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Mi-Carême au Carnaval de Paris

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où le travestissement est roi..
Fichier:Carnaval des Femmes 2014 - P1260337.JPGuprightvignette , le cortège du Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses défile rue Saint-Merri.
Fichier:MI-CAREME A LA GARE DE LYON 1905.jpguprightvignetteLe mercredi , veille de la Mi-Carême, la foule parisienne devant la gare de Lyon attend l'arrivée des reines italiennes.
Fichier:Madrid 1906.jpguprightvignetteMi-Carême 1906 à Paris : la Reine de Madrid Concepción Ledesma au centre avec ses demoiselles d'Honneur Louise Mungira et Mathilde GomezL'Illustration, , 17 mars 1906, page 172. Cette photo existe également, tirée en carte-postale. C'est dans les salons du journal l A.B.C., à Madrid, que s'est déroulée l'élection. La Reine, fille d'un ancien picador, a été choisie par le jury entre soixante jeunes filles de dix-huit à vingt ans..
Fichier:Monôme 1920.jpguprightvignetteLes étudiants parisiens défilent en masse sur le boulevard Saint-Michel et forment le monôme pour le jeudi de la Mi-Carême .
Fichier:Gustave Doré - Escalier de l'Opéra à la Mi-Carême.jpgvignetteuprightL'escalier de l'Opéra à la Mi-Carême, vu par Gustave Doré en 1856-1857.
Fichier:Mi-Carême - Promenade des blanchisseuses 3.jpgvignetteuprightLa Promenade des blanchisseuses, à Paris, le jour de la Mi-Carême, illustration d'un ouvrage paru en 1852-1853Image extraite du livre d'Edmond Texier Tableau de Paris, tome 1, ouvrage illustré de quinze cents gravures d'après les dessins de Blanchard, Cham, Champin, etc., Paulin et Le Chevalier éditeurs, Paris 1852-1853, page 64..
Fichier:Géant dans le cortège de la Rose des Roses à Paris le jeudi de la Mi-Carême 14 mars 1912.jpgvignetteupright=0.8Un géant de carnaval dans le cortège de la Rose des Roses le jeudi de la Mi-Carême 14 mars 1912Détail d'une photo prise par l'agence Rol..
La Mi-Carême à Paris, longtemps appelée également Fête des Blanchisseuses, est de facto au moins depuis le la fête des femmes de Paris dans le cadre du féminin Carnaval de Paris.
Elle se fête également en banlieue de Paris et en province. Elle est aussi jadis la fête des débitants de charbon et des porteurs d'eau. À partir de 1893, elle devient la grande fête des étudiants parisiens.
La Fête des Blanchisseuses a également été appelé jadis cortège des lavoirs ou Fête des grenouilles, en référence à l'eau omniprésente au lavoir.

Résumé de l'histoire de la fête

Fichier:Billet d'entrée pour une dame pour un bal masqué de la Mi-Carême salle Ventadour à Paris - XIXème siècle.jpgredressegauchevignetteBillet d'entrée pour une dame pour un bal masqué et travesti donné par la troupe du Théâtre de la Renaissance pour la Mi-Carême salle Ventadour à Paris - .
Fichier:Passage du Char de Paulette Cayet, Reine des Reines de Paris 1928 sur la place de l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 15 mars 1928.jpguprightvignettePassage du Char de Paulette Cayet, Reine des Reines de Paris 1928, sur la place de l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 15 mars 1928.
Fichier:Reines de Paris 1905 en partance pour l'Italie - 2.jpgvignetteLes Reines de la Mi-Carême de Paris en partance pour l'Italie en mars 1905Dessin illustrant l'article Le départ des Reines de la Mi-Carême, En route pour l'Italie, Le Petit Journal, 7 mars 1905, page 1. Voir l'article reproduit sur la base Commons..
Fichier:Chats mousquetaires à cheval d'Alfort 1894.jpgvignetteLes Chats mousquetaires à cheval d'Alfort à la Mi-Carême à Paris, le jeudi .
Le Carnaval de Paris dure traditionnellement depuis le 11 novembre jour de la Saint Martin — c'est toujours le cas en Belgique et en Allemagne aujourd'hui, où il commence le 11 11 11 c'est-à-dire le 11 novembre à 11 heures 11, — jusqu'aux jours gras temps fort de la fête juste avant l'entrée en carême quarante jours avant Pâques. Au le premier jour gras est le jeudi gras. C'est de lui que parle la première description connue du Bœuf Gras à Paris en 1739 et la lettre du maire de Paris Jean Sylvain Bailly au marquis de la Fayette chef de la Garde Nationale parisienne en 1790. Dans cette lettre où Bailly demande de faire respecter l'interdiction de la fête est écrit : « je ne peux m'empêcher de vous observer que c'est demain le jeudy gras ».
Les jours gras tendront par la suite à se restreindre à Paris aux seuls dimanche, lundi et Mardi gras. Au Carnaval de Dunkerque ces jours correspondent aux fameuses trois joyeuses.
En France ajouté à la période « normale » du Carnaval un supplément à mi-chemin entre Mardi gras et Pâques : la Mi-Carême. À Paris, cette fête dure jusqu'à six jours d'affilée au début du . La Mi-Carême parisienne a une histoire très riche et pleine d'enseignements. Ses premières traces écrites remontent au moins à 1659. Un texte de Jean LoretExtrait de : Jean Loret, La Muze historique, mars 1659, livre X, lettre XII. Texte en date du 22 mars 1659. Il traite d'une fête qui s'est déroulée le jeudi 20 mars 1659. décrit la course de faquinVoici en quoi consiste la "course de faquin" : « Les modernes ont donné le nom de course de faquin à un genre d'exercice pour lequel on se servait souvent d'un faquin ou porte-faix, armé de toutes pièces, contre lequel on courait. On y a substitué depuis une figure de bois mobile monté sur un pivot ; cette figure demeurait ferme, lorsqu'on la frappait au front, entre les yeux et sur le nez ; mais quand on la touchait dans d'autres endroits, elle tournait avec une si grande célérité, que si le cavalier n'était prompt à esquiver le coup, elle le frappait rudement avec un sabre de bois, ou avec un sac rempli de terre, à la grande risée des spectateurs. » Extrait de : « Dissertation sur les amusemens des Français », par Buc'Hoz, Imprimé à Strasbourg, en 1789. « Vil faquin ! » est une injure tombée en désuétude et encore utilisée il y a quelques décennies en littérature, pour faire un effet comique et « aristocratique ». organisée cette année-là pour la Mi-Carême place RoyaleAujourd'hui et depuis 1800, place des Vosges. par le marquis de Montbrun.
En1670, page 256 de son Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du Roy-boit, le docteur de Sorbonne Jean Deslyons parle des rois et reines de la Mi-Carême, dont il a vu l'usage parmi les écoliers, c'est-à-dire à l'époque les étudiantsJean Deslyons, Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du roy-boit..., Paris, Vve C. Savreux, 1670, . Cité par Victor Fournel dans Les rues du vieux Paris : galerie populaire et pittoresque, Firmin-Didot éditeur, Paris 1879, ..
La Mi-Carême traditionnellement se fête également en banlieue de Paris et en province. Fête des blanchisseuses, c'est aussi jadis la fête des débitants de charbon et des porteurs d'eauEn 1858, dans une étude consacrée à la famille d'un porteur d'eau parisien, publiée par la Société internationale d'économie sociale, est mentionnée « la fête patronale des porteurs d'eau, qui a lieu le jeudi de la mi-carême. » Timothée Trimm écrit dans son article-éditorial https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k588890q.r.langFR Les festoyeurs de la Mi-Carême, Le Petit Journal, 24 mars 1865, page 1, : « C'est donc aujourd'hui que les filles du lavoir, les débitants de charbon et les porteurs d'eau sont en liesse ; ». Comme le note La Presse, décrivant la Mi-Carême à Paris 1853https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k476161w/f2.image.r=blanchisseuses.langFR La Presse, 4 mars 1853, page 2, . Commons:File:Mi-Carême 1853.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
Les voitures étaient très nombreuses. Beaucoup de carrioles pavoisées étaient remplies de charbonniers et de porteurs d'eau endimanchés. Dans d'autres voitures, les blanchisseuses étalaient leurs toilettes les plus brillantes.

Rien de plus joyeux que cette fête du monde blanchisseur et charbonnier.
La saison d'hiver est jadis close à Paris par le bal des blanchisseuses et porteurs d'eau de la Mi-Carême. Louis Jourdan écrit, en mars 1859Louis Jourdan Le Causeur, mars 1859, volume 1, page 65. :
Le carnaval finit officiellement le mardi-gras, mais il n'expire en réalité que le jeudi de la mi-carême. Jusque-là Paris est piqué de la tarentule : on danse à tous les étages, dans tous les salons, c'est une fièvre non intermittente. Le bal des blanchisseuses et des porteurs d'eau a le privilège de clore la saison d'hiver à Paris.

Fête des étudiants de Paris à partir de 1893, fête ayant connu des échanges avec les provinces françaises et l'étranger, la Mi-Carême parisienne est un événement de très grande envergure. Pour s'en convaincre, il suffit de voir sur Internet les actualités cinématographiques de la British Pathé montrant le cortège de 1926Voir la Mi-Carême à Paris 1926 vue par la British Pathé.. Ou encore la photo des grands boulevards à la Mi-Carême 1927, ou de la place de l'Opéra à la Mi-Carême 1928, à une époque où, pourtant, la fête s'est affaibliehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9056334c.r.langFR Photo des grands boulevards le jeudi de la Mi-Carême 1927. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9040158z.r.langFR Photo du passage du char de la Reine des Reines place de l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême 1928.. Le , La Semaine à Paris relève que : « la Mi-Carême, que ne fêtaient guère jadis que les blanchisseuses, est devenue liesse généralehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5411517j/f10.image.r.langFR La Sainte-Catherine, La Semaine à Paris, semaine du 23 au 30 novembre 1928, page 10, colonne. ».
La hauteur impressionnante des chars n'est pas qu'une question de prestige. Quand on voit la foule immense place de l'Opéra au passage du cortège de la Mi-Carême, on comprend que cette hauteur a aussi un but pratique. Ainsi, en particulier, tout le monde peut apercevoir la Reine des Reines, vedette de la fête, assise sur son trône perché tout en haut de son char et envoyant des baisers de tous côtés.
La Mi-Carême renaît à Paris depuis 2009 et existe aussi, par exemple à NantesDans la documentation sur la Mi-Carême à Nantes, on peut consulter, entre autres, un film d'actualités sur le Carnaval de Nantes en 1964., dans certains villages de France métropolitaine, aux Antilles, notamment en Guadeloupehttp://www.guadeloupe.franceantilles.fr/actualite/culture-et-patrimoine/vaval-renait-de-ses-cendres-pour-la-mi-careme-31-03-2011-118002.php Vaval renaît de ses cendres pour la Mi-Carême., à Fatima, aux îles de la MadeleineÀ propos de la Mi-Carême en Acadie, on peut consulter l'article de Georges Arsenault http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-165/Mi-Car%C3%AAme_en_Acadie.html#.Uvz-R4WDwr2 Mi-Carême en Acadie, sur le site Internet de l Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française., etc.
La Mi-Carême paraît être une particularité française. Au point qu'au Brésil on appelle aujourd'hui une fête carnavalesque qui se passe en dehors de la période du Carnaval micareta et le mot viendrait de la langue française.
La Mi-Carême est une fête mobile située juste vingt-et-un jours après Mardi gras. Ce sont deux moments du Carnaval bien que certains auteurs aient quelquefois appelé Mardi gras « le carnaval » et voulu le détacher du second « la mi-carême ».
Avec les jours gras la fête des blanchisseuses est un des deux grands moments du Carnaval de Paris. Aux jours gras défile le Bœuf Gras. À la Mi-Carême défilent les Reines.

Généralités

Fichier:Voiture de blanchisseur photographiée au pont de Sèvres en 1896 - Cliché Marius.JPGuprightvignetteVoiture de blanchisseuse photographiée en 1896 au pont de Sèvres à ParisDétail d'une photo, qu'il est possible de voir en entier..

Les Écosseuses des Halles

La corporation des écosseuses était composée de femmes dont le travail consistait à écosserLa première mention écrite connue du mot « écosseuse », sous la forme masculine « écosseur », date seulement de 1560. (cf. Albert Dauzat, Jean Dubois, Henri Mitterand Nouveau Dictionnaire étymologique et historique, Librairie Larousse, Paris 1964, article « cosse (de légume) », page 202). En 1760, pour se moquer de la comédie de Voltaire, « L'Ecossoise » (L'Écossaise), Poinsinet le jeune fait jouer une parodie : « L'Écosseuse ». Toussaint-Gaspard Taconet, de son côté, rédige une autre parodie : « La Petite Écosseuse ». Les écosseuses apparaissent dans divers écrits. Par exemple, « Les écosseuses » est le titre d'une des « Œuvres badines et galantes » du Anne Claude de CaylusComte de Caylus (1692-1765)..
Écosseuses, marchandes d'orangesCelles-ci apparaissent au côté des écosseuses. Jadis les oranges étaient un produit de luxe. Rares et chères elles étaient vendues à l'unité. On trouve au nombre des œuvres de Jean-Joseph Vadé, écrivain qui fréquentait le peuple des halles et qui créa le « genre (littéraire) poissard » : « Etrennes à Messieurs les riboteurs, supplément aux écosseuses ou Margot la mal-peigné, reine de la halle et marchande d'oranges. », « Le boute-en-train des Écosseuses et des Marchandes d'oranges, scènes poissardes et bouffonnes » (ouvrage posthume)., harengères ou blanchisseuses, les femmes sont depuis toujours l'élément le plus joyeux, actif et dynamique du Carnaval de Paris.
Le rôle des écosseuses apparaît dans ce passage extrait d'un texte intitulé « Les Festes de Paris », brochure anonymeCôte à la BNF : Li³ 6 (le passage cité se trouve page 2). Cette brochure de 16 pages n'est pas datée. On peut cependant avoir une idée approximative du moment où elle a été imprimée. Car elle annonce la venue de « l'incomparable Foki Phylosophe Chinois qui est venu exprès de Chine »… Or, dans un livre édité en 1749, on lit ce commentaire : « L'Auteur annonce au Peuple l'incomparable Foki, Philosophe Chinois, qui se propose de lui donner des spectacles. » (« Lettres sur quelques écrits de ce temps », de Élie-Catherine Fréron et Joseph de Laporte, page 138)., éditée vers 1749 :
…« le seul divertissement que la populace se donnoit à ses frais tous les ans tire à sa fin, le Carnaval n'a plus de mascarades, les foires de parades, il est à craindre que la tristesse ne gagne les Halles, que les Écosseuses ont préservé jusqu'à présent ; du moins si le peuple n'atteint pas aux honneurs, il est juste de l'en recompenser par des amusemens. »

{{Article détailléRue de la Cossonnerie#La Mi-Carême au XVIIe siècle rue de la Cossonnerie La Mi-Carême au rue de la Cossonnerie à Paris

