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Abbaye de Sozan

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{{Infobox Juridiction christianisme
nom = Abbaye territoriale de Sozań
nom latin =
image = Armes de l'abbaye nullius de Sozan.jpg
légende =
église = catholique
rite = Rite arménien de Léopol, dit "hiérosolymitain", romain
type = abbaye territoriale
création =
suppression =
affiliation = Saint-Siège
province =
siège = Sozań en exil
suffragants = aucun
conférence =
évêque = Maximilien de Sozań
langue = latin
calendrier = grégorien
paroisses = 1
nb prêtres = 3
religieux = 1
religieuses =
pays =
territoire = Extraterritorial
sup =
population =
date-pop =
pop catho =
date-pop catho =
pourcentage =
ch =
site = https://www.stiftsozan.de/
carte =
cartesuffragants =
L'abbaye Saint-Michel-Archange de Sozań est une ancienne abbaye indépendante de Galicie orientale ou Ruthénie rouge (en ukrainien Червона Русь, en polonais Ruś Czerwona, en latin Ruthenia Rubra), jadis en Autriche-Hongrie et aujourd'hui en Ukraine, dans le raion de Staryi Sambir.
L'archistratège Saint Michel Archange est le patron céleste de l'abbaye, célébré le .
L'abbaye territoriale séculière (abbé et chapitre collégial) est en exil depuis l'occupation de ses bâtiments en 1945.

Histoire

Sozań a appartenu successivement aux entités qui se succédèrent à la tête de la région :
  • principauté de Galicie (1084-début ) ;
  • principauté de Przemyśl (début -1141) ;
  • principauté de Galicie (1141-1199) ;
  • principauté (1199-1253) ;
  • puis royaume de Galicie-Volhynie (1253-1349) ;
  • période d'anarchie pendant la lutte polono-lituanienne (1349-1352) ;
  • royaume de Pologne des derniers Piasts (1352-1385) ;
  • et royaume de Pologne des Jagellons (1384-1569) ;
  • République des Deux Nations (1569-1772) ;
  • royaume de Galicie et de Lodomérie (1772-1918) dont Nouvelle-Galicie (1795-1809), dans l'Empire d'Autriche (1804-1867) puis d'Autriche-Hongrie (1867-1918) ;
  • principauté ecclésiastique souveraine de Sozań (1918-1921) ;
  • Deuxième République de Pologne (1921-1939) ;
  • République socialiste soviétique d'Ukraine (1939-1991) au sein de l'U.R.S.S. ;
  • République d'Ukraine indépendante (depuis 1991).

Fondation avant le

La plus ancienne mention de l'abbaye remonte au 8 octobre 1292Acte de fondation de l'abbaye du Très Saint Rédempteur (jouxtant le territoire de Sozan) par le prince galicien Leo Danilowicz, le 8 octobre 1292 à Léopol (Lviv). , en tant que monastère autonome de l'Église orthodoxeÉdit royal de 1291 dans les archives d’État de Pologne, copié dans : Joseph Lewicki, Grammatik des kleinrussischen Sprache, Przemysl, 1834. suivant la règle de saint Basile le Grand, soumis au droit grec et dépendant « directement de la juridiction du Trône Patriarcal » de Constantinople ; il s'agit du plus ancien document en vieux slavon conservé aux archives de Pologne.
La région ne cesse de changer de dominateur : Miezko (Pologne), saint Vladimir le Grand (Rus' de Kiev) en 981, Boleslas le Vaillant (Pologne) en 1018, (Rus' de Kiev) en 1031, Casimir III le Grand (Pologne) en 1352. De 1370 à 1384, Pologne et Hongrie se trouvent unifiées sous par Louis le Grand.
À la suite de l'Union de Krewo (14 août 1385), le grand-duc de Lituanie Jagellon se fait baptiser catholique (15 février 1386), épouse sainte Hedwige , roi de Pologne (18 février) et se fait couronner roi de Pologne sous le nom de Ladislas II, devenant à la mort d'Hedwige (17 juillet 1399) l'unique souverain de Pologne, asseyant la dynastie Jagellon à la tête du double royaume jusqu'en 1572.
Plus d'un siècle après la fondation de Léopol (1256) par le roi Mstislav le Hardi, Ladislas II octroie aux villes voisines de Prémislia (1383) et Sambir (1390) les privilèges urbains (droit de Magdebourg).

