Notes et références


    Bibliographie

  • François Dagognet, Robert Damien et Robert Dumas, Faut-il brûler Régis Debray ?, Seyssel, Champ Vallon, 1999, 208 p. (postface de Régis Debray)
  • Annexes

    Articles connexes

    • Foquisme
    • Vilém Flusser

    Liens externes


    Catégorie:Écrivain français du XXe siècle
    Catégorie:Écrivain français du XXIe siècle
    Catégorie:Philosophe agnostique
    Catégorie:Philosophe français du XXe siècle
    Catégorie:Philosophe français du XXIe siècle
    Catégorie:Maître des requêtes au Conseil d'État
    Catégorie:Chercheur en communication
    Catégorie:Médiologue
    Catégorie:Agrégé de philosophie
    Catégorie:Élève du lycée Louis-le-Grand
    Catégorie:Élève de l'École normale supérieure
    Catégorie:Étudiant de la faculté des lettres de Paris
    Catégorie:Docteur en philosophie de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne
    Catégorie:Docteur honoris causa de l'université Bordeaux III
    Catégorie:Lauréat du concours général
    Catégorie:Lauréat du prix Aujourd'hui
    Catégorie:Lauréat du prix Femina
    Catégorie:Lauréat du prix Novembre
    Catégorie:Lauréat du prix Joseph-Kessel
    Catégorie:Lauréat du prix Roger-Caillois
    Catégorie:Académie Goncourt
    Catégorie:Naissance en septembre 1940
    Catégorie:Naissance à Paris
     
    commentaires

    Il n'y a pas encore de commentaires




    vu pour la dernière fois
    Most vists