La fête femme


gauchevignette
Fichier:Election de la Reine des Blanchisseuses au lavoir de la rue neuve Saint-Médard en 1866.jpguprightdroitevignetteÉlection de la reine des blanchisseuses au lavoir de la rue neuve Saint-Médard en 1866Dessin de Férat, Le Monde Illustré, 17 mars 1866, page 165. Voir le commentaire du dessin, paru page 166..
Fichier:Lavandières des bords de Seine - 1.jpggauchevignetteLavandières des bords de Seine en 1895, dessins d'Auguste LepèreExtrait de Paris au hasard, texte de Georges Montorgueil, gravures et dessins de Auguste Lepère, Henri Béraldi éditeur, Paris 1895.
Fichier:Le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, Paris 1874.jpguprightvignetteLe marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, à Paris en 1874L'Illustration, , 7 mars 1874, page 156..
Fichier:Blanchisseuses 1865.jpgvignetteuprightBlanchisseuses parisiennes en 1865Dessin de Férat, Le Monde illustré, 22 avril 1865, page 245..
Au moins dès le la Mi-Carême parisienne se présente à nous comme une immense fête féminine et populaire, dont les premières héroïnes sont les blanchisseuses. À Paris « Mi-Carême » et « fête des blanchisseuses » à un moment-donné deviennent synonymes. Et le restent bien après que les blanchisseuses ont cessé d'être les héroïnes officielles de la Mi-CarêmeVoir le Dimanche Illustré du 21 mars 1909, où un dessin page 6 qualifie la Cavalcade de la Mi-Carême de « cortège des lavoirs ».. Le défilé des reines sur les grands boulevards, puis le cortège de la Reine des Reines à partir de 1891 jusqu'aux années 1930, sont les seuls qui ont pu acquérir dans le cadre du Carnaval de Paris une stature considérable, au même titre que la Promenade du Bœuf Gras et la descente de la Courtille.
La fête des blanchisseuses est alors également très importante dans les banlieues de Paris comme Boulogne, Clichy, Montrouge, et aussi en province.
Benjamin GastineauBenjamin Gastineau, vieillard à barbe et cheveux blancs, apparaît en 1854, dans le Panthéon Nadar, : « Poètes, romanciers, historiens, publicistes, journalistes, etc. » Il est le sur 249. On peut voir son portrait en photo par Étienne Carjat sur la base Commons de Wikipédia. écrit en 1855 :
« Paris ne célèbre pas seule la mi-carême ; la banlieue, diverses provinces de la France la fêtent aussi. Dans beaucoup de villes, les jeunes filles et les porteurs d'eau prennent leur fête à cette époque de l'annéeBenjamin Gastineau, Histoire de la folie humaine, le carnaval ancien et moderne, Poulet-Malassis, Libraire Éditeur, 1862. C'est la réédition de : Benjamin Gastineau, Le Carnaval, Gustave Havard Éditeur, Paris 1855.. »

Cependant son histoire n'a jamais été écrite.
Les historiens ont longtemps rédigés leurs ouvrages en ignorant les femmes à part quelques-unes. Or la Mi-Carême est une grande fête féminine. Qui plus est une fête populaire.
. C'est « juste » des femmes qui prennent le temps de vivre, s'amusent entre elles, chantent, dansent, boivent, festoient, se costument, élisent des reines, y ajoutent des rois et défilent.
À cette époque, c'est le seul moment où des femmes françaises votent. Elles n'acquerront le droit de vote qu'en 1945.
Des milliers de femmes élisent des centaines de reines, des centaines de milliers de femmes mettent toute la ville en fête, c'est juste cela, la Mi-Carême. Toutes les blanchisseuses votent, sont éligibles, y compris les plus jeunes.
Le Journal illustré écrit en 1892 :
Quoi qu'il en soit, la reine des reines, celle des blanchisseuses, dont nous publions la photo, est remarquablement jolie.

Elle se nomme Henriette Delabarre. Elle a été élue par les autres reines, au scrutin et au premier tour, par une trentaine de souveraines de lavoir qui ont donné aux membres du parlement une leçon de justice en s'inclinant devant la grâce, devant la beauté de leur compagne.

Delabarre a seize ans. Blonde, la taille élancée, très aimable, très enjouée, elle fera, dans sa riche parure d'un jour, grand honneur à sa corporation, et tout Paris s'apprête à lui faire cortège.
Elle habite rue des Trois-Couronnes et travaille avec sa mère, reine aussi jadis, et sa jeune sœur au lavoir Moderne de la rue OberkampfLe Journal illustré, 27 mars 1892, page 104..

Le lavoir en général occupe alors une place essentielle dans la vie de toutes les femmes (exceptées celles qui ne lavent ni leur linge, ni celui des autres), en tant que lieu de travail, de réunion et d'échanges.

Les blanchisseuses

Fichier:Bal des blanchisseuses au lavoir Popincourt 1872.jpguprightvignettegaucheLa fête des blanchisseuses au lavoir Popincourt, à Paris, le jeudi de la Mi-Carême L'Univers illustré, 16 mars 1872, , page de couverture. Dessin de Georges Redon..
Fichier:Mi-Carême 1874.jpguprightvignetteLa fête des blanchisseuses dans un lavoir du quartier de Plaisance, à Paris, le jeudi de la Mi-Carême Le Monde illustré, 21 mars 1874, , page de couverture. Dessin de Daniel Vierge, gravé par F. Moller, format ..
Fichier:Réception de la Reine des Reines 1901 au journal Le Matin - 2.jpgupright=1.2vignetteRéception de Marie Marlin-Poirier, Reine des Reines de Paris 1901, au journal Le Matin, le jeudi de la Mi-Carême 14 mars 1901Le Matin, 15 mars 1901, page 1..
Fichier:Reine des Blanchisseuses de Boulogne 1913.jpgvignetteCompte-rendu de l'élection de la Reine des Reines des 6000 blanchisseuses de Boulogne-sur-Seine en mai 1913Le Petit Parisien, 4 mai 1913, page 2, . Le Matin du fait part de l'élection de la Reine des Blanchisseuses de Boulogne. La tradition se poursuit donc à cette date..
Fichier:Gazzetta del Popolo 1 avril 1905.jpgvignetteLa Gazzetta del Popolo de Milan, rend compte de la visite des Reines italiennes des marchés de Turin et Milan à Paris pour la Mi-Carême 1905La Gazzetta del Popolo, ..
À Paris durant longtemps existe une importante corporation féminine, populaire et laborieuse, celle des blanchisseuses, qui travaille dans des dizaines de lavoirs et bateaux-lavoirs, appelés également « bateaux lessives ». Tous âges confondus, des plus jeunes aux plus âgées, soit environ de 15 à 60 ans, il y a jusqu'à 150 femmes rassemblées dans ces établissements. Il n'est pas rare que plusieurs femmes d'une même famille s'y retrouvent pour travailler ensemble.
Les blanchisseuses apparaissent dans des expressions populaires. Ainsi « porter le deuil de sa blanchisseuse » signifie jadis porter une chemise saleExpression rapportée par Delvau en 1866. Voir le mot blanchisseuse sur le site du CNRTL..
Un rapport de la chambre syndicale des blanchisseurs adressé vers 1880 au ministère de l'intérieur évalue à la population que le blanchissage fait vivre à Paris. Il y a parmi elles et , soit presque 10 femmes pour un hommeAli Coffignon, Paris-vivant. Les coulisses de la mode, Librairie illustrée, Paris, vers 1880, page 110..
Gaston Calmette, le jeudi de la Mi-Carême écrit dans Le Figaro queGaston Calmette, rubrique Au jour le jour, La reine de la Mi-Carême, Le Figaro, 5 mars 1891, page 1, et . :
Pendant cette journée de la Mi-Carême, Paris appartiendra aux blanchisseuses, et, entre toutes à la reine élue de cette armée colossale qui ne compte pas moins de quatre-vingt-treize mille femmes et onze mille buandiers ! Corporation très compliquée, peu connue et qui comprend 55,000 lavandières ou repasseuses de fin, 1,300 apprêteuses de neuf, 1,500 batelières, 30,000 buandières de lavoirs, etc., le tout gagnant de par semaine, avec douze à quinze heures de travail quotidien.

Ces ouvrières et ouvriers sont des personnes de condition modeste, énergiques, faisant un travail physique et aimant bien s'amuser.
En 1885, E. Robichon écrit queE. Robichon Paris qui travaille, La grève des blanchisseuses, La Presse, 4 février 1885, page 1, . Commons:File:La grève des blanchisseuses.jpgVoir l'article en entier reproduit sur la base Commons. : « La blanchisseuse parisienne est soigneuse de sa personne et c'est une exception d'avoir à signaler chez elle des négligences de costumes et de propreté. Elle est gaie, babillarde, »...
En 1890, Auguste Vitu décrivant un lavoir à Paris, souligne le caractère joyeux et vivant des blanchisseuses :
A l'angle nord-ouest de la rue de l'Hôtel-Colbert et de la rue de la Bûcherie, on voit s'élever au-dessus des maisons une monumentale rotonde terminée en coupole. Plongeant notre regard par la porte cochère de la maison qui porte le numéro 13 sur la rue de la Bûcherie, un spectacle curieux nous attend. Devant nous une sorte de cloître à arcades ogivales renferme le bruyant et joyeux personnel d'un lavoir, qui s'intitule le lavoir ColbertAuguste Vitu, Paris, Quantin éditeur, Paris 1890, page 144..

Les blanchisseuses sont importantes par leur nombre et aussi par leur présence quotidienne dans la rue. Car elles lavent mais aussi cherchent le linge sale et livrent le linge propre. Le linge transporté et leur habit permet de les identifier. .
En témoigne le jadis célèbre poème de Charles Monselet Les petites blanchisseuses souvent évoqué par les journalistes dans leurs articles parlant de la Fête des Blanchisseuses. De ce poème grivois ils ne citent jamais que le premier quatrainPar exemple, en 1893, Adolphe Brisson dans La Revue illustrée, page 221., qui ne laisse pas entrevoir la suite. Ça devient plus chaud dès le deuxième et très chaud et explicite à la fin. On peut le lire en entier sur la base Wikisource.
En 1868, Adrien Marx, pour Le Petit Journal parle des blanchisseuses :
Vous avez certainement remarqué comme moi les voitures de blanchisseuses que la banlieue nous expédie tous les jours et qu'on voit stationner à Paris devant la porte des maisons.

Ce sont, pour la plupart, d'énormes carrioles à deux roues recouvertes d'une bâche qui protège les paquets de linge contre les intempéries de l'air.

Le cheval qui traîne cette cargaison immaculée est généralement dirigé dans les rues par une grosse femme dont les façons sont légèrement brusques… Observez la commère, lorsqu'elle ravive par un coup de fouet l'énergie défaillante de son vieux bidet. Ses traits se contractent, son visage prend une physionomie virile, et sa bouche lâche un Hue ! qui fait trembler les vitres d'alentour.

Eh bien ! ne vous y trompez pas : ces luronnes sont presque toutes d'excellentes mères de famille cachant sous la rudesse de leur allure des sentiments exquis, un cœur d'or et de précieuses qualités, dont beaucoup de belles dames sont dépourvues,
Elles ne craignent pas, j'en conviens, de laisser voir leurs chevilles empâtées quand elles quittent ou gravissent le haut marche-pied de leurs carrossesÀ l'époque, et encore dans les années 1920, il était considéré en France comme érotique et mal vu qu'une femme laisse voir sa cheville.. La peau de leurs bras hâlée par le grand air et les vagues du fleuve n'a aucune analogie avec le satin, et leurs doigts macérés dans l'eau de savon manquent de la distinction et de la grâce inhérentes aux mains des duchesses. Mais les blanchisseuses de la campagne ont d'autres avantagesAdrien Marx, Mademoiselle Aubépine, Le Petit Journal, 16 mai 1868, page 2, …

La vie des blanchisseuses et des rares hommes présents dans les blanchisseries, garçons de lavoirs qui portent les seaux d'eau chaude et patrons, ne comporte guère de loisirs. On travaille de très longues heures, six jours sur sept, sans congés payés, retraites ou congés maladies. Le travail des blanchisseuses et garçons de lavoirs est très physique. En 1868, Timothée Trimm appelle la Reine du lavoir, « souveraine du battoirLe Petit Journal, 20 mars 1868. » et une coupure de presse du , conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, appelle la fête des blanchisseuses « la fête des battoirs ». À Boulogne, près de Paris, où l'eau est réputée très peu calcaire, on creuse des trous dans la berge de la Seine. Les blanchisseuses descendues dedans ont le linge posé sur le sol juste à la bonne hauteur pour le laver. En 1843, quatre voitures de blanchisseuses de Boulogne montent à Paris, pour la Mi-CarêmeL'Illustration, , Vol.I, , voir l'article « Le bal de l'Opéra — La Mi-Carême », pages 52-53-54.. L'Illustration, en , publie un dessin montrant Le marché aux blanchisseuses dans la rue aux Ours, où celles-ci vont chercher du travailL'Illustration, , page 156, du , Types et physionomies de Paris..
Un jour de fête et de congé où est mis à l'honneur… Une fois par an la Mi-Carême c'est la journée des blanchisseuses, qui sont les vedettes, mais aussi des patrons et du personnel des lavoirs. Journée qui fait partie de la grande fête populaire du Carnaval de Paris.
Comme le dit le couplet de bis de la chanson comique Les garçons de lavoir, créée par Paulus à l EldoradoL. Gabillaud et Frédérique Corbié Les garçons de lavoir, musique de Émile Duhem, chanson créée par Paulus à l Eldorado. :
La d'mi-carême, à nous, c'est notre fête ;
C'est ce jour-là qu'on s'en paye, ah ! malheur !
Y faut nous voir, le soir, à la guinguette,
Pousser notr'pas du Hann'ton cascadeur.
Ce jour-là, comme l'écrit Le Constitutionnel en 1846, les blanchisseuses élisent leur reine dans chaque grand lavoir, et vont ensuite à l'église, vêtues de blanc. Aux blanchisseuses de Paris viennent se joindre celles de la banlieue, que l' voit arriver par toutes les barrières avoisinant la Seine, vêtues de blanc aussi, et voiturées dans les charrettes de leurs patronsLe Constitutionnel, 20 mars 1846, page 2, . Le journaliste précise que : « Malheureusement le temps qui était magnifique le matin est devenu pluvieux dans l'après-midi. Pourtant on a vu quelques masques intrépides sur les boulevards. Les curieux ont montré moins de courage. ».
Les lavoirs et bateaux-lavoirs sont également décorés le jour de la fête, comme le note La Presse en 1851La Presse, 28 mars 1851, page 3, . Commons:File:Mi-Carême 1851 - La Presse - 28 mars 1851.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. : « Les lavoirs en ville et sur Seine étaient magnifiquement pavoisés et décorés d'arbustes et de fleurs. »
Le lendemain, chacun rentre au lavoir, dans la grande cour vitrée, fumeuse, bruyante, ou sur le bateau mouvant aux senteurs chimiques. On est un peu las, mais plus encouragé quand même et plus dispos.

L'ouvrière reprend sa place entre les deux baquets délaissés pour une journée ; et, faisant crier plus fortement son battoir, elle raconte sa promenade de la veille à la bonne ébahie, apportant sa cargaison de linge, etc.

