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Philippe Val

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Philippe Val, né le à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste, chroniqueur, humoriste, écrivain, auteur-compositeur-interprète et chansonnier français. Il a été à la tête du journal Charlie Hebdo durant dix-sept ans, en tant que rédacteur en chef (1992-2004) puis comme directeur de publication (2004-2009), puis a dirigé France Inter de 2009 à 2014.

Biographie

Philippe Val, né à Neuilly-sur-Seine le deuxième paragraphe, sur le site du Parisien http://storage.canalblog.com/67/14/305579/55601785.jpg Assignation en justice, sur le site storage.canalblog.com d'un père boucher et d'une mère coiffeuse, est le dernier d'une fratrie de quatre enfants.

Première carrière comme chanteur et humoriste


Il arrête ses études à 17 ans et se lance dans la chanson, pour vivre de ses prestations lors de soirées dans les cabarets puis les cafés théâtre. Il est inspiré par Georges Brassens, Léo Ferré ou Jacques Brel qu'il écoutait petit à la radio et allait voir à Bobino. En 1973, il collabore avec la chanteuse Anne Vanderlove pour son disque Non, ouvertement engagé et antimilitariste. Il fait ensuite la rencontre de Patrick Font, avec qui il forme le duo de chansonniers Font et Val qui fait carrière entre 1970 et 1996. Ensemble, ils obtiennent un relatif succès en produisant leurs spectacles à la Pizza du MaraisAujourd’hui Théâtre des Blancs Manteaux., au Théâtre de Dix heures, ainsi qu'au Vrai Chic Parisien, et lors de nombreuses tournées en France. Ils sont accompagnés par Paul CastanierL'ancien pianiste de Léo Ferré. (jusqu'en 1989) et Emmanuel Binet (basse). Toutefois, au début des années 1980, il arrive que Philippe Val se produise aussi - en particulier à Paris et à l'Espace Gaîté - sans Patrick Font mais en compagnie de son épagneul Jeff, « le seul chien au monde à chanter du Charles Trenet »« Un Val très en grâce », Jean-Pierre Thiollet, Le Quotidien de Paris, 17 juillet 1981..
En 1982 il signe une pétition de défense de Claude Sigala peu après condamné à de la prison dans l'affaire du Coral, alors que la quasi-totalité de la gauche se tient à l'écart en raison des faits graves de pédocriminalite dont la presse s'est faite l'écho Valeurs Actuelles du 11 janvier 2019 https://www.valeursactuelles.com/societe/quand-charlie-hebdo-defendait-aussi-la-pedophilie-114908.
En 1992, il devient chroniqueur à France Inter, d’abord chez Jean-Luc Hees, dans l’émission Synergie, puis aux côtés de son successeur, Albert Algoud (dans l'émission La partie continue) et de Frédéric Bonnaud (dans l'émission Charivari).
Engagé à gauche, Val participe aux galas de financement du journal Libération, puis collabore au journal pour quelques reportages. C'est ainsi qu'il rencontre Cabu.
En 1996, Patrick Font est poursuivi par le tribunal correctionnel d'Annecy pour attouchements sexuels sur douze élèves de l'école du spectacle qu'il dirigeait« Huit ans de prison requis contre Patrick Font », article journal L'Humanité du 04/03/1998, consulté le 7 novembre 2014.. Philippe Val affirme n'avoir jamais rien su des agissements de Fonthttps://www.liberation.fr/ecrans/1996/12/23/philippe-val-victime-d-une-mise-en-quarantaine-depuis-l-affaire-font-on-me-traine-dans-la-merde_192262 Philippe Val victime d'une mise en quarantaine? «Depuis l'affaire Font, on me traîne dans la merde». , Libération, 23 décembre 1996, ce qui sera confirmé par ce dernier«http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article180 Les frangins de la banque», Le Mague, février 2003.. Il rompt également tout lien avec celui qui avait été son partenaire de scène pendant vingt-cinq anshttps://next.liberation.fr/culture/2009/07/15/le-mal-appris_570452 Le mal appris Libération - Next, 15 juillet 2009.
Par la suite, parallèlement à son travail dans la presse et à la radio, Philippe Val continue son activité de musicien . Dans les années 1990, il sort deux albums : Paris-Vincennes en 1996 et Hôtel de l’univers en 1999 . En 2004, il sort un album intitulé Philippe Val .

