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Jean Cau

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  {{voir homonymesJean Cau (homonymie) Jean CauCau
Jean Cau, né le à Bram (Aude) et mort le à Paris, est un écrivain, journaliste et polémiste français.
Secrétaire de Jean-Paul Sartre de 1946 à 1957, il écrit dans Les Temps modernes, puis est journaliste à L'Express, à France Observateur, au Figaro littéraire et à Paris Match. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, romans, essais, pamphlets et pièces de théâtre ainsi que de plusieurs scénarios de film.
Il reçoit, en 1961, le prix Goncourt pour son roman La Pitié de Dieu.

Biographie et parcours politique

Né d'un père ouvrier agricole, employé d'épicerie puis homme à tout faire dans une banque de Carcassonne, et d'une mère femme de ménage, à Bram, Jean Cau fait d'abord ses études au lycée de Carcassonne : grâce à l'insistance auprès de ses parents, de l'instituteur Monsieur Castel, il poursuit des études secondaires et obtient le baccalauréat. Sur les recommandations d'un professeur de lettres, qui lui permet d'obtenir une bourse, Étienne et Rose Cau acceptent de le laisser partir à Paris pour préparer l’École normale supérieure au lycée Louis-le-Grand, puis passer une licence de philosophieAlain de Benoist, « Jean Cau », Le Spectacle du monde, 2008..
Grand admirateur de Jean-Paul Sartre, il l'aborde dans un café et lui propose ses services . Khâgneux, « authentique prolétaire . », il plaît au philosophe qui l'embauche en . Jean Cau sera son secrétaireClaude Lanzmann interviewé par François Busnel, Le Grand Entretien, France Inter, mardi 8 mars. Jean Cau secrétaire de Jean-Paul Sartre dans The Independant. jusqu'en 1957Le Monde, 19 juin 1993.. Dans la pièce attenante au bureau de Sartre, rue Bonaparte, Cau répond au téléphone, fixe les rendez-vous, met à jour la correspondance et, en quelque sorte, gère les finances ..
Il devient ensuite journaliste et grand reporter, d'abord à L'Express et au Nouvel Observateur, puis au Figaro et à Paris Match. Il s'éloignera des positions de Sartre, mais ne tiendra jamais de propos déplaisants sur sa personne .. En 1985, Cau consacre une vingtaine de pages émues et affectueuses à Sartre dans Croquis de mémoire et écrit " Je ne lui dois rien mais je lui dois tout"(éd. Julliard).
Venu de la gauche, familier de Françoise Giroud, de Françoise Sagan, de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de Jean Daniel, il commence à partir de 1963 à exprimer des doutes quant aux dogmes qui prévalent, dans l'intelligentsia parisienne, sur l'anticolonialisme, le marxisme, l'antigaullisme. Alors que la France s'achemine vers mai 1968, il évolue à contre-courant, publie plusieurs essais qui sont autant de remises en cause, va jusqu'à se définir comme un « national-gaulliste ».
Cau est également parolier, notamment pour Régine. Ami d'Alain Delon, il écrit ou co-écrit pour lui plusieurs scénarios de film ainsi qu'une pièce de théâtre, Les Yeux crevés. Delon signera la préface de son livre posthume, Le Candidat, dans lequel il décrit avec ironie sa vaine tentative pour se faire élire à l'Académie française en 1989.
Dans les années 1970, il se rapproche du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), creuset de la « nouvelle droite », et écrit des textes polémiques fustigeant le gauchisme, la décadence de l'Europe, ou exaltant le combat et les traditions européennes. Il appartient dans le même temps au comité de patronage de Nouvelle École .. Ses romans, ainsi que plusieurs de ses essais et articles confiés à la revue Éléments, sont teintés d'un paganisme solaire, comme l'illustre ce « prière d'insérer » de l'auteur en couverture du roman Le Grand Soleil :
{{Citation blocJ'ai voulu rêver, en somme, d'un village où reviendraient, par la grâce d'un enfant, les anciens dieux, décapités, mutilés, émasculés, mais toujours rayonnants et prêts à revivre, au soleil, et à régner innocemment... d'un village de marbre dont le dieu s'appelait Apollon et dont le prince revenu est un enfant. J'ai rêvé un conte païen se déroulant au soleil invaincu{{Ouvragelangue=frauteur1=Jacques Marlaudpréface=Jean Cautitre=Le Renouveau païen dans la pensée françaiseéditeur=Le Labyrintheannée=1986pages totales=271passage=176isbn=lire en ligne= ..
Jacques Marlaud a consacré tout un chapitre à Jean Cau dans son étude sur le paganisme littéraire et philosophique contemporain. Il écrit :
{{Citation blocJean Cau païen, ayant fait voler en éclats les oripeaux de la pensée chrétienne, revient avidement aux sources de l'âme européenne : la forêt germanique du Nord, qui hanta l'imagination de Dürer et Wagner, tout comme les garrigues ensoleillées du Sud où ont fleuri naguère les temples de marbre blancJacques Marlaud, .
Dans la préface écrite par Jean Cau à l'étude de Jacques Marlaud, l'écrivain approuve vivement la démarche de ce dernier consistant à retracer un paganisme du style et de la pensée chez les auteurs contemporains :
{{Citation blocAussi bien, lorsque Jacques Marlaud soupçonne justement de quelque aristocratique solitude et de paganisme littéraire des Paul Morand, Déon, Céline, Nimier, Marcel Aymé, Chardonne, etc. (et Giono, et Valéry...), ‘’rebelles du style’’, il met dans une juste cible. ... Grâce à lui, je sais pourquoi nous sommes encore quelques-uns, en cette fin de siècle, à danser sans remords la pyrrhique{{Ouvragelangue=frauteur1=Jacques Marlaudtitre= éditeur=année=passage=11isbn=..

