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Tristan Tzara

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Tristan Tzara, de son vrai nom Samuel Rosenstock, né le à Moinești en Roumanie, et mort le dans le de Paris, est un écrivain, poète et essayiste de langues roumaine et française et l'un des fondateurs du mouvement Dada dont il sera par la suite le chef de file.

Biographie

Jeunesse et adolescence à Bucarest

La famille Rosenstock fait partie des juives recensées à qui le code civil en vigueur à l'époque refuse la citoyenneté roumaine. Élevé dans une certaine aisance matérielle grâce à son père qui est cadre dans une société d'exploitation pétrolière, Samuel connaît une enfance et une adolescence sans histoire. Il suit un cours sur la culture française dans un institut privé, s'éveille à la littérature au lycée Saint-Sava et s'inscrit en section scientifique pour le certificat de fin d'études au lycée Mihai-Viteazul. C'est un bon élève et ses professeurs notent son ouverture d'esprit et sa curiosité intellectuelle infatigable ..
La littérature roumaine du début du est fortement influencée par le symbolisme français. La revue Literatorul d'Alexandru Macedonski, tout en proposant des poèmes de Charles Baudelaire, René Ghil, Maurice Maeterlinck ou Stéphane Mallarmé, n'en combat pas moins la tradition romantique. Avec son camarade de lycée Marcel Janco, Samuel crée, en 1912, sa première revue, Simbolul, qui transpose en roumain les acquis du symbolisme, notamment de Maeterlinck, Laforgue et Verhaeren .. Il s'imagine en . Il y publie l'un de ses premiers poèmes, Sur la rivière de la vie.
En 1915, il adopte le pseudonyme de Tristan Tzara : Tristan en référence au héros de l'opéra de Richard Wagner, Tristan et Isolde, et Tzara parce que cela se prononce comme le mot roumain ţara qui signifie « terre » ou « pays » .. Le nom entier se lit comme le roumain "trist în ţara", "triste dans le pays natal"
Tristan Tzara ne déteste pas . Il fait paraître dans diverses revues des poèmes comme Les Faubourgs, où il évoque l' , ou bien Doute, qui insiste sur le rôle du hasard dans la création poétique :
Il se passionne pour l'œuvre d'Arthur Rimbaud, fait des Galgenlieder (Les Chants du gibet) de Christian Morgenstern son livre de chevet, tandis que le Bucarest intellectuel résonne des d'un certain Urmuz (alias Demetru Demetrescu Buzau), dont Eugène Ionesco dira qu'il était .
Ayant obtenu son certificat de fin d'études, Tzara s'inscrit à l'université de Bucarest en mathématiques et philosophie ( ). Son ami Janco s'inscrit en polytechnique ..

Arrivée à Zurich

L'atmosphère provinciale de Bucarest ennuie Tzara qui rêve de partir. Contre l'avis de son père, mais encouragé par Janco qui le presse de le rejoindre à Zurich, il quitte la Roumanie pour la Suisse, pays neutre accueillant la jeunesse d'Europe refusant la guerre. Il s'inscrit à l'université en classe de philosophie. Mais l'ennui le gagne à nouveau : Il faut l'enthousiasme contagieux de Janco pour l'empêcher de retourner à Bucarest.
Tzara rencontre l'Allemand Hugo Ball accompagné de sa femme Emmy Hennings, danseuse et chanteuse. Il se présente comme un révolutionnaire professionnel, disciple de Mikhaïl Bakounine, ayant quitté l'Allemagne pour cause d'incitations à l'émeute. Convaincu qu'en Suisse il trouverait quelques jeunes gens comme lui avec la volonté de , Ball confie à Tzara son projet d'ouvrir un lieu où se rassembleraient toutes les dissidences. Le , paraît dans la presse zurichoise un communiqué annonçant la création d'un qui s'adresse à tout le monde sauf aux . Le rendez-vous est fixé dans une taverne de la Spiegelstrasse pour des soirées quotidiennes ..

