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Zaghawa (peuple)

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Les Zaghawa ou Béri (comme ils se désignent eux-mêmes) (sing. Zaghawi) sont un peuple d'Afrique établi majoritairement dans le nord-ouest du Soudan (Darfour du Nord) et le nord-est du Tchad (Nord du Ouaddaï), de part et d'autre de la frontière . Ils sont relativement proches des Toubous. Leur langue, le zaghawa ou béria, appartient à la famille des langues sahariennes. Leur population dépasse les 350 000 .

Ethnonymie

Zaghawa est le nom donné par les Arabes à une population qui se désigne elle-même sous le nom de Béri sauf que celle-ci y inclut alors les Bideyat (communauté dont le nom a aussi été attribué par les Arabes ). Ainsi, Béri désigne l'ensemble Zaghawa et Bideyat.
Dans ce contexte, les Zaghawa comptent pour 90 % du total des Béri.
Chez certains auteurs, les Bideyat sont considérés simplement une partie des Zaghawa.
De multiples orthographes sont utilisées pour ces ethnonymes :
  • Beri, Berri
  • Zaghaoua, Zaghawas, Zakawa, Zeggaoua, Zeghawa, Zogaoua, Zogawa, Zoghawa, Zorhaua, Zorhawa, Zagaoua, Zagawa, SoghauaSource RAMEAU, BnF http://data.bnf.fr/11996920/zaghawa__peuple_d_afrique_/..
Autres noms : Chiguera, Habâsa, Kebadi, Merida.

Géographie et démographie


Au Tchad, Ils vivent dans les provinces suivantes :
  • Ennedi Ouest ;
  • Ennedi Est ;
  • Wadi Fira.
Au Soudan, ils vivent principalement dans la région du Darfour, notamment dans les cinq sultanats d’ailleurs sont les plus vieux dans l’histoire de Zahawa,à savoir le sultanat de Tine, le Chartay de Darghala chef lieu kornoi, le sultanat de Towar chef lieu Eimbirou, le sultanat de Dar Artaj et le sultanat de dar sowni chef lieu respectivement D’or et Abu-Liha.
La majorité des clans zaghawas sont nomades mais ont des régions d'attache.

Langue

(proposé).
Les Zaghawa ont leur langue, le béria (ou zaghawa). Mais ils font aussi, quoique rarement, usage du kouya ou dazaga (langue d'une ethnie voisine), très influente dans leur culture. Ces langues ont, selon certains, des racines communes.
Cette langue (béria) varie selon les clans. Parfois, les accents et certains mots changent.

Clans

Au Soudan, les Zaghawas sont répartis entre sept chefferies, dont trois sont importantes ..
La séparation des Zaghawa dans deux Etats différents, soudanais et tchadien, a eu un profond impact. Les Zaghawa soudanais, s’ils ont des contacts avec leurs « parents » tchadiens, n’appartiennent pas aux mêmes clans .

Au Tchad

Du côté tchadien, on recense outre les Bideyat, de loin les plus importants, les Kobé, les Kapka et les Boregat. Les relations entre groupes zaghawa tchadiens sont complexes, notamment parce que la colonisation française a réorganisé les chefferies – une branche des Kobé, celle d’Iriba, en a profité pour augmenter la prééminence de son sultanat aux dépens des autres.

Kobé

Le groupe Kobé (Koubé), qui comptait environ 30 000 individus en 1975, est née trois cents ans plus tôt d'une association entre clans autochtones maîtres de la terre et envahisseurs venus de l'est représentés aujourd'hui par le clan Angou. Ils ont joué un rôle dominant au fil du temps et c'est aujourd'hui un Kobé qui détient le titre de sultan de l'ensemble des Zaghawa vivant au Tchad, c'est-à-dire les trois autres chefferies à l'exception des Bideyat.
Les Kobé du Tchad comptent plusieurs dizaines de clans très disparates en termes de taille et en évolution constante. Ils ont pour capitale Iriba, au centre du plateau zaghawa, et sont présents sur la zone frontalière avec le Soudan. Le clan dominant au sein des Kobé est le clan Angou. .

Kapka

Les Kapkas (Kabka) sont originaires du massif Kapka, au nord-est de Biltine (Tchad) et sont un clan qui s’est autonomisé des Kobé.

Douroung

Les Douroung sont originaires de la région du Wadi Fira.Ils sont principalement à martébé au nord-est du Biltine.Ce clan s'est autonomisé par rapport aux Kobé et aux Kapka.