Direction de Charlie Hebdo


En 1992, il refonde avec Cabu, après la brève aventure de La Grosse Bertha, le nouveau Charlie HebdoBiographie sur le site evenement.fr, héritier du mythique journal des années 1970, et en devient le rédacteur en chef. Par la suite, après la mort de Gébé en avril 2004, il exerce les fonctions de directeur de la rédaction et de directeur de la publication. Il y publie chaque semaine un éditorial dans lequel il pousse des « coups de gueule ». En , Philippe Val se fait casser la mâchoire et plusieurs dents par deux militants anti-IVG qui l’attendaient devant la Maison de la Radio, au sortir de l’émission de Christophe Dechavanne intitulée « Trop de débauche ou trop de morale »http://www.bernard-henri-levy.com/philippe-val-2581.html Biographie sur bernard-henri-levy.com..
En , après l'attentat contre Charlie-Hebdo, il propose de revenir au journal, mais la nouvelle rédaction décline son offreL'Après-Charlie, Arrêt sur images, 20 février 2015.

Direction de France Inter

En parallèle à son travail à Charlie Hebdo, Philippe Val intervient fréquemment dans les émissions de Radio France. Il est régulièrement invité dans Le Premier pouvoir, émission de critique des médias sur France Culture .. En 2006-2007, il participe tous les vendredis à l'émission hebdomadaire de José Artur et David Glaser Inoxydable sur France Inter. À partir de , il donne une chronique hebdomadaire dans Le Sept dix de France Inter.
Le , il rejoint son ami Jean-Luc Hees à Radio France et quitte alors ses fonctions à la tête de Charlie HebdoPhilippe Val quitte Charlie Hebdo et rejoint Jean-Luc Hees à Radio France, Libération.fr. Sa décision de quitter ce journal aurait des caricatures de Mahomet . Hees le nomme directeur de France Inter en remplacement de Frédéric Schlesinger , TéléObs le , une nomination qui est décrite comme étant due à l'intervention de Carla Bruni-Sarkozy auprès de son épouxPatrick Buisson, La Cause du peuple, Perrin, 2016, p.196 et suiv. «http://www.telerama.fr/radio/philippe-val-comme-trophee-gouvernemental,48709.php#cmtavis Philippe Val comme trophée gouvernemental» de Véronique Brocard pour Télérama le 26 octobre 2009 «https://www.marianne.net/Luc-Chatel-Philippe-Val-est-une-prise-de-guerre-sarkozyste_a182598.html Luc Chatel: Philippe Val est une prise de guerre sarkozyste» de Régis Soubrouillard pour Marianne le 29 octobre 2009 http://www.acrimed.org/Du-rififi-a-France-Inter-22-v-la-Philippe-Val Du rififi à France Inter : 22, v’là Philippe Val !, acrimed.org. Sa nomination à la tête de France Inter sous la présidence de Nicolas Sarkozy intervient au terme d'un long divorce avec la gauche radicale. Il est alors particulièrement vilipendé dans ces milieux politiques, et qualifié notamment de https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/06/17/philippe-val-fini-de-rire_1207872_3236.html Philippe Val : fini de rire, Le Monde, 17 juin 2009
Deux heures après sa nomination à France Inter, Philippe Val renvoie Frédéric Pommier, qui faisait chaque matin la revue de presse. La raison officielle serait une mauvaise hiérarchisation de l'information. Mais, d'après