Quant au roi d'hier, il revêt son bourgeron bleu, sa pipe à demi consumée, retrousse ses manches, et débite avec une parcimonieuse mesure ses deux sous de lessive habituelle ou de javelle, désespoir des ménagères !

Et voilà pour une année de souvenirs et de labeur.
Il arrive également que les blanchisseuses soient mises à l'honneur en d'autres occasions que la Mi-Carême. C'est ainsi, par exemple, que pour une cavalcade organisée à Boulogne-sur-Seine le , est élue le 4 mai qui précède une Reine des Reines des de la ville.

La disparition des bateaux-lavoirs

Dans un article écrit avant 1871, Jules Vallès indique que : {{citationIl y a environ cent vingt lavoirs dans Paris, sans compter les lavoirs publics et gratuits et les quatre-vingts bateaux établis tant sur la Seine que sur le canal Saint-MartinJules Vallès cité par Francis Magnard dans la rubrique Paris au jour le jour, Le Figaro, , , colonne..
Les bateaux-lavoirs parisiens sont un des hauts lieux traditionnels des fêtes de la Mi-Carême. La Presse écrit, le Rubrique Nouvelles diverses, La Presse, , page 3, . Commons:La Presse 24 marsVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
Sur la rivière, tous les bateaux de blanchisseuses étaient gaiment pavoisés de mais, de rubans et de bannières ; dans l'intérieur, on entendait retentir les joyeux accords, et tout le monde y dansait. La Mi-Caréme est la fête des blanchisseuses.
À la fin du , ces bateaux-lavoirs vivent leurs dernières années. Ce n'est pas une disparition spontanée. Elle est voulue et planifiée par les autorités. Georges Montorgueil écrit en 1895 :
Tradition appelée à disparaître. Il ne se concède plus de lavoirs nouveaux ; ceux existants mourront de vieillesse, sans le droit de prolonger, par des modifications confortatives, une existence plus que séculaire. La gaîté des rives y perdra quelque choseParis au hasard, texte de Georges Montorgueil, gravures et dessins de Auguste Lepère, Henri Béraldi éditeur, Paris 1895, page 30.…

Georges Montorgueil note également dans le même livre que la Mi-Carême a cessé d'être fêtée sur les bateaux-lavoirs :
Il n'est plus de Mi-Carême pour ces laveuses, qui voient, indifférentes, défiler le cortège de leurs sœurs de la terre fermeOpus cité, page 41..

Origine de la féminité marquée de la Mi-Carême

Fichier:Bulletin du Photo-club de Paris 1894.jpgvignetteuprightBulletin du Photo-club de Paris 1894Bulletin du Photo-club de Paris 1894, page 119..
Fichier:La Reine des Reines de Paris 1921 et une partie de sa suite sur son char.jpgvignetteredresseYvonne Béclu, Reine des Reines de Paris, sur son char le jeudi de la Mi-Carême 3 mars 1921, avec une partie de sa suiteDétail d'une photo de l'agence Rol montrant le char de la Reine des Reines de Paris 1921..
À l'occasion de la Mi-Carême 1890, le journal parisien La Presse écritArticle sur la Mi-Carême paru dans La Presse du La Mi-Carême à Paris, page 1, . Commons:File:Mi-Carême 1890.jpgLe même article reproduit dans Commons. :
L'invention de la Mi-Carême est bien plus récente que celle du carnaval. On avait de très bonne heure senti le besoin d'inaugurer par des plaisirs bruyants une longue période d'abstinence ; quand la foi se fut encore affaiblie, on jugea à propos de couper par une halte cette longue période de privations : on créa la Mi-Carême. Telle est sa raison d'être évidente ; quant à la cause occasionnelle de son existence, elle est moins sûrement connue. On attribue la Mi-Carême à la coutume établie dans quelques petites villes, parmi les jeunes gens, de donner, le mardi-gras un dernier bal aux jeunes filles du pays ; celles-ci donnaient à leur tour une fête le troisième jeudi de carême.

À cela s'est joint, surtout à Paris, l'habitude parmi les blanchisseuses, de se nommer à cette époque une reine, de se déguiser et de donner un bal dans leur bateau.
Cette coutume, souvenir probable des anciens rois des métiers, s'est étendue de Paris à la banlieue et bien au-delà. Dans beaucoup de villes, la Mi-Carême demeure la fête des jeunes filles.

Le Journal illustré écrit le , citant son confrère sans le nommer :
« Tous nos lecteurs savent qu'il est d'usage, à Paris, d'élire à l'occasion de la fête de la Mi-Carême, une reine dans chaque lavoir ; on choisit de même une reine du (marché du) Temple et une reine des Halles.


» On suppose que l'usage de ces réjouissances s'est répandu à la suite de la coutume établie dans quelques petites villes, parmi les jeunes gens, de donner le mardi gras un dernier bal aux jeunes filles. Celles-ci offraient, à leur tour, une fête le troisième jeudi de Carême.
» De là à Paris serait venu l'habitude des blanchisseuses qui nomment une reine à cette époque, se déguisent et dansent le soir sur leurs bateaux ou dans les salles publiques.
» Cela est certainement une tradition, un souvenir des anciens rois des métiersExtraits de l'article « La reine de la Mi-Carême », Le Journal illustré, 27 mars 1892, page 104.. »

Pierre Hamp en 1923 donne à l'origine de la fête des blanchisseuses parisiennes une explication qui est peut-être complémentaire sans être contradictoirePierre Hamp Les Fêtes du Travail, Floréal, , page 364, . :
Les blanchisseuses de la Seine choisirent autrefois la Mi-Carême, la bombance qui suit les jours maigres, probablement parce que c'était pour leur métier un temps de repos avant les grands blanchiments de Pâques où il faut beaucoup de linge propre pour les communions. Cette fête du lavoir devint celle de tous les métiers de jeunes filles.

Les Reines : cooptées ou élues ?

Fichier:Mi-Carême 1891 à Paris.jpgvignetteuprightLa Mi-Carême parisienne caricaturée par Godefroy en 1891Le Monde illustré, 7 mars 1891, page 197..
Les reines telles qu'elles existent à l'origine et durant longtemps dans cette fête parisienne sont plus ou moins élues. Il ne s'agit pas traditionnellement d'élections avec liste, scrutin, etc., mais plus d'un consensus que d'un vote.
Ce genre de fonctionnement rappelle le mode traditionnel d'élection des massiers (élèves responsables d'ateliers) dans les écoles d'arts et architecture. Il apparaît évident, à un moment donné, aux étudiants de l'atelier, qu'un élève fait l'affaire comme massier. Dès lors, tout le monde l'accepte d'office comme tel, sans émarger sur une liste électorale, voter à main levée ou bulletin secret.
Il arrive aussi que quand il y a vote pour élire les reines, le nombre de participants au scrutin soit réduit.
Une reine peut être belle et souriante. Mais elle est surtout représentative. Cette fonction fondamentale de représentation la différencie de la rosière choisie pour sa vertu et son mérite et de la miss, choisie pour sa beauté.
Les reines apparaissent comme un élément essentiel de la Mi-Carême qui est une occasion de s'amuser.
Comme le rapporte Timothée Trimm dans Le Petit Journal en 1868, c'est une sorte de Comité occulte qui choisit la Reine du lavoir, qui découvre son élection en arrivant à son poste de travail.
On ignore le processus d'élection exact de la Reine générale de toutes les blanchisseuses de Paris.
Le Carnaval n'est pas régi par la démocratie, mais par des petits groupes unis par un projet commun, c'est ainsi que cela se passe encore à Dunkerque et dans sa région où le Carnaval est toujours très important.
L'introduction en 1891 de la démocratie formelle par les Maîtres de lavoirs dans la désignation de la Reine des Blanchisseuses rebaptisée Reine des Reines et élue par les Reines des lavoirs a conduit les blanchisseuses à se faire déposséder de leur représentante qui va vite être réduite à un élément décoratif choisi par des hommes, personnalités officielles ou maîtres de lavoirs.
L'argument principal pour ce bouleversement repose sur la naissance d'un cortège central organisé de la Mi-Carême en lieu et place de la convergence habituelle des voitures de blanchisseuses sur les grands boulevards le jour de la Mi-Carême.

Origine du cortège de la Mi-Carême

Fichier:Sicard 1891 recadré.jpgvignetteupright=0.5Louise Sicard, première Reine des Reines de Paris en 1891, photo d'Eugène PirouPhoto accompagnant l'article La Mi-Carême, Les chars et la reine des blanchisseuses, Le Monde illustré, 14 mars 1891, page 204. Voir l'article reproduit sur la base Commons..
Les journaux parisiens au insistent plus d'une fois sur le fait que les blanchisseuses prennent la liberté à la Mi-Carême d'endosser les plus beaux vêtements qu'elles trouvent parmi ceux qu'elles viennent de laver.
peut que se montrer avec en sortant du lavoir pour aller dans une guinguette peut être à l'origine du défilé.
Il y a des bateaux-lavoirs sur la Seine et des guinguettes appréciées aux barrières juste après qu' de ParisVoir à ce propos l'article la Courtille.. C'est également tentant de se montrer en passant sur les grands boulevards. Comme les autres y vont aussi s'y retrouve ensemble joyeusement.
Qui dit beaux vêtements dit louage de carrosse pour compléter le déguisement festif.
En 1895, et , les reines portent la couronne. Elles apparaissent alors coiffées d'un cercle de cuivre doréGeorges Clemenceau, Le Grand Pan, page 342, Paris Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, éditeur, 1919 (la première édition est de 1895). Une réédition a été faite en 1995..
Le manteau aux armes de la ville de Paris offert par un grand couturier, l'impressionnant char de la Reine des Reines construit spécialement pour l'occasion, seraient les lointains héritiers au début du de ces pratiques festives des blanchisseuses.

Le succès de la fête

Fichier:La Mi-Carême devant le Petit Journal en 1892.jpgvignetteuprightLe char d'Henriette Delabarre, Reine des Reines de Paris 1892 et son escorte, devant l'hôtel du Petit Journal, 61 rue La Fayette, le jeudi de la Mi-Carême 24 mars 1892.
Francisque Sarcey note en :
A la Mi-Carême on regarde d'un œil bienveillant le défilé des voitures de blanchisseuses obstruer le boulevard et couper tout passage aux gens affairés (s'il en est ce jour-la), et le soir toutes les guinguettes font rage sans que personne s'en scandaliseFrancisque Sarcey Notes de la semaine, Les Gamineries sottes, Les Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche, , page 8, . !

L'engouement pour la Mi-Carême est , comme cela ressort de cet écho de la fête en 1899 :
C'était jeudi la Mi-Carême, et c'est une fête autrement nationale que le 14 Juillet. J'ai voulu offrir à des parents de province le spectacle du boulevard en un pareil jour. Je suis allé au restaurant où j'ai l'habitude de déjeuner.

— Vous me réserverez une fenêtre, n'est-ce pas ?
— Oh ! monsieur, vous n'y pensez pas !
— Comment cela ?
— Mais tout est loué, archiloué. Il y a au moins un mois que tous nos cabinets sont retenus.
J'ai fait deux ou trois autres restaurants : même réponse. Le boulevard tout entier a été loué. La fête est lancée, et, qu'il pleuve ou qu'il vente, la Mi-Carême sera réussieLes Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche, début de l'article d'Emmanuel Arène Confetti de Mi-Carême, , , numéro 820, page 165..

En 1907, un journaliste hostile à la fête, Jean-Bernard, correspondant à Paris du journal l Indépendance Belge, témoigne de l'importance de celle-ci dans sa chronique hebdomadaire La Vie de Paris :
Mais qui songe aujourd'hui à Libri, Paris est occupé surtout des chars de la Mi-Carême.
L'horrible chose, qu'une journée de la Mi-Carême : il n'est rien de si bassement brutal, de si odieux pour les honnêtes parisiens.

Les boulevards sont envahis par une cohue grossière où dominent les gens mal élevés qui s'excitent à l'insolence les uns les autres. On se presse, on s'écrase, on est bousculé, injurié par des farceurs sans esprit. La canaille, ce jour-là, prend sa revanche et les repris de justice ont droit à la première place ; il leur arrive d'aveugler à coup de confetti les juges qui, la veille, ont réprimé leurs méfaits. Qu'une honnête femme ne se hasarde pas à protester, elle sera injuriée d'abord, poursuivie de lazzis et frappée si elle insiste. Au milieu de ces tumultes, on remarque de très braves bourgeois qui viennent former la foule et prendre leur part de bousculades au milieu de cette cohue inénarrable. Sur tous les grands boulevards, les voitures ne passent plus, les omnibus ne font plus communiquer les deux parties de la ville, la circulation est arrêtée.

Il faut croire qu'il en est qui aiment ces spectacles, qui affectionnent ces désordres, puisque cinq cent mille personnes se pressent sur les larges trottoirs pour voir passer le légendaire cortège de chars ; une jeune fille hissée sur un char théâtrale, revêtue d'un costume de reine d'opérette, envoie des baisers à la foule qui se pâme, qui bat des mains et crie bravo ! C'est bête à pleurerJean-Bernard, La Vie de Paris, 1907, Alphonse Lemerre éditeur, Paris 1908, pages 88-89..