Vie privée

Jean Cau avait une place régulière au restaurant Aristide du 121 rue de Rome, dans le de Paris, ce dont témoigne une plaque (actuellement restaurant Clou de Fourchette). Il y venait régulièrement boucler Paris-Match en compagnie de Roger Thérond et autres fidèles de la rédaction.
Il fut le compagnon de l'actrice Louisa Colpeyn, mère de Patrick Modiano. C'est d'ailleurs Jean Cau qui préfaça le premier roman de Modiano Place de l'Étoile. Par la suite, après le décès de Cau, cette préface disparut des éditions suivantes de Gallimard.
Il repose au cimetière La Conte de CarcassonneJean-Pierre Blanchard, « Jean Cau, "le cathare" », , Montségur, novembre 2001. ou une salle de l'hôtel de ville et un espace situé près du stade Albert Domec portent son nom .

Pensée politique

Jean Cau, intellectuel « réputé de gauche . » hante les caves de Saint-Germain-des-Prés en 1946 en compagnie de Raymond Queneau, d'abord au Caveau des Lorientais, puis au Tabou .. Les positions qu'il adopte à partir des années 1960 créent une vive déception chez les intellectuels de gauche qui le considéraient jusqu'alors comme un des leurs.
Dans L'Express, Angelo Rinaldi écrit de lui, en 1973, après la parution de son livre Les Écuries de l'Occident – Traité de morale (Éditions de la Table ronde) : {{Citation blocCe n'est pas la première fois, à gauche, que l'on perd en route un de ces brillants fils d'ouvriers que, par exception, la société a laissés s'approcher du banquet, et qui sortent de table en divaguant et en rotant d'aise .
Dans la préface qu'il écrit pour Le Candidat, un récit posthume, Alain Delon, qui est son ami, décrit ainsi Jean Cau : {{Citation bloc… toute sa vie, ce gaulliste fidèle a été un résistant. Résistance à la gauche sartrienne dont il provenait ! Résistant à la connerie des hommes qui l'étouffait ! Résistant à l'Argent roi qu'il vomissait ! Résistant à l'impérialisme américain qu'il fustigeait ! Résistant à la Mitterrandie qu'il exécrait ! Résistant à la droite gestionnaire qu'il abhorrait ! Résistant à la décadence que le monde moderne engendrait . !
Dans son Discours sur la décadence, Jean Cau prophétise le retour de la Russie sur la scène internationale.

