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Massacre de Račak

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Le massacre de Račak« SECURITY COUNCIL STRONGLY CONDEMNS MASSACRE OF KOSOVO ALBANIANS IN SOUTHERN KOSOVO », déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies, 19 janvier 1999. ( , , ) ou incident de Račak, est le massacre de 45 Albanais du Kosovo qui a eu lieu le , pendant la guerre du Kosovo dans le village de Reçak (Račak en serbe), au Kosovo centralhttp://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/1812847.stm « Racak massacre haunts Milosevic trial », BBC..
Selon des rapports du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et de Human Rights Watch, l'événement était un massacre délibéré de civils par la police serbeUnder Orders (Human Rights Watch). http://www.osce.org/item/17755.html?ch=513 Kosovo/Kosova: As Seen, As Told, « Part V: The Municipalities - Stimlje/Shtime », OSCE, 1999.. Cette version est contestée alors par le gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie pour qui les morts étaient des membres de l'Armée de libération du Kosovo (ALK) tués dans un accrochage avec les forces de sécurité de l'État.
Condamné par le Conseil de sécurité des Nations unies, le massacre de Račak est devenu une des causes principales de l'ultimatum pour des négociations à Rambouillet puis, celles-ci ayant échoué, du bombardement de la République fédérale de Yougoslavie par l'OTAN . Après la guerre, le massacre a été inclus dans l'acte d'accusation du TPIY contre Slobodan Milošević et ses complices. Il est longtemps demeuré une controverse sur la nature des victimes du massacre entre les populations serbes et albanaises et le massacre de Račak est toujours une cause de dissension entre les deux communautés, au côté de nombreux autres meurtres inter-ethniques subis par les deux camps« Kosovo: a divided land where hatred is passed down the generations », Times, 8/12/2007..
Néanmoins, les conclusions de l'experte finlandaise venue sur place confirment qu'il s'agit bien d'un massacre des civils kosovars albanais exécutés par la police serbehttps://docs.google.com/document/u/0/d/1kV_5OI_gI3IzEAgwxuftwKRbNCTuNye7YZ0TSPsi6rY/mobilebasic.

Déroulement des événements


La liste des victimes dressée par le TPIY inclut deux femmes, un enfant de 13 ans et deux hommes âgésActe d'accusation de Slobodan Milosevic, Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY)..
D'après des villageois témoins, après l'élimination par les forces serbes de huit gardes de l'Armée de libération du Kosovo, la plupart des victimes civiles ont été tuées à bout portant d'une balle dans la tête ou dans la nuque, et l'une d'entre elles de 62 ans a été décapitée devant sa maison. Plusieurs membres de certaines familles ont été tués. Les policiers avaient le visage masqué et, selon des témoins, chantaient lors du massacre. Lorsque les observateurs de l'OSCE, qui ne sont pas armés et dont le poste est à deux kilomètres en surplomb du village, appellent Belgrade pour faire cesser l'intervention, on leur répond qu'il s'agit d'une opération de police à la suite de la mort de trois policiers serbes tués dans la région la semaine précédente. Les forces serbes se replient à 17 h. Les médias serbes annoncent que 15 terroristes albanais ont été tués par la force de sécurité« « Nous étions sûrs de tous mourir ». Des habitants de Racak racontent les dix heures de massacre », Libération, 18/1/1999..