Télérama, Arrêt sur images et d'autres médias, dont Libération, qui tiennent leurs sources de l'intersyndicale des journalistes de France Inter, Val n'aurait pas apprécié que Pommier cite Siné Hebdo dans sa revue de presseFrance Inter: Philippe Val vire Frédéric Pommier de la revue de presse, Libération http://www.lefigaro.fr/medias/2009/06/22/04002-20090622ARTFIG00454-france-inter-philippe-val-demet-frederic-pommier-.php France Inter : Philippe Val démet Frédéric Pommier, Le Figaro, https://www.marianne.net/Philippe-Val-secoue-le-Pommier-a-France-Inter_a181126.html Philippe Val secoue le Pommier à France-Inter, Marianne, http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/philippe-val-prive-frederic-pommier-de-la-revue-de-presse-de-france-inter_769254.html Philippe Val prive Frédéric Pommier de la revue de presse de France Inter, L'Express, .
Les reproches contre lui deviennent plus virulents lorsque, le , il fait licencier de France Inter Stéphane Guillon et Didier Porte. En se séparant de deux humoristes vedettes qui assuraient le pic d'audience de la station, il se voit reprocher une collusion avec la présidence de la République« Humoristes : les pieds dans le débat » par
Arrêt sur images http://www.liberation.fr/medias/0101643026-stephane-guillon-vire-de-la-matinale-de-france-inter « Guillon et Porte virés de France Inter, mais largement soutenus », Libération, 23 juin 2010. Christophe Nobili écrit dans Le Canard enchaîné du 30 juin 2010 (« Bal tragique à France Inter : deux morts », ) : « Treize mois à peine après avoir été nommés par Sarko à la tête de Radio France et de France Inter, Jean-Luc Hees et Philippe Val ont viré les deux humoristes qui cognaient le plus sur le pouvoir sarkozyste et faisaient grimper l'audience, le tout à deux ans de la présidentielle. Il fallait le faire. » « Nicolas Sarkozy en rêvait, Jean-Luc Hees et Philippe Val l'ont fait » souligne Michel Abescat dans Télérama, , 30 juin 2010, ..
Par ailleurs de nombreuses émissions, dont
Rue des Entrepreneurs, Allô la planète ou Système disque, sont supprimées entre avril et .
Le , les journalistes de France Inter votent à la majorité une motion contre Philippe Val. Ils expriment leur « colère face aux choix et aux méthodes de Philippe Val »« »,
Télé Obs, 21 juin 2010.. Ils s'inquiètent notamment de « l'ampleur des changements projetés et considèrent qu'à ce jour le lien de confiance indispensable entre la rédaction et la direction a été rompu. »« Val masqué à France Inter », Libération, 18 juin 2010..
En 2011, le conseil des prud'hommes de Paris qualifie l'éviction de Stéphane Guillon d'irrégulière et condamne Radio France à lui verser de dommages et intérêts, montant qui est augmenté de par la cour d'appel de Paris au titre du préjudice moral« Stéphane Guillon gagne son procès en appel contre Radio France »,
L'Express, 16 janvier 2013.. En 2012, Radio France est également condamnée par le même conseil des prud'hommes à verser quelque à Didier Porte pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse »http://www.leparisien.fr/actualite-people-medias/didier-porte-licencie-france-inter-condamne-a-payer-252-000-euros-11-04-2012-1949949.php « Didier Porte licencié : France Inter condamné à payer », Le Parisien, 11 avril 2012..
Les critiques envers Val reprennent en , lorsque c'est l'humoriste Gérald Dahan qui est écarté à son tour après une chronique hostile à la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie« Gérald Dahan débarqué de France Inter »,
Libération.
Le , le nouveau PDG de Radio France, Mathieu Gallet, annonce le remplacement immédiat de Philippe Val par son adjointe, Laurence BlochFrance Inter : Philippe Val part, Laurence Bloch lui succède, Nouvelobs.com.