L'affluence énorme, la foule compacte le jour de la fête, inspire une blague rapportée par Le Journal du dimanche en 1913Le Journal du dimanche, 9 mars 1913, page 148, . :

Une fête au prestige national et international

Fichier:Le Petit Journal 1er avril 1906 2.jpgvignetteuprightLes reines de la Mi-Carême 1906 en visite au Petit Journal : Calais, Madrid, Paris, Rome et Vevey sont représentées.
vignetteLa Reine des Reines de Paris avec son char aux Fêtes de Falaise le .Fichier:REINE RUSSE 1926.jpgvignetteLa Reine de la colonie russe de Paris à la Foire de Lyon en 1926Détail d'une photo où elle figure à la Foire de Lyon avec la Reine de Paris 1926. Voir la photo en entier sur la base Commons..
La fête et national. Dans le cortège du Bœuf Gras qui défile le à Paris, trouve une déesse de l'Agriculture juchée sur un char par celui des Reines des Reines de la Mi-CarêmeVoir le char de la déesse de l'agriculture dans le cortège du Bœuf Gras parisien en 1902. . Au moins à partir de 1905 et jusqu'en 1920 des délégations de province viennent participer à la fête à Paris. Des délégations de la Mi-Carême parisienne sont invitées à des fêtes en province. Ainsi, par exemple, à la Cavalcade Paris-Chartres le à Chartres, participe la Reine des Reines de Paris, ainsi que des chars de la Mi-Carême parisienne 1906, l'Harmonie du Petit Parisien et la société bigophonique Les Étourdis de ParisLes Fêtes de Chartres, Le Matin, 2 avril 1906, page 4, et . Voir l'article reproduit dans Commons. Voir l'arrivée à Chartres de la Reine des Reines de Paris venant participer à la Cavalcade Paris-Chartres 1900 (1900 indiqué par erreur au lieu de 1906). et le Char de la Reine des Reines de Paris à la Cavalcade Paris-Chartres 1906. Et aussi le Char de la Tortue à la Mi-Carême 1906 à Paris et le même ensuite à Chartres, première vue, Commons:File:Char de la Tortue 1906 Paris à la Cavalcade Paris Chartres 1906.jpgdeuxième vue..
La Reine des Reines de Paris 1907 participe à la cavalcade du à Évreux. À cette occasion est créée une carte-postale souvenir avec les portraits de Georgette Juteau Reine des Reines parisienne et Marthe Bréant Reine du Commerce d'ÉvreuxVoir la carte-postale souvenir des deux Reines de la Cavalcade du 5 mai 1907 à Évreux. . La même chose est faite à l'occasion de la participation de la Reine des Reines de Paris 1909 aux Fêtes Normandes de juin 1909 à Rouen. Son portrait accompagne cette fois-ci ceux de la Reine de Calais et de la Reine de NormandieVoir la carte-postale souvenir des Reines des Fêtes Normandes du 18 au 21 juin 1909. .
La Reine des Reines de Paris, avec son immense char de parade se déplace en province et défile. Il en est ainsi avec Antoinette Orlhac le 16 mai 1909 à SaumurPhoto d'Augustine Orlhac, Reine des Reines de Paris 1909, avec son char participant au défilé fleuri du 16 mai 1909 à Saumur. , Élisa Gaillard le à FalaiseVoir la carte-postale du char de la Reine des Reines de Paris à Falaise le 22 mai 1910. et Jeanne Quéru le à AlençonVue du Char de Jeanne Quéru, Reine des Reines de Paris 1911, à la Cavalcade du 5 juin 1911 à Alençon. . Les 25, 26 et 27 juin 1910, des Reines de Paris participent aux Fêtes de Châteauroux et défilent à cette occasion sur le char de la Reine des Reines de Paris 1909Voir une vue du Char des Reines de Paris à Châteauroux, en juin 1910, et une autre vue du Char des Reines de Paris à Châteauroux, en juin 1910 et le même char à la Mi-Carême à Paris 1909, portant la Reine des Reines de Paris. .
voit aussi des chars de la Mi-Carême parisienne réutilisés ailleurs. En 1912, Le Nouvelliste de Vannes écrit à propos de la fête des « Filets Bleus » de ConcarneauLa fête des Filets Bleus, Le Nouvelliste de Vannes, . :
Quant à la reine des « Filets Bleus », on peut être certain qu’elle sera charmante. Les membres du Comité n’auront que l’embarras du choix, ce ne sont pas les jolies filles qui manquent à Concarneau.

D’ailleurs, quelle est celle d’entre elles qui ne serait fière, de trôner sur le magnifique char qui, ayant déjà figuré à la cavalcade de la mi-carême à Paris, est en ce moment en route pour son port d’attache à Concarneau.
En 1912, la Reine des Reines de Paris, avec ses demoiselles d'honneur, est invitée à la cavalcade du 21 avril organisée à l'occasion de la Fête d'Aviation de Nancy. À cette occasion, elles défilent sur le char de la Reine des Reines de Paris 1909, orné d'un avion. Char qui a été récupéré par une marque locale de bièresVue du char de la Reine des Reines de Paris 1909, monté par Marcelle Paradeis, Reine des Reines de Paris 1912 et ses demoiselles d'honneur, à la cavalcade du 21 avril 1912 à Nancy. . La Reine des Roses, qui vient d'être créée à Paris, participe à la Fête des Fleurs à Rennes, en mai. Une carte-postale éditée à cette occasion montre son char défilant devant la fouleVoir le Char de la Reine des Roses de Paris à la Fête des Fleurs 1912 à Rennes. .
En 1920, Elisabeth Kollen, Reine de Metz, participe à la Mi-Carême à ParisAprès un interrègne de cinq ans une reine des reines a de nouveau conquis Paris, Le Matin, , page 1, et .. La même année, les Reines de Paris visitent l Exposition Nationale de MetzVoir la carte-postale souvenir de la visite des Reines de Paris à l'Exposition Nationale de Metz 1920.. En 1922, elles participent aux Fêtes fleuries d'UzercheVoir une carte-postale souvenir de la participation des Reines de Paris aux Fêtes fleuries d'Uzerche 1922.. En 1925, les Reines de Paris sont reçues et fêtées à Nancy, au côté de la Reine de Nancy, Suzanne Planchenault et de ses deux demoiselles d'honneur Georgette Lethé et Marguerite Croisethttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k575010d/f3.image.r La reine des reines de Paris est fêtée joyeusement à Nancy, Le Matin, 23 mars 1925, page 3, .. En 1926, la Reine de Paris au côté de la Reine de la colonie russe de Paris est à la Foire de Lyon. En 1927, à Rethel, les Reines de Paris sont les vedettes des Fêtes de la Sainte AnneVoir les Reines de Paris à Rethel pour les Fêtes de la Sainte Anne 1927.. Le , à la Fête de la Reine, à Angoulême, participe un Char de la Reine de ParisCommons:File:Fête de la Reine - Char de la Reine de Paris - Angoulême 1928.jpgVue du Char de la Reine de Paris à la Fête de la Reine à Angoulême en 1928. .
La Mi-Carême parisienne paraît avoir servi de modèle pour d'autres fêtes dans les provinces de France. Si considère, par exemple, les grandes Fêtes de la Bonneterie en 1925 à Troyes, y retrouve les grands charsVoir par exemple le Char des quartiers de la Vacherie, Moline, Vouldy. , les chars comiquesLe Char de la Piscine et le Char des Pigeons Voyageurs « Société de la Poste sans relai ». , le char de la ReineChar de la Reine de la Bonneterie. , le couronnement solennel de celle-ciVoir la Reine se rendant au Cirque pour la Cérémonie du Couronnement. , sa réception à la PréfectureVoir la Reine de la Bonneterie à sa sortie de la Préfecture. et à l'hôtel de villeVoir la Reine de la Bonneterie à sa sortie de l'hôtel de ville. , et même des reines baptisées « AbeillesVoir les Abeilles du quartier de Croncels. », suivant un titre de substitution lancé à la Mi-Carême parisienne en 1923-1924.
Le titre de Reine des Reines, inventé à la Mi-Carême à Paris en 1891, a été repris dans d'autres villes françaisesVoir à ce propos, par exemple, la photo d'une Reine des Reines de Quimper, ou le Char de la Reine des Reines de Montceau-les-Mines à la cavalcade 1924. (et aussi à Paris en d'autres occasionsVoir la photo de la Reine des Reines des Fêtes de Bienfaisance des Quartiers des Halles-Centrales et Place Gambetta 1908 à Paris.). Il s'est exporté en Belgique, à Mons et BruxellesL'élection de Micky Damremont, artiste de cinéma et Reine des Reines de Bruxelles 1927 est rapportée par L'Ouest-Éclair, édition de Rennes, 25 mars 1927, page 1, ..
Autre exemple d'influence parisienne : en 1906, Le Petit Journal rapporte que l'Académie Culinaire ou Les Étourdis, une société bigophonique parisienne composée de 40 exécutants jouant sur des bigophones en formes de denrées alimentaires, donne une aubade à la Reine des Reines de Paris à l'occasion de la Mi-Carême. En , aux Fêtes Normandes de Rouen débarque une autre Académie Culinaire. Elle vient de Bruxelles, est composée de 100 musiciens aux costumes originaux. Ils jouent sur des bigophones aux formes fantaisistes représentant de colossaux légumes plantés au bout de fourchettes géantesLes Fêtes de Rouen, Le Matin, 20 juin 1909, page 3, . Voir l'article reproduit dans Commons. Voir l Académie Culinaire de Bruxelles à Rouen qui défile durant les Fêtes Normandes de juin 1909.. 13 ans plus tard, en 1922, on retrouve les bigophonistes belges à Nancy. Ils participent à la Cavalcade de la Mi-Carême dans cette villeCommons:File:Musique de l'Académie Culinaire - Mi-Carême 1922 - Nancy.jpgVoir l Académie Culinaire de Bruxelles à Nancy à la Mi-Carême 1922..
Dans le domaine des chars, la Mi-Carême parisienne influence également hors Paris. voit ainsi un Char de la Musique à la Mi-Carême 1911 à Varzy manifestement inspiré par un Char de la Musique de la Mi-Carême parisienneVoir le Char de la Musique parisien et le Char de la Musique à Varzy. . Le char de la Reine des Reines, à Roubaix, en 1903Voir le Char de la Fraternité avec la Reine des Reines à Roubaix le 31 mai 1903. , et ceux des Reines de Cognac en 1910Voir le char des Reines de Cognac en 1910. , de la Reine des Reines de Bonneval en 1912Voir le char de la Reine des Reines de Bonneval en 1912. , de la Reine des Reines de Dole, la même annéeVoir le char de la Reine des Reines de Dole en 1912. , de la Reine des Reines des Tissages à la Ferté-Macé, en 1913Voir le char de la Reine des Reines des Tissages et ses demoiselles d'honneur à la Ferté-Macé en août 1913. , et de la Reine des Reines de Mons, en 1914Voir le Char de la Reine des Reines de Mons à la Mi-Carême 1914. , . Le char de la Reine des Reines, à Fourchambault, en 1908Voir le Char de la Reine des Reines à Fourchambault en 1908. , à Chailley, dans les années 1910Voir le char de la Reine des Reines de Chailley dans les années 1910. , ainsi que la voiture de parade fleurie de la Reine de la Mi-Carême 1929 à Argent-sur-Sauldre, reproduisent en miniature le char de la Reine des Reines de ParisVoir la voiture de parade de la Reine et ses demoiselles d'honneur à la Mi-Carême 1929 à Argent-sur-Sauldre. . Le char de la Reine du Muguet qui défile à Rambouillet le est le 11 mars précédentVoir la photo du char de la Reine des Reines de Paris 1920 et celle du char de la Reine du muguet à Rambouillet le 16 mai 1920. . .
Au Carnaval de Chalon-sur-Saône en 1908Voir le Char de la Reine et des demoiselles d'honneur au Carnaval de Chalon-sur-Saône 1908. et 1909Voir le Char de la Reine et de ses demoiselles d'honneur au Carnaval de Chalon-sur-Saône 1909. . Et en 1913, au Carnaval de Chalon-sur-Saône on réutilise des chars de la Mi-Carême 1912 à Paris : le char de la Reine des Reines de Paris 1912 porte la Reine des Reines de Chalon-sur-Saône 1913Voir le char de la Reine des Reines de Paris 1912, et celui-ci réutilisé pour la Reine des Reines du Carnaval de Chalon-sur-Saône 1913., Voir une autre vue du même char à Chalon-sur-Saône en 1913. . retrouve aussi ici un char du Carnaval de Nice monté à Paris pour défiler à la Mi-Carême 1912Vue du Char de la Vie Chère au Carnaval de Chalon-sur-Saône 1913. . Et, en 1922, retrouve le char de la Reine des Reines de Paris 1911 portant les Reines du Carnaval de Chalon-sur-Saône. Le même char qui avait déjà voyagé en juin 1911 jusqu'à Alençon avec la Reine des Reines de ParisVoir le char de la Reine des Reines de Paris à Alençon le 5 juin 1911 et le même char portant les Reines du Carnaval de Chalon-sur-Saône 1922. .
À partir de 1904, la Mi-Carême parisienne inaugure des échanges internationaux. Des délégations de Paris visitent des pays étrangers, des délégations étrangères viennent participer à la fête à Paris. La dernière en date à venir à ce jour sera le Soutien de Saint-Gilles en 1926 et 1927, un ensemble bigophonique belge composé de 153 musiciens costumés en PierrotsVoir l'article La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 12 mars 1926, page 1, et Commons:File:Saint Gilles 1927.jpgune photo des bigophones belges du Soutien de Saint Gilles défilant à Paris le jeudi de la Mi-Carême 24 mars 1927. .
La renommée de la Mi-Carême parisienne s'étend bien au-delà des frontières françaises. en trouve des échos jusque dans la presse de Nouvelle-Zélande, en 1873Mid-Lent in Paris, West Coast Times and Observer, numéro 2387, 27 mai 1873, page 2, . Commons:File:Mid-Lent in Paris.jpgVoir l'article reproduit en entier sur la base Commons.

La Reine de la colonie russe de Paris

La diversité de populations d'origines étrangères à Paris amène le Comité des fêtes de Paris en 1925 a lancer l'idée de l'élection de reines représentatives de chacune de ces communautésVoir l'article Une « reine » de la colonie russe sera élue samedi prochain, Le Petit Parisien, , page 6, .. Cette , dont la communauté a augmenté récemment, à la suite de l'émigration blanche après la Révolution d'Octobre 1917.
Le est élue la première Reine « de la colonie russe » à ParisAnnonce de l'élection de la Reine de la communauté russe, parue dans la rubrique Nos Échos, Aujourd'hui, Le Petit Parisien, 31 octobre 1925.. aperçoit celle-ci sur une photo où elle figure avec la Reine de Paris à la Foire de Lyon en 1926Voir sur la base Commons la photo de la Reine de la colonie russe de Paris avec la Reine de Paris à la Foire de Lyon en 1926. . La suivante élue, Kira Sklarov, Reine de la colonie russe de Paris 1927, est couronnée à l'hôtel Lutétia par la Reine de Paris durant la nuit qui suit le jeudi de la Mi-Carême 24 mars 1927« Sa Majesté est allée à 2 heures à Lutétia couronner la reine de la Colonie russe à Paris », extrait de l'article : Ce matin, la Reine dort, Le Siècle, 26 mars 1927, page 1, . Voir l'article reproduit sur la base Commons.. Et dans le cortège de la Mi-Carême le 15 mars 1928, Nika Seversky, Reine de la colonie russe de Paris 1928, défile avec la Reine des Reines de Paris et les reines d'Alsace, du Bourbonnais et de la Corsehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k576099v.langFR Cortège de la Mi-Carême, Une foule considérable et joyeuse sous les rayons du soleil, Le Matin, , page 1, . Voir l'article reproduit sur la base Commons. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k576030c/f3.image.r=reine%20de%20la%20colonie%20russe.langFR La reine de la colonie russe de Paris, Le Matin, , page 3, . Voir l'article reproduit sur la base Commons.. Le nom de la Reine de la colonie russe de Paris élue en 1928 est indiqué dans cet article.. Le , Suzy Lesage Reine de Paris 1935 et Madeleine de Charpin Reine de Paris 1934 président le banquet annuel de la colonie russe de ParisLa présidence du banquet annuel de la colonie russe de Paris par deux Reines de Paris est indiquée par https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k663398j/f4.image.r.langFR Le Petit Parisien, 8 mars 1935, page 4, . Commons:File:Banquet annuel de la colonie russe de Paris présidée par deux Reines de Paris.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons..
La proposition de créer d'autres reines représentatives des différentes communautés vivants à Paris amène l'apparition en 1927 d'une Reine des colonies, du nom de Trantchilec, une Reine des musulmans, Sonia BrahimLa Reine de Paris au "Petit Parisien", 20 mars 1927. et une reine de la colonie italienne de ParisMi-Carême, Le sourire des Reines à travers Paris, Le Gaulois, 25 mars 1927, page 2, ..