Monastère indépendant

Stavropégie de la famille de Sozań (1396)


Les ducs souverains chassés de Moldavie, devenus voïvodes de Marmatie, Balc et Drag de Bedeu, fidèles de la Couronne hongroise, résistent toutefois à la réorganisation de la Marmatie en s'appuyant sur le patriarcat de Constantinople : lors de leurs voyages de 1381 et 1390 à Constantinople, ils obtiennent respectivement des patriarches Nil de Constantinople et Antoine IV le titre de stavropégie (équivalent oriental de l'abbaye nullius) pour l'important monastère Saint-Michel de PeriConstruit en 1391 et détruit en 1783 (donc quasiment l'exact contemporain du monastère de Sozan), il était le siège du diocèse roumain du Maramures. Il s'est relevé de ses cendres en 2004 de l'autre côté de la Tisa, à Sapanta en Roumanie., et la fondation d'un exarchat s'étendant sur les territoires familiaux dans les régions voisines.
À la toute fin du , le voïvodat autonome de la Marmatie disparaîtCelui de Transylvanie subsiste quant à lui jusqu’en 1867., remplacé par le comté (comitat, megye en hongrois) de Máramaros, simple division administrative du royaume magyar, sans autonomie. Il subsistera, dans les mêmes limites que le voïvodat, jusqu’en 1918. gauchevignette233x233pxBlason de Simon de Jarilowice.
Étienne, frère de Balc et Drag, s'installe quant à lui en Pologne, la Galicie-Lodomérie relevant de ce royaume depuis le milieu du (1340), seules les années 1370-1384 voyant l'union des royaumes de Pologne et Hongrie.
{{Citation blocPrès de la cité de Sambor, sur la rive droite de la rivière Dniestr habite la Maison des Sas de Sozań (descendants des ducs de Sas). A l'origine, ils habitaient près de la ville de Sambor dans le village appelé Jarylowcach, mais en 1392 ce village devint la nouvelle demeure des colons saxons pour les mines. A ce moment, le clerc diak Simon devint le nouveau propriétaire du monastère de Sozań . à dix kilomètres de là.vignetteÉcu de la famille de Sozan.
Le , Simon (Senko) de Jarilowice, héritier d'Étienne et diak (équivalent d'acolyte), acquiert en effet le monastère Saint-Michel de Sozań et des privilèges en échange de plusieurs autres propriétés, par édit royalÉdit royal signé à Sambor le , conservé dans les archives d’État de Pologne à Varsovie, et cité dans le journal Gazeta Lwowska, Lemberg, 1859. de Ladislas II Jagellon, roi de Pologne de 1386 à 1434.
Il devient abbé nullius sous le nom de Simon de Sozań, et le titre est depuis transmis au sein de la famille. La plupart de ses successeurs seront prêtres et mariés, selon la discipline orientale. Il adopte alors l'écu de l'abbaye, portant de gueules à l'hamaïde d'argent .
En 1535, Sigismond le Vieux, roi de Pologne de 1506 à 1548, confirme à Paul de Sozań ses privilèges, dans un édit contresigné par Mgr Jean Choienski, évêque de PrzemyślÉdit royal signé à Vilnius le mercredi précédent le dimanche de la Passion de l'an 1535, conservé dans les archives d’État de Pologne à Varsovie, et cité dans le journal Gazeta Lwowska, Lemberg, 1859..
vignetteMausolée de la famille des Sozań.alt=

Unions avec Rome (1596 et 1630)