Prises de positions publiques

En 1999, il milite dans les pages de
Charlie Hebdo en faveur d'une guerre de l'OTAN contre la Serbie dans le contexte de la guerre du Kosovo .
Philippe Val est un partisan du maintien de la loi Gayssot, qui « tend à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe » et l'expression de théories négationnistes .
Après s'être attaqué presque exclusivement à l’extrême droite et à l’intégrisme chrétien dans ses éditoriaux, Philippe Val dénonce aujourd’hui également les rapprochements entre une partie de la gauche et les mouvements islamistes, ce qui lui vaut des critiques virulentes de la part de l'extrême gauche, qui l'accuse d'être devenu réactionnaire. Il coorganise, signe et publie dans
Charlie Hebdo le Manifeste des douze : un appel à la lutte contre l’islam intégriste, défini comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie.
Il a publié dans le n° 714 de
Charlie Hebdo une pétition pour le droit au blasphème, signée entre autres par Bernard-Henri Lévy, Salman Rushdie et Taslima Nasreen.
Dans le n° 715 du , il a rapporté la rencontre organisée par l'association le « Manifeste pour les libertés », animée par des intellectuels libéraux de culture musulmane et en lutte contre l'islamisme, où des intellectuels et militants musulmans sont venus défendre le droit au blasphème et leur désaccord avec la notion d'islamophobie et l'usage qui en est fait (en particulier le remplacement par l'islamophobie de la notion classique de racisme).
Charlie Hebdo rapporte les propos de Ghaleb Bencheikh, pour qui la notion d'islamophobie serait dangereuse parce qu'elle conditionnerait un aveuglement sur les pires abus de pouvoir effectivement commis au nom de l'islam. Bencheikh pense que les gens de gauche « sont trop souvent bernés par le discours des islamistes qui utilise les passages du Coran sur les damnés de la terre ». Val dit partager ces critiques au sujet de la « naïveté » de l'extrême gauche.
Il a eu l'occasion d'écrire qu'il existe un poujadisme de gaucheLire
Charlie Hebdo du 22 juin 2005 (extraits) et que l'extrême gauche « n'est pas parvenue à exorciser » son démon que fut son positionnement « antidreyfusard »Soirée Théma sur Arte, le mardi 13 avril 2004, « De quoi j’me mêle : tous manipulés ? ». Lire http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article234 un compte-rendu sur le site de CQFD et qu'elle n'est pas toujours très lucide face à l'antisémitisme. Il a eu l'occasion de se faire l'écho des critiques relatives au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuplesMRAP sur ces questions (Charlie Hebdo n° 715).
, il a suscité de nombreuses inimitiés. Voici par exemple ce qu'il écrivait en 2003 au sujet d'Acrimed : « Quand on s’explique tellement mal avec son public, comme le fait Acrimed, et que la conclusion qui en est tirée, c’est que les journalistes et le monde de la presse sont les tentacules du pouvoir central, ça relève de la théorie du complot. Et pour moi, jusqu’à une époque extrêmement récente, c’était fondamentalement un thème d’extrême droite. J’ai horreur de ce qui entretient la paranoïa des gens et de ce qui l’encourage. J’accepte toutes sortes de critiques, mais rendre les gens dépendants de leur paranoïa, s’en servir, être suffisamment pervers pour l’alimenter, je trouve ça ignoble. Ils sont dangereux, mais heureusement ils sont minoritaires. »
Charlie Hebdo n° 601 du 24 décembre 2003.
Cette citation est extraite d'un article où il critique également l’Observatoire français des médias, auquel il reproche de fonctionner selon les mêmes principes, et le Réseau Voltaire qui, selon lui, représente « la quintessence de l'art de recourir à l'explication par le complot »Éditorial de Philippe Val titré « La presse a besoin de flics »,
Charlie Hebdo daté du 24 décembre 2003.
Lors du référendum français du sur le Traité constitutionnel européen, il a signé des éditoriaux en faveur de la ratification, tout en laissant les différents points de vue s'exprimer dans
Charlie Hebdo. Ces éditoriaux ont été publiés dans un recueil intitulé Le Référendum des lâches. Il se prononce en faveur du fédéralisme européen. Selon lui, l'enjeu du débat était « d'abandonner la Nation comme entité politique souveraine en Europe ». Il développe l'idée que les nations ne sont plus tout à fait capables de répondre aux besoins des personnes et que les ONG prennent de plus en plus de place dans la gouvernance.
Durant une rencontre avec les Amis du Crif, Philippe Val affirme : « Le fait que le prix Pulitzer ait été attribué aux journalistes qui ont révélé l'affaire Snowden, est le symbole de la crise de la presse car Snowden est un traître à la démocratie » ..

