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Michel Servet

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Michel Servet (en espagnol Miguel Serveto y Conesa ou Miguel Servet ou Serveto), né vers à Villanueva de Sigena dans le Royaume d'Aragon et exécuté le à Genève, est un médecin et théologien espagnol, naturalisé français en 1548.
Comptant parmi les humanistes les plus érudits de son temps, il s'intéresse à toutes les branches du savoir, de la géographie aux mathématiques, de l'alchimie à l'astrologie, de la médecine à la théologie. Le médecin est l'un des premiers à décrire la petite circulation sanguine dite circulation pulmonaire. Épris de tolérance et de liberté, le penseur développe une théologie radicale qui, prônant un retour à la pureté originelle de l'Évangile, refuse le baptême avant l'âge de 20 ans, réfute le dogme de la Trinité (hérésie qui révulse autant les catholiques que les réformés) et nie la divinité du Christ . (ce qui lui vaut l'accusation alors très grave d'arianisme).
Son ouvrage La restitution du christianisme (1553) lui attire coup sur coup deux condamnations à mort, par les catholiques puis par les protestants. Arrêté, évadé et jugé par contumace, il est brûlé en effigie à Vienne par l'Inquisition. En fuite pour l'Italie, il fait halte à Genève. Il y est emprisonné puis jugé comme criminel par le Petit Conseil, à l'instigation de Jean Calvin. Convaincu d'hérésie mais refusant d'abjurer, il est brûlé vif le , dans des circonstances particulièrement cruelles. Il compte au nombre des martyrs de la liberté de pensée.

Biographie

Jeunesse (1511-1529)

, actuel siège de l'Institut d'Études Michel Servet / / Institut d'études Michel Servet..
Fichier:Escudo servet224.jpgvignetteBlason de la famille Servet à Tudela.
Miguel Serveto naît vers à Villanueva de Sigena, dans la province de Huesca en Aragon.
Son père, Antonio Servet (ou « Revés », c'est-à-dire « le contraire »), est notaire au Monastère Sainte-Marie de Sigena. Ses ancêtres sont originaires d'un hameau des Pyrénées aragonaises nommé « Serveto », d'où son patronyme. Sa mère, Catalina Conesa, descend des Zaporta, une famille de juifs convertis de la région de Monzón González Echeverría « Michael Servetus belonged to the famous converted Jewish family The Zaporta »”, Pliegos de Bibliofilia, , 1999, Madrid, .. Michel a deux frères, l'un notaire comme leur père, l'autre prêtre.
En 1524, il fréquente l'université de Saragosse ou de Lérida. Très doué pour les langues, il étudie le latin, le grec et l'hébreu. Il suit des cours de géographie, de mathématiques et d'astronomie.
À quinze ans, il entre au service du moine franciscain Juan de Quintana, un érasmien, en qualité de secrétaire ou de page. Grâce à lui, il lit toute la Bible en diverses langues.
En 1526, il quitte l'Espagne, qu'il ne reverra plus. À partir de 1528, il étudie le droit à l'université de Toulouse mais l'abandonne vite pour se consacrer aux études religieuses.
En 1529, il voyage en Allemagne et en Italie comme secrétaire de Quintana, devenu confesseur de Charles Quint. En Allemagne, il participe secrètement à des réunions d'étudiants protestants et s'écarte peu à peu de la foi catholique.

Premières publications (1530-1550)


Le , il assiste au couronnement de Charles Quint. À cette occasion, les fastes de la cour pontificale l'indignent. À 19 ans, il tente d'établir une doctrine en cherchant des appuis dans les pays rhénans. Il rencontre les réformateurs Philippe Melanchton à Augsbourg et Œcolampade à Bâle - ce dernier n'apprécie pas sa fougue. Il quitte Quintana et demeure environ dix mois à Bâle, où il gagne probablement sa vie comme correcteur d'imprimerie.
C'est à cette époque que se forgent ses convictions. À 20 ans, sa réflexion se concentre sur la Trinité, dogme central de la foi chrétienne. En , il rencontre à Strasbourg les réformateurs Martin Bucer et Wolfgang Capiton. En , il publie (Les erreurs de la Trinité). L'ouvrage heurte ses amis protestants mais attire aussi l'attention de l'Inquisition catholique.
Pour se protéger, il adopte le pseudonyme de « Michel de Villeneuve » par référence à son lieu de naissance. En 1532, il publie (Deux livres de dialogues sur la Trinité ) et (La Justice du Règne du Christ).
En 1534, l'affaire des Placards l'incite à s'enfuir. Il envisage un moment de partir pour l'Amérique. Il s'installe à Lyon, où il exerce le métier d'imprimeur, de correcteur et de commentateur chez les frères Treschel. Par son métier, il fait la connaissance de Symphorien Champier, médecin humaniste ouvert à toutes les disciplines et partisan d'une nouvelle médecine détachée de la scolastique médiévale et de la médecine arabe, par retour aux sources grecques. Servet devient son disciple. De cette rencontre naît sa vocation médicale .
En 1537, il acquiert la notoriété grâce à un traité de thérapeutique portant sur les sirops (en fait, l'ouvrage concerne surtout la digestion). Pensionnaire au collège de Calvy, il s'inscrit à la Faculté de Paris pour étudier la médecine. Il suit les cours de Jacques Dubois, Jean Fernel et Jean Winther d'Andernach. Avec son condisciple André Vésale, il se passionne pour l'anatomie. Après le départ de Winther, il est chargé des dissections et occupe, à ce titre, le poste de prosecteur. Ambroise Paré l'admirera.
Il devient aussi lecteur (c'est-à-dire enseignant étranger) en mathématiques au Collège des Lombards, où il donne des cours de géométrie et d'astrologie. En 1538, dans un pamphlet virulent répondant aux critiques du doyen de la faculté de médecine Jean Tagault, il défend l'astrologie judiciaireL'astrologie judiciaire est le jugement de Dieu annoncé par les astres. Les Universités de médecine de la Renaissance étaient traversées par deux grandes controverses : la valeur respective des sources grecques et des sources arabes, la place à accorder au symbolisme occulte dans le savoir universitaire. et la divination. Il qualifie certains professeurs « d'ânes et de peste ». L'affaire est portée devant le Parlement de Paris, dont tous les membres « grincent des dents contre lui » (omnes in illum dentibus frendebant). Michel Servet est obligé de se rétracter et de renoncer à la divination. Il se décide alors à quitter Paris.
En 1540, il réside à Lyon où il rencontre l'archevêque de Vienne Pierre Palmier. Invité par ce dernier, il s'installe en 1542 à Vienne, dans le Dauphiné, pour y poursuivre une carrière de médecin-juréUn médecin-juré jouait le rôle actuel d'un médecin légiste, ou d'un médecin-expert auprès des tribunaux.. À partir de 1548, il loge au palais épiscopal tout en poursuivant des activités médicales et littéraires. Par suite d'une requête à Henri II, sa naturalisation est prononcée en puis confirmée en 1549 . . . En 1550, il est reçu nouveau bourgeois de Vienne et prête serment en qualité de prieur d'une confrérie chargée de secourir les malades pauvres de l'hôtel-Dieu.