Une fête populaire

Fichier:Carnaval de Chalon-sur-Saône 1913 - Char de la Reine des Reines.jpgvignetteuprightLe char de la Reine des Reines de Paris 1912 réutilisé pour la Reine des Reines du Carnaval de Chalon-sur-Saône en 1913.
Durant longtemps, la Mi-Carême est une fête extrêmement populaire en France, et pas seulement parce qu'à une époque où ils sont rares existent des « congés de la Mi-Carême ». Cette fête fait partie de la vie et y .
La Strasbourgeoise, un chant militaire français écrit à l'occasion de la guerre franco-prussienne de 1870 y fait allusion. À son début une fillette dit à son père mobilisé :
Petit papa c'est donc la mi-carême,
Car te voilà déguisé en soldat
Fin , début , l'ensemble de la presse française encense la Mi-Carême. En 1905, par exemple, depuis Le Figaro jusqu'à L'Humanité, tous les journaux parlent avec enthousiasme des grandes festivités franco-italiennes organisées pour la Mi-Carême.
Seules quelques voix s'élèvent contre la fête à l'époque où elle prospère. Ainsi, La Plume, en 1913, reproche à la Mi-Carême de faire tourner la tête aux jeunes filles de condition modeste promues reines et comblées de cadeaux. Goutant ainsi momentanément au luxe et cherchant à pérenniser celui-ci dans leur vie, selon La Plume, elles sombreraient ensuite inévitablement dans la prostitution.
En 1917, alors que la Mi-Carême est interdite pour la troisième année consécutive, à la suite de la guerre, L'Humanité écrit, nostalgique, le 16 mars, lendemain de la date de la fêteMi-Carême, L'Humanité, 16 mars 1917, page 2, . :
Mi-Carême

Les cortèges de. la mi-carême, la reine des reines, les bals au coin des rues, au son des cuivres et des violons, les batailles de confettis et de serpentins, comme tout cela parait loin !
Les pensées ne sont plus aux réjouissances. La mi-carême, on en parlera plus tard après la paix. Pour l'instant on se préoccupe du sort de ceux qui se battent et dans les familles il n'y a plus guère de fête que pour l'arrivée du permissionnaire, toujours aussi impatiemment attendu.

Au moment où la Grande Guerre s'achève, le même journal écrit, le Après l'Armistice, Manifestations et Conséquences, L'Humanité, 13 novembre 1918, page 2, . :
Après l'Armistice

Manifestations et Conséquences

Tout Paris a chômé hier à l'occasion de l'armistice. Et la même liesse qui s'était manifesté la veille a encore une fois caractérisé la physionomie de la rue. Le même enthousiasme a régné, les mêmes scènes qui avaient déjà égayé la ville se sont reproduites un peu partout, et les grands boulevards, envahis par la foule des promeneurs, ont encore repris cette allure si particulière d'animation intense, de gaieté profonde et mouvementée, qui caractérisait les jours de mi-carême avant la guerre. On a même, par endroits, jeté des confetti !

La soirée nous a permis de revoir la féerie de Paris éclairé, éclairé comme aux plus beaux soirs, dans les principales artères tout au moins. Tous les candélabres étaient allumés, sans que le moindre verre coloré vint atténuer leur éclat, et de nombreuses rampes électriques, et enseignes lumineuses, rapidement raccordées dans la journée, vinrent nous rappeler le caractère qu'avait autrefois la « Ville-Lumière ».

Cela ne contribua pas peu au maintien de la joie populaire, de même que l'ouverture des cafés et débits qui avait été autorisés, hier encore, à ne fermer qu'à onze heures du soir !
En 1919, seule de toute la presse, L'Humanité proteste vigoureusement et en première page, contre l'interdiction des confettis à Paris, qui porte préjudice aux fêtes du Mardi gras et de la Mi-Carême. Ce journal s'élève également contre l'interdiction de la fermeture tardive des cafés parisiens et de la possibilité d'y jouer de la musiqueVictor Snell Le mardi pas gras, L'Humanité, 5 mars 1919, page 1, . Commons:File:Le mardi pas gras - Humanité 5 mars 1919 - page 1 - 3ème colonne.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons..

La fête des étudiants parisiens

Fichier:Reine des étudiants 1920.jpguprightvignettegaucheLe jeudi de la Mi-Carême , la Reine des étudiants de Paris est reçue au palais de l’Élysée avec cinq étudiants portant la faluche.
uprightvignetteAnnonce du bal étudiant du jeudi de la Mi-Carême .
À partir de 1893, la Mi-Carême devient la fête des étudiants parisiens. Cette année-là, ils la rejoignent en masse dans la rue avec l armée du chahutL armée du chahut est un nom comique. Un jeu de mots fait avec chahut et Armée du salut, nom de l'organisation philanthropique et évangélique fondée en 1865 par le pasteur méthodiste William Booth.. Les organisateurs de cette participation sont l'Association générale des étudiants de Paris, dite l « A », et la Faluche.
Fêter la Mi-Carême n'est pas nouveau pour les étudiants parisiens. Déjà en 1670 on voyait leurs ancêtres, les écoliers, élire des rois et reines à cette occasion.
peut lire sur Internet un récit rendant bien l'atmosphère de la Mi-Carême dans la rue au Quartier latin en 1900Léon Duvauchel, Mi-carême d'étudiants, Les horizons de Paris, chapitre II, Société libre d'édition des gens de lettres, Paris 1900, pages 15 à 20..
peut voir la foule assistant au défilé des étudiants pour la Mi-Carême 1920, sur un cliché de l'agence Rol. . Quand, dans les années 1930, le cortège central de la Mi-Carême n'a pas lieu, n'ayant pas été organisé, leur défilé se maintient.
La fête étudiante n'a pas seulement lieu dans la rue. Elle est aussi l'occasion d'organiser tous les ans un bal masqué.
En 1934, Le Matin, détaillant le programme de la Mi-Carême à Paris, précise que les étudiants donneront le soir « leur grand bal annuel de la mi-carême dans toutes les salles du Palais des congrès, porte de Versailles ». Ce bal de la Mi-Carême étudiante est alors une véritable traditionLes fêtes de la mi-carême à Paris, Le Matin, , page 10, . Commons:File:Programme Mi-Carême 1934.jpgVoir l'article reproduit dans Commons..
Les étudiants sont – avec les forts des Halles de Paris et les grands journaux parisiens, – les organisateurs du grand cortège du jeudi de la Mi-Carême , dernier cortège du Carnaval de Paris sorti à grande échelle au .
En 2005, pour célébrer le centenaire de la participation de 300 Italiens du Piémont et de Lombardie à la mi-Carême à Paris 1905, des dizaines d'étudiants italiens venus de toute l'Italie participent à l'autre cortège du Carnaval de Paris, la Promenade du Bœuf Gras.
À cette occasion est signé entre les organisateurs un traité carnavalesque italo-français.

La Mi-Carême et les communistes

Dans les années 1920-1930, la Section Française de l'Internationale Communiste, ancêtre du Parti Communiste Français, intègre la populaire Mi-Carême à sa politique.
En 1922, son journal commence à s'élever contre la Mi-Carême officielle. Le , on lit dans L'HumanitéLes Reines, L'Humanité, 18 janvier 1922, page 2, . :
Les Reines

vignetteuprightLe jeudi de la Mi-Carême 24 mars 1927, une reine en visite à L'Humanité.
Fichier:Bal de la Mi-Carême en 1933.jpgvignetteuprightL'Humanité, 14 mars 1933Rubrique Les sports, L'Humanité, 14 mars 1933, page 3, ..
On les choisit un peu partout, les pauvres petites reines de la Mi-Carême.
Vous plairait-il, ma jolie, d'être celle du ? L'élection aura lieu le 4 février à 3 heures, à la Mairie. Si vous êtes française, âgée de 18 à 25 ans, écrivez avant le 26 janvier au Comité des fêtes, 8, rue de la BanqueIl s'agit de l'adresse de la mairie du de Paris. Ce Comité serait le Comité des fêtes de la mairie., afin de poser votre candidature. Justifiez de votre domicile par une pièce quelconque, et de vos occupations par un certificat de travail…

Et si vous pouvez suborner quelques-uns de ces messieurs du jury, peut-être serez vous élue…
Le , lendemain de la Mi-Carême, c'est en première page de L'Humanité que le rédacteur en chef, Paul Vaillant-Couturier, s'en prend très violemment à l'organisation de la Mi-Carême officiellePaul Vaillant-Couturier, Aujourd'hui, Mi-Carême de désastre, L'Humanité, page 1, . Commons:File:Mi-Carême de désastre.jpgVoir l'article reproduit dans Commons. :
Aujourd'hui, Mi-Carême de désastre

Hier on avait convoqué une large foule à s'amuser par ordonnance préfectorale. Une permission limitée dont elle voulait se hâter de profiter... Mi-Carême du grand Carême de chômage...
Et cela était pathétique...
Les chars. Une pauvre odeur rance de comité d'arrondissement. Du pavoisement mal foutu qui laisse voir une méchante charpente De pauvres petites reines outrageusement maquillées envoyant des baisers mécaniques aux réclames des boulevards et aux haies sans bravos. Des bandes d'étudiants fascistes.

Tricolore et publicité, publicité et tricolore. Plus rien de traditionnel même dans ce que le mot peut encore contenir de grandeur populaire.
Des centaines de mille francs dépensés pour créer un maximum de laideur une laideur anguleuse et sans couleur.
On avait voulu ressusciter les fêtes d'antan !
Lazare se levait, mais cadavérique puant, épouvantable !
Plus la moindre fantaisie.
Aucun char de « déguisés » n'avait surgi de la masse. Tout cela était l'émanation d'une joie stérilisée.
La fête n'avait non plus rien d'une conception quelconque d'ensemble. Une fade anarchie, un décousu invraisemblable dans le spectacle incohérent.

(...)
La mention des « bandes d'étudiants fascistes » s'explique par le fait que dans les années 1920, la Mi-Carême, fête apolitique, jouit d'une grande popularité notamment dans les rangs des étudiants de l'Action française. Comme en témoigne leur organe, L’Étudiant français, qui écrit, le L’Étudiant français, 15 mars 1921, page 82. :
PARIS

L'Association Générale des Étudiants a pris, cette année, une heureuse initiative en collaborant avec le Comité des Fêtes de Paris pour l'organisation de la Mi-Carême.
Le samedi 26 février, à la Maison des Étudiants, fut procédé à l'élection de la Lisette des ÉtudiantsLisette est une figure longtemps illustre des chansons du jadis très célèbre chansonnier français Béranger, qui a écrit avant 1839 : Ce n’est plus Lisette, Les Infidélités de Lisette, Le Pèlerinage de Lisette, La Vertu de Lisette. De son côté, quand en 1864 le poète grenoblois Gabriel Monavon dédie à l'actrice Virginie Dejazet sa chanson Le Chansonnier à Lisette, il précise que l'air est celui « de la Lisette de Béranger ». Cet air est donc alors un air connu. Et sans doute encore en 1921, quand les étudiants parisiens choisissent de baptiser leur Reine : Lisette., la toute gracieuse Marie Leca, élue avec enthousiasme au milieu d'une joyeuse assemblée. Le peintre Willette et de nombreux conseillers municipaux étaient venus prêter leur concours à la fête.

Et le jeudi suivant, dans le cortège de la Reine des Reines, notre Lisette, à côté de Béranger, défilait à travers tout Paris, sur le char de la Chanson française, qu'entouraient les Étudiants coiffés de leur béret.
Toutes nos félicitations à l'A. G. et à son président, Albucher.
Traditionnellement, les Reines de la Mi-Carême rendent visite aux sièges des grands journaux parisiens. Le , L'Humanité annonce avoir reçu à son siège la reine des employées des maisons bourgeoises et ses deux demoiselles d'honneurA "l'Humanité"… une "reine"…, L'Humanité, 26 mars 1927, page 2, et . :
A « l'Humanité »… une « reine »…

Une « reine » à l'Humanité !…
La camarade Marie Rolland « reine » des employées des maisons bourgeoises, accompagnée de ses deux demoiselles d'honneur, Marie Bricault et Pinas Stanislova, et d'une délégation du Syndicat, est venue, jeudi jour de Mi-Carême, saluer notre journal.

Contrairement à la coutume bourgeoise, cette « reine » n'est pas allé s'exhiber sur les boulevards. Dans la matinée, elle se rendait au ministère du Travail pour présenter les revendications de ses camarades qui l'avaient élue :

Repos hebdomadaire, égalité vis-à-vis des autres corporations en ce qui concerne la prud'homie, meilleur logement et meilleures conditions d'hygiène, plénitude des droits civiques, juridiques et sociaux, telles sont les revendications qui furent précisées avec force et pour laquelle la délégation demanda une solution.

Le , à la tribune de la Chambre des députés, le député communiste Jacques Doriot dénonce, entre autres, l'interdiction d'un bal de la Mi-CarêmeJournal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés, 20 mars 1931, page 2065, , Imprimerie du Journal officiel, Paris 1931. :
vignetteuprightLe char du Bœuf Gras à la Mi-Carême 1928, publicité pour les Boucheries Auguste Sabatier.
Combien d'interdictions aussi n'avez-vous pas prononcées contre des bals ouvriers ! Dans l'espace d'un mois, à Saint-Denis, vous avez interdit le bal d'une organisation ouvrière féminine, le bal du Secours rouge international et, le jour de la mi-carême, vous avez été jusqu'à interdire un bal d'enfants travestis.

Le lit dans L'Humanité l'annonce d'un « bal de mi-carême rougeL'Humanité, 13 mars 1933, page 6, bas de la colonne. » :
Prenez note qu'au bal de mi-carême rouge aura lieu un concours de travestis entre ceux et celles qui auront su le mieux ridiculiser nos adversaires de classe.
Par la suite, les communistes français paraissent retrouver une certaine neutralité vis-à-vis de la Mi-Carême. Le , L'Humanité publie une photo d'Hélène Capron, la jeune Reine des Reines de Paris. Et le journal communiste Ce Soir édite un tract d'appel au grand cortège qui défile à Paris le jeudi de la Mi-Carême Tract conservé dans les Dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris..
À l'opposé de l'échiquier politique, voit Suzy Lesage Reine de Paris 1935 participer avec deux autres reines à un bal des croix-de-feux à Vincennes en 1935Le Petit Parisien, 27 mars 1935, page 7, :
— La section de Vincennes de l'Association des croix de feu et briscards donnera, samedi prochain à 20 h. 30, 27, rue des Laitières, un grand concert avec de nombreuses vedettes, suivi de bal de nuit au profit de sa caisse de secours. Les reines de Paris, Vincennes et de la Bourgogne seront présentes.. Mais il faut relever que d'une façon générale, la plupart du temps, la politique ne participe pas de la Mi-Carême parisienne qui reste une fête totalement apolitique.