Bideyat

Certains Béri vivant autour des 17e et 18e parallèles, dans le massif de l'Ennedi, sont désignés par les Arabes sous le nom de Bideyat (Bidiat).
Les Boregat (Borgates, Bourgad, Bourgates, Borogates) sont souvent associés aux Goranes. Ils sont en général considérés comme une deux principales subdivision des Bideyat : les Boregat qui vivent à l'ouest, les Bilias (Bilieras) qui vivent à l'est.
Le président tchadien actuel, Idriss Déby, Bideyat, a créé ex-nihilio une chefferie bideyat qu’il a octroyé à l’un de ses frères, Timan Déby.

Naoura


Les Naoura (Nohira) (auquel appartient le général Idriss Annour Abdelkerim) sont un clan important des Zaghawas . .

Au Soudan

Du côté soudanais, on distinguait sous la colonisation britannique quatre grands groupes composant les Zhagawa soudanais : les Kobé, les Gala, les Touer (Touar, Touer, Twer) et les Artaj (Artag), qu'ils essayèrent en vain de rassembler sous la houlette d'un seul chef, celui du dar (territoire) Touer, le melik (roi) d'Oum Boro .
Aujourd'hui, les clans zaghawa sont nombreux mais les plus importants démographiquement et militairement dès cette époque sont les Gala et les Tuer , au nord d'Oum Boro.
Il faut ajouter les Suweini, les Kaitinga (Kaytinga, Kaédinga), Mera et Nikeri au nord de Kutum, etc.
On compte en 2012 huit territoires au dar Zaghawa disposant de leur administration civile propre (contre quatre à l'indépendance) : le dar Artag, le dar Sueni, le dar Bere, le dar Touer, le territoire autour de Musbet, le territoire autour de Kornoï, le nord du dar Kobé et le sud du dar Kobé.

Touer

Depuis le 18e siècle, le clan dominant chez les Touers est celui des Agaba , tendance encore renforcée sous la colonisation britannique.
Mahmoud Mohamedein devient melik à la place de son frère Ali destitué par les autorités gouvernementales pour mauvaise conduite. En 2004, le melik du dar Touer (pays Touer) était toujours un Agaba, Abdel Rahman Mohamedein .
Un autre clan est celui des Awlad Digein (Ila Digen), auquel appartient le chef de guerre Minni Arkoi Minawi, un clan qui avait été écarté du pouvoir par les Agaba au 18e siècle. Cette rivalité réapparaîtra avec force pendant la guerre du Darfour et le melik du dar Touer, Abdel Rahman Mohamedein, finira assassiné par Minawi. Durant la guerre du Darfour, beaucoup de Touer se sont ralliés à Minni Arkoi Minawi. En 1995, ils avaient toutefois déjà obtenus leur propre melik.
Un autre sous-groupe zaghawa est lié aux précédents, les Artaj (Artag), et le tout forme un ensemble désigné comme les groupes Wogi.

Kobé

Au Soudan, les Kobé, groupés historiquement autour des puits de Tiné, sur la frontière entre tchado-soudanaise, constituent un petit groupe à part et ont à leur tête leur propre sultan. Ils ne jouent toutefois pas de rôle politique important.
Ils sont bien connus pour avoir été longtemps étudiés par les anthropologues Marie-José et Joseph Tubiana.
Ils constituent une grande partie des combattants du Mouvement pour la justice et l'égalité, un important groupe rebelle soudanais.

Autres

On distingue plusieurs autres sous-groupes de Zaghawas qui sont répartis entre le Soudan et le Tchad, parmi lesquels les Diroungs (Dourogn), les Gurut, les Kourera et Gueniguargui.

Culture

Les Zaghawa ont commencé à être islamisé et arabisé approximativement au XVIe siècle par des prédicateurs et de petits groupes d'Arabes ou d'arabisés à proximité.

