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Armand Félix Marie Jobbé-Duval

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Armand Félix Marie Jobbé-Duval, né à Carhaix (Finistère) le et mort à Paris le Le Temps, n° 10195, 4 avril 1889 (en ligne)., est un peintre et homme politique Francefrançais.
Républicain, quarante-huitard et élu du conseil municipal de Paris sous la Troisième République, il était membre de la franc-maçonnerie à la loge des Zélés philanthropes.

Biographie

Son père, Thomas-Félix, géomètre au cadastre du Finistère était en mission à Carhaix, lors de sa naissance. Il avait épousé Charlotte Le Tournoux de Villegeorges, Rennaise comme lui, le . Armand Félix Marie est leur quatrième enfant.
Il appartient à une dynastie d'artistes comprenant son fils Jacques et sa petite-fille Andrée. Son cousin germain, le décorateur Auguste Louis Jobbé-Duval a eu trois fils : Frédéric Jobbé-Duval (1846-1929), architecte (père de l'illustrateur Félix Pol Jobbé-Duval) ; Auguste Jobbé-Duval (1847-1932), décorateur ; et Gaston Jobbé-Duval (1856-1929), artiste peintre, père de Gaston Jobbé-Duval (fils), également peintre.

Formation

Armand-Félix Jobbé-Duval commence ses études à la pension Bourriment, à Landerneau, où son père est affecté, et les achève au collège de La Tour d'Auvergne à Quimper. Ses talents pour le dessin lui valent une bourse attribuée par le conseil général qui lui permet de mener des études artistiques à Paris.
En 1840, il entre à l'École des beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Paul Delaroche, puis dans celui de Charles Gleyre en 1843.
Jobbé-Duval est admis à concourir cinq fois, sans succès, au prix de Rome. Son style privilégie l'expression des sentiments par un geste accentué, d'où une ampleur qui s'exprime avec aisance dans des œuvres monumentales.

L'artiste

Jobbé-Duval expose au Salon des artistes français presque chaque année de 1841 à 1886 ..
Il peint de paysages bretons, et exécute des décors monumentaux pour l'ancien Parlement de Bretagne à Rennes. À Paris, on lui commande les décorations des églises Saint-Gervais-et-Saint-Protais, la Sainte-Trinité, Saint-Séverin, Saint-Sulpice, et pour l'hôtel de ville de Lyon.
En 1861, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur ..

L'homme politique

De son vivant, sa renommée d'homme politique fut supérieure à sa renommée artistique. Homme de gauche, laïque et franc-maçon, il est influencé par les théories de Charles Fourier. Il participe activement aux journées révolutionnaires de 1848.
En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme adjoint au maire du de Paris« Félix Armand Jobbé-Duval, peintre académique et républicain radical », résumé d'un article d'Anne-Marie Bel in Bulletin de la Société historique et archéologique du de Paris, n°34. où il réorganise la Garde nationale d'un quartier ouvrier. Le 31 octobre, à la suite d'une altercation, les gardes nationaux ont désarmé un capitaine de la garde mobile et celle-ci s'apprête à ouvrir le feu. Avec le de gardes nationaux, Jobbé-Duval entre dans l'hôtel de ville de Paris afin d'éviter une confrontation sanglante.
Pendant la Commune de Paris, il ne participe pas aux batailles qui ont lieu de l'autre côté de la Seine et, lors des élections municipales, il est élu premier adjoint au maire du avec plus de voix d'avance. Il est condamné, puis amnistié pour son implication dans la Commune. Il siège ensuite au conseil municipal de Paris après avoir été élu le dans le quartier Necker du . Il y fut réélu jusqu'à sa mort.
En 1877, à l'écoute de ses administrés, il fait subventionner l'établissement des jeunes incurables tenu par le frères de saint Jean de Dieu et créer un établissement laïc similaire ainsi qu'un réseau d'orphelinats municipaux.
Jobbé-Duval se sans succès à la députation.

Les dernières années

avec Gauguin, Émile Bernard, Félix Jobbé-Duval et André Antoine (vers 1887), photographie anonyme.
Jobbé-Duval a fait don à la Ville d'un tableau figurant les membres du bureau du conseil municipal de Paris prenant possession des locaux de l'hôtel de ville reconstruit en 1883. Le peintre y a peint son autoportrait.
Une photographie anonyme, découverte en 2015, le montre chez André Antoine, rue Blanche, vers décembre 1887, assis aux côtés des peintres Arnold Koning, Émile Bernard, Vincent van Gogh (?), et Paul Gauguin : c'est à ce dernier qu'il conseilla un an plus tôt d'aller peindre à Pont-Aven« Van Gogh et Gauguin réunis sur une photo », L'Express, ..
En 1844, il habite 10, rue du Dragon à ParisCatalogue de l'Exposition au Palais Royal en 1844 . et à la fin de sa vie, au 119, rue de Vaugirard à Paris .
Une rue du de Paris porte son nom.