Correspondance avec Calvin (1552)

Fichier:Portrait john calvin (flipped).jpgvignetteJean Calvin.
Vers 1552, il achève un long manuscrit qu'il édite anonymement à compte d'auteur : (La Restitution du Christianisme). Ce texte répond, en parodiant son titre, à lInstitution de la religion chrétienne de Jean Calvin.
L'ouvrage est imprimé en 800 exemplaires, dont une partie est déposée chez le libraire Jean Frellon. Ce dernier envoie à Calvin et à d'autres calvinistes genevois un exemplaire contenant, à la suite du texte, une copie de trente lettres de Servet à CalvinDepuis 1530, Servet et Calvin entretenaient une relation épistolaire faite de disputes doctrinales., qui révèlent l'identité de leur auteur.
Mais c'est une correspondance privée d'apparence anodine qui va sceller le destin de Michel Servet. Un catholique lyonnais nommé Arneis écrit à son cousin Guillaume de TrieGuillaume de Trie (Lyon cca 1524 - Genève 27 août 1561), écuyer, baron de Lisérable, seigneur de Varennes, était avocat. Il soutint la politique répressive de Calvin. Voir la discussion ., protestant exilé à Genève, que le chaos règne dans cette ville dont les habitants mènent une vie désordonnée. Piqué, de Trie rétorque qu'à Vienne on tolère les pires hérétiques, au point de les héberger au palais archiépiscopal, alors qu'à Genève on a condamné au bûcher sept étudiants protestants originaires de LausanneIl semble plutôt s'agir des cinq étudiants en théologie Martial Alba, Pierre Escrivain, Bernard Seguin, Charles Favre et Pierre Navihères. Ces jeunes Français, de retour de Lausanne où ils avaient poursuivi leurs études pour être pasteurs de l'Église protestante, furent arrêtés à Lyon et brûlés vifs le 16 mai 1553.. Il ajoute qu'un homme qui nie la Trinité, et même jusqu'à la divinité de Jésus-Christ, est néanmoins médecin de l'archevêque de Vienne. Comme preuve, il cite la correspondance entre Servet et Calvin, dont l'essentiel a été imprimé par Servet lui-même.
Dans des circonstances troubles où Jean Calvin est intervenu par personne interposéeCalvin semble avoir dicté à Guillaume de Trie, son proche confident, des lettres destinées à l'Inquisition prouvant l'hérésie de Servet., l'Inquisition de Lyon entre en possession de pièces accablant Servet. Selon T. Vetter : « À Genève, un réfugié français se fait l'instrument de l'intrigue en communiquant les lettres au Grand Inquisiteur pour la Foi en France, Mathieu Ory. L'information judiciaire est déclenchée et la preuve est bientôt faite que Servet et Villeneuve désignent le même hérétique ». Les détracteurs du livre accusent son auteur d'arianisme, c'est-à-dire de nier la divinité du Christ. Cette charge très lourde vaut à Servet la condamnation des catholiques comme des réformés.
Plus tard, au cours de ses interrogatoires, Servet déclinera une seule identité : les catholiques ne doivent pas savoir qu'il est Servet, les protestants doivent ignorer qu'il est VilleneuveThéodore Vetter 1965, , ..

Procès et condamnations - Supplice (1553)

Procès de Vienne

À Vienne, le bailli lieutenant général du Dauphiné l'invite à visiter les malades de la prison royale, en compagnie du vicaire général. Servet n'a aucune raison de se méfier : il a déjà dispensé ses soins au premier et est compagnon de table du second ; de plus, le « vibailli » est frère de l'archevêque. Mais pendant la visite, le vicaire lui signifie qu'il est désormais prisonnier. Toutefois, on lui accorde des privilèges eu égard à ses services passés : il peut conserver son serviteur, aller et venir librement à l'intérieur du palais... L'inquisiteur Matthieu Ory l'interroge à plusieurs reprises. Mais profitant des faveurs qui lui sont accordées, Servet parvient à s'échapperThéodore Vetter 1965, , .. Le procès se poursuit en son absence. Matthieu Ory déclare son ouvrage hérétique. Le bailliage condamne au feu
La Restitution du Christianisme ainsi que son auteur, jugé par contumace. La sentence est exécutée le , vers midi : une effigie en bois de Michel Servet est brûlée publiquement.

Procès de Genève

Dans sa fuite, Servet cherche à gagner l'Italie pour exercer la médecine à Naples//gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k148435h/f66.item.texteImage Le savant Michel Servet, victime de tous les fanatismes par EJ. Savigné, page 34.. Mais il craint d'être arrêté par l'Inquisition. Après une errance de deux mois dont on ignore tout, il arrive à Genève et descend à l'« Hostellerie de la Rose », située place du Molard. Le , il se rend au temple de la Madeleine où prêche Calvin. Il a estimé plus prudent de se fondre dans la foule car les aubergistes sont tenus de dénoncer leurs clients qui n'assistent pas au culte. Mais reconnu par des frères probablement rencontrés à Lyon, il est arrêté dès la fin de l'office et aussitôt emprisoné. Un procès s'ensuit, ponctué de huit interrogatoires. Il est instruit à charge par l'inflexible Germain Colladon, allié fidèle de Calvin. D'emblée, on accuse Servet d'être un criminel, ce qu'il conteste. Malgré l'édit en vigueur, on lui refuse l'aide d'un avocat. Le tribunal de Vienne ayant réclamé son extradition, on lui offre le choix d'être jugé sur place ou renvoyé en France. Confiant en la clémence de ses juges, il supplie de rester à Genève. Dans cette ville, le parti des « Libertins » a pris le pouvoir au Conseil des Deux-Cents, dirigé par . Hostiles au rigorisme de Calvin, ses membres se montrent plutôt favorables à Servet - certains pensent même qu'il a été appelé par des ennemis du prédicateur pour l'évincerMichel Servet et Jean Calvin: le bûcher de Genève.. Mais craignant de passer eux-mêmes pour hérétiques, les Libertins ne le défendront pas.
Servet est incarcéré dans des conditions déplorables, privé d'hygiène et souffrant du froid//gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k148435h/f66.item.texteImage Le savant Michel Servet, victime de tous les fanatismes par EJ. Savigné, page 38.. Il adresse quatre requêtes à ses accusateurs. Dépassé par les querelles théologiques et ne parvenant pas à établir la culpabilité de Servet, le Petit Conseil en appelle à Calvin. Une controverse écrite, en latin, oppose les deux hommes. Servet se défend comme il peut. Maladroitement, il attaque Calvin : « Si j'avais dit cela, non seulement dit, mais écrit publiquement, pour infecter le monde, je me condamnerais moi-même à mort. C'est pourquoi, Messeigneurs, je demande que mon faux accusateur soit puni, et qu'il soit détenu prisonnier comme moi, jusqu'à ce que la cause soit définie pour mort de moi ou de lui, ou autre peine. Et pour ce faire, je m'inscris contre lui à ladite peine du talion. Et suis content de mourir s'il n'est convaincu de ceci et d'autre chose, que je lui mettrai dessus. Je vous demande justice, Messeigneurs, justice, justice ». Pour sortir de l'impasse, on demande leur avis aux Églises réformées des autres cantons de la Confédération suisse. Le procès prend alors un tour politique. Début , les réponses arrivent, catégoriques : elles approuvent à l'unanimité la nécessité de neutraliser la menaceGiogio Tourn,
Jean Calvin le réformateur de Genève, Turin, ., sans toutefois se prononcer explicitement sur la peine//gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k148435h/f66.item.texteImage Le savant Michel Servet, victime de tous les fanatismes par EJ. Savigné, page 39..

Supplice

Le , le Petit-Conseil rend sa sentence : « Toy, Michel Servet, condamnons à debvoir estre lié et mené au lieu de Champel, et là debvoir estre à un piloris attaché et bruslé tout vifz avec ton livre, tant escript de ta main que imprimé, jusques à ce que ton corps soit réduit en cendres ; et ainsi finiras tes jours pour donner exemple aux autres qui tel cas vouldroient commettre ».
Le lendemain à 11 heures du matin, cet arrêt est lu à Michel Servet dans sa cellule. Ayant espéré jusqu'au bout ne subir qu'un bannissement, il manifeste un violent accès de désespoir. Dans sa langue natale, il s'écrit : « Misericordia ! Misericordia ! ». Il supplie qu'on remplace la peine du feu par la décapitation. Mais jusqu'à la fin, il refusera de reconnaître que Jésus est « fils éternel de Dieu » et maintiendra fermement qu'il est « fils du Dieu éternel ».
Le vendrediPlusieurs parallélismes troublants existent entre la mort du Christ et celle de Michel Servet :
  • identité des jours et heure du décès - un vendredi, vers 15 heures ;
  • similitude d'exécution - infâmante (nudité, les vêtements des condamnés au feu revenant au bourreau), publique et particulièrement atroce par sa souffrance physique prolongée ;
  • atteinte à la tête par une couronne tressée aussi dérisoire que douloureuse - formée d'épines s'enfonçant dans le cuir chevelu pour le Christ ; faite de feuillage soufré manifestement destiné, dans son raffinement de cruauté, à accélérer l'anéantissement par combustion d'un esprit empli d'idées exécrables pour Servet. , vers deux heures de l'après midi, il est conduit à pied au plateau de Champel, actuellement occupé par la clinique La Colline. Le bûcher est dressé depuis le matin. Mais il a plu dans la nuit et le bois, entreposé à l'air libre, est trempé. Effrayé, le condamné aurait promis de donner, contre du bois sec, sa chaîne en or, ses bagues et ses anneaux, restés entre les mains du geôlier. Le bourreau l'attache au poteau en l'entourant plusieurs fois d'une chaîne en fer et en lui liant le cou d'une corde ; il le coiffe d'un feuillage soufré tressé en couronne //gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k148435h/f66.item.texteImage Le savant Michel Servet, victime de tous les fanatismes par EJ. Savigné, page 41. et accroche à son flanc La Restitution du ChristianismeThéodore Vetter 1965, , .. Michel Servet prononce ces derniers mots : « Ô Jésus fils du Dieu éternel, aie pitié de moi ! ». Le bois, vert et gorgé d'humidité, se consume avec difficulté Le Procès et la Mort de Michel Servet, Revue des deux mondes, tome 21, Paris, 1848 pages 843-844.. Pris de pitié, quelques témoins auraient jeté des fagots secs dans le bûcher pour en accélérer la combustion. Mais le malheureux meurt au terme d'atroces souffrances, brûlé à petit feu. Son agonie se prolonge une demi-heure.

Polémiques post mortem - Mise en cause de Calvin


L'exécution de Servet suscite immédiatement des réactions divergentes, qui nourriront une durable polémique.
Le chancelier de Berne Nicolas Zurkinden affirme que la force n'est pas convaincante en matière de religion et qu'il est préférable de laver l'âme des pécheurs en les convertissant.
Sous le pseudonyme Martinus BelliusVincent Schmid, pasteur et prédicateur de la cathédrale de Genève, dans
Calvin et l'affaire Servet sur Canal Académie., Sébastien Castellion, un humaniste vaudois réformé proche de Calvin, publie (Faut-il punir les hérétiques ? ). Dans ce recueil de témoignages des Pères de l'Église, d'Érasme et même de Martin LutherLuther, il affirme que la tradition chrétienne s'oppose à l'usage de la force en matière religieuse : « Tuer un homme ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle »Ceci en référence à Jésus qui mourut crucifié pour sa foi..
Quant à Calvin, il a déclaré qu'il ne faut pas se contenter de châtier les hérétiques « d'une simple mort » mais qu'il importe « qu'on les brûle cruellement ».
Le , il confie épistolairement à Guillaume Farel : « Servet m'a écrit dernièrement et a joint à ses lettres un énorme volume de ses rêveries, en m'avertissant avec une arrogance fabuleuse que j'y verrais des choses étonnantes et inouïes. Il m'offre de venir ici
(= à Genève), si cela me plaît, mais je ne veux pas engager ma parole : car s'il venait, je ne souffrirai jamais, pour peu que j'eusse du crédit dans cette ville, qu'il en sortît vivant ».
Après la mort du théologien espagnol, il publie un traité sur la Trinité, où il justifie son opposition aux vues de Servet. Théodore de Bèze prend position pour Calvin en 1554 dans son
Traité de l'autorité du magistrat en la punition des hérétiques et du moyen d'y procéder : « Le magistrat a l'autorité et le devoir de punir l'hérétique. La corruption par l'hérésie touche l'âme éternelle. Ceux qui corrompent l'âme sont pires que les criminels de sang ».
Établie par les historiens, la responsabilité - partielle ou totale - de Jean Calvin dans l'exécution cruelleJean Calvin est intervenu en vain auprès des autorités genevoises pour que la peine du feu soit convertie en décapitation. Mais les dés étaient jetés. En se prononçant sur l'hérésie de Servet, Calvin ne pouvait rien ignorer du sort que lui réservait la codification des peines alors en vigueur dans toute la chrétienté. de Michel Servet reste très dérangeante pour l'Église réformée. L'inscription du Monument de Michel Servet édifié à Genève en 1903, exonérant Calvin d'une « erreur » propre à son époque, et le refus en 1908, par les autorités genevoises, d'ériger une statue de Servet près du Mur des réformateurs, traduisent cet embarras persistant.

Œuvre théologique

Doctrine

vignettegauche
- Les erreurs de la Trinité, (1531).
Servet soutient que la croyance en la Trinité se fonde non pas sur la parole biblique mais plutôt sur la façon erronée dont la scholastique enseigne les philosophes grecs. Il souhaite ramener les fidèles à la simplicité authentique des Évangiles et des premiers Pères de l'Église. En outre, il espère que l'abolition du dogme trinitaire permettra de convertir par la persuasion Juifs et Musulmans.
Il affirme que le
logos divin - manifestation de Dieu et non personne divine - a été uni à un être humain, Jésus, quand l'esprit de Dieu est entré dans le corps de la Vierge Marie. C'est seulement à partir de sa conception que le Fils a été réellement engendré. Donc le Fils n'est pas éternel, contrairement au logos qui l'a formé. Pour cette raison, Servet rejette l'idée que le Christ serait le « Fils éternel de Dieu » et soutient qu'il n'est que le « Fils de Dieu éternel ». Bien qu'originale, cette doctrine est souvent comparée aux hérésies que furent l'adoptianisme ou le modalisme. Sous la pression des catholiques comme des protestants, il modifie quelque peu cette réflexion. Dans son deuxième livre Dialogues, il fait coïncider le logos avec le Christ. C'est presque la conception qui prévalait avant le premier concile de Nicée. Toutefois, il reste accusé d'hérésie à cause de sa négation de la Trinité et de l'individualité des trois personnes divines.
Servet pousse très loin le principe du retour aux Évangiles. Il estime que ces derniers n'apportent aucune preuve du dogme de la Trinité, que l'Église catholique affirme depuis des siècles. Jésus n'est pas Dieu mais un homme auquel l'essence divine s'est alliée temporairement. Servet s'aliène ainsi la plupart des chrétiens de son temps, d'autant plus qu'il propose une métaphore radicale : la Trinité est un . Cette image sera jugée blasphématoire. Prémonitoire, Calvin écrit alors : « Si Michel Servet vient à Genève, je ne réponds pas qu'il puisse en sortir vivant ».
Il s'affirme cependant chrétien et espère que l'abolition du dogme de la Trinité permettra de rallier au christianisme les fidèles des autres religions monothéistes que sont les Juifs et les Musulmans. Son intérêt pour ces religions concurrentes du christianisme lui sera reproché. De même, son célibat lui vaudra d'être suspecté de débauche. Lors de son procès à Genève, il répondra qu'il a été « coupé d'un côté et rompu de l'autreThéodore Vetter 1965, , . L'auteur cite le fait sans commentaire, laissant entendre que Servet avait subi une castration. ».
Encore mal connue, sa pensée semble parfois contradictoire. Il désire . Invoquant son saint patron, il se prétend, selon certaines sourcesPar exemple le documentariste allemand Olivier ECKERT. , le représentant de l'archange Michel qui, dans l'Apocalypse, .

Influence


Par son refus du dogme de la Trinité et le procès au terme duquel il fut brûlé vif, les Unitariens tendent souvent à présenter Servet comme le premier martyr unitarien moderne, bien qu'il ne fût pas un unitaire au sens moderne du terme. D'autres courants de pensée opposés au concept de Trinité, comme les témoins de Jéhovah
Reasons of faith, Geilser & Meister. et l'unité Pentecostalienne, voient en Servet un ancêtre spirituel - l'Unité Pentecostalienne Bernard DK. The Oneness of God Word Aflame Press, 1983. particulièrement, avec les enseignements de Servet sur la divinité de Jésus Christ et son insistance sur l'unicité de Dieu, à l'opposé d'une Trinité où trois personnes différentes seraient individuellement identifiées comme Dieu : Emanuel Swedenborg a écrit une théologie schématique qui présente de nombreuses similitudes avec la théologie de Servet Andrew M. T. Dibb. Servetus, Swedenborg and the Nature of God, University Press of America, 2005..

Œuvre médicale

Circulation pulmonaire

Texte

Servet est le premier européen à décrire une circulation pulmonaire. Elle paraît en 1553, non pas dans un livre de médecine mais dans un traité de théologie :
Christianismi Restitutio in integrum, au livre V traitant du Saint-Esprit.
Il s'émerveille de la façon dont l'esprit divin pénètre l'Homme. Il perçoit là
le souffle de Dieu au cœur de l'homme. Il croit en un Dieu « auquel l'homme peut s'unir ». Il s'oppose ainsi radicalement à Jean Calvin, qui décrit « un souverain Seigneur (…) devant qui l'homme chétif et misérable ne peut que se prosterner dans la cendre, adorer et obéir ».
De la Bible, il sait que l'âme, insufflée en l'homme par Dieu, est contenue dans le sang. De ses connaissances anatomiques, il conclut que la meilleure zone de contact entre le sang et l'âme n'a pu être que les poumons, et non le ventricule gauche du cœur. Il refuse l'éventualité d'un passage entre les deux ventricules, s'opposant ainsi au galénisme. Il note que la largeur de l'artère pulmonaire est trop importante pour les poumons seuls, ainsi que le changement dans la couleur du sang. Il en déduit que le sang veineux provenant du cœur (ventricule droit) reçoit l'air (ou l'âme) dans les poumons . :
« Par ailleurs, les poumons envoient vers le cœur, à travers l'artère veineuse (veine pulmonaire), non pas de l'air simple mais de l'air mélangé à du sang ; le mélange s'effectue donc au niveau des poumons (...) Par un artifice semblable à celui par lequel s'accomplit, au niveau du foie, le passage du sang depuis la veine porte vers la veine cave, la transfusion de l'esprit se fait dans le poumon depuis la veine artérielle (artère pulmonaire) vers l'artère veineuse. Celui qui compare ces données à celles énoncées par Galien De usu partium (De l'utilité des parties du corps humain), livres 6 et 7, comprend parfaitement la vérité, alors qu'elle a échappé à Galien ».
En conclusion, il résume ses idées sur la petite circulation :
« Pour la plus grande partie, l'air inspiré est amené à travers la trachée-artère aux poumons, pour passer dans l'artère veineuse après avoir été transformé par eux. Dans l'artère veineuse, il est mélangé au sang jaune et subtil, et mieux élaboré. Alors la totalité du mélange est attirée par le ventricule gauche du cœur au cours de la diastole ; dans le ventricule gauche par le feu vivifiant qui s'y trouve, le mélange prend sa forme parfaite ; débarrassé durant cette élaboration d'une grande quantité de déchets fuligineux expirés, il devient esprit vital. Le tout est, pour ainsi dire, la substance même de l'âme ».
Ce n'est pas exactement une circulation (retour au même endroit), la circulation pulmonaire (ou petite circulation) de Servet n'est pas un cercle, mais un arc de cercle. Toutefois, « l'opinion de Servet est prophétique allant même au-delà de Harvey en ce qui concerne le rôle de la respiration » .
Cette « démonstration » n'a eu aucun écho à son époque. Le texte de 1546 du « Manuscrit de Paris » n'a pas été publié. La réédition de 1553 a été brûlée sur ordre des autorités religieuses.
Michel Servet incarne pleinement l'Humanisme de la Renaissance : découverte de la petite circulation du sang (pulmonaire) et remise en question du sens des textes sacrés. Jules Michelet, l'un des plus éminents historiens du xixesiècle, écrivit : « Qu'est ce que le XVIe siècle en son dominant ? La découverte de l'arbre de vie, du grand mystère humain. Il ouvre par Servet, qui trouve la circulation pulmonaire… Ainsi monte sur ses trois assises la tour colossale de la Renaissance . Comment s'étonner de la joie immense de celui qui vit le premier la grandeur du mouvement . ? » L'intertextualité c'est la circulation du sang, la circulation du sens, la circulation des idées véhiculées par l'imprimerie.

Édition

Le livre de Servet fut sauvegardé grâce à l'exemplaire utilisé par l'un des magistrats pour obtenir sa condamnation. Il est parvenu jusqu'à nous, sous la forme d'une édition publiée en 1694 par l'érudit anglais William Wotton. En 1697, le chirurgien anglais Charles Bernard s'aperçoit qu'une dizaine de pages sur du livre concernent la médecine et la petite circulation.
Il ne reste aujourd'hui que trois exemplaires conservés à Édimbourg (Bibliothèque de l'Université, depuis 1698), Paris (Bibliothèque Nationale de France, acquis par la Bibliothèque Royale en 1779) et Vienne (Bibliothèque Nationale d'Autriche) . L'exemplaire de Vienne a servi à une nouvelle édition, imprimée en 1790 à Nuremberg par . Cette réimpression, également très rare, se trouve à la Bibliothèque de l'Université de Bâle.

Postérité

Les historiens occidentaux pensent aujourd'hui que ce texte pourrait s'inspirer de la découverte de la circulation pulmonaire faite en 1242 par Ibn Nafis, né à Damas en 1213. Il est possible que Servet ait eu l'écho d'Ibn-Nafis, mais « aucune preuve ne vient le confirmer aux yeux de l'historien  ». Comme celle d'Ibn-Nafis, la démarche de Servet s'inscrit aussi dans un cadre théologique ou philosophique (opinion basée sur la conclusion d'un discours logique). L'anatomie reste étroitement couplée avec la religion. Servet a voulu prouver l'existence de l'âme dans le sang, insufflation divine lors de la création de l'homme, conformément à la Bible (Gen. 9, Levit.17 et Deut. 12)Théodore Vetter 1965, , ..
La priorité de la démonstration expérimentale de la circulation cardio-pulmonaire est attribuée à Realdo Colombo (1510-1559) et à son élève Andrea Cesalpino (1519-1603), ce dernier utilisant les termes de
capillamenta (capillaires) et de circulatio (circulation). À partir d'eux, la circulation sanguine générale sera pleinement reconnue des médecins européens avec la publication de William Harvey en 1628, fruit de son travail sur les dissections, et dans un cadre conceptuel différent (méthode expérimentale et raisonnement quantitatif).

Autres

Toujours dans son livre : « La restitution du christianisme », il écrit que le
Saint-Esprit ou Esprit, en grec Πνεῦμα Pneuma le souffle, est acheminé du ventricule gauche vers les artères de tout le corps, y compris celles qui conduisent à la base du cerveau :
« À cet endroit, l'esprit vital est perfectionné, surtout au niveau du plexus rétiforme situé à la base du cerveau - réseau artériel hypothétiqueDécrit chez l'animal par les anatomistes antiques et médiévaux et qui sera précisé chez l'homme en polygone de Willis au .. Là se produit la transformation de l'esprit vital en esprit animal, qui se dirige vers le siège véritable de l'âme raisonnable. Ensuite il devient encore plus subtil sous l'influence d'une force ardente de l'esprit ; il est transformé et perfectionné dans des vaisseaux d'une finesse extrême, semblables à des artères capillaires, situés au niveau des plexus choroïdes et renfermant la quintessence de l'esprit ».
Ce passage a été interprété comme une évocation de l'influx nerveux, ou encore comme une remise en question de la position centrale des idées (cœur/cerveau) à l'instar de l'héliocentrisme de Copernic (terre/soleil) ..
Il convient enfin de signaler des notes marginales dans l'édition des œuvres complètes de Galien,
Opéra Omnia ; une étude sur la syphilis dans l
Apologie contre Leonhart Fuchs, et particulièrement les 224 nouvelles recettes de sa pharmacopée Dispensarium, qui est devenue la principale référence pour les médecins et les galénistes 2011 Samalways, Edmund. From Alchemy to Chemotherapy. Hermes Press, pages 121-122..

Publications

Contexte intellectuel et social

Sous la Renaissance, l'invention de l'imprimerie bouleverse la diffusion du savoir. Elle permet une plus grande facilité d'expression, elle ravive les controverses et multiplie les polémiques. En réaction, les États et les Églises vont imposer des limites et une censure dans les domaines où les pouvoirs en place se sentent menacés (politique, religion, philosophie).
Avec la Réforme, l'Europe est divisée sur la question religieuse, il en est de même des imprimeries. Celles des pays catholiques (Italie, Espagne) ou de villes allemandes comme Cologne ou Ingolstadt ne publient pas d'auteurs protestants, même sur des sujets non-religieux. Les imprimeries de villes luthériennes comme Leipzig, Nuremberg ou Wittemberg ne publient pas d'auteurs catholiques ou calvinistes. Très peu d'imprimeries acceptent des auteurs anabaptistes .
Toutefois, il existe aussi des exceptions notables où les autorités sont plus tolérantes. Des auteurs venus de toute l'Europe, peuvent se faire imprimer à Anvers, Bâle, Francfort ou Strasbourg. Ces situations sont diverses et variables selon les lieux et les périodes.
Les intellectuels pouvaient soutenir n'importe quelle opinion non orthodoxe, à condition de le faire en privé (conversation ou lettres). Les auteurs, de toute nation ou religion opposées, restaient donc en contact, entretenant des correspondances ou échangeant des livres. Si un point de vue philosophique contredisait la doctrine religieuse locale, il ne pouvait pas être exposé publiquement et encore moins imprimé, sous peine de déclencher une machine répressive allant de la réprimande au bûcher.

Ouvrages principaux

En Alsace, Servet fait imprimer deux opuscules de théologie chez Jean Setzer à Haguenau. C'est le début de sa correspondance avec Calvin :
  • Sur les Erreurs de la Trinité. De Trinitatis erroribus (1531) - Sept livres sur les erreurs de la Trinité, édition bilingue. Introduction, traduction et annotations de Rolande-Michelle Benin, Marie-Louise Gicquel, Paris, Honoré Champion, 2008 ( ) ;  
  • Dialogues de la Trinité. Dialogorum de Trinitate (1532). Dialogues sur la Trinité en deux livres et De la justice du royaume du Christ en quatre chapitres, édition bilingue. Introduction, traduction et annotations de Rolande-Michelle Bénin et Marie-Louise Gicquel, Paris, Honoré Champion, 2009, édition bilingue ;
  • La Restitution du Christianisme. Christianismi Restitutio (1553). Michel Servet publie cet ouvrage qui causera sa perte. Edition bilingue en deux tomes. Introduction, traduction et annotations de Rolande-Michelle Bénin ( ). Paris, Honoré Champion, déc. 2011.
vignette - La Géographie de Claude Ptolémée (1535).
En 1535, il est correcteur d'imprimerie chez les frères Trechsel à Lyon. Il publie, sous le nom de Michel de Villeneuve, une nouvelle édition de Ptolémée : La Géographie de Claudius Ptolémée. . L'ouvrage est dédié à Hugues de la PorteImprimeur-libraire, Échevin de Lyon. . dans sa première édition et à Pierre Palmier dans sa seconde. L'auteur précise qu'il s'agit d'une traduction latine de Willibald Pirckheimer à partir du grec. Mais il précise avoir compulsé lui-même les textes originels. L'expert Henri Tollin (1833-1902) considère que, vu l'exhaustivité de ses commentaires, Michel de Villeneuve est .
En 1536, il rédige un pamphlet en faveur de son ami Symphorien Champier contre les attaques de Leonhart Fuchs (à propos de croyances luthériennes et catholiques) : Les excuses contre Leonhart Fuchs. . Lyon, imprimé par Gilles Hugetand avec un prologue parisien, toujours sous le nom de Michel de Villeneuve. Dans une deuxième partie, il traite des propriétés d'une plante médicinale. La dernière partie, signée par un élève qui est attaqué par un professeur, évoque l'origine de la syphilis . Michel de Villeneuve 1536..
En 1537, il fait paraître un traité de thérapeutique : Explication Universelle des Sirops ( ). Paris, imprimé par Simon de Colines, signé Michel de Villeneuve. Ce traité comprend un prologue, L'utilisation des sirops, et cinq chapitres : {{nobr Qui est la concocción et qui est unique et pas de multiples ; {{nobr Quelles sont les choses que vous devriez savoir ; {{nobr Que la concocction est toujours… ; {{nobr Les aphorismes d'Hippocrate ; {{nobr Sur la composition de sirops de l'exposition. L'auteur mentionne des traitements pharmaceutiques qu'il exposera plus longuement dans sa pharmacopée Enquiridion ou . Outre Claude Galien, il cite deux de ses professeurs, Jacques Dubois et Johann Winther d'Andernach. L'ouvrage est l'occasion d'exalter le galénisme gréco-romain au détriment d'Avicenne et des médecins arabistes. Cette publication connaît un grand succès, avec cinq éditions en (deux à Lyon et trois à Venise).
En 1538, il attaque les professeurs de la Faculté de médecine dans un pamphlet intitulé Discours de Michel de Villeneuve pour l'Astrologie et contre un certain médecin. .
L'auteur réfute Jean Tagault, doyen en exercice, qui s'est attaqué à l'astrologie qu'ont pourtant louée de grands penseurs. Exposant les idées de Galien, d'Hippocrate, de Platon et d'Aristote, il explique comment un bon médecin peut prédire les effets des planètes, qui gouvernent la santé. La Lune et le Soleil influent non seulement sur l'océan, les vents et les pluies, mais aussi sur les menstruations, la vitesse de décomposition des cadavres... L'astrologie est bonne car elle génère un désir de sagesse qui élève la pensée humaine. Le premier argument de Tagault réside dans l'incohérence de l'astrologie, qui conduit à des prédictions différentes et ne constitue donc pas une science en soi. Michel de Villeneuve réfute cet argument en rappelant que l'essence de la Loi consiste à ne pas démontrer que la Loi est fausse. Il existe différents diagnostics en vertu d'une même doctrine médicale : Comme deuxième argument, Tagault avance que le ciel étant observé de partout de la même manière, il est statique. L'astrologie affirme donc que les choses sont comme elles ne sont pas. Michel de Villeneuve retourne cet argument en expliquant que cette affirmation peut être utilisée contre la médecine. Et partant du principe que toutes les observations sont les mêmes, il dénonce l'ignorance de Tagault en mathématiques, même s'il présume qu'il les a étudiées2008 Krendal, Erich. Tähtitiede ja renessanssi historioitsija painoksia Medicine..
La polémique est tranchée par le Parlement de Paris : Servet est sommé de renier ses écrits et de renoncer à la divination, ce qu'il fait avant de quitter Paris.
En 1542, il publie à Lyon et à Vienne, des éditions de la Bible, d'après la traduction latine du dominicain Sante Pagnini : Bible sacrée des traductions de Sante Pagnini, hebraïste. . Michel de Villeneuve est cité dans le prologue.
On trouve aussi la Bible sacrée des anciens de l'église. . Vienne, édité par Delaporte et imprimé par Trechsel. Anonyme (1542), et la Bible Sainte avec commentaires. . Lyon, imprimé par Trechel et Vincent. Anonyme (1545). Cette dernière est aussi appelée « Bible fantôme » par certains servetistes qui nient son existence. Cet ouvrage anonyme est édité en vertu du contrat conclu en 1540 par Michel de Villeneuve avec la compagnie des libraires. Le livre comprend 6 volumes et un index, illustrés par Hans Holbein. Une recherche sur cet ouvrage a été effectuée par Julien Baudrier dans les années 1960. González Echeverría en a démontré l'authenticité à la Société Internationale d'Histoire de la Médecine grâce à un exemplaire conservé dans les archives de la ville de Tudela 2011 El amor a la verdad. Vida y obra de Miguel Servet The love for truth. Life and work of Michael Servetus, printed by Navarro y Navarro, Zaragoza, collaboration with the Government of Navarra, Department of Institutional Relations and Education of the Government of Navarra, 607 , 64 of them illustrations, & 62nd illustration (XLVII)..
Le Manuscrit de Paris (sans date) était considéré comme un projet du Christianismi Restitutio. La paternité de Servet a été confirmée par Gonzalez Echeverria, grâce à une comparaison graphologique avec le Manuscrit de l'Université Complutense de Madrid 2011 September , Francisco González Echeverría {{LangenInternational Meeting for the History of Medicine, (S-11: Biographies in History of Medicine ( )), Barcelona. New Discoveries on the biography of Michael de Villeneuve (Michael Servetus) & de Villeneuve (Michael Servetus) //www.santpau.es/UploadFiles%2F13955-1-62678.pdf Manuscrit de Paris..
En 1553 il publie l'ouvrage qui causera sa perte : La Restitution du Christianisme. . Le livre se présente comme un in-octavo avec un titre de couverture en latin, et deux sous-titres, l'un en hébreu, l'autre en grec. Il ne porte aucun nom de lieu, d'imprimeur ni d'éditeur. La dernière page se termine par des initiales « M.S.V. » (bien que le nom de Servet apparaisse dans un dialogue) avec, en dessous, l'année 1553.
Seul Balthazar Arnoullet , imprimeur lyonnais installé à Vienne, a accepté de faire paraître le livre à compte d'auteurThéodore Vetter 1965, , .. Il s'agit d'un travail théologique de 734 pages sur la Trinité. Au chapitre , pages 169 à 178, Servet présente la circulation pulmonaire et le devenir de l'esprit vital dans les vaisseaux cérébraux. L'œuvre traite aussi des médicaments.

Nouvelles œuvres


La a été authentifiée comme étant une œuvre de Michel Villeneuve - ou Servet - à partir des contrats passés en 1540 avec les éditeurs et imprimeurs de la Compagnies des Libraires (Melchior et Gaspard Trechsel et les frères Frellon) et par rapprochement avec des œuvres anonymes contemporaines. Le chercheur González Echeverría a démontré à la Société internationale d'histoire de la médecine 1996 “Sesma's Dioscorides or Medical Matter: an unknown work of Michael Servetus (I)” and “Sesma's Dioscorides or Medical Matter: an unknown work of Michael Servetus (II)” González Echeverría, Francisco Javier. In: Book of Abstracts. 35th International Congress on the History of Medicine, - , September, 1996, Kos Island, Greece, communications nº: 6 y 7, . 1998 “The book of work of Michael Servetus for his Dioscorides and his Dispensarium”(Le livre de travail de Michel Servet pour ses Dioscorides et Dispensarium) and “The Dispensarium or Enquiridion, complementary of the Dioscorides of Michael Servetus” (The Enquiridion, L’œuvre Le Dispensarium ou Enquiridion complémentaire sur le Dioscorides de Michel Servet) González Echeverría, in: Book of summaries, 36th International Congress on the History of Medicine, Tunis (Livre des Résumés, Congrès International d’Histoire de la médecine, Tunis), - September 1998, (two communications), y 210. 2000- “Discovery of new editions of Bibles and of two 'lost' grammatical works of Michael Servetus” and “The doctor Michael Servetus was descended from Jews”, González Echeverría, Francisco Javier. Abstracts, 37th International Congress on the History of Medicine, September 10–15, 2000, Galveston, Texas, U.S.A., . 2005 “Deux nouvelles œuvres de Michel Servet ou De Villeneuve: L’Andrianne en latin-espagnol et un Lexicon greco-latin”, González Echeverría, Francisco Javier. In: Book of Abstracts, Meeting of the ISHM, 11–14 September 2005, Patrás, Greece, ., la Société Espagnole de l'Histoire de la Médecine1998 “The 'Dispensarium' or 'Enquiridion', the complementary work of the Dioscorides, both by Servetus” and “The book of work of Michael Servetus for his Dioscorides and his 'Dispensarium'”. González Echeverría, Francisco Javier. Program of the congress and abstracts of the communications, XI National Congress on History of Medicine, Santiago de Compostela, University of Santiago de Compostela, . 1996 “A Spanish work attributable to Michael Servetus: 'The Dioscorides of Sesma'”. González Echeverría, Francisco Javier. Varia Histórico-Médica. Edition coordinated by: Jesús Castellanos Guerrero (coord.), Isabel Jiménez Lucena, María José Ruiz Somavilla y Pilar Gardeta Sabater. Minutes from the X Congress on History of Medicine, February 1986, Málaga. Printed by Imagraf, Málaga, . 2004 “The edition of Lyon of the ‘Opera omnia’ by Galen of the printer Jean Frellon (1548-1551) commented by Michael Servetus”, González Echeverría and Ancín Chandía, Teresa. In: Medicine in the presence of the new millennium: a historical perspective. Coordinators: José Martínez Pérez, Isabel Porras Gallo, Pedro Samblás Tilve, Mercedes Del Cura González, Minutes from the XII Congress in History of Medicine, 7–9 February 2002, Albacete. Ed. Of the University of Castilla-La Mancha. Cuenca, ., et de la Royale Académie de Médecine de CatalogneActe Conmmemoratiu del cinque cententary de Miguel Servet(1511-2011), 29th November 2011, Reial Acadèmia de Medicina de Catalunya., que Michel a écrit cinq ouvrages médicaux, deux œuvres, deux œuvres bibliques et trois traités de grammaire latine-espagnole.

Œuvres bibliques illustrées

  • 1540. Le Ymagines des Histoires de l'Ancien Testament, Anvers, imprimé par J. Stelsius. Traduction du latin en espagnol, avec 92 illustrations de Hans Holbein .
  • 1543. Portraits ou des Tableaux de l'Histoire de l'Ancien Testament, Lyon. "Novenas" et "quintillas" (une sorte de poème espagnol) avec 94 illustrations de Hans Holbein le Jeune 2001- “Portraits or printing boards of the stories of the Old Testament. Spanish Summary”, González Echeverría, Francisco Javier. Government of Navarra, Pamplona 2001. Double edition : facsimile(1543) and critical edition. Prologue by Julio Segura Moneo..
  • Quatre œuvres grammaticales non illustrées

    (à part l’Andriana, elles ont été conçues pour des étudiants.)
  • 1543 . Distiques morales de Caton, Lyon, Frellon. Traduction d'une œuvre du même nom par Mathurin Cordier.
  • 1549 . Livre pour enfants sur l'élégance et la variété de la langue latine. Louvain, Byrckmann Sasseno/veuve. Traduction en espagnol de l'ouvrage par Mathurin Cordier. Dans l'édition de 1551 à Lyon par Jean Frellon, il est associé à Byrckmann pour la promotion d’œuvres espagnoles .
  • (paternité de Servet possible mais non assurée).
  • 1549 Andria. Le Andriana (Louvain, Byrckmann Sasseno/veuve). Traduction d'une œuvre antérieure de Charles Estienne. Gonzalez Echeverría pense qu'il s'agit probablement d'une œuvre de Servet mais ne peut le prouver .
  • 1549 . Travailler sur les huit parties de la proposition." Lyon, Jean Frellon. Ce travail contient des paragraphes identiques aux travaux précédents de Michel de Villeneuve de 1543, Distiques Morales de Caton.
  • Ouvrages médicaux

    vignetteL'une des 4 couvertures de lHommage des imprimeurs Lyonnais à Michel Villeneuve du Dioscoride-Materia Medica. Imprimé par Balthazar Arnoullet à Lyon, 1554.
  • (c.1538) "Manuscrit de Complutense," Paris. Écrit sur une Dioscoride – Materia Medica de Jean Ruel de 1537, imprimé par Simon de Colines. González Echeverria a commandé une étude graphologique comparative avec le "Manuscrit de Paris", autographe Michel de Villeneuve. Des paléographes de Séville ont conclu que des centaines de notes manuscrites proviennent de la même main que celle du manuscrit de Paris, un projet de Christianismi Restitutio in integrum. Par exemple, Michel de Villeneuve utilise le même terme - "Concoctio" - que dans son Explication universelle des sirops, un recueil de théories médicales comprenant des phrases en grec et en hébreu.
  • 1543. Dioscoride-Materia Medica - à Lyon, par Frellon commentaires médicaux et notes sur Vienne, Montpellier et médecin Guillaume Rondelet. Plusieurs éditions ultérieures 1997 “Michael Servetus, editor of the Dioscorides”, González Echeverría, Francisco Javier. Institute of Sijenienses Studies “Michael Servetus” ed, Villanueva de Sijena, Larrosa ed and “Ibercaja”, Zaragoza..
  • 1543. La pharmacopée Dispensarium ou Enquiridion, Lyon, Frellon. Travail complémentaire de la précédente Dioscoride-Materia Medica de la même année, avec 224 recettes originales et d'autres par Lespleigney et Chappuis. Plusieurs éditions ultérieures .
  • 1548 - 1551. Opera Omnia de Galien, Lyon, Jean Frellon. Cinq volumes (quatre volumes et un index) comprenant des œuvres d'André Vésale, de John Caius, de Janus Cornarius, de Jacobus Sylvius, et d'Andernach. Prologues de Michel de Villeneuve. Édition conservéze à l'Université de Salamanque .
  • 1554. Dioscoride-Materia Medica. Appelée par Gonzalez Echeverria édition "Hommage des imprimeurs Lyonnais à Michel Villeneuve", sous la direction de Jean Frellon, Guillaume Rouillé, Antoine Vincent et Balthazar Arnoullet et imprimé par Balthazar Arnoullet à Lyon. Unique édition de cet ouvrage, c'est un hommage de ses collègues et amis juste après son supplice. Il contient des commentaires de Mattioli (signés) et Michel de Villeneuve (non signés). Ces commentaires correspondent parfaitement à l’œuvre Dioscoride-Materia Medica de 1543. Ce livre atypique comporte 4 couvertures différentes, une édition particulière ayant été réalisée pour chaque éditeur et ami de Servet.
  • Le professeur John M. Riddle de l'Université d'État de Caroline du Nord, l'un des plus grands experts des Dioscoride-Materia Medica, décrit les deux œuvres de 1543 et 1554 comme anonymes. Après examen du travail de Gonzalez Echeverría, il tient Michel de Villeneuve pour auteur des deux ouvrages.

    Postérité

    vignetteMonument expiatoire de Genève.
    vignetteStatue d'Annemasse.
    En Suisse :
    • à Genève :
      • un monument expiatoire est érigé en 1903 près de l'emplacement du bûcher de Champel. Il s'agit d'un menhir comportant une inscription où les « fils respectueux et reconnaissants de Calvin » condamnent « une erreur qui fut celle de son siècle ». Il importe, selon l'historienne Valentine Zuber, de {{Citation désamorcer l'obstacle que représente encore l'affaire Michel Servet pour la réputation de Jean Calvin, à la veille du 400 anniversaire de la naissance du réformateur de Genève en 1909 . Le , pour le 500 anniversaire de la naissance de Michel Servet, sa statue est inaugurée à côté du monument précité par Rémy Pagani. C'est la copie d'une œuvre de Clotilde Roch refusée par Genève en 1902 et installée en France, à Annemasse, en 1908//www.ville-geneve.ch/actualites/detail/article/1318435043-inauguration-statue-memoire-michel-servet/ Communiqué officiel de la Ville de Genève Communiqué officiel de la vilel de Genève. //journal.tdg.ch/geneve/actu/humaniste-michel-servet-rehabilite-2011-10-03 Article du 3 octobre 2011 de la Tribune de Genève. ;
      • une rue porte son nom ;
      • contrairement à ce que l'on pourrait penser, Michel Servet n'a aucun lien avec le quartier de La Servette. Cette appellation, qui provient d'une ancienne propriété, a donné son nom aux clubs sportifs genevois Servette FC et Genève-Servette Hockey Club, voisins du stade de football des Charmilles situé sur les hauteurs du quartier.
    En France :
    • trois monuments honorent sa mémoire :
      • une statue le représentant se trouve sur la place de la Mairie d'Annemasse. C'est la réplique, dévoilée le , de l'œuvre de la sculptrice Clotilde Roch placée à cet emplacement en 1908 et fondue le pour en récupérer le métal. Plus tard, la Résistance dépose sur son socle subsistant une couronne portant l'inscription « À Michel Servet, la première victime du fascisme ». L'inscription actuelle indique : « À Michel Servet, Apôtre de la libre croyance, né à Villeneuve d'Aragon le , brûlé en effigie à Vienne par l'Inquisition Catholique le , et brûlé vif à Genève le , à l'instigation de Calvin » ;
      • une statue de marbre, le représentant enchaîné au bûcher, due au sculpteur Jean Baffier, est érigée en 1908 square de l'Aspirant-Dunand, dans le arrondissement de Paris. Son socle porte l'inscription « À la garde du peuple ». Ce monument est régulièrement fleuri par les chrétiens unitariens et les libres-penseurs ;
      • un monument dû au sculpteur Joseph Bernard s'élève à Vienne, où le théologien vécut après 1540 ;
    • plusieurs établissements scolaires rappellent son souvenir :
      • un collège à AnnemasseCollège Michel Servet d'Annemasse. ;
      • un collège à CharlieuCollège Michel Servet de Charlieu. ;
      • un lycée hôtelier à Lille ;
      • une école maternelle et élémentaire à Vienne ;
      • une école élémentaire à Lyon ( arrondissement) ;
    • une dizaine de voies portent son nom :
      • une rue à Besançon, Bourges, Dijon, Lille, Rennes, Saint-Étienne, Valence et Villeurbanne ;
      • un boulevard à Romans-sur-Isère et Vienne.
    En Espagne :
    • à Saragosse :
      • devant la façade principale de l'hôpital universitaire de Saragosse qui porte son nom s'élève une statue de Clotilde Roch. Son inscription rappelle les propos de Sébastien Castellion, qui condamna Calvin sans appel après l'exécution de Servet : « Matar a un hombre no es defender una doctrina es matar a un hombre » (Tuer un homme n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme) ;
      • à l'université de médecine, une statue le représente assis ;
      • dans la rue Asalto, une stèle le montre de profil gauche ;
      • une rue porte son nom ;
    • à Villanueva de Sigena :
      • une statue le représente près de l'église. Sa maison natale abrite un centre d'études qui lui est dédié ;
    • à Huesca :
      • un parc portant son nom est orné de son buste par Blanca Marchán ;
    • plusieurs établissements scolaires perpétuent son souvenir :
      • école Miguel Servet à Fraga ;
      • CE Miguel Servet à L'Hospitalet de Llobregat ;
      • CEIP Miguel Servet à Madrid ;
      • IES Miguel Servet à Saragosse ;
      • IES Miguel Servet à Séville ;
    • dans de nombreuses villes, des rues portent son nom.

    Citations

  • Dans la Géographie de Ptolémée :

  • À propos du pape :

  • Lors du couronnement de Charles Quint :
    Dans la « Restitution du christianisme » :
  • À Jean Calvin :

  • À propos des querelles théologiques entre catholiques et réformés :

  • À propos du Christ :

  • À propos de la vérité :

  • À propos de l'Homme :

  • À propos de la liberté d'opinion religieuse :

  • À Œcolampade :
  • À propos des poursuites dont il est l'objet :

  • À la Seigneurie de Genève, dans sa deuxième requête :'

  • Bibliographie

    • Émile Saisset, Michel Servet, sa doctrine et sa vie, Revue des Deux Mondes, t. 21, 1848.
    • Édouard Herriot, La vie et la passion de Michel Servet, conférence faite à Vienne le , Collection rationaliste, Paris, 1907.
    • , Michel Servet, hérétique et martyr, Genève, Droz, 1953.
    • Georges Haldas, Passion et mort de Michel Servet, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1975.
    • Carlos Gilly, « Miguel Servet à Bâle » ; « Alfonsus Lyncurius et Pseudo-Servet », in: Spanien und der Basler Buchdruck bis 1600, Helbing & Lichtenhahhn, Basel & Frankfurt a.M., 1985, ; 298-326. PDF; 64,1 MiB.
    • Valentine Zuber, Les conflits de la tolérance. Michel Servet, entre mémoire et histoire, Paris, Honoré Champion, 2004.
    • Michel Servet, Discussion apologétique pour l´astrologie ; éd. Jean Dupèbe. Genève : Droz, 2004. (Cahiers d´humanisme et Renaissance ; 69) .
    • Valentine Zuber(ed.), Michel Servet (1511-1553). Hérésie et pluralisme du au siècles, Paris, Honoré Champion, 2007.
    • Pierre Domeyne, Au risque de se perdre, Michel Servet (1511-1553), Paris, L'Harmattan, 2008.
    • Michel Servet, Sept livres sur les erreurs de la Trinité traduction de Rolande-Michelle Benin et Marie-Louise Gicquel, Paris, Honoré Champion, 2008.
    • Michel Servet, Dialogues sur la Trinité en deux livres et De la justice du royaume du Christ en quatre chapitres, Introduction, traduction et annotations de Rolande-Michelle Bénin, Honoré Champion, 2009.
    • Vincent Schmid, Michel Servet - Du bûcher à la liberté de conscience, Les éditions de Paris, 2009.
    • Stefan Zweig, Conscience contre violence, Le Livre de poche, 2010 (réédition de l'ouvrage de 1936).

    Opéra

  • Le Procès de Michel Servet, opéra en trois actes de Shauna Beesley et Jean-Claude Humbert, créé à Genève en Affiche, sur genevox.ch..
  • Galerie d'images


    Fichier:Serveto Monumento espiatorio di Ginevra.jpgMonument expiatoire de Champel à Genève (1903).
    Fichier:Monumento servet parte posterior 2962.JPGMonument expiatoire de Champel à Genève. Détail de la face postérieure.
    Fichier:Explicacion monumento servet red 2961.JPGMonument expiatoire de Champel à Genève. Note explicative.
    Fichier:Clotilde Roch Monumento a Serveto.jpgMonument d'Annemasse par Clotilde Roch (1902).
    Fichier:Statue Michel Servet Paris.jpgStatue du square de l'Aspirant-Dunand à Paris ( ).
    Fichier:Zaragoza - Antigua Facultad de Medicina - Miguel Servet.jpgStatue de l'ancienne faculté de médecine de Saragosse.
    Fichier:Estatua de Miguel Servet.jpgStatue à Villanueva de Sigena.
    Fichier:Huesca - Parque - Miguel Servet.jpgBuste du parc Miguel Servet à Huesca par Blanca Marchán.
    Fichier:6659 - Roma - Ettore Ferrari, Monumento a Giordano Bruno (1889) - Foto Giovanni Dall'Orto, 6-Apr-2008.jpgPortraits d' et Michel Servet sur le monument dédié à Giordano Bruno à Rome.
    Fichier:Rue Michel Servet-Ginebra-IMG 2964.JPGPlaque de rue à Genève.
    Fichier:Calle miguel servet badalona.jpgPlaque de la rue de Badalona à Barcelone.
    Fichier:Calle de Miguel Servet (Madrid).jpgPlaque de rue à Madrid.
    Fichier:Szervét Mihály emléktábla.JPGPlaque commémorative à Budapest (district XVIII, Szervét Mihály tér 1).
    Fichier:Servet Dialogorum de Trinitate.gifDialogorum de Trinitate libri duo - Deux livres de dialogues sur la Trinité (1532).
    Fichier:Ptolémée. Asiae Tabula III Colchis, Iberia, Albania, Armenia maor.A.jpgClaudii Ptolemaeii Alexandrinii Geographicae - Géographie de Claude Ptolémée d'Alexandrie. Asiae Tabula III - Table III de l'Asie : Colchis, Iberia, Albania, Armenia maior (1535).
    Fichier:Ptolemy's Taprobana.jpgClaudii Ptolemaeii Alexandrinii Geographicae - Géographie de Claude Ptolémée d'Alexandrie. Asiae Tabula XII - Table XII de l'Asie : Taprobane et Océan Indien (1535).
    Fichier:Servet Christianismi restitutio.gifChristianismi restitutio - Restitution du christianisme (1553).
    Fichier:Servetus-letter-Oct-10-1553.jpgLettre écrite en prison le , signée « Michel Servetus ». D'une modernité surprenante par rapport aux pattes de mouches médiévales de ses contemporains, la graphie annonce celle du .

    Liens externes

    • / / Site de recherche sur la vie et l'œuvre de Michel Servet.
    • / / Institut d'Études Michel Servet.
    • //medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/servet.html Medarus - Textes de Michel Servet.

    Notes et références


    Catégorie:Personnalité du XVIe siècle
    Catégorie:Médecin du XVIe siècle
    Catégorie:Théologien espagnol
    Catégorie:Personnalité chrétienne condamnée pour hérésie
    Catégorie:Condamné à mort exécuté en république de Genève
    Catégorie:Condamné à mort exécuté au bûcher
    Catégorie:Écrivain espagnol de langue latine
    Catégorie:Écrivain et médecin
    Catégorie:Naissance en septembre 1511
    Catégorie:Décès en octobre 1553
    Catégorie:Décès à 42 ans
    Catégorie:Personnalité liée à la république de Genève
    Catégorie:Théologien unitarien
     
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