Les suites

Le lendemain, l'OSCE inspecte le village et constate que certains civils ont été mutilés. D'après le général Walker, chef de l'OSCE, une vingtaine d'entre eux ont été tués d'une balle dans la tête ou dans la nuque. L'OSCE accuse le haut de la chaîne de commandement serbe d'avoir organisé le massacre. Deux jours après, Louise Arbour, la procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, est refoulée à la frontière lorsqu'elle veut enquêter sur les lieuxIntroductory Statement by Justice Louise Arbour, Prosecutor ICTY and ICTR at the Launch of the ICC Coalition's Global Ratification Campaign, 13 mai 1999.. Le même jour, la police serbe lourdement armée retourne à Račak sous le feu de l'ALK et reprend les corps des victimes pour les emmener à Pristina pour être autopsiésTom Walker, « Serbs take village massacre bodies », The Times, 19 January 1999.. Le le Conseil de sécurité des Nations unies condamne le massacre.
Deux expertises en médecine légale sont réalisées. Une première par une équipe serbe et biélorusse, le , alors que le TPIY veut que les premiers enquêteurs soient de l'Union européenne. L'enquête conclut qu'aucun des corps ne porte des traces d'exécution, qu'il ne s'agit pas d'un massacre et que les corps ont été mutilés a posteriori pour faire croire à une exécution, ce qui aurait induit William Walker de l'OSCE en erreur« Pathologist: 'No Kosovo massacre' », BBC News, 19 janvier 1999.. La deuxième équipe menée par des Finlandais critique l'analyse prématurée, selon eux, de l'équipe biélorusse et serbe. Le fait que les corps aient été déplacés et l'absence d'une procédure normale qui éviterait les contaminations, ainsi que l'utilisation de la méthode de paraffine pour déceler les traces de poudre sur les mains des morts est en effet considérée comme obsolète par Interpol depuis 1968. Elle constate que les victimes portent des vêtements civils, qu'au vu des impacts des balles et des blessures, ceux-ci n'ont pas été changés, ainsi que l'absence de signes de falsification ou de mutilation post mortem. L'équipe conclut qu'elle ne peut pas à elle seule confirmer qu'il s'agit d'un massacre et confirmer si les victimes sont mortes ou non dans une bataille et qu'il faut recouper avec des interrogatoires de témoinshttps://web.archive.org/web/19991116063236/http://www.usia.gov/regional/eur/balkans/kosovo/texts/racak.htm « REPORT OF THE EU FORENSIC EXPERT TEAM ON THE RACAK INCIDENT », 17 mars 1999..

Controverse

Une controverse s'est développée : s'agissait-il effectivement de civils délibérément massacrés, donc d'un crime de guerre , ou bien d'une mise en scène destinée à camoufler un accrochage entre l'Armée de libération du Kosovo (UÇK) et les forces de sécurité du gouvernement yougoslave — position du gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie. Quoi qu'il en soit, c'est le seul incident antérieur à la campagne de bombardements de l'OTAN ayant donné lieu à une accusation de crime de guerre .
Fin , les États-Unis affirment avoir intercepté et enregistré des conversations téléphoniques prouvant le rôle du gouvernement yougoslave dans le massacre. Selon le Washington Post, ces enregistrements auraient montré que le Premier ministre serbe et le ministre de l'Intérieur serbe s'étaient inquiétés des réactions à l'assaut sur Račak et avaient discuté de la manière dont on pouvait mettre cela en scène comme une attaque des troupes gouvernementales contre l'UÇK. Šainović aurait également donné l'ordre que le procureur du TPIY Louise Arbour ne soit pas admise dans le paysR. Jeffrey Smith, « Serbs Tried To Cover Up Massacre; Kosovo Reprisal Plot Bared by Phone Taps », Washington Post, 28 janvier 1999.. Par la suite, le TPIY, a enregistré l'événement comme un crime de guerre, pour lequel le Procureur a inculpé le président yougoslave Slobodan Milošević et ses complices .
Dès , des correspondants locaux de grands journaux comme Le Figaro ou Le Monde ont émis des doutes sur la version de William WalkerRenaud Girard, « Nuages noirs sur un massacre », Le Figaro, 20 janvier 1999. Christophe Châtelot, « Les morts de Racak ont-ils réellement été massacrés de sang-froid ? », Le Monde, 21 janvier 1999.. Plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne et l’Italie, auraient même demandé à l'OSCE de renvoyer William Walker, à la lumière d'informations reçues de contrôleurs de l'OSCE au Kosovo selon lesquelles les corps de Racak {{Citationn’étaient pas des victimes d’un massacre serbe de civils mais ceux de combattants de l'UCK tués au combatPublié par la Berliner Zeitung du 13 mars 1999. .
Un observateur américain arrivé le jour même sur les lieux et qui témoigne anonymement dément la thèse de la mise en scène. Il raconte que de nombreuses douilles et chargeurs ont été récupérés par les observateurs américains, ce qui peut expliquer la polémique liée à leur faible nombre trouvé sur les lieux du massacre, que de nombreux corps avait été déplacés par les familles afin de les ramener dans leur maison, et que de nombreux combattants de l'UCK avaient de la famille à Racak et avaient emmené les corps de neuf de leurs compagnons d'arme tués en même temps que les civils« Massacre de Racak : récit d'un témoin clé. Arrivé après la tuerie, il dément la thèse d'une mise en scène », Libération, 27 janvier 1999..
Le , la journaliste serbe de l' et travaillant pour Human Rights Watch, Gordana Igrić, ayant recueilli sur place les témoignages des familles, raconte qui étaient les victimes, et où et comment leurs assassins les ont enlevées, battues et assassinées :
{{CitationE.B., femme de 40 ans, est assise sur le plancher près d'un âtre, cachée dans une maison, et ne sait plus quoi faire de sa vie. Halim, son fils de 12 ans, a été tué à ses côtés, alors qu'ils couraient… pour se réfugier dans une forêt. Son mari, Ryza, et Zejnel, un autre membre de la famille, ont été tués.