Tauromachie

Jean Cau était un passionné de tauromachie. Il consacra à cette forme de spectacle de nombreux livres et articles, dans lesquels il exprime son attachement envers un art qu'il estimait être l'héritage ancestral de rites et de jeux païens avec l'animal sauvage. Ses périples de férias espagnoles en férias françaises lui inspirèrent, notamment, Les Oreilles et la Queue, Sévillanes et La Folie corrida.

Condamnation pour discrimination sexiste

En 1978, il publie dans Paris-Match un article de trois pages s'opposant à la féminisation entamée du métier d'avocat, « Le procès des avocates. Jean Cau l'instruit impartialement ». Il y suggère que les femmes sont incapables d'assurer la profession d'avocate, ne pouvant que tomber sous le charme des truands : « Les truands savent « manipuler, rouler et si possible séduire » les avocates. D’où ces avocates qui servent de boîtes aux lettres et de facteur à un truand emprisonné » . 21 avocates l'attaquent pour . Il est condamné à 1 franc de dommages et intérêt, non pour diffamation mais pour ses propos discriminatoires, assimilables à un appel au boycott .

Œuvres

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  • Le Fort intérieur, Gallimard, 1948
  • Maria-nègre, Gallimard, 1948
  • Le Coup de barre, Gallimard, 1950
  • Le Tour d'un monde,Gallimard, 1952
  • Les Paroissiens, Gallimard, 1958
  • Mon village, Gallimard, 1958
  • Vie et mort d'un toro brave, Gallimard, 1961
  • La Pitié de Dieu, Gallimard, 1961
  • Les Parachutistes - Le Maître du monde, Gallimard, 1963 (pièce de théâtre)
  • Le Meurtre d'un enfant, Gallimard, 1965
  • Lettre ouverte aux têtes de chiens occidentaux, Albin Michel, 1967
  • Un testament de Staline, Grasset, 1967
  • Les Yeux crevés, Gallimard, 1968 (pièce de théâtre)
  • Le pape est mort, La Table Ronde, 1968
  • Le Spectre de l'amour, Gallimard, 1968
  • L'Agonie de la vieille, La Table Ronde, 1969
  • Tropicanas, de la dictature et de la révolution sous les tropiques, Gallimard, 1970
  • Les Entrailles du taureau, Gallimard, 1971
  • Le Temps des esclaves, La Table Ronde, 1971
  • Ma misogynie, Julliard, 1972
  • Les Écuries de l'Occident – Traité de morale, La Table Ronde, 1973
  • La Grande Prostituée – Traité de morale II, La Table Ronde, 1974
  • Les Enfants, Gallimard, 1975
  • Pourquoi la France, La Table Ronde, 1975
  • Derrière le rideau, avec Joseph Breitbach et Paul Chambrillon, préface, éd. Emile-Paul, 1975
  • Lettre ouverte à tout le monde, Albin Michel, 1976
  • Otages, Gallimard, 1976
  • Une nuit à Saint-Germain des Près, Julliard, 1977
  • Le Chevalier, la mort et le diable, La Table ronde, 1977
  • Discours de la décadence, Copernic, 1978
  • Une passion pour Che Guevara, Julliard, 1979
  • Nouvelles du paradis, Gallimard, 1980 - Prix de la nouvelle de l'Académie Française
  • La Conquête de Zanzibar, Gallimard, 1980
  • Le Grand Soleil, Julliard, 1981
  • Réflexions dures sur une époque molle, La Table Ronde, 1981
  • La Barbe et la Rose, La Table Ronde, 1982
  • Une rose à la mer, La Table Ronde, 1983
  • Proust, le chat et moi, La Table Ronde, 1984 ; rééd. 2009
  • Croquis de mémoire, Julliard, 1985 ; réed. La Table Ronde 2018
  • Mon lieutenant, Julliard, 1985
  • Sévillanes, Julliard, 1987 ; rééd. Bernard Pascuito 2009 ; réed. éd. Atlantica 2013
  • Les Culottes courtes, Le Pré-aux-Clercs, 1988
  • La Grande Maison, Le Pré-aux-Clercs, 1988
  • Le Choc de 1940, Fixot, 1990
  • Les Oreilles et la Queue, Gallimard, 1990
  • Le Roman de Carmen, Éditions de Fallois, 1990
  • La Rumeur de Mazamet, Le Pré aux Clers, 1991
  • L'Ivresse des intellectuels : Pastis, Whisky et Marxisme, Plon, 1992
  • L'Innocent, Flammarion, 1982
  • Nimeno II, torero de France, Marval, 1992
  • La Folie corrida, Gallimard, 1992
  • Au fil du lait, Educagri, 1993
  • Composition française, Plon, 1993
  • Contre-attaques : éloge incongru du lourd, Labyrinthe, 1993
  • L'Orgueil des mots, Filipacchi, 1995 (posthume)
  • Fernando Botero, la corrida, La Bibliothèque des Arts, 2001 (posthume)
  • Monsieur de Quichotte, Le Rocher, 2005 (posthume ou réédition ?)
  • Le Candidat (préface d'Alain Delon), Éditions Xenia, 2007 (posthume)