Le monastère stavropégique relève du patriarcat de Constantinople jusqu'à la fin du . Membres de la famille de Sozań et religieux intègrent la communion de Rome, lors de l'Union de Brest-Litovsk entre l'Église ruthène avec le Siège Apostolique (1596).
L'abbaye passée au catholicisme remplace le rite constantinopolitain par le rite gréco-catholique en latin, grec et araméen (cf. l Ordo divinæ Missæ Armenorum de 1642), avec missel propre{{Ouvragelangue=auteur1=R.P. Pierre Lebrun, de l'Oratoiretitre=Explication littérale, historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs, et les monumens de toutes les Eglises du monde chrétien, avec des Dissertations & des Notes sur les endroits dificiles, & sur l'origine des Rits.passage=355 (exemple) (Liturgie des Arméniens)lieu=Pariséditeur=Veuve de Florentin Delaulnedate=1726pages totales=isbn=lire en ligne=. Tandis que l'Ordre de saint Basile tend à centraliser les abbayes autonomes, Sozań demeure indépendant.
« Les membres de la Maison de Sozań furent, avec l’abbaye, des Catholiques de la première heure », tandis que l'éparchie de Przemyśl demeure dans le giron du patriarche orthodoxe de Constantinople jusqu'en 1610 ; elle se divise alors entre Catholiques et Orthodoxes, tous de rite grec, et deux évêques coexistent. L'Église arménienne rejoint ensuite l'Église catholique romaine, le .
En 1699 est fondée une confrérie de Saint-Michel, « pieuse Fraternité en l’honneur du saint Archange Michel. Elle est ouverte à tous les hommes de toutes les classes de la société ».

Au sein de l'empire d'Autriche (1772-1918)


Partage de la Pologne

vignetteEntrée du mausolée et écu des Sozan.
À la fin du , l’impératrice Marie-Thérèse d'Autriche fait valoir ses droits sur la région, hérités d'André II de Hongrie (1177-1235). En 1772, à la suite de la partition de la Pologne, Leopol (Lwów en polonais) devient, sous le nom allemand de Lemberg, la capitale de la province autrichienne nommée Royaume de Galicie et de Lodomérie, l'un des royaumes constitutifs, de 1172 à 1918, de l'empire d'Autriche, puis des royaumes et pays représentés à la Diète d'Empire au sein de l'Autriche-Hongrie (1867) . En 1784, l'empereur Joseph II y fonde une université laïque.

Sécularisation en Chapitre noble (1786)

En 1786, sous l'abbatiat d'André l'Ancien de Sozań (1759-1807), face à la politique antireligieuse de l'empereur Joseph II, et à la vacance du siège abbatial depuis 1763, le monastère est sécularisé - passant du clergé régulier au clergé séculier - par privilège royal de Stanislas II Auguste, dernier roi de Pologne et grand-duc de Lituanie de 1764 à 1795.
Fichier:Mgr Maximilien Rilo.jpggauchevignette295x295pxMgr Maximilien Rilo, évêque de Przemyśl, Sambor et Sanok.
Le chapitre noble de Saint Michel Archange, composé de chanoines séculiers ., est fondé le 12 janvier 1786Édit royal signé à Varsovie par Stanislas II en la année de son règne, et Hyacinthe (Jacek) Malachowski, prochancelier du royaume, conservé dans les archives d’État de Pologne à Varsovie, et cité dans le journal Gazeta Lwowska, Lemberg, 1859., et installé le 29 septembre par Maximilien Rilo, évêque de Przemyśl, Sambor et Sanok (1780-1794), éparchie gréco-catholique où se trouve l’abbaye ; c’est cet évêque qui ordonne les sujets de l’abbaye.
Le nom officiel est « Capitulum Ecclesiæ Collegiatæ Sancti Michaelis Archangeli Sozanensis » (Chapitre de l’Église Collégiale de Saint Michel Archange de Sozań).
Des statuts capitulaires remplacent la règle monastique, et deux dignitaires sont institués : l'abbé, qui est désormais séculier ; et un prévôt mitré et crossé - jouissant comme l'abbé des pontificalia . - à la tête du chapitre. L'admission au canonicat nécessite de justifier sa noblesse sur trois générations, avec dispense possible par l'abbé. Une croix est attribuée aux chanoines, en forme de croix de Malte, en émail bleu et argent doré, avec saint Michel au milieu d’un ovale en habits baroques portant lance et bouclier aux armes du chapitre, et au dos en émail blanc portant en lettres romaines : « CAPITULUM SOZANENSIS A.D. MDCCLXXXVI », surmontée d’une couronne princière ou royale de Pologne. Les chanoines non mariés habitent le monastère.vignette275x275pxCarte militaire du district de Sambor (1877), au temps de l'Autriche-Hongrie. Au centre, l'église collégiale Saint-Michel (en blanc) et l'église grecque-catholique Saint-Michel (en noir).
L’abbaye passe bientôt sous le patronage de l’empereur d’Autriche puis d’Autriche-Hongrie, et relève directement de sa juridiction, les chanoines prêtres devenant chevaliers de l’empire autrichien comme tous les chapitres séculiers de l'empire. Tous les bâtiments sont confirmés propriété de la famille Sozań. L'abbaye de Saint-Michel-Archange demeure exempte, et sa juridiction s'étend sur les villages alentour, soit plusieurs hectares. Un propriétaire foncier de la mense sert de « représentant permanent de l'abbé et du chapitre dans ses territoires galiciens ».
L'abbatiale-collégiale Saint-Michel est de nouveau consacrée après sa reconstruction en 1806, tandis que l'église-fille gréco-catholique Saint-Michel est édifiée et consacrée en 1821. En 1842 a lieu une modification des statuts.
Après l’abolition des domaines galiciens, à partir du milieu du XIXème siècle, les mêmes droits furent accordés à une personne de la famille de Sozań, exercés en tant que membre de la Diète ... jusqu'en 1918.