La Mi-Carême et le député Auguste Sabatier

En 1928, la politique s'invite indirectement dans la Mi-Carême parisienne. Alors que le boucher Auguste Sabatier se présente à la députation, le député communiste Jean Garchery, qui ne fait pas partie de ses amis politiques, le décrit ainsi dans un débat à la Chambre des députésChambre des députés, du , Journal officiel de la République française, Débats parlementaires, , . Commons:File:Jean Garchery parle à la Chambre des députés d'Auguste Sabatier et de la Mi-Carême.jpegExtrait de l'intervention de Jean Garchery où il parle de la Mi-Carême et d'Auguste Sabatier, reproduit sur la base Commons. :
Nous savons que M. Sabatier est président d'un comité des fêtes de Paris, que, en particulier, il organise chaque année les fêtes de la mi-carème et qu'il dirige et préside les cérémonies au cours desquelles sont désignées les reines de la cité.
Le , dans le cortège de la Mi-Carême figure un char du Bœuf Gras vantant les mérites des boucheries Auguste Sabatier. Le patron de ces boucheries préside l'organisation de la fête. Alors qu'il est également en campagne électorale à Paris.
Il est élu député de la du , quartier de Clignancourt, le 29 avril suivantAuguste Sabatier, Assemblée nationale, Base de données des députés français depuis 1789..

La Mi-Carême et la publicité

vignettegaucheEn 1921, la Reine des Reines de Paris Yvonne Béclu pose pour le Bon Marché.
vignetteEn 1926, la Reine des Reines de Paris Mathilde Isembart pose pour l'apéritif Vichy Quina.
Fichier:Haut du mât du char électrique De Dion-Bouton de la Reine des Reines de la rive droite 1903 Marie-Missiaux.jpegvignettegaucheLa marque De Dion-Bouton fait sa publicité en haut d'un des mâts du char automobile électrique de la Reine des Reines de Paris pour la rive droite 1903Détail d'une photo du char prise par Jules Beau. Voir cette photo reproduite sur la base Commons..
La publicité cherche à s'infiltrer tôt dans le Carnaval de Paris sous la forme des chars réclames se joignant aux cortèges du Bœuf Gras et de la Mi-Carême.
« Le Triomphe », char automobile électrique construit par la maison De Dion-Bouton, sur lequel défile en 1903 la Reine des Reines de Paris pour la rive droite Marie Missiaux, porte plusieurs mâts. En haut d'un de ceux-ci se tient un angelot sculpté montrant un disque emblème de la marque. Il est écrit dessus, en grands caractères majuscules : « AUTOMOBILES DE DION-BOUTON ».
Cinq années plus tard, pour la Mi-Carême 1908, De Dion-Bouton s'associe aux pneumatiques Michelin pour faire défiler à Paris un char monumental de Bibendum et de Dion BoutonVoir une carte postale figurant le char de Bibendum et de Dion-Bouton défilant pour la Mi-Carême 1908 à Paris..
La publicité va aussi tendre à associer la Mi-Carême elle-même avec ses messages.
Ainsi, en 1921, le grand magasin parisien Au Bon Marché édite deux cartes-postales publicitaires à l'effigie d'Yvonne Béclu, Reine des Reines de Paris 1921, où est précisé qu'il a offert la tenue royale.
En 1926, Mathilde Isembart, Reine des Reines de Paris 1926, pose pour une carte-postale publicitaire de l'apéritif Vichy Quina, un vin de quinquina alors célèbre en France.
À côté de sa photo en tenue royale apparaît un quatrain manuscrit :
Au Vichy Quina
J'unis ma puissance à la Tienne
Désormais, c'est toi que je bois
Car si des Reines je suis Reine
Des Quinquinas tu es le Roi
Mathilde Isembart
Quand Auguste Sabatier, homme politique et boucher, préside à l'organisation du cortège de la Mi-Carême en 1927, celui-ci compte un char du Bœuf Gras. Il porte un bœuf de sa boucherie, comme le précise une inscription bien visible sur le charVoir la photo du char du Bœuf Gras 1927.. L'année d'après, le char du Bœuf Gras de la Mi-Carême est affublé d'une tonitruante publicité pour Auguste SabatierVoir la photo du char du Bœuf Gras 1928. .
L'organisation-même de la Mi-Carême parisienne est reprise par le commerce dans le cadre d'événements commerciaux. On peut voir, par exemple, en 1932, la foire-braderie organisée à Saint-Denis, juste après le jeudi de la Mi-Carême, dotée d'une Reine de la braderie avec ses demoiselles d'honneur. Un grand journal en parle. Et elles sont présentées aux autorités locales, exactement comme le sont habituellement les Reines des Reines de Paris et leurs demoiselles d'honneur aux autorités officielles à ParisUne foire-braderie aura lieu samedi et dimanche à Saint-Denis, Le Matin, 3 mars 1932, page 10, . Commons:File:Reine de la braderie.jpgVoir l'article reproduit dans Commons..
En 1924, à Montélimar, intronise trois Reines du Nougat : Irène Bernard, Rose Mouyon et Marguerite BrunVoir la photo des trois Reines du Nougat élues à Montélimar en 1924. . En 1932, à Paris, la Ligue nationale pour la défense des fumeurs et des industries se rattachant au tabac fait élire, à l'issue de son troisième congrès, une Reine des tabacs : Mademoiselle CapouladeLa fête du tabac, Le Matin, , page 1, . Voir l'article reproduit dans Commons.. Et à Plougastel-Daoulas, on élit, à une date indéterminée, une Reine des FraisesVoir la Reine des Fraises et sa cour à Plougastel-Daoulas.. Ce titre existe encore en 2012 dans au moins deux communes françaises : Bièvres, où Clara a été élue Reine des Fraises au cours de la Fête des Fraiseshttp://www.bievres91.org/ACCUEILWEBSICF.htm Voir la page du site Internet du Syndicat d'initiatives et Comité des fêtes de Bièvres sur la Fête des Fraises de Bièvres en 2012., et Woippy, où Djelyssa Dorschner a été élue Reine des Fraiseshttp://www.mairie-woippy.fr/version2/index.php/en/fete-des-fraises Voir la page du site Internet de la mairie de Woippy avec l'élection de la Reine des Fraises en 2012..

Disparition de la fête des blanchisseuses

Fichier:Char de la Reine des Reines rive gauche 1902.jpgvignetteLe char de Lucie Le Péru, Reine des Reines de Paris 1902 pour la rive gaucheLe cortège des étudiants, Le Matin, 7 mars 1902, page 1, ..
Fichier:Char de la Reine des Reines de Paris 1893 3.jpgvignettegaucheLe char d'Eugénie Petit, Reine des Reines de Paris 1893La Mi-Carême, Le Petit Journal, 10 mars 1893, page 2, ..
Fichier:Le char de la Reine des Reines (Reine des Blanchisseuses.jpgvignettegaucheLe char de Marie Bonhomme, Reine des Reines de Paris 1894Détail de l'estampe Imagerie d’Épinal. , La cavalcade de la mi-carême à Paris, Pellerin & Cie, imprimeur-éditeur, Épinal 1894, gravure sur bois en couleurs : ..
vignetteEn-tête des lettres du Comité des Fêtes de Paris préparant les festivités de la Mi-Carême 1905.
Fichier:Georges Redon - Cortège de la Mi-Carême 1895 - Char de la Reine des Reines.jpgvignettegaucheLe char de Marie-Louise Grimm, Reine des Reines de Paris 1895Détail d'un dessin de Georges Redon L'Univers illustré, 30 mars 1895, page 201. Voir le dessin en entier reproduit sur la base Commons..
Fichier:Char de la Reine des Reines de Paris 1902 - 2.jpgvignettegaucheLe char de Berthe Roche, Reine des Reines de Paris 1902 pour la rive droiteLa Mi-Carême, Le Petit Journal, 7 mars 1902, page 1, et ..
À partir de 1891, des hommes, les maîtres de lavoirs, vont priver les femmes, les blanchisseuses, de leur fête.
Le prétexte invoqué – comme toujours en pareil cas les adversaires avancent masqués – sera l'efficacité et l'amélioration de la fête. Il y aura aussi l'argent, grâce auquel on récompensera, on fera plus beau, etc.
Et aussi le mensonge, qui consiste à dire que la chose qu'on veut organiser c'est la même fête « améliorée ».
Le nom est le même, le conserver est rentable, incontournable, mais le but est différent.
Ce n'est plus une fête c'est un spectacle.
La création d'un somptueux char de parade accompagné par une escorte de prestige et d'un manteau de cérémonie pour la Reine des Reines participera de cette prise de contrôle de la Fête des Blanchisseuses par les maîtres de lavoirs. Le manteau, d'ailleurs, semble être toujours resté la propriété des organisateurs et non de la Reine des Reines. C'est ce qui paraît ressortir à la lumière d'un procès survenu en 1914 : la Reine des Reines ayant choisi de conserver son manteau en vue de le porter par la suite à son mariage, les organisateurs de l'époque – le Comité des Fêtes de Paris, – poursuivent la jeune fille en justice pour le récupérer. Finalement, ils perdent leur procèsLe manteau de la reine des reines, L’Éclair, 9 mars 1914..
Dans les années qui suivent 1891 une rivalité éclate entre les lavoirs, halles et marchés.
Excepté une certaine Madame Massot, présidente de l'association la Renaissance des Halles, seuls des hommes dirigeaient les halles et marchés parisiens. Les marchés s'emparent de la fête à partir de 1895. Puis ils sont éliminés par le commerce parisien représenté par le Comité des fêtes de Paris – organisme privé, créé en 1901, – qui leur succède en 1903.
Le Comité des fêtes de Paris à partir de 1921 se révèle incapable de gérer ce qui reste de la fête des blanchisseuses. Il discute même de l'idée de déplacer la Mi-Carême à un autre moment de l'année situé en dehors de la période traditionnelle et où le temps serait plus douxDossiers Actualités Carnaval, Bibliothèque historique de la ville de Paris.. Après diverses innovations douteuses, la fête disparaît dans les années 1930.
Elle est alors encore vivante dans les écoles. Témoignage oral du poète José Aberdam, recueilli en 2008. que dans les écoles du qu'il a fréquenté enfant, un repas costumé était organisé à la Mi-Carême. Les enfants s'inventaient leurs propres costumes, défilaient dans le quartier, couraient dans la cour de récréation, formaient des groupes, jouaient à chat-perché ou à se faire peur. Par ailleurs Mardi gras était également fêté.
À la Mi-Carême défile encore un grand cortège le et des cortèges d'enfants sur les Champs-Élysées dans les années 1950.
Après sa disparition, la grande fête des femmes . Dans les livres n'en . .
À Paris, se souvient . C'est seulement en 2008 que commence sa renaissance, et en 2009 défile à nouveau un cortège de la Fête des Blanchisseuses.

Une fête sœur en Allemagne


uprightvignetteLe « Beueler Damenkomitee von 1824 » (Comité de 1824 des dames de Beueler) photographié vers 1900.
Beueler quartier de la ville de Bonn en Rhénanie était fameux pour ses blanchisseries depuis le . En 1902 existaient encore 92 blanchisseries à Beueler.
Se déroulant au moment du Carnaval à Beueler existe une fête des blanchisseuses.
Les blanchisseuses ont créé en 1824 leur fête et son comité d'organisation : le « Beueler Damenkomitee von 1824 » (Comité de 1824 des dames de Beueler). C'était l'année d'après la naissance du grand Comité du Carnaval de Cologne, ville proche de Bonn.
Depuis 1958 est élue à Beueler à l'occasion de la fête une « Wäscherprinzessin (princesse des blanchisseuses) ». La première se nommait Maria Balzer.
Cette fête des blanchisseuses de Beueler où les femmes s'affirment face au pouvoir masculin a donné naissance à la tradition allemande du « Weiberfastnacht » ou « Weiberfasching » (appelée en Kölsch, dialecte de Cologne et ses environs : « Wieverfastelovend »).
Il s'agit du jour du Carnaval où les femmes s'arment de ciseaux et coupent les cravates des hommes.
qui existait encore, vers 1900, au moment du Carnaval dans la ville de Mulhouse.

Une tradition bolivienne présente à la Mi-Carême à Paris 2015

Fichier:Carnaval des Femmes 2015 - P1360805 - Boliviens place de l'Hôtel-de-Ville - Paris.JPGvignetteuprightgauche« Pujllay » fêté à Paris, place de l'Hôtel-de-Ville, au Carnaval des Femmes 2015.Fichier:Carnaval des Femmes 2015 - P1360808 - Boliviens place de l'Hôtel-de-Ville - Paris.JPGvignetteupright« Pujllay » dansé devant l'Hôtel de ville de Paris, au Carnaval des Femmes 2015.
Une fête traditionnelle de la communauté indienne Yampara de Bolivie : « Pujllay et Ayarichi », a été inscrite en 2014 par l'UNESCO sur la liste du patrimoine immatériel de l'Humanité. Le certificat de cette inscription a été porté au village de Tarabuco le jour de la fête de Pujllay, le .
À Paris, le même jour, « Pujllay et Ayarichi » ont été dansés par des Boliviens de Paris au Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses 2015Voir Pujllay de Oruro se exhibirá en el Carnaval de Mujeres de París sur le site Internet de Bolivia TV. Et également une vidéo de 36 minutes 30 sur https://www.youtube.com/watch?v=yyH-5RMxBPE La danse de Pujllay au Carnaval des Femmes à Paris, réalisée par Michaela Bernacki.. Les Boliviens ont dansé tout le long du parcours, depuis la place du Châtelet jusqu'à la place de l'Hôtel-de-Ville. Sergio Cáceres García, ambassadeur de Bolivie auprès de l'UNESCO, était présent à la fêteCommons:File:Carnaval des Femmes 2015 - P1360811 - Place de l'Hôtel-de-Ville - Paris.JPGVoir une photo prise le 15 mars 2015 place de l'Hôtel-de-Ville. Sergio Cáceres García est le troisième à partir de la gauche. .

Histoire de la fête

Au : la Truie qui file


uprightvignetteLa Truie qui file enseigne du .
Au , le jour de la Mi-Carême à Paris, dans le quartier de la Halle, se déroulent des festivités populaires autour d'une enseigne figurant une Truie qui file, située au numéro 24 rue de la Cossonnerie. Edmond Beaurepaire écrit à ce sujet en Edmond Beaurepaire Les Enseignes de Paris, Le Carnet historique & littéraire : revue mensuelle : rétrospective et littéraire, octobre 1902, . :
C'était un petit bas-relief en pierre peinte, devant laquelle, le jour de la mi-carême, les garçons de boutique des environs, les apprentis, les servantes et les portefaix de la Halle se livraient à des folies, « souvenirs du paganisme », s'il faut en croire Jean Deslyons, un grave docteur en Sorbonne Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du roy-boit. Paris, 1670, in-12, .. Sauval nous dit quelles étaient ces « folies » : on forçait les apprentis nouveaux et les artisans de la Halle à venir embrasser cette truie, non sans avoir soin de leur cogner le nez contre la pierre, et, jusqu'à la nuit, ce n'étaient que danses, cris, mascarades et beuveries dans tout le quartier.

Cette enseigne, du , est aujourd'hui au musée de ClunyCatalogue du musée des Thermes et de l'hôlel de Cluny (édition de 1883), ..