Filmographie

;Scénariste
  • 1964 : L'Insoumis d'Alain Cavalier (avec Alain Cavalier)
  • 1966 : La Curée de Roger Vadim
  • 1967 : Jeff de Jean Herman
  • 1970 : Borsalino de Jacques Deray (avec Jean-Claude Carrière, Claude Sautet et Jacques Deray)
  • 1970 : La Peau de Torpédo de Jean Delannoy (avec Jean Delannoy)
  • 1972 : Les Fossés de Vincennes, téléfilm de Pierre Cardinal
  • 1973 : Don Juan 73 de Roger Vadim

Théâtre

Adaptation

  • 1964 : Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee, mise en scène Franco Zefirelli, théâtre de la Renaissance, avec Madeleine Robinson, Raymond Rouleau
  • 1965 : Numance de Cervantès, mise en scène Jean-Louis Barrault, Isaac Alvarez, Chorégies d'Orange, Odéon-Théâtre de France
  • 1969 : L'Assassinat de Sister George de Franck Marcus, mise en scène Andréas Voutsinas, théâtre Édouard VII
  • 1971 : Pauvre France ! de Ron Clark et Sam Bobrick, mise en scène Michel Roux, théâtre Fontaine, théâtre des Nouveautés en 1974
  • 1979 : Le Piège d'Ira Levin, mise en scène Riggs O'Hara, théâtre Édouard VII

Auteur

  • 1963 : Les Parachutistes, mise en scène Antoine Bourseiller, Studio des Champs-Élysées
  • 1968 : Les Yeux crevés, mise en scène Raymond Rouleau, avec Alain Delon, Marie Bell, Curd Jürgens (remplacé par Jacques Dacqmine), Théâtre du Gymnase Marie-Bell

Culture populaire

  • Jean Cau est cité dans la chanson Trois Matelots de Renaud, sortie dans l'album Mistral gagnant en 1985. Le chanteur écrit :

  • {{citation blocLe deuxième de ces matelots
    Était corse dans toute sa peau
    Il était méchant comme la tourmente
    Vicieux comme une déferlante
    Comme un article de Jean Cau .

    Notes et références


    Voir aussi

    Bibliographie

    Liens externes


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