Critiques professionnelles

Philippe Val est présenté par divers médias, dont l'association proche de la gauche antilibérale Acrimed et les publications associées
PLPL et Le Plan BVoir le site d'Acrimed, qui rassemble des articles sur Philippe Val, comme un patron de presse dirigiste et autoritaire. Ses détracteurs relèvent notamment ses méthodes contestées au sein de la rédaction de Charlie Hebdo, lesquelles ont donné lieu à des démissions (cas de Philippe Corcuff, d'Olivier Cyran, de Lefred Thouron, etc.), voire à des licenciements (cas de l'actuelle collaboratrice du Monde diplomatique Mona Chollet)L’opinion du Patron, La liberté d’expression selon Charlie Hebdo : article d'Olivier Cyran, tiré du site lmsi.net, mars 2006.
Il a également été plusieurs fois accusé d'écrire des contre-vérités, notamment par le journaliste Sébastien FontenelleSébastien Fontenelle, Même pas drôle, Éditions Libertalia, 2010. ou le
Canard Enchaîné. Dans son livre Malaise dans l'inculture, Philippe Val avait accusé le journal satirique d'avoir publié un article diffamatoire à son égard fondé sur un tract syndical. N'ayant pas trouvé la trace de cet article dans ses archives, Le Canard Enchaîné affirme qu'il « n'a jamais existé ailleurs que dans l'imagination de Philippe Val ». Reconnaissant son erreur, Val a assuré qu'elle serait corrigée au prochain tirage du livre«Val a des hallucinations dans le Canard», Le Canard Enchaîné, 15 avril 2015. http://www.lesinrocks.com/2015/04/buzzodrome/philippe-val-retropedale-apres-avoir-accuse-a-tort-le-canard-enchaine/ Philippe Val rétropédale après avoir accusé à tort ”Le Canard enchaîné”, Les Inrocks, 15 avril 2015..
Fin 2015, Denis Robert, des anciens de
Charlie Hebdo ou membres de leur famille (Laurent et Jérôme Cavanna, Virginie Vernay, Catherine et Bob Sinet, Francis Kuntz, François Forcadell, Frédéric Thouron, Sylvie Caster, Marie Montant) se liguent contre le livre de Philippe Val C’était Charlie, l'accusant de « révisionnisme » et de contenir « de nombreuses inexactitudes, erreurs et contrevérités » sur l'histoire du journalDes anciens de Charlie se liguent contre le livre de Philippe Val, Les Inrocks, 4 janvier 2016. http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20160103.OBS2159/c-etait-charlie-contient-de-nombreuses-erreurs-et-contreverites-lettre-a-l-editeur-de-philippe-val.html "'C'était Charlie' contient de nombreuses erreurs et contrevérités" : lettre à l'éditeur de Philippe Val, L'Obs, 3 janvier 2016..