Le Cabaret Voltaire

Le , Ball, Hennings, Richard Huelsenbeck, Tzara et les peintres Jean Arp, Janco et Sophie Taeuber inaugurent le Cabaret Voltaire situé dans la SpielgasseDominique Fernandez, Rhapsodie roumaine, avec photographies de Ferrante Ferranti, Bernard Grasset, Paris, 1998, . et transforment l'endroit en café littéraire et artistique dont les murs sont couverts de tableaux créant une ambiance à la fois intime et oppressante .. Le succès est immédiat.
Tzara :
Jean Arp :
Hugo Ball : . .

Naissance du mouvement Dada


Fichier:Tzara by Tihanyi.jpgvignettedroiteTristan Tzara par Lajos Tihanyi, 1927, galerie nationale hongroise.
Il a participé à la naissance du mot « Dada » à Zurich et a été le plus actif propagandiste du mouvement. La légende veut que Tzara et Huelsenbeck aient glissé un papier au hasard dans un dictionnaire Larousse, qui serait tombé sur le mot Dada, donc choisi comme nom du mouvement. Huelsenbeck, autre fondateur du mouvement dada, prétend en 1922, dans son histoire du dadaïsme, que Tzara n'a jamais été dadaïste (ce qui s'explique par la rivalité qui régulièrement les opposera), tandis que certains poètes contemporains voient en Tzara le chef de file de l'art nouveau.
S'ouvre une galerie Dada, où Tzara prononce des conférences sur l'art nouveau, et notamment l'art abstrait. Il publie également quatre livraisons de la revue Dada, qui obtient rapidement une audience internationale ..
Il a écrit lui-même les premiers textes « Dada » :
  • La Première Aventure céleste de Mr Antipyrine (1916),
  • Vingt-cinq poèmes (1918),
  • et Sept manifestes Dada (1924), recueil de manifestes lus ou écrits entre 1916 et 1924.

Paris

André Breton, Philippe Soupault et Louis Aragon sont enchantés par les poèmes de Tzara, qu'ils ont lus à Paris dans les revues SIC et Nord-Sud, mais aussi dans les revues Dada. Ils entrent en correspondance. En 1915, le peintre Francis Picabia vient en Suisse pour soigner une dépression nerveuse : Tzara et lui se lient d'amitié et entrent également en correspondance. Durant ce séjour, il rencontre également Émile Malespine avec lequel il correspond et Tzara participe à la rédaction de la revue lyonnaise Manomètre . C'est en 1920 que Tzara débarque inopinément à Paris, dans l'appartement de Picabia, dont la maîtresse vient d'accoucher. La légende veut que Tzara ait calmé le nouveau-né en lui faisant répéter . André Breton et ses deux acolytes ne tardent pas à venir sonner à la maison, et sont surpris de voir, à la place du nouveau Rimbaud qu'ils avaient escompté, un petit bonhomme frêle roulant encore les r, mais ils s'habituent vite à son rire sonore et éclatant ..
Par la suite, ils se lancent tous ensemble dans une grande variété d'activités destinées à choquer le public et à détruire les structures traditionnelles du langageTristan Tzara, Aragon, Philippe Soupault et Breton, entre autres, participent notamment à la revue SIC créée par Pierre Albert-Birot en 1916.. Tzara ne participera pas aux débuts du surréalisme, restant dans les premières années sur ses acquis dadaïstes, mais rejoindra le groupe plus tard.
Tristan Tzara a été marié à l'artiste et poète suédoise Greta Knutson (1899-1983) de 1925 à 1942. Le couple a eu un fils, Christophe, né le .
Par la suite, Tzara a longtemps tenté de réconcilier surréalisme et communisme (il a même adhéré au parti communiste en 1936, avant de rejoindre la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale).
C'est de cette période que date son intérêt pour la langue d'oc et, après la guerre, Tristan Tzara participera aux côtés de Jean Cassou et de Max Rouquette à la fondation de l'Institut d'études occitanesRobèrt Lafont, op. cit., p. 723.
Il meurt le à son domicile du de ParisActe de décès du 26 décembre 1963 sur le site des archives de Paris. et est inhumé au cimetière du Montparnasse ( ).