La Mi-Carême à Paris, au Palais Cardinal, mars 1656

lit dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, qu'à Paris, le jeudi de la Mi-Carême , Louis XIV participe à un jeu à cheval : il court la bague.
Jeu de bagues, Jeu d'adresse qui consiste à enfiler et à enlever, au galop d'un cheval avec une lance, une épée, un stylet ou un bâton, un ou plusieurs anneaux suspendus à un poteau : Le jour de la mi-carême, 26 mars 1656, Louis XIV voulut courre la bague dans le palais Cardinal. (Journ. inédPierre Larousse, Article BAGUE, Grand dictionnaire universel du : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique… Éditeur : Administration du grand Dictionnaire universel, Paris 1867, tome 2, page 51, ..)

La Mi-Carême à Paris, place Royale, mars 1659

Fichier:Mi-Carême 1909 - Char de la Reine des Reines de Paris Antoinette Orlhac.jpgvignetteuprightLe char d'Antoinette Orlhac, Reine des Reines de Paris 1909Beaucoup de sources lui donnent pour prénom Augustine..
Fichier:Char de la Reine des Reines de Paris 1909 à l'entrée de la rue du Marché-Noir à Saumur le 16 mai 1909.jpgvignetteuprightLa Reine des Reines de Paris 1909 avec son char participant au défilé fleuri du à SaumurPhoto du Char d'Augustine Orlhac, Reine des Reines de Paris 1909, prise à l'entrée de la rue du Marché-Noir à Saumur durant la cavalcade du 16 mai 1909. .
Fichier:Paris Alençon 1911.jpgvignetteuprightLa Reine des Reines de Paris 1911 avec son char participant à une cavalcade le à Alençon.
Fichier:Char des Reines Châlon 1922.jpgvignetteuprightLe char de la Reine des Reines de Paris 1911 réutilisé pour les Reines du Carnaval de Chalon-sur-Saône en 1922.

La Mi-Carême au

La Mi-Carême parisienne est une fête féminine depuis, au moins, le . en connaît une description de cette époque :
Les blanchisseuses s'élisent une reine et lui donnent un écuyer ; le maître de cérémonies ordinairement est un porteur d'eau. Le jour de la fête arrivé, la reine soutenue par son écuyer, se rend dans le bateau (le bateau-lavoir), où des ménétriers l'attendent. On y danse et c'est elle qui ouvre le bal. La danse dure jusqu'à cinq heures du soir ; les cavaliers font pour lors venir un carrosse de louageC'était un très grand luxe, pour l'époque et pour ces personnes. Souvenir de ces temps lointains, ne dit-on pas, encore aujourd'hui, « rouler carrosse », pour dire « être riche ? ; la reine y monte avec son écuyer ; et toute la bande gaie suit à pied ; elle va, avec elle, dans une guinguette pour s'y réjouir toute la nuitTexte d'une gravure de Saint Aubin, où l'on voit une blanchisseuse en flirt avec un maçon, cité par le journal L'Écho de Versailles, 10 mars 1926..

Sans être nommée, la Mi-Carême est autorisée le 29 ventôse an VIII

Un rapport du baron Dubois, préfet de police, du 19 ventôse an VIII (9 mars 1800) indique qu'il est permis aux blanchisseuses, « tant dans leurs bateaux qu'ailleurs », de fêter le « 29 ventôse » (19 mars). C'est le jour de la Mi-Carême, qu'on évite de nommer dans le documentRapport du baron Dubois préfet de police, 19 ventôse an VIII : Aulard, t. I, . Léon de Lanzac de Laborie Paris sous Napoléon, éditeur : Plon-Nourrit, Paris 1905-1913, ..

La Mi-Carême en 1805

Il existe une description de cette fête en 1805. Ce document est conservé dans les Collections historiques de la préfecture de Police. Il s'agit d'une épave, pièce échappée à l'incendie de l'Hôtel de police de Paris en mai 1871. Ce texte a été en partie publié pour la première fois dans la brochure de Basile Pachkoff Proposition de rétablissement de la Fête de Paris, dite : Promenade du – ou des – Bœuf(s) gras. en février 1994 (première édition) et mars 1994Basile Pachkoff Proposition de rétablissement de la Fête de Paris, dite : Promenade du – ou des – Bœuf(s) gras. Pages 26, 27 de la deuxième édition.. Il a été reproduit intégralement, par la suite, dans des publications à faible tirage distribuées dans le cadre de la renaissance du Carnaval de Paris :
Jeudi 30 Ventôse an 13
Dès le matin, la gaité s'est manifestée parmi les diverses classes du peuple.
Suivant un ancien usage, les blanchisseuses ont célébré la mi-carême, par des danses et des chants dans leurs bateauxLes bateaux dont il est question sont les bateaux-lavoirs qui étaient amarrés sur la Seine..
Les garçons-bouchers (1) ont promené un enfant vêtu en amour, sur un char élégant, trainé par deux moutons d'une superbe race
Le char était environné de jeunes filles à cheval, en costume de bergères, parées de guirlandes de fleurs.
Un corps de musique et de tambours précédait le cortège.
Vendredi Germinal an 13
Les bals ont duré toute la nuit du jeudi au vendredi.
Les ouvriers ont encore été réunis toute la journée du vendredi
Le bal de l'opéra a été nombreux et a produit 9.300f
L'ordre et la gaité ont régné partout.
(1) Les garçons-bouchers étaient à cheval en grand costume de bergerie.

L'enterrement des roses en 1830


A Paris, dans les bals de la mi-carême, à la fin des plaisirs de l'hiver, toutes les danseuses se donnent aussi le mot pour enterrer les roses : elles doivent avoir toutes une robe de satin rose, avec une triple jupe de tulle rose, relevée de chaque côté par de grosses roses mousseuses ; au corsage, aux manches, aux coiffures, la même fleur domine : à deux heures du matin, on détache toutes ces roses qui, réunies dans de vastes corbeilles, ornent la table du souper ; après le souper, on les vend au profit des pauvres, et l'enterrement des roses vient au secours des vivantsArchives historiques et littéraires du Nord de la France et de la Belgique, Volume 6, page 94, Au Bureau des Archives., 1830..

Une reine des blanchisseuses héroïne de théâtre en 1830

En 1830 est donné au théâtre de l'Ambigu-Comique Tristine, une parodie en trois actes de Jules, dont l'héroïne est une reine des blanchisseuses du village de ChaillotTristine, parodie en trois actes de Jules : voir la critique dans Le Figaro du 27 avril 1830, et 3. Le village de Chaillot sera absorbé par Paris en 1860..

Les reines de 1830 à 1860

Fichier:Mi-Carême 10 mars 1836.jpgvignetteuprightAnnonce dans le Journal des débats du bal de l'Opéra et d'une loterie organisée pour le jeudi de la Mi-Carême Journal des débats politiques et littéraires, 10 mars 1836, page 4..
vignetteLe Rappel, 23 novembre 1871.
Les blanchisseuses élisent leur reine pour la Mi-Carême Les blanchisseuses de Boulogne en 1843, ou d'Arcueil en 1887, montent à Paris au moment de la Mi-Carême. . Il ne parle à aucun moment d'une reine « de Paris ». c'est qu'au nombre des trente lavoirs représentés dans le cortège de la Reine des Reines des blanchisseuses en 1893 figure un lavoir de la ville de Saint-Mandé.. connaissons les noms de quelques-unes d'entre elles.
Un article du journal Le Rappel, du Rubrique Faits divers, Le Rappel, 23 novembre 1871, page 4, et colonnes. Commons:File:Jeanne Sauterie Reine des blanchisseuses - Le Rappel 1871.jpgVoir l'article en entier, reproduit sur la base Commons., fait l'éloge posthume de Jeanne Sauterie, « la plus belle des blanchisseuses, dont elle a été dix-sept fois la reine » :
Cet article indique donc que Jeanne Sauterie est la reine des blanchisseuses de 1830 à 1847.
Elle ou tout au moins sa fonction paraît avoir inspiré la scène parisienne durant cette période : le au Théâtre des Variétés donne pour la première fois une pièce intitulée La Reine de Blanchisseuses, œuvre de Rougemont, Hennery et GrangerSource : Site Internet officiel du Théâtre des Variétés..
En 1895, Les Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche donne d'autres noms, certains contradictoirement à la longue royauté de Jeanne SauterieLes Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche, 24 mars 1895, page 181, article Les Échos de Paris. :
Un journal de l'année précédente, La Justice, donne les mêmes noms et ajouteRubrique Échos, La Justice, 4 mars 1894, page 1, colonne. : « Plus heureuses, les autres reines n'ont pas d'histoire. » Ce qui signifie que si elles ne connaissent pas un sort tragique relevant de la rubrique des faits divers, elles ne méritent pas qu'on leur accorde de l'attention. C'est un point de vue.

Carnaval et Mi-Carême vus par Charles Baudelaire en 1859

En 1859 pour critiquer la photographie Charles Baudelaire fait référence au Carnaval de Paris, aux bouchers de la Promenade du Bœuf Gras et aux blanchisseuses de la Mi-CarêmeCharles Baudelaire, Salon de 1859, « Le public moderne et la photographie ». :
« Puisque la photographie nous donne toutes les garanties désirables d’exactitude (ils croient cela, les insensés !), l’art, c’est la photographie. » À partir de ce moment, la société immonde se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal. Une folie, un fanatisme extraordinaire s’empara de tous ces nouveaux adorateurs du soleil. D’étranges abominations se produisirent. En associant et en groupant des drôles et des drôlesses, attifés comme les bouchers et les blanchisseuses dans le carnaval, en priant ces héros de vouloir bien continuer, pour le temps nécessaire à l’opération, leur grimace de circonstance, on se flatta de rendre les scènes, tragiques ou gracieuses, de l’histoire ancienne.

La Mi-Carême en 1863

Fichier:MI-CAREME 1863.jpgvignetteuprightAnnonces de bals parés et masqués pour le jeudi de la Mi-Carême Extrait de : Horace d'Albion et Victor Collodion, La Mi-Carême, Adieux au Carnaval de 1863, placard illustré conservé aux archives de Paris et de l'ancien département de la Seine..
Fichier:Jardinier coiffeur 2.jpgvignetteCaricature de Bertall : le Jardinier-Coiffeur ornant de fruits la tête de sa patronne pour la Mi-Carême 1863Dessin de Bertall, La Semaine des familles, 7 mars 1863..
Un auteur qui signe son texte Jean Cabochard écrit :
Adieu beau Carnaval !!
C'est aujourd'hui jeudi ; le traditionnel cornet à boucquin retentit : les oreilles timides se bouchent.
La foule envahit les boulevards ; le défilé de masques va commencer.
Le jeudi de la mi-carême, c'est le véritable mardi gras.
C'est le jour où circulent les cortèges les plus grotesques, les chars les plus somptueux.
Les promeneurs se divisent en deux catégories :
L'une, qui regarde.
L'autre, qui se fait regarder.
Et tout le monde est content, tout le monde s'amuse !…
C'est la fête des blanchisseuses…
Elles sont toutes là, fringantes et joyeuses, et faisant parade de leurs plus beaux atours.
Tous les lavoirs sont brillamment représentés : leurs bannières constellées d'étoiles d'or flottent au vent.
La réclame est également de la fête : les grands magasins de Paris se rappellent à leurs clients par d'ingénieux attraits.

– On fait des crêpes aussi, et mardi gras, qui est parti, n'en a pas.
Le carnaval est mort…. Vive la mi-carême !

La Mi-Carême en 1864

Deux éléments intéressants à relever ici. À l'époque la messe fait partie de la journée de fête de la Mi-Carême. Et la pluie battante n'arrête pas les fêtardes :
—La pluie presque continuelle qui avait signalé la journée et la soirée d'hier, a redoublé aujourd'hui de grand matin. Cela n'a pas empêché les reines choisies dans les lavoirs et les blanchisseries, de se rendre en grand équipage à la messe et de faire ensuite leur promenade sur les boulevards, dont l'aspect était assez triste, sous l'influence d'une pluie battanteLe Constitutionnel, 4 mars 1864..

Description de l'élection des reines en 1868

vignetteGarçon de lavoir ou porteur d'eau, dessin d'Edward AncourtDétail d'une partition de chanson..
En 1868, Timothée Trimm expliqueTimothée Trimm, jeudi 19 mars 1868, A la reine des blanchisseuses de mon arrondissement, Le Petit Journal, 20 mars 1868, page 1. comment une blanchisseuse devient reine de son lavoir ou bateau-lavoir :
Si chaque lavoir a sa souveraine, il s'ensuit que nous pourrons compter des reines par centaines, dans ce Paris d'aujourd'hui tout plein de gens en habits de fêtes.
Et j'ai appris comment l'élection se faisait généralement.

On ne vote pas, on complote, on convient à l'avance, dans un lavoir, quelle sera la souveraine de la Mi-Carême.
Il y a souvent 100, 120 et 150 lavandières dans un lavoir ; on voit que le choix parmi les postulantes ne manque pas...
Un beau matin, quinze jours avant la Mi-Carême, une jeune laveuse arrive à sa place.
Et voit un bouquet déposé dans son modeste baquet !...
C'est le signe de son avènement prochain ; c'est la marque qu'elle a été choisie dans son lavoir ou bateau de blanchissage... pour représenter gracieusement la communauté.

On rit, on chante, on danse le soir à son heureux avènement.

Les pratiques elles-mêmes sont souvent invitées à ces fêtes où règne une aimable gaieté.
La Reine choisit son Roi, et le jour de la Mi-Carême, c'est ce monarque bénévole qui la vient chercher pour la conduire en pompe dans Paris.
Devant chaque Reine flotte la bannière de la localité qu'elle représente.
Je viens de voir passer la bannière portant Lavoir Bellefonds, la Reine est fraîche comme un linge fin, elle a les yeux plus ressemblants au saphir que le bleu qu'elle emploie à certains blanchissages.

Il apparaît donc que la reine est cooptée, élue par une sorte de comité restreint et non sujette aux suffrages d'une assemblée. Ce qui changera par la suite.
Ici la reine choisi son roi. Comme il n'y a pratiquement pas d'hommes dans le lavoir, il arrive aussi que d'office un porteur d'eau ou le patron du lavoir soit couronné.
Le Gaulois écrit le mardi :
Que d'ambitions satisfaites dans la journée d'hier ou bien qui le seront dans celle de jeudi prochain ! Plus de cent royautés vacantes auxquelles il a été pourvu.
Rien de la politique bien entendu : ce sont les sociétés de blanchisseurs, les bateaux (les bateaux-lavoirs) et les lavoirs qui ont fait leurs élections en vue de la mi-carême et qui ont fixé les cotisations et organisé leur journée de plaisir.
Après 1870 des problèmes internes aux bouchers parisiens, l'affaire Mathurin Couder, font disparaître pour longtemps le cortège de la Promenade du Bœuf GrasIl ne reparaîtra qu'en 1896..
Seule restent en lice les cortèges informels (celui du Moulin Rouge, par exemple, qui défile pour le Mardi Gras et la Mi-Carême 1892)Le Petit Journal, 2 mars 1892. et les cortèges des lavoirs.