Zaghawa et politique

Tchad

Les Zaghawas participent activement à la vie politique tchadienne dans les années 70 et 80 en fournissant des combattants à l'armée de Goukouni Weddei (ancien président du Tchad) et celle de Hissène Habré.
Les Zaghawa prennent les rênes du pouvoir au Tchad avec l'arrivée au pouvoir par la force du président actuel (2017) Idriss Déby Itno, qui est un Bideyat, en , à la tête d'un groupe rebelle dont ils ont constitué l'essentiel des troupes. Des tensions existent au sein des Zaghawas. Ainsi, Abbas Koty, un Kobé lié à la famille du sultan de Iriba, a tenté un coup d'Etat contre Idriss Déby en 1992. Rentré à N’Djamena à la suite d’une réconciliation garantie par le Soudan et la Libye, il a été tué le .
De façon générale, l’accession au pouvoir d’État d'un Zaghawa a permis de « capturer » l'Etat en s'attribuant des positions rémunératrices par la prédation (douane ou extorsion) ou une multiplication des passe-droits dans le champ économique.
A partir d’ , lors du début de la guerre civile de 2005-2010, les défections des Zaghawa se multiplient et donnent naissance à plusieurs groupes armés réfugiés au Darfour et dont l'objectif est le renversement du régime tchadien. Ils sont particulièrement nombreux notamment parmi les Kobe. Le poids des Kobe au sein du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), le groupe rebelle soudanais, amènera le chef de l'Etat tchadien à s'appuyer sur les Kapka.
Au Darfour, Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), fut assassiné et remplacé par son frère. Mais un autre général, Minni Arkoi Minawi, dirige la plus grande branche de la SLM (Armée de libération du Soudan). Il a signé un accord de paix avec le gouvernement en 2006 tout en gardant l'autonomie de son armée à part entière avant de s'opposer à Oumar el-Béchir en 2009.
Ces rebelles, composés de 15 000 hommes munis de pick-up Toyota et d'artillerie de guerre, sont aujourd'hui stationnés entre le Darfour et le Kordofan. Allié à d'autres factions, ils luttent pour la conquête du pouvoir tout en déstabilisant les Arabes qui tiennent le pouvoir depuis l'indépendance du pays.

Soudan

L'administration britannique va profondément modifier la fonction de chef des différentes communautés zaghawa en lui accordant un pouvoir hiérarchique qu'ils n'avaient pas dans la mesure où ils étaient auparavant avant tout des médiateurs entre les différents clans.
Après l'indépendance, les Zaghawa ont été nombreux à rejoindre le mouvement des Frères musulmans dans les années 1960 et 1970 et ont donc acquis des postes d'influence à l'arrivée des islamistes.
Parallèlement, dès les années 1980, beaucoup de Zaghawa se sont impliqués dans des réseaux commerciaux dans le Golfe ou en Asie pour faire de l’import-export dans lesquels ils se sont beaucoup enrichis.

Une trajectoire de plus en plus divergente ?

Ainsi, durant les quinze dernières années, des deux côtés de la frontière, le monde zaghawa s'est progressivement différencié en fonction de sa proximité avec l’État et la politique :
  • côté soudanais, on assiste à l'émergence d'une bourgeoisie commerçante et de cadres proches du pouvoir ;
  • côté tchadien, l'intégration est réelle mais plus fragile car elle ne s'appuie pas sur l'instruction et le dynamisme économique, mais avant tout sur l'émergence d'une classe d'opérateurs économiques « parasitaires ».

Personnalités

  • Le président actuel du Tchad Idriss Déby (Bideyat)
  • Abbas Koty (Kobé), personnalité politique et chef rebelle tchadien zaghawa mort en 1993
  • Mahamat Ismaïl Chaïbo (Kapka), longtemps à la tête de l’Agence nationale de sécurité (ANS) tchadienne
  • Khalil Ibrahim (Kobé), fondateur soudanais du groupe rebelle soudanais Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE)
  • Minni Arkoi Minawi (Touer), chef d'une branche du Mouvement de libération soudanais (MLS)
  • Hassan Borgo (Kapka), haut responsable au Congrès national, le parti au pouvoir à Khartoum jusqu'en 2019.

Notes et références


Annexes

Bibliographie

  • Marie José et Joseph Tubiana, The Zaghawa from an ecological perspective: foodgathering, the pastoral system, tradition and development of the Zaghawa of the Sudan and the Chad, A. A. Balkema, Rotterdam, 1977, 119 p.
  • Marie José Tubiana, Survivances préislamiques en pays Zaghawa, Institut d'ethnologie, Paris, 1964, 229 p.
  • Marie José Tubiana, « Danses Zaghawa », Objets et mondes, 6 (4) hiver 1966, .
  • Marie-José Tubiana, Joseph Tubiana et Michel Leiris, Contes Zaghawa du Tchad : trente-sept contes et deux légendes, L'Harmattan, 1989, 123 p. .

Articles connexes

  • Démographie au Soudan
  • Démographie au Tchad
  • Guerre civile au Darfour
  • Guerre civile tchadienne (2005-2010)
  • Liste des groupes ethniques d'Afrique

Liens externes


  • Catégorie:Groupe ethnique au Soudan
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    Catégorie:Population nomade
     
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