Le temps des honneurs


En 1859, dans le Supplément hebdomadaire de la Gazette de Léopol (Gazecie Lwowskiej), est publiée une "copie réalisée à partir de l'original le 10 juillet 1859" des différentes confirmations des privilèges royaux pour la terre et le monastère de Sozan, en date des 7 décembre 1396, du mercredi avant la Passion 1535 et du 12 janvier 1786.
centrévignetteSupplément de la Gazette de Léopol du 6 septembre 1859, p. 130.
centrévignetteSupplément de la Gazette de Léopol du 6 septembre 1859, p. 134.
En 1862, comme à de nombreux chapitres austro-hongrois tel celui de la cathédrale Saint-Adalbert d'Esztergom en Hongrie, le pape Pie IX accorde aux chanoines prêtres la mozette violette et la dignité ex officio de protonotaires apostoliques ad instar participantium{{Ouvragelangue=auteur1=Mgr Xavier Barbier de Montaulttitre=Analecta Juris Pontificiipassage= série, coll. 556-591lieu=Rome, Paris, Bruxelleséditeur=Victor Palmé (Paris)date=1872pages totales=1148 col.isbn=lire en ligne=https://books.google.fr/books?id=kJoLAAAAYAAJ&printsec=frontcover..
vignetteArticle sur Sozań dans le Dictionnaire géographique du royaume polonais et d'autres pays slaves (t. XI, 1890, p. 101).
En 1890, le Dictionnaire géographique du royaume polonais et d'autres pays slaves inclut Sozań dans son tome et évoque Antoine de Sozań comme le plus grand propriétaire. L'église Saint-Michel-Archange est mentionnée dans le village en majorité Rite byzantingréco-catholique.
Le 29 juin 1907, Henri-Adam de Sozań devient le nouvel abbé. Il se marie trois semaines avant sa bénédiction abbatiale le 29 septembre, et procède à plusieurs réformes des statuts, droit particulier de son abbaye . :
vignette275x275pxStalles et iconostase du choeur de la cathédrale gréco-catholique de Przemyśl.
  • La Très Sainte Vierge Marie (sous le vocable de son Assomption) et saint Grégoire l'Illuminateur sont élevés au rang de patrons secondaires de l'abbaye.
  • La charge d’abbé devient héréditaire (« electus hered. »).
  • L’abbé de Sozań, déjà indépendant et exempt, est désormais appelé officiellement nullius ., comme l'établira bientôt le Code de droit canonique de 1917 ; il commence ses décrets par « Nos Henricus Adamus de SOZAN, Dei Miseratione et Sanctæ Sedis Apostolicæ gratia Abbas Nullius de Sozań ».
  • Il choisit sa résidence principale en Hongrie.
  • L'abbé change pour lui-même et le chapitre le rite propre du chapitre, passant du rite grec (gréco-catholique) au rite léopol de tradition arménienne (« Ritus Leopoli Armenorum »), en partie issu de la liturgie de saint Jean Chrysostome (byzantin ukrainien) et désormais appelé « rite hiérosolymitain » (Ritus hierosolymitanus), utilisant l’anaphore de saint Jacques (mozarabe) ; le latin est confirmé comme langue des documents officiels. L'abbaye de Sozań et l'archidiocèse de Léopol des Arméniens sont les deux seules Églises particulières célébrant le rite hiérosolymitain ; elles relèvent directement du Saint-Siège.
    Le changement de rite aboutit à un accord avec l’évêché gréco-catholique de Przemyśl, représenté par Monseigneur Constantin Czechowicz. Tous les futurs prévôts de Sozań, dans le cas qu’ils seraient de rite grec, deviendraient chanoines du chapitre cathédral de l’église cathédrale gréco-catholique de Saint Jean-Baptiste de Przemyśl.
vignette210x210px Philippe Camassei (1848-1921), patriarche latin de Jérusalem.
  • Avec la bénédiction et par grâce de Philippe Camassei (1848-1921), patriarche latin de Jérusalem et cardinal en 1919, l’abbé concède à ses chanoines prêtres le titre de « chevaliers et chanoines équestres du Saint-Sépulcre ».
