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Accident ferroviaire de Zoufftgen

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L'accident ferroviaire de Zoufftgen s'est produit le , à http://www.bea-tt.developpement-durable.gouv.fr/le-rapport-d-enquete-technique-sur-a163.html à Zoufftgen en Moselle, à de la frontière entre le Luxembourg et la France, au point kilométrique 203,720 de la ligne Metz - Zoufftgen (axe ferroviaire Luxembourg - Bâle). Il s'agit d'une collision frontale entre deux trains qui a fait six morts et deux blessés graves.
Au moment de la collision, la partie arrière du train régional était encore sur le territoire luxembourgeois, ce qui confère une dimension internationale à l'accident.

Circonstances


vignettegaucheLe site de l'accident, vu direction Luxembourg (le signal lumineux luxembourgeois au fond marque la frontière). La voie à droite était neutralisée pour travaux.
Un train express régional reliant Luxembourg à Nancy opéré par une rame à deux niveaux de type 2200 de la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois (CFL) est entré en collision frontale avec un train de marchandises Sibelit composé de 22 wagons tirés par une BB 37000 de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et faisant le trajet entre Bâle et Bettembourgcommuniqué du gouvernement luxembourgeois. Ce type d'accident, appelé « nez-à-nez » dans le jargon ferroviaire, est relativement rare mais souvent meurtrier.
L'accident s'est produit entre la gare française de Thionville et la gare luxembourgeoise de Bettembourg, sur le territoire de la commune de Zoufftgen. Depuis le , l'une des deux voies de circulation était neutralisée pour permettre la réalisation d'un renouvellement voie ballast. La ligne est équipée, entre Thionville et Bettembourg, du block automatique lumineux et d'une installation permanente de contre-sens (IPCS) qui permet de faire circuler les trains indifféremment sur l'une ou l'autre voie, la signalisation et les enclenchements étant prédisposés à cet effet. Le matériel roulant était équipé de systèmes de sécurité en vigueur à l'époque, à savoir le contrôle de vitesse par balises (KVB) côté SNCF et le Memor II+ côté CFL, qui en particulier déclenchent l'arrêt du train en cas d'excès de vitesse ou de franchissement d'un signal fermé.
L'accident s'est produit dans une section en courbe traversant une forêt, limitant la visibilité. Les vitesses des trains au moment de la collision étaient de 79 et .
Le , un nouveau nez-à-nez impliquant une nouvelle fois un TER à 2 niveaux et un train de marchandises s'est produit à Dudelange, à environ 1 500 mètres de Zoufftgen.

Bilan

D'après le bilan validé par la préfecture de Moselle ainsi que par les autorités luxembourgeoises, cet accident a entraîné , Communiqué de presse 16 de la préfecture de la Moselle (département)Moselle : bilan définitif :
  • six décès : deux Luxembourgeois et quatre Français dont les deux conducteurs et un agent travaillant sur le chantier de la voie contiguë ;
  • deux blessés graves (Français), hospitalisés respectivement à Luxembourg et à Metz ;
  • quatorze blessés légers ou choqués évacués vers Thionville et Metz.
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Train de voyageurs

Le TER 837617 était un train régulier reliant Luxembourg à Nancy, avec arrêts intermédiaires à Thionville, Hagondange, Metz, et Pont-à-Mousson. L'horaire théorique prévoit un départ à 11 h 30 pour une arrivée à 12 h 55, soit un trajet d'une heure et vingt-cinq minutes pour une distance de 120 kilomètres.
Le , le TER 837617 quitte à l'heure la gare de Luxembourg, avec à son bord un conducteur employé par les CFL, un contrôleur employé par la SNCF et une vingtaine de voyageurs (pour une capacité totale de 339 places assises). A 11 h 38, le train franchit à 121 km/h la gare de Bettembourg qu'il ne dessert pas, située à 5 210 mètres de la frontière.
A 11 h 40, le train s'arrête à un signal fermé à 1 869 mètres de la frontière. Le conducteur en redémarre à 11 h 42 et 11 secondes. Compte tenu des travaux, la vitesse limite est de 90 km/h. Ce jour-ci, le brouillard réduit la visibilité sur cette section forestière.
Au moment de l'arrivée du train, le premier signal français (situé encore sur territoire luxembourgeois et annonçant le sémaphore S 202,6), à 490 mètres de la frontière, est à l'avertissement. Le conducteur ralentit jusqu'à 76 km/h, puis le signal repasse à voie libre juste avant le passage du train ; le conducteur réaccélére jusqu'à 82 km/h. Environ 6 mètres avant la frontière, le conducteur aperçoit le train de marchandises et enfonce le bouton de freinage d'urgence.
Le train franchit la frontière à 11 h 44 et 24 secondes. La collision a lieu 3 secondes plus tard, l'automotrice était encore lancée à 78 km/h.