Œuvres

  • La Première Aventure céleste de Mr Antipyrine, première édition 1916, avec des bois gravés et coloriés par Marcel Janco, rééd. 2005, Éditions Dilecta.
  • Vingt-cinq poèmes, 1918. rééd. 2006, Éditions Dilecta.
  • Cinéma calendrier du cœur abstrait maisons, première édition 1920, rééd. 2005, Éditions Dilecta.
  • Le Cœur à gaz, ..
  • Le Cœur à barbe, 1922.
  • De nos oiseaux : poèmes, 1923.
  • Sept manifestes Dada, première édition 1924, avec des dessins de Francis Picabia, rééd. 2005, Éditions Dilecta.
  • Mouchoir de nuages, 1924.Sélection, Anvers.
  • Sonia Delaunay, 1925.
  • L’Arbre des voyageurs, 1930.
  • Essai sur la situation de la poésie, 1931.
  • L’Homme approximatif, 1931.
  • Où boivent les loups, 1932.
  • L’Antitête, 1933.
  • Grains et Issues, 1935.
  • La Main passe, 1935.
  • Ramures, 1936.
  • Sur le champ, 1937.
  • La Deuxième Aventure céleste de M. Antipyrine, 1938.
  • Midis gagnés, 1939.
  • Ça va, 1944.
  • Signe de vie, 1946.
  • Entre-temps, 1946.
  • Terre sur terre, 1946.
  • La Fuite : poème dramatique en quatre actes et un épilogue, 1947.
  • Le Surréalisme et l’Après-guerre, 1947.
  • Phases, Éditions Seghers, 1949, avec un portrait (lithographie) de Tzara par Alberto Giacometti.
  • Le Poids du monde, 1951.
  • La Face intérieure, 1953.
  • L'Égypte face à face, 1954.
  • À haute flamme, 1955.
  • La Bonne Heure, 1955.
  • Parler seul, 1955.
  • Le Fruit permis : poèmes, 1956.
  • La Rose et le Chien, 1958 ; livre animé, poème perpétuel dont le texte est imprimé sur des volvelles, illustré par Picasso.
  • Juste présent, 1961.
  • Lampisteries, précédé de Sept manifestes Dada, 1963.
  • 40 chansons et déchansons, 1972.
  • Œuvres complètes, Flammarion, 1975-1982, 5 volumes.
  • Cinéma calendrier du cœur abstrait maisons, 2005.
  • Découverte des arts dits primitifs, suivi de Poèmes nègres, Hazan, 2006.
Correspondance avec André Breton et Francis Picabia 1919-1924, présentée et éditée par Henri Béhar, Paris, Gallimard, 2017.

Musique

  • Claude Ballif : 1951-1977 Minuit pour les géants (revue en 1977), pour mezzo-soprano (ou baryton) & piano ; poème de Tristan Tzara.
  • Notes et références


    Annexes

    Autres projets


    Bibliographie

    • René Lacôte, Tristan Tzara, coll. Poètes d'aujourd'hui 32, Éditions Seghers, 1952
    • .
    • .
    • {{Ouvrageid=Béharprénom1=Henrinom1=Béhartitre=Tristan Tzaraéditeur=Oxuscollection=Les Roumains de Parislieu=Parisannée=2005 .
    • {{Ouvrageid=Nicaiseprénom1=Christiannom1=Nicaisetitre=Tristan Tzara : les livreséditeur=L'Instant perpétuellieu=Rouenannée=2005 .
    • Petre Răileanu, Les avant-gardes en Roumanie. La charrette et le cheval-vapeur, Paris, éditions Non Lieu, 2018, 220 p., 200 illustrations couleurs.

    Articles connexes

    • Anti-art
    • Dada
    • Cabaret Voltaire
    • Prix Tristan-Tzara
    • Maison de Tristan Tzara (Paris)

    Liens externes

  • Enregistrements de poèmes de Tristan Tzara par Tristan Tzara.

  • Catégorie:Écrivain français du XXe siècle
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