  • Le 4 décembre 1916, en pleine Guerre mondiale, le pape Benoît XV crée lors d'un consistoire douze cardinaux ; aux trois Français et sept Italiens, s'ajoutent deux nominations in pectore :gauchevignette134x134pxArmes de Adolf Bertram, prince-évêque de Breslau.
    • celle, en Silésie, de Adolf Bertram (1849-1945), prince-évêque puis prince-archevêque (1918) de Breslau, qui sera publiée le 5 décembre 1919 ;
    • et l'autre, en Autriche-Hongrie, d'un non Germain : Henri-Adam de Sozań, « Eminentissimus Dominus Henricus Adamus S.R.E. Cardinalis Abbas de Sozan »Décret (en allemand) signé le 16 avril 1922 à Léopol, et recopié le 22 septembre 1942 dans les Registres de Sozan. Fonds d'archives de l'actuel prince-abbé. Original aux archives de l'archevêché arménien de Léopol..
    « Pour des raisons diplomatiques », le prince-abbé de Sozań est créé cardinal extra numero cardinalium, non à titre personnel mais par office, devenant ainsi cardinal-abbé nullius et jouissant désormais, lui et « ses successeurs masculins, sans autre confirmation », du rang et des privilèges des cardinaux.
    vignetteMgr Joseph Theodorowicz, archevêque de Léopol des Arméniens.
    Mgr Joseph Theodorowicz, archéparque (archevêque) catholique de Léopol des Arméniens, publiera le cardinalat du prince-abbé le 16 avril 1922 en ces termes :
    Nous, Joseph Theodorowicz, par la Miséricorde divine et la grâce du Saint Siège Apostolique, Archevêque de Léopol du rite des Arméniens, etc. etc. etc. avons la joie et l'honneur de proclamer et de confirmer que Sa Sainteté le Pape Benoît XV a créé lors d'une audience en l'an 1916 le cardinalat pour Son Excellence l'Abbé Nullius de Sozan pour des raisons diplomatiques. Le présent Cardinalat s’applique à ses successeurs masculins männlichen Amtsnachfolger, sans autre confirmation Bestätigungen. Son Excellence l'Abbé Nullius de Sozań appartient à la Gens Apostolica, et descend du saint Roi-Prophète David et de saint Gregoire l'Illuminateur. Il est maintenant présent en tant que Son Excellence Révérendissime Henri Adam, de la S.R.E. Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinal Abbé de Sozan. Donné dans Notre ville de Léopol Lemberg le 16 avril 1922. Signé ‡ Joseph, Archevêque. Sozań, copie faite le 22 septembre 1942. en marge : Original in situ
    Il reconfirmera cette création le 5 avril 1923 :
    Nous, Joseph Theodorowicz, par la Miséricorde divine et la grâce du Saint Siège Apostolique, Archevêque de Léopol du rite des Arméniens, etc. etc. etc. confirmons que Son Excellence l'Abbé Nullius de Sozań a le droit de porter depuis 1916 le titre de Cardinal de la Sainte Église Romaine S.R.E., Sanctæ Romanæ Ecclesiæ, et qu'il est désormais le Seigneur Eminentissime Son Excellence Eminentissime Henri Adam, de la S.R.E. Cardinal Abbé de Sozań. Ses successeurs masculins ont droit au cardinalat, avec tous les droits et les privilèges d'un cardinal de la Sainte Église Romaine. Ce cardinalat est Extra Numero hors du nombre des cardinaux participants, c'est-à-dire votants au conclave. Donné dans Notre ville de Léopol Lemberg le 5 avril 1923. Signé ‡ Joseph, Archevêque. Sozań, copie faite le 21 septembre 1942. en marge : Original in situDécret (en allemand) signé le 5 avril 1923 à Léopol, et recopié le 21 septembre 1942 dans les Registres de Sozan. Fonds d'archives de l'actuel prince-abbé. Original aux archives de l'archevêché arménien de Léopol.
    .
    vignette226x226pxAncien château Saint-Michel du prince-abbé de Sozań.alt=