« Ils étaient plus de 40, en uniformes bleus de la police », raconte-t-elle.
« Ils se tenaient en groupe sur la colline au-dessus de notre maison ; ils ont crié quelque chose et ont fait des signes. Ils ont tiré aussitôt que nous eûmes quitté notre cachette pour entrer dans la cour. Halim m'a crié de m'en aller. Puis il est tombé. La balle l'avait touché au cou. Ce matin-là, nous n'avions même pas eu le temps de nous habiller et il avait encore les pieds nus, retenant son pantalon avec les mains Gordana Igric, « The Ghost Village », BCR 1, février 1999. ».

Le , dans un entretien à NRC Handelsblad, le médecin Helena Ranta qui était responsable de l’équipe finlandaise de légistes chargée d'enquêter sur place sur les causes de la mort des victimes, lève l'ambiguïté qu'elle avait pu causer par des déclarations antérieures, en disant :
Elle explique aussi son attitude antérieure en affirmant qu' .
D'après le Helsingin Sanomat ., le plus grand quotidien finlandais, et le journal BI (ex-Balkans Info), promoteur des thèses serbes, elle aurait témoigné dans une biographie publiée en . qu'elle avait été soumise à des pressions de la part de William Walker, chef de la mission de l'OSCE, ainsi que du ministère des Affaires étrangères finlandais, pour lever l'ambiguïté sur la culpabilité criminelle des Serbes, ce qu'elle aurait alors refusé.
Le Vuk Drašković, dirigeant du parti nationaliste SPO, qui faisait partie du gouvernement yougoslave en 1999, témoigne sur la radio de Belgrade B92 qu'{{Citationavant le bombardement de l'OTAN… il avait su ce qui se préparait pour le Kosovo, et qu'il avait compris que le régime d'alors entendait que le Kosovo soit la victime sacrificielle pour que lui puisse rester au pouvoir… il avait présenté à Milošević un plan qui promettait la souveraineté sur le Kosovo, avec un degré élevé d'autonomie pour les Albanais ; or… celui-ci l'avait rejeté.
Il m'a répondu ce qui suit :
Tu y es très lié, à ce Kosovo. Comment ne comprenez-vous pas que celui-ci est une pierre autour du cou de la Serbie, et que nous devons nous en débarrasser ? Il faut qu'il s'en aille. Et voilà une occasion pour qu'il parte… nous allons rejeter toutes les offres et provoquer l'OTAN pour qu'ils nous bombardent le Kosovo « Drašković: Srbi, idite sa barikada », Agencija Tanjug, 29 novembre 2011..

Ce témoignage corrobore celui de Ratomir Tanić, négociateur officieux de Milošević avec les Kosovars, qui disait le à Radio Europe Libre :
.

Liens externes

  • Liste d'articles sur l'incident de Račak, Balkan Witness.
  • On notera en particulier l'extrait du jugement par le Tribunal pénal international du général Vlastimir Đorđević.
  • Chris Soda, « Complete Analysis of the Incident at Racak on Jan. 15, 1999 ».
  • Human Rights Watch, "Yugoslav Government War Crimes in Racak", July 15, 1999, « Yugoslav Government War Crimes in Racak », July 15, 1999.
  • David Walls, « Dubious Sources: How Project Censored Joined The Whitewash of Serb Atrocities » (analyse de la propagande serbe), New Politics, vol. 9, 1, Summer 2002, 33, pp. 165-171.
  • Voir aussi le débat de l'auteur, David Walls, avec , Peter Phillips, Diana Johnstone, Edward S. Herman & David Peterson : « Debate: Did Project Censored Whitewash Serbian Atrocities? », New Politics, Vol. IX, 3, Winter 2003, pp. 88-100.

Notes et références


Article connexe

  • Plan Fer-à-cheval

  • Catégorie:Guerre du Kosovo
    Račak
    Catégorie:Janvier 1999
    Catégorie:Désinformation
     
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