Le linge « emprunté » pour se costumer en 1870


Fichier:CHAM - Le Monde illustré - 4 avril 1868 - La Mi-Carême - L'emprunt du linge par les blanchisseuses.jpguprightvignetteDessin de Cham paru en 1868, à propos de l'emprunt du beau linge par les blanchisseuses pour se costumer à la Mi-CarêmeCham Le mois comique, Le Monde illustré, 4 avril 1868, ..
uprightvignetteLa colonie américaine de Paris fête la Mi-Carême 1870Le Figaro, 25 mars 1870, lendemain du jeudi de la Mi-Carême 1870, page 3, colonne..
Un article de presse du Conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, il est daté sans qu'il soit précisé de quelle publication il est extrait. parle du costume festif des blanchisseuses :
La Mi-Carême est peut-être la fête des blanchisseuses, mais c'est aussi la mort du linge confié cette semaine à ces dames par leurs coquettes pratiquesC'est-à-dire leurs clientes coquettes..

Car — ô mesdames, je vous l'apprends — vos belles chemises et vos jupons merveilleux servent ce jour-là de parure distinguée aux quadrilleuses de VanvesBanlieue de Paris et d'Issy.

Et après souperC'est-à-dire dîner., dame !...
C'est effrayant !...

La Mi-Carême 1873 vue par Le Figaro


Fichier:Cham 1876 Reine des blanchisseuses.jpgvignetteuprightLa reine des blanchisseuses jouant du sceptre. Caricature de Cham, 1876Cham, extrait de la Revue comique du mois, L'Univers illustré, 8 avril 1876, page 236..Fichier:La Reine des blanchisseuses - G. Lafosse - Le Journal amusant - 14 mars 1874.jpgvignetteupright=1.3gaucheLa Reine des Blanchisseuses vue par G. Lafosse en 1874Cham, extrait de la https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5501353p.image.r.f6.langFR La Mi-Carême, Le Journal amusant, 14 mars 1874, page 6..
Le Figaro du 21 mars 1873 brossait le portrait d'un certain nombre de Reines de toutes les blanchisseuses de Paris, et concluait en annonçantRubrique La Journée, Informations spéciales du Figaro, Les reines des blanchisseuses, Le Figaro, 21 mars 1873, page 2, colonne. Voir l'article reproduit dans Commons. : « Nous ferons demain la biographie de la reine d'aujourd'hui. » Il n'y a pas de Reine de toutes les blanchisseuses de Paris élue finalement en 1873. Et on lit dans Le Figaro le lendemainRubrique La Journée, Informations spéciales du Figaro, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2748134/f3.image.r.langFR La Mi-Carême, Le Figaro, 22 mars 1873, , colonne. :
On voit bien que nous sommes en République et que les royautés s'en vont.
Nous croyions qu'il y aurait hier, jour de la Mi-Carême, une reine des blanchisseuses, élue par tous les lavoirs réunis : il n'en a rien été. Chaque lavoir a nommé sa reine particulière, une reine sans aucune espèce d'importance ni de majesté, et complètement dénuée de cortège dans la majorité des cas.

Nos lecteurs n'attendent pas que nous leur donnions la nomenclature des cent vingt reines d'hier ; nous nous contenterons d'en citer trois ou quatre, celles qui passent pour les plus jolies. La palme appartient certainement à mademoiselle Blanche Corache, l'élue du lavoir Saint-Pierre. Nous l'avons rencontrée sur le quai des Orfèvres, charmante dans sa robe de cachemire noir, avec ses cheveux châtains coiffés à la chien, et formant un édifice au-dessus de sa tête. Avec cela, des bottines mordorées et une ombrelle verte. Mademoiselle Corache semblait prodigieusement gaie, et portait sa couronne a son bras ; une couronne de roses blanches, dont nous voulons la croire digne en tous points.

Beaucoup plus âgée, mais non moins jolie, était mademoiselle Marguerite Piot, dite Jupon-Ruché, reine élue par le lavoir Sainte-Marie. Mademoiselle Pïot, forte brune d'une trentaine d'années, a sur les lèvres un duvet naissant qui contribue à donner à sa physionomie une certaine sévérité. Ce doit être une personne rigide, à cheval sur la vertu, et avec laquelle ses ouvrières ne doivent pas plaisanter. Nous n'avons pu savoir l'origine de son surnom de Jupon-Ruché.

Boulevard de Puebla, un de nos reporters a croisé un cortège assez considérable, composé de trois reines avec leurs sujets... la fédération des reines ! Les trois alliées se nommaient Sophie Rousseau, Marie Berne et Alice Nicoulot. Moins jolies que les deux précédentes, celles-là, mais beaucoup plus bruyantes. Elles chantaient à tue-tête une romance sentimentale dont le refrain était
::On ne meurt pas d'amour (bis).

N'oublions pas non plus de mentionner la reine du lavoir de la Goutte-d'Or, une majesté passionnée pour la chorégraphie, qui de dix heures du matin à minuit, a dansé sans interruption dans la cour du lavoir, entourée d'une vingtaine de blanchisseuses.
Le soir, banquets partout, chacun présidé par une reine. Remarquez avec soin que nous n'abusons pas de cette circonstance pour rééditer cette réflexion, couverte de toiles d'araignées :

« Elles ne se laissent pas mourir, les blanchisseuses de faimJeu de mots avec blanchisseuse de fin : blanchisseuse qui ne s'occupe de nettoyer que des tissus fins. Voir : blanchisseur sur le site du CNRTL.. »

Une foule nombreuse n'a cessé, pendant toute la journée, de circuler sur les boulevards. De temps en temps passaient une rare voiture de masques mélancoliques, ou des galopins sans pitié, soufflant dans des cornets à bouquins. Les joueurs de cor leur répondaient de quelques fenêtres : c'était lamentable pour les oreilles délicates.

À partir de dix heures du soir, il était devenu difficile de circuler sur les boulevards, pleins démasques se rendant à l'Opéra, à Valentino, au Tivoli-Vauxhall, etc. Les entrepreneurs de ces établissements ont dû être satisfaits de leurs recettes, car tout ce qu'il y a à Paris de chicards et d'aspirants-clodoches avait voulu profiter de ce regain de carnaval.

Nous avons dit hier matin combien de soirées étaient annoncées pour hier. Nous rendrons compte demain de celles de M. Arsène Houssaye et du comte d'Osmont.

La Mi-Carême 1873 vue par un journal néo-zélandais

Le 27 mai 1873, un journal néo-zélandais, le West Coast Times and Observer, publie un article sur la Mi-Carême à Paris, où lit notamment :
La Mi-Carême est l'annuel, et le seul moment de vacances pour les blanchisseuses, comme le Vendredi saint l'est pour les bouchers. Elles choisissent leur roi dans la mesure où il est riche, et la reine pour sa beauté et sa vertu. Une procession – qui vient d'avoir lieu, suit, et un bal vient à minuit, précédé par une visite générale des théâtres. Le roi n'a pas de liste civile, les insignes de sa fonction sont une rosette et un insigne en argent, sa majesté affiche uniquement des bouquets de fleurs, et sa couronne se compose de camélias blancs ; il n'est pas de duchesse en France qui la surpasse par l'élégance de sa toilette, sauf par le choix de riches matériaux, qui, cependant, ne la rende pas plus attractive.

La Mi-Carême 1875

Fichier:Mi-Carême 1877 - Dessin humoristique.jpgvignetteuprightIllustration de la Mi-Carême parisienne vers 1877.
Le Petit Journal écrit le Le Petit Journal, 6 mars 1875, page 2, colonne. :
Malgré une température peu agréable, il y a eu hier, jour de la mi-carême, une animation très grande dans Paris. Sur les boulevards, notamment, la foule était considérable ; dès quatre heures, on n'avançait qu'avec peine. Outre quelques chars de blanchisseuses assez bien ornés, on n'a vu, sauf quelques masques, que des enfants travestis. Le soir seulement, au moment de l'ouverture des bals, les masques et les personnages costumés ont commencé à affluer sur les boulevards,

Nombre de bateaux de blanchisseuses ont fêté la mi-carême d'une manière un peu plus intime que par les promenades traditionnelles, qui ne manquent pas d'inconvénients quand l'hiver est trop persistant. On a donc orné de fleurs les établissements, bateaux et lavoirs ; on a nommé la reine dans quelques réunions, puis les blanchisseuses ont offert des bouquets à leurs patrons.

Les patrons, en retour, ont donné un banquet aux blanchisseuses.
On a beaucoup ri, beaucoup bu, un peu dansé, et l'on s'est séparé vers le matin en se donnant rendez-vous pour l'année prochaine.

La reine des blanchisseuses de Paris en 1878

Un banal fait divers sans rapport direct avec le Carnaval survient en 1878 sur les lieux où les blanchisseuses de Paris viennent de choisir leur reine.
Ce qui fait que le journaliste qui rapporte l'affaire nous informe en passant sur ce qui nous intéresse ici :
Les blanchisseuses de Paris étaient réunies au lavoir de la rue Balagny, dans le but de nommer leur « reine » pour la fête annuelle de la mi-carême.
Après le vote, souperÀ l'époque, « souper » signifie dîner. et sauterie, où ne se trouvaient mêlés à l'élément féminin que quelques amis et quelques employés des lavoirs.

La Mi-Carême 1879 à l'Opéra

Fichier:Une table au bal de l'Opéra le 20 mars 1879.pngredressevignettedroiteAu bal de l'Opéra, le jeudi de la Mi-Carême , un costume de carnaval féminin très dénudéDétail du dessin de A. Ferdinandus Le bal de la Mi-Carême, à l'Opéra., L'Univers illustré, 22 mars 1879, ..
Au cours des années, trouve fréquemment annoncée la disparition imaginaire du Carnaval de Paris ou d'un de ses grands événements. De ce genre de disparitions imaginaires trouve un écho dans L'Univers illustré parlant du bal de l'Opéra donné pour la Mi-CarêmeGérôme Courrier de Paris, L'Univers illustré, 22 mars 1879, page 178, colonne. :
L'Opéra a donné jeudi dernier; jour de la Mi-Carême, le dernier des quatre bals masqués et costumés qu'il avait annoncés.
Je m'imagine qu'un voyageur qui aurait quitté la France depuis vingt-cinq ans, qui n'aurait jamais lu un journal français pendant sa longue absence, et qui, revenant à Paris, verrait sur une affiche ces mots: « Bal masqué de l'Opéra » serait bien étonné.
Il y a vingt-cinq ans, en effet, ce voyageur-là avait pu entendre dire : « C'est fini, le bal de l'Opéra est mort », et c'était peut-être vrai, en ce sens que le bal de l'Opéra n'était plus à cette époque ce qu'il avait été en 1840. Avait-il changé à son désavantage ? Je n'oserais dire oui, je n'oserais dire non, ne l'ayant point vu autrement.

J'entends une foule de gens dire qu'on s'ennuie an bal de l'Opéra, et il m'est arrivé de le dire comme tant d'autres. Il faut avouer qu'on y trouve aussi des gens qui ont l'air de s'y amuser. En ont-ils l'air seulement ? Est-ce de leur part une feinte pour sauver l'institution ? J'aurais quelque peine à le croire. D'autre part, un grand nombre de ceux qui disent s'être fort ennuyés au dernier bal retournent au bal suivant. C'est apparemment que cela les amuse de s'ennuyer. En tout cas, il est certain qu'il y a énormément de monde à ce bal mort et qu'il fait d'excellentes recettes.

La Belle Lurette en 1880

En 1880 Jacques Offenbach fait de la Belle Lurette blanchisseuse de Paris l'héroïne de l'opéra-comique du même nom.
Le clou de celui-ci est le défilé des blanchisseuses pour la Mi-Carême qui se déroule sur scène.

Contre l'emprunt du linge en 1882


Fichier:Mi-Carême par Draner.jpgvignetteuprightLa Mi-Carême parisienne vue par Draner en 1881La Caricature, 26 mars 1881, page 103..
En 1882 le journaliste Raoul Fauvel s'insurge avec humour contre l'emprunt du linge par les blanchisseuses en fête« Clairon », 16 mars 1882. :
ET NOTRE LINGE ?
Si Monselet n'avait pas chanté les petites blanchisseuses avec autant de malice gauloise que de grâce parisienne, j'aurais peut-être cédé à la tentation de rimer quelques quatrains en leur honneur. Mais le souvenir de cette jolie fantaisie me permet à peine de hasarder sur leur compte un articulet en humble prose.

Je pousserai, néanmoins, l'audace jusqu'à critiquer ces vestales de la Mi-Carême en rupture de lavoir. Ce n'est pas qu'il me déplaise de les voir passer, superbes et rieuses, sur leur char triomphal. Je salue même leur reine d'un jour sans aucune arrière-pensée révolutionnaire.

Seulement, ce qui m'inquiète en les voyant défiler si richement parées, c'est de songer que c'est nous qui payons, à notre insu, les frais de la fête. Oui, mes amis, c'est notre linge qui danse ; ce sont nos chemises les plus fines qui ornent la poitrine des pages et des hérauts du cortège ; ce sont vos jupons brodés, vos cols agrémentés de dentelles qui servent à mettre en relief ou à voiler les grâces idem de ces robustes Vénus du battoir.

Essayez un peu de les arrêter au passage en leur demandant : « Et notre linge ? »

Notre linge ! Nous l'aurons la semaine prochaine, quand nos blanchisseuses auront oublié les fatigues de la Mi-Carême et repris le travail.

Encore si cette mauvaise farce ne se reproduisait qu'une fois par an, mais on nous la fait tous les jours.
Et pour quiconque connaît le secret des petits profits clandestins du métier, je ne crains point d'être démenti en affirmant que les trois quarts des blanchisseuses ne se gênent pas pour louer notre linge à la journée et même à la semaine.

Tenez, pas plus tard que l'année dernière, précisément au sortir du bal de la Mi-Carême, j'ai fait pour une nuit la conquête d'une petite blanchisseuse, déguisée en homme.
Une fois dans l'intimité déshabillée du tête-à-tête, savez-vous ce que j'ai reconnu ?
Ma chemise ! Il est vrai qu'elle me l'a rendue... en baisers.

La Mi-Carême en 1882

Fichier:Mi-Carême 1882 en banlieue.jpgvignetteuprightAnnonce des festivités de la Mi-Carême 1882 organisées en banlieue de ParisLe Petit Parisien, 16 mars 1882, page 4, colonne..
Fichier:Mi-Carême 1888.jpgvignetteuprightPluie, masques, cors, trompettes et bigophones à Paris le jeudi de la Mi-Carême Extrait des Nouvelles diverses, rubrique du Journal des débats politiques et littéraires, 9 mars 1888, page 3, colonne..
Le jeudi de la Mi-Carême , paraît un poème d'Escopette, qui nous donne d'intéressantes précisions sur la fête des blanchisseuses.
Il existe sans doute comme dans d'autres Carnavals des cris propres au Carnaval de Paris. « Ohé ! », en est peut-être un.
Jeanne Sauterie reine des blanchisseuses de 1830 à 1847 se costumait en Diane. En 1882, les blanchisseuses affectionnent toujours les costumes mythologiques : Minerve, Vénus.
Le troisième quatrain indique la présence de musiciens sur les chars des blanchisseuses.
La pratique consistant à « emprunter » les vêtements des riches pour se costumer est rappelée au quatrième quatrain.
Le sixième quatrain évoque la reine des blanchisseuses. Le