    Principauté souveraine (1918-1945)

    En 1918, à la chute de l'empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale, l'abbaye devient une principauté ecclésiastique souveraine ; le prince-abbé relève désormais au spirituel directement du Saint-Siège et non plus du patronage de l’empereur autrichien, et devient au temporel commandant en chef. Le premier et unique souverain en exercice en est le prince-abbé Henri-Adam de Sozań (1878-1956), qui abolit la Loi salique pour sa Maison. Léopol devient la capitale de l’éphémère République populaire d'Ukraine occidentale ( ) avec l'appui de l'armée autrichienne, avant d’être rattachée à la Pologne (victorieuse dès 1919) avec un statut d’autonomie ( ).

    Occupation polonaise

    En 1921, la Deuxième République de Pologne se voit attribuer la Galicie occidentale par le traité de Riga (18 mars 1921) et incorpore la Galicie orientale en 1923. Elle annexe les terres de l'abbaye à la Voïvodie de Lwów ; les biens du prince-abbé sont confisqués en 1927, mais il n'est pas expulsé. Il n’abdique pas, demeure de jure prince souverain et confirme les statuts de son abbaye le .vignetteredresseCroix de collier et plaque de chevalier de l'Ordre suprême du Christ.
    L'archevêque de Léopol des Arméniens, , annonce même et confirme le que Benoît XV (mort le 22 janvier précédent) a fait Henri-Adam de Sozań chevalier jure sanguinis de l'Ordre du Christ, plus haute distinction pontificale, réservée aux chefs d'État chrétiens : {{Citation blocNous, Joseph Theodorowicz, par la Miséricorde divine et la grâce du Saint Siège Apostolique, Archevêque de Léopol du rite des Arméniens, etc. etc. etc. avons l'honneur d'annoncer et de confirmer que Son Excellence Henri Adam de Sozań a valablement accepté son droit légitime d’être chevalier de l'Ordre du Christ par l’ascendance légitime de Sa Majesté Denys , Roi du Portugal, Fondateur et Grand-Maître de l'Ordre du Christ. Son Excellence en a hérité pour ses successeurs masculins en fonction. Sa Sainteté le pape Benoît XV l'a gracieusement accepté, lui et ses successeurs, comme chevalier de jure sanguinis de l’Ordre du Christ, sous la clause Extra Numero. Donné dans Notre ville de Léopol Lemberg le . Signé ‡ Joseph, Archevêque. Sozan, copie faite le . en marge : Original in situDécret (en allemand) signé le à Léopol, et recopié le dans les Registres de Sozan. Fonds d'archives de l'actuel prince-abbé. Original aux archives de l'archevêché arménien de Léopol.
    vignettePartition de la Pologne en 1945 (Sozań est au Sud-Ouest de Lviv).alt=