Train de marchandises

vignettegaucheLe carré 244 à Thionville, d'où est parti le train de marchandises.Le train de marchandises est un train Sibelit composé de 22 wagons reliant Bâle à Bettembourg. Le train est arrivé à Thionville à avec d'avance sur l'horaire prévu, après un changement de conducteur à Uckange quelques minutes plus tôt.
Le train est autorisé à redémarrer de Thionville en direction de la frontière luxembourgeoise à et se met en mouvement à , avec de retard. Un retard en partie dû à celui du train Eurocity reliant Bruxelles à Bâle.
Le train s'engage à contre-sens sur la zone de travaux en franchissant régulièrement un signal ouvert à la sortie de Thionville, à de la frontière. Sa vitesse limite est de sur une dizaine de kilomètres.
À , le train de marchandises franchit le signal de « reprise » qui l'autorise à rouler jusqu'à 90 km/h. Ce signal est situé à de la frontière.
Le train atteindra la vitesse de , jusqu'en vue du premier signal luxembourgeois, situé en France avant la frontière, où le conducteur freine : ce signal est à l'avertissement. Dans la foulée, le conducteur aperçoit le TER et enfonce le bouton d'urgence, avant la collision.
Au moment du choc, le train de marchandises roulait à .

Secours

Les secours ont reçu plusieurs appels dès 11 h 45, par des voyageurs et par un ouvrier du chantier, qui indique précisément le lieu de l'accident.
À 11 h 50, le conducteur d'un train entre Bouzonville et Thionville fait état d'une coupure de l'alimentation, sans que le régulateur ne lui donne d'explications. À 12 h 03, le contrôleur blessé du TER prévient la SNCF. Le poste d'aiguillage de Bettembourg est informé de la collision à 12 h 05.
Dès 12 h 00, la préfecture de Moselle a déclenché le plan blanc et le plan rouge pour organiser les secours. Des centaines de sauveteurs français et luxembourgeois se rendirent sur place.
On compte :
  • entre cent et cent-cinquante militaires de la gendarmerie,
  • cent-cinquante sapeurs-pompiers français (venus de toute la Moselle) et luxembourgeois,
  • cinquante véhicules de secours,
  • sept équipes de désincarcération françaises et luxembourgeoises,
  • plusieurs hélicoptères.
Le plan blanc a été levé le jour même à 15 h 30, le plan rouge a quant à lui été levé deux jours après l'accident peu après la désincarcération de la sixième et dernière victime.
Il est à noter que la veille, le , les autorités des deux pays avaient envisagé l'organisation d'un exercice de secours transfrontaliersÉdition spéciale du Républicain Lorrain du 12 octobre 2006..

Dégâts matériels

vignettedroiteWagons de marchandises enchevêtrés.
vignettedroiteVoiture intermédiaire du train régional ( ), dont on distingue le niveau supérieur détruit et le châssis tordu.
Les matériels roulants étaient très récents (2004 pour la locomotive frethttp://trainsso.pagesperso-orange.fr/BB37000.pdf, 2005 pour l'automotrice luxembourgeoisehttp://www.rail.lu/materiel/cfl2200.html) et la structure des caisses a fait l'objet d'études de résistance aux chocs avec des zones de déformation contrôlée qui, malgré un chevauchement (passage de la locomotive BB 37007 au-dessus de l'automotrice 2207), ont pu montrer quelques avancées.
L'énergie mise en jeu lors de la collision de l'automotrice de à contre le train de fret de à a été de l'ordre de .
Les boucliers d'absorption frontaux de la motrice de tête de l'automotrice CFL, construite sur les mêmes chaines d'assemblages que les TER 2N NG de la SNCF, ne sont capables d'absorber des chocs "que" de . La cabine de conduite a été totalement écrasée par la violence du choc et a été décapitée par le chevauchement de la locomotive ; sa longueur étant passée de 27,35 à . En revanche, les boucliers anti-chevauchement ont permis à la remorque intermédiaire et la motrice de queue de rester en ligne. C'est grâce à ces structures qu'il a pu y avoir des survivants. La remorque intermédiaire a cependant subi de lourds dégâts, l'étage supérieur ayant été écrasé par un wagon de marchandises projeté en l'air et le châssis ayant été déformé par les contraintes subies. La motrice de queue n'a quant à elle subi que des dégâts mineurs.
La locomotive BB 37007 a eu sa cabine avant (dans le sens de la marche) écrasée par la violence du choc avec le TER, et sa cabine arrière écrasée par son propre convoi de marchandises, mais le reste de la structure est resté « cohérent ». La zone de déformation progressive a été compressée. Le conducteur, resté dans la cabine, n'avait donc aucune chance de réchapper de la collision. Les huit premiers wagons qui suivaient la locomotive sont partis à droite dans le sens de la marche du train à la suite de la rupture des attelages, les 14 autres sont restés en ligne et n'ont pas subi de dommages.
La locomotive BB 37007, l'élément automoteur 2207-1 (voiture de tête du train de voyageurs) et 8 wagons de marchandises ont été ferraillés sur place après l'accident. L'élément automoteur 2207-3 (voiture intermédiaire) avait été rapatrié à son dépôt de Luxembourg et l'élément 2207-5 (voiture de queue), légèrement endommagé par l'accident, a été incorporé dans une nouvelle rame pour laquelle deux éléments neufs ont été reconstruits (composition 2223-1 + 2223-3 + 2207-5).
Par ailleurs, de caténaire et 5 supports ont été arrachés côté français.

Notes et références


Voir aussi


Articles connexes

  • Liste des accidents ferroviaires en France
  • Liens externes

    • Photos prises sur place par le Centre d'Intervention de Dudelange
    • Rapport d'enquête technique du Bureau d'Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre
    • Témoignage du contrôleur rescapé du TER à l'occasion des 10 ans de l'accident

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    Catégorie:Histoire de la Moselle
    Catégorie:Transport ferroviaire au Luxembourg
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