Affaire Siné


Le , Val licencie de l'hebdomadaire le caricaturiste Siné avec l'approbation du directeur adjoint de la rédaction Bernard Maris, du rédacteur en chef Gérard Biard et du rédacteur en chef adjoint Charb Sur le site bakchich. Siné est accusé d'avoir tenu des propos antisémites sur Jean Sarkozy dans les pages mêmes du journal deux semaines plus tôt. Le , commentant, avec son habituel ton satirique, une déclaration de Patrick Gaubert, président de la Licra, parue dans
Libération, Siné avait écrit, dans sa chronique Sème la zone, à propos du fils SarkozySans l'ombre d'un doute, ce texte est antisémite Sur le site de Libération : « Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs Darty. … Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » (Charlie Hebdo n° 837). Pour justifier sa décision, Val évoque la menace d'un procès intenté par la famille Darty, écrivant qu'il aurait refusé, si le procès avait bien lieu, d'assurer la défense de SinéCharlie Hebdo, 30 juillet 2008, http://www.charliehebdo.fr/index.php?id=243&no_cache=1&sword_list=sin%E9 Article disponible sur le site de Charlie Hebdo et qu'il avait, avant tout, cherché à éviter une éventuellehttp://www.rue89.com/2008/07/18/gisele-halimi-le-proces-en-sorcellerie-fait-a-sine-par-val article en ligne condamnation du journal pour antisémitismeAnna Borrel, « Charlie hebdo zappe Siné », dans Marianne, 15/07/2008, . L'avocate Gisèle Halimi, pour sa part, dénonce ce dernier argument, estimant qu'un procès de ce genre aurait facilement été gagné par l'hebdomadaire. Charb ajoute : « Gens de mauvaise foi » comme le journaliste Claude Askolovitch, qui avait déclenché l'affaire sur les ondes de RTL début juillet..
Ce licenciement intervient trois semaines après une polémique entre Siné, Polac et Val au sujet de l'affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert (ce dernier avait reproché à
Charlie Hebdo son traitement de l'affaire Clearstream, cf. plus bas). Il suscite les protestations de nombreuses personnalités d'horizons variés, notamment des dessinateurs PlantuDessin en ligne Sur le site blogs.lexpress.fr, Philippe Geluck, Jihel, Willem, Vuillemin ou Tignous, qui mettent Val en cause au-delà de sa décision. Dans une interview au Nouvelobs.comhttp://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/interviews/20080718.OBS3426/des_larbins_des_lecheculs.html Siné : Filoche répond aux vingt politiques et intellectuels qui soutiennent Val, Siné accuse Val de l'avoir licencié non pas pour cette chronique, qui ne serait, selon lui, qu'un prétexte, mais en raison de leur désaccord précédemment évoqué au sujet de l'affaire Clearstream et du journaliste Denis Robert, une thèse réfutée par Val, mais aussi par Charb et CavannaCharlie Hebdo n° 841 du 30 juillet 2008. Des personnalités historiques du journal, anciens collaborateurs ou qui avaient pris part à sa refondation en 1992, telles Gisèle Halimi ou Delfeil de Ton, parlent de « procès en sorcellerie »Gisèle Halimi, « Le "procès en sorcellerie" fait à Siné par Val », dans Rue89, 18/07/2008 http://www.rue89.com/2008/07/18/gisele-halimi-le-proces-en-sorcellerie-fait-a-sine-par-val article en ligne ou de « calomnie »Delfeil de Ton, « Comment fonctionne la calomnie », Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand dans Le nouvel obs.com, 28/07/2008. Val reçoit, de son côté, le soutien d'éditorialistes tant du FigaroAlexandre Adler, « L'antisémitisme, ciment du vertige identitaire », dans Le Figaro, 25/07/2008, http://www.lefigaro.fr/debats/2008/07/24/01005-20080724ARTFIG00612-l-antisemitisme-ciment-du-vertige-identitaire-.php article en ligne que de LibérationLaurent Joffrin, « Charlie Hebdo : sanctionner l’antisémitisme », in Libération, 25/07/2008, http://www.liberation.fr/rebonds/341125.FR.php article en ligne, de Bernard-Henri LévyBernard-Henri Lévy, « De quoi Siné est-il le nom ? », in Le Monde, 21/07/2008, https://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/07/21/de-quoi-sine-est-il-le-nom-par-bernard-henri-levy_1075542_3232.html article en ligne ou de la ministre Christine Albanel, ainsi que celui de différentes associations comme la Licra, le Crif ou l'UEJF« Ils ont choisi leur camp dans l'affaire Siné », dans L'Express, 28/07/2008, http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/ils-ont-choisi-leur-camp-dans-l-affaire-sine_540815.html article en ligne. En revanche Willem, Delfeil de Ton (autre fondateur du journal), Carali, Barbe, Geluck, Malingrey, Pichon, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tignous, Lefred Thouron, Tardi, Wiaz ou encore Michel Polac défendent Sinéhttp://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias/medias__pouvoirs/20080801.OBS5601/sine__filoche_repond_aux_vingt_politiqueset_intellectue.html Siné : Filoche répond aux vingt politiques et intellectuels qui soutiennent Val de Gérard Filoche sur Nouvelobs.com. Cavanna, autre membre historique de Charlie Hebdo, estime que , parlant d'une « erreur d’appréciation de Val » au sujet d'une de Siné ; à son avis, c'est « Affaire Siné : les points de vue de Charb et Cavanna, historiques de Charlie Hebdo », dans le Nouvelobs.com, 29/07/2008, http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias__pouvoirs/20080727.OBS4800/affaire_sine__les_points_de_vue_de_charb_et_cavanna_his.html article en ligne Sur le site /tempsreel.nouvelobs.com.
En , la société éditrice de
Charlie Hebdo est condamnée par la cour d'appel de Paris à verser euros de dommages et intérêts à Siné pour licenciement abusif«Charlie Hebdo» doit verser euros à Siné, Libération, 17 décembre 2012..