    Sous le joug communiste

    Invasion soviético-nazie de la Galicie

    Dès 1939, quand commence la Seconde Guerre mondiale, la partie orientale de la Pologne (dont la Galicie) est occupée par les troupes soviétiques et nationales-socialistes, annexée en 1939 par le Reich allemand et en 1945 par l'U.R.S.S.
    Investie par la coalition allemande nazie et russe communiste ., la garnison polonaise de Léopol se rend le 22 septembre 1939, et sera fusillée à Katyn en 1940. L'Armée rouge chasse la Wehrmacht de Léopol (27 juillet 1944) et la région est annexée par l'Union soviétique et incorporée à la République socialiste soviétique d'Ukraine selon une des clauses secrètes du pacte germano-soviétique Molotov-Ribbentrop .. La frontière prévue en 1919 par la « ligne Curzon » est dépassée au profit de l’U.R.S.S. aux accords de Yalta (février 1945).
    La machinerie militaire soviétique communiste avec l’Armée rouge réussit l’occupation brutale de ce territoire. Depuis qu’existe une historiographie, jamais la Galicie n’a connu une telle défaite et toute la région, Sozań inclus, fut emportée dans la chute et souffrit d’une dévastation et désertification totales.

    Destruction et spoliation

    Cette même année, l'Armée rouge chasse la famille de Sozań ainsi que le chapitre, et saisit leurs biens. Des Ukrainiens pro-soviétiques dévastent entièrement les propriétés du chapitre et du prince-abbé, et dynamitent l'église paroissiale. Disparaissent alors le trésor, la bibliothèque et les archives du chapitre, de la famille Sozań et de la paroisse de Sozań{{Ouvragelangue=frauteur1=Alexandre Sumpfauteur2=Vincent Lanioltitre=Saisies, spoliations et restitutions - Archives et bibliothèques au passage=lieu=Renneséditeur=Presses Universitaires de Rennesdate=2012pages totales=isbn=9782753519961lire en ligne=https://books.google.fr/books?id=d1unDwAAQBAJ&pg=PA165..
    Conformément à la politique antireligieuse des dictatures communistes, les bâtiments de l'abbaye sont aujourd'hui occupés par un établissement hospitalier neuropsychiatrique, et l'indépendance de l'Ukraine le n'a pas permis le retour des membres de l'abbaye.

    Exil du chapitre

    Le prince-abbé Henri-Adam trouve asile en Tchécoslovaquie, où il est assigné à résidence et meurt en 1956. Le prévôt François de Sozań et plusieurs chanoines sont quant à eux envoyés au goulag où ils meurent martyrs du communisme, comme beaucoup de religieux de l'abbaye territoriale de Tokwon, en Corée du Nord, à la même époque, dont l'histoire est similaire ..
    Plusieurs entités ecclésiastiques de Léopol ont mis des décennies à être restaurées.
    L'exil des successeurs de l'abbé leur fait traverser l'Europe, et le chapitre subsiste dans la clandestinité : d'abord en Hongrie et Tchécoslovaquie; un nouveau prévôt, de rite gréco-catholique, est finalement nommé en 1950 aux États-Unis.

    Situation canonique


    Le nouveau Code de Droit canonique appelle officiellement depuis 1983 les abbayes nullius : abbayes « territoriales », qu'il définit comme :
    Les Églises particulières « une fois légitimement érigées, jouissent de plein droit de la personnalité juridique »can. 373.. Or, « La personne juridique est par sa nature perpétuelle » (can. 120 §1 ).
    Aucune des quatre conditions d'extinctioncan. 120 § 1. n'étant remplie, Aussi l'actuel prince-abbé de Sozań depuis 1995, S.Exc. Ém. de Sozań, a-t-il reconstitué son chapitre en 2009 . avec les encouragements du secrétariat de la Commission pontificale Ecclesia Dei de PozzoCf. Lettre du au secrétariat du chapitre de Sozan., et nommé un nouveau prévôt en 2019.
    En 2016, , official du diocèse de Spire, confirme l'histoire et les droits du chapitre Saint-Michel en exil, qui compte douze membres.