Œuvres dans les collections publiques


  • Bordeaux, palais de justice.
  • Chartres, musée des Beaux-Arts.
  • Grenoble, musée de Grenoble : Portrait d'Antoine Jacquet, dit de Grenoble.
  • Landerneau, église Saint-Houardon.
  • Laval, musée du Vieux-Château.
  • Le Mans, musée de Tessé.
  • Lodève, église Saint-Pierre-aux-Liens : La Vie de saint Pierre, cycle de sept tableaux.
  • Lyon :
    • hôtel de ville.
    • musée des Beaux-Arts.
  • Montfaucon.
  • Paris :
    • Archives nationales de France : L'Histoire enseignée par les Archives dissipe la Nuit qui recouvrait le Temps, tandis que la Vérité confond le mensonge et l'erreur, 1877-1882, plafond, huile sur toile marouflée.
    • École normale supérieure, chapelle.
    • église Notre-Dame-de-la-Gare.
    • église Saint-Gervais-Saint-Protais : L'Ange réveillant les morts et La Bonne mortmemorial14-18.paris.fr..
    • église Saint-Louis-en-l'Île.
    • église Saint-Séverin, chapelle Saint-Charles-Borromée : Les Trois Vertus théologales, 1851-1854, peinture murale à la cire et huile sur enduit de plâtreDidier Rykner, « Félix Jobbé-Duval. Peintre et homme politique breton à Paris », latribunedelart.com, 21 décembre 2019..
    • église Saint-Sulpice : Saint Denis et ses compagnons refusant de sacrifier aux idoles, 1851-1854, peinture murale à la cire.
    • église de la Sainte-Trinité : décor entourant l'orgue.
    • hôtel de Soubise : La France arrachant ses archives à la Nuit des temps.
    • Palais du Louvre, galerie d'Apollon : portraits d'architectes du .
    • Petit Palais :
      • Le Bureau du conseil municipal ;
      • Esquisse pour le décor entourant l'orgue de l'église de la Trinité, huile sur toile, .
    • théâtre de la Gaîté: La Musique et la Peinture, ..
    • Tribunal de commerce.
  • Rennes :
    • hôtel de Courcy : plafond de l'escalier.
    • Parlement de Bretagne : La Force ; La Connaissance ; Le Triomphe de la Vérité ; L'Éloquence ; La Prudence, huiles sur toile.
    • musée des Beaux-Arts :
      • La Fiancée de Corinthe . ;
      • fonds de plus de 250 dessins, acquis en 2017.
  • Rochefort-sur-Mer, Corderie royale : Portait du lieutenant de vaisseau Joseph René Bellot perdu dans les mers polaires à la recherche de Franklin.
  • Thizy.
  • Troyes.
  • Valençay, église Saint-Martin : Saint Ferdinand, huile sur toile, .

File:Hôtel de Courcy plafond escalier.jpgPlafond de l'escalier de l'hôtel de Courcy, Rennes.
File:Salle Réunion La Force.jpgLa Force, Parlement de Bretagne, Rennes.
File:Salle Réunion La science.jpgLa Connaissance, Parlement de Bretagne, Rennes.
File:Salle Réunion Triomphe de la vérité.jpgLe Triomphe de la Vérité, Parlement de Bretagne, Rennes.
File:Salle Réunion l'éloquence.jpgL'Éloquence, Parlement de Bretagne, Rennes.
File:Salle Réunion la Prudence.jpgLa Prudence, Parlement de Bretagne, Rennes.

Salons


Armand Félix Marie Jobbé-Duval expose au Salon de Paris, puis au Salon des artistes français entre 1881 et 1886.
  • 1844 : La Chute d'un ange, n°975 ; Portrait de , n°974Catlogue de l'exposition au Musée Royal le 15 mars 1844 ..
  • 1851 : médaille de .
  • 1853 : Portrait de Thomas-Félix Jobbé-Duval, père de l'artiste.
  • 1855 : Portait du lieutenant de vaisseau Joseph René Bellot perdu dans les mers polaires à la recherche de FranklinDavid Karel, Dictionnaire des peintres de langue française en Amérique du Nord : peintres…, Presses Universitaires Laval, 1992, ..

Notes et références


Annexes


Bibliographie

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Guillaume Kazerouni (dir.), Anne Henriette Auffret, Jessica Degain, Laurent Houssais, Hélène Jagot, Frédérique Lanoë et Pauline Madinier-Duée, Félix Jobbé-Duval. Peintre et homme politique breton à Paris, Snoeck, 2019, 223 p. .
  • Catherine Ménégaux Jobbé-Duval, « Armand-Félix Jobbé-Duval (1821-1889), peintre breton et révolutionnaire », Bulletin de l'Association bretonne, Tome 110, 2002. congrès. Carhaix (Finistère), 2001. 469-494.
  • Denise Delouche, Peintres de la Bretagne, thèse, Rennes, Université de Haute-Bretagne, 1977.
  • Paul Gauguin, Écrits d'un sauvage, Paris, Gallimard.
  • David Owens Evans, Le socialisme romantique.
  • François Jaffrennou, Les Carhaisiens célèbres.

Iconographie

  • André Gill, Armand Félix Marie Jobbé-Duval, caricature en couverture de la revue Les Hommes d'Aujourd'hui, n°56.
  • Liens externes


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