Censure

Philippe Val a été accusé plusieurs fois d'actes de censure, par exemple lorsqu'il a refusé un dessin de Lefred Thouron sur Patrick Font, impliqué dans une affaire de pédophilie (le dessin sera finalement publié la semaine suivante)« Font et Val : les copains, ça mord ». En 2000, Val retouche un article d’Olivier Cyran qui relatait un dialogue entre le réalisateur Pierre Carles et le groupe Zebda (un passage critiquant le journal est supprimé).
Le journaliste d’investigation Denis Robert a reproché à Val d’interdire dans
Charlie Hebdo la parution de tout article mettant en cause la multinationale Clearstream, dont l’un des avocats, Richard Malka, est également celui de l’hebdomadaire. Dans son éditorial du , Val a vigoureusement démenti cette affirmation, déclarant que ni lui ni a fortiori Richard Malka n’avaient jamais exercé de pression dans ce sens, et il a attaqué à son tour Denis Robert, l'accusant de mener contre Clearstream une enquête à charge dépourvue de preuves. Cette contre-attaque conduit la semaine suivante Michel Polac et Siné à se désolidariser de Val dans les colonnes du journal. Michel Polac rappelle deux semaines plus tard que sa chronique avait . « Dans le cas contraire, je serais parti », ajoute-t-il, avant de conclure : « Charlie Hebdo est peut-être le dernier journal où on puisse s'exprimer sans censure ou autocensure. »

Critiques de ses prises de position publiques

Dans
Monde diplomatique, Alain Gresh fait grief à Philippe Val de ses propos critiques envers Yasser Arafat et les pays environnant IsraëlAlain Gresh, « Philippe Val et les conflits du Proche-Orient », sur le site du Le Monde diplomatiqueMonde diplomatique..
La notoriété médiatique de Philippe Val s'est accrue ces dernières années, en même temps que la critique de ses positions. Sa présence à deux colloques a particulièrement retenu l’attention à l’été 2007 : il s’est d’abord exprimé à l’université d’été des Gracques, un regroupement d’anciens hauts fonctionnaires socialistes prônant l’alliance du PS avec le centre autour de valeurs « sociales-libérales », puis à celle du MEDEF (le patronat français)Interview de Philippe Val sur DailyMotion. Ces deux interventions ont été analysées par certains à l’extrême gauche comme un dévoiement et comme le signe de ralliement de Philippe Val à la « pensée unique » néolibérale. Val s’est défendu en répondant que sa présence à ces deux universités d’été ne valait pas approbation des politiques défendues par leurs organisateurs (il a d’ailleurs refusé de signer le manifeste des Gracques), que « dialoguer ou débattre, ce n’est en aucun cas être complice », et que l’essence même du dialogue était de réunir deux interlocuteurs de points de vue différents. Ses interventions se situaient au demeurant toutes deux à contre-courant du cadre dans lequel elles ont eu lieu : chez les Gracques, Val a attaqué Ségolène Royal (l’accusant notamment d’être « le degré zéro de la politique »), alors que ses hôtes se situaient clairement à la droite du PS ; chez les patrons, il a dénoncé la menace que représentent selon lui les grands groupes industriels, tels Dassault (propriétaire du
Figaro), Bouygues (propriétaire de TF1), Lagardère ou Bolloré pour la liberté de la presse et des médias, reprochant à ses hôtes de manquer d’intérêt pour cette question et soulignant qu’ils « aimaient bien, en général, ce qui s’exprime en faveur de leurs intérêts ».
Dans
Malaise dans l'inculture, Philippe Val prétend rapporter une scène observée sur le tournage d'Entre les murs, où embarrassés par des propos antisémites des élèves-comédiens, Laurent Cantet et François Bégaudeau auraient tenté de masquer cet épisode qui n'apparaît pas dans le montage du film . Dans une vidéo de réponse ironique organisée par le magazine Transfuge , François Begaudeau conteste radicalement la réalité de cet épisode rapporté par Val. Il explique que tout au contraire c'est François Begaudeau lui-même qui avait tenté de faire parler la classe sur le thème "Les Juifs" - dans un but documentaire et pour reproduire une des scènes du livre - et avait constaté au contraire l'absence de remarques antisémites parmi les élèves.
Ses multiples apparitions médiatiques, sa fréquentation de ce qu'il est convenu de nommer « les élites » lui valent des critiques et des railleries de la part de confrères comme Bernard Langlois, Olivier Cyran, Daniel Mermet ou Serge Halimi, et, plus généralement, des journalistes qui se livrent à la critique des médias et dénoncent la collusion des journalistes avec le pouvoir politiqueCritique des propos de Val sur Ben Laden et autres sujets : « Philippe Val sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre Chomsky » Pierre Rimbert,
Philippe Val et les Précieuses ridicules, le despotisme des éclairés, Le Monde Diplomatique, juin 2009, page 28, http://www.monde-diplomatique.fr/2009/06/RIMBERT/17210 texte en ligne..