    Personnalités liées à l'abbaye

    Liste des abbés

    {{boîte déroulante
    titre=Liste des abbés (1786) et princes-abbés (1918) du chapitre de Sozan
    contenu=
    • avant 1786 : de Sozań (1720-1763), dernier abbé du monastère de Sozań, curé de Dusovce
    • 1786-1807 : l'Ancien de Sozań (1759-1807), son fils cadet, du chapitre et curé de Valava
    • 1807-1817 : abbé administrateur
    • 1817-1849 : II le Jeune de Sozań (1791-1849), son fils aîné, du chapitre et curé de Pakosc
    • 1849-1892 : de Sozań (1818-1892), son fils aîné, du chapitre et curé de Pakosc
    • 1892-1907 : abbé administrateur
    • 1907-1956 : de Sozań (1878-1956), son neveu, du chapitre, cardinal ex officio (1916) et 1er prince-abbé de Sozań (1918)
    • 1956-1995 : succession en exil
    • 1995- : de Sozań (1972-), son descendant, du chapitre et de Sozań

    Liste des prévôts

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    titre=Liste des prévôts du chapitre de Sozan
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    • 1786-1822 : Ier de Sozań (1753-1822), frère aîné du André , 1er prévôt du chapitre, abbé administrateur (1807-1817)
    • 1822-1871 : de Sozań (1792-1871), son neveu, frère de l'abbé André II, du chapitre
    • 1871-1917 : de Sozań (1830-1917), son cousin, du chapitre, curé d'Isaii
    • 1917-1930 : II de Sozań (1858-1930), son cousin et petit-neveu du prédécesseur, fils du chanoine prêtre Mgr Joseph de Sozań (1831-1895), abbé administrateur (1892-1907), du chapitre, chanoine de la cathédrale de Przemyśl (1927)
    • 1930-1950 : de Sozań (1887-ap.1945), son cousin, prêtre latin, du chapitre, envoyé au goulag en Sibérie et très certainement mort martyr avec d'autres chanoines.
    • 1950-1992 : T.R.P. Miron de Sozań (1921-1992), son cousin, prêtre rédemptoriste et curé gréco-catholique, du chapitre, chapelain de l'Ordre des Chevaliers de Colomb (1960)
    • 2019- : Chan. Frédéric Goupil (1980-), prêtre latin, du chapitre, chapelain prieur des Compagnons de Saint Michel Archange (2018).

    Notes et références


    Voir aussi

    Bibliographie

    • Lewicki (Joseph) : Grammatik der Ruthenischen oder Klein Kuffischen Sprache in Galizien ; Przemysl, 1834.
    • Pr Piekosinski (Franciszek) : Studya, rozprawy i materyaly z dziedziny historyi polskiej i Prawa Polskiego, t. VII ; Cracovie, 1907.
    • Collectanea ex archivo collegii historici, t. XII, pars 1, Cracovie, Academia litterarum, 1919.
    • Pr Semkowiscza (Wladyslawa) : Rocznik, Polskiego towarzystwa heraldycznego, t. XI, r. 1931/2 ; Cracovie, 1932.
    • Wyrostek (Ludwik) : Rod Dragow-Sasow ; Cracovie, 1932.
    • Petrowicz (Gregorio) : La Chiesa armena in Polonia e nei paesi limitrofi : 1686-1954 ; Istituto degli studi ecclesiastici, 1971.
    • Wlasylaw Makarski : Nazwy miejscowosci dawnej ziemi przemyskie ; Lubli, 1999.
    • Aleksiun (Natalia) : Histoire de l'Europe du Centre-Est, P.U.F., 2004, 997 p.

    Liens externes


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