Vie privée

Philippe Val qui a épousé le Bérénice Ravache, secrétaire générale de Radio France de 2010 à 2014, directrice de FIP depuis 2017, est père d'un fils né en 2014
On n'est pas couché, France 2, 26 janvier 2019.

Œuvres

Publications

  • Vingt ans de finesse (Font & Val) avec Patrick Font, Paris, Le Cherche midi, 1992
  • Allez-y, vous n'en reviendrez pas, Paris, Le Cherche midi, 1994
  • Allez-y, vous n'en reviendrez pas, la suite, Paris, Le Cherche midi, 1996
  • Fin de siècle en solde, Paris, Le Cherche midi, 1999
  • No Problem !, Paris, Le Cherche midi, 2000
  • Bonjour l'ambiance, Paris, Le Cherche midi, 2001
  • Bons baisers de Ben Laden, Paris, Le Cherche midi, 2004
  • Les années Charlie : 1969-2004 avec Cavanna, Paris, Hoëbeke, 2004
  • Le référendum des lâches : les arguments tabous du oui et du non à l'Europe, Paris, Le Cherche midi, 2005
  • Traité de savoir survivre par temps obscurs, Paris, Grasset, 2007
  • Les traîtres et les crétins : chroniques politiques, Paris, Le Cherche midi, 2007
  • Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Paris, Grasset, 2008
  • Si ça continue, ça va pas durer, chroniques radiophoniques de France Inter illustrées par Catherine Meurisse, Paris, Les Échappés - France Inter, 2009
  • Malaise dans l’inculture, Paris, Grasset, 2015
  • C'était Charlie, Paris, Grasset, 2015
  • Cachez cette identité que je ne saurais voir, Paris, Grasset, 2017
  • Le nouvel antisémitisme en France (ouvrage collectif contenant un article de Val : "Le mépris de l'innocence"), Paris, Albin Michel, 2018
  • Tu finiras clochard comme ton Zola, Paris, L'Observatoire, 2019, Prix Jean-Jacques ROUSSEAU, de l'autobiographie, 2019.

Discographie

Albums solo

1980 :
Ma P'tite Chérie

RCA PL37419 33 tours


Notes et références

Notes


Références


Voir aussi

Bibliographie

  • Sébastien Fontenelle, Même pas drôle : Philippe Val, de « Charlie Hebdo » à Sarkozy, Paris, Éd. Libertalia, 2010 .
  • Augustin Scalbert, La Voix de son maître ? France Inter et le pouvoir politique : 1963-2012, Paris, Nova Éd., 2012.

Liens externes

  • Chronique de Philippe Val sur France Inter
  • « Le despotisme des éclairés. Philippe Val et les précieuses ridicules » par Pierre Rimbert, Le Monde diplomatique'',
  • Tous les articles sur Philippe Val sur le site d'Action critique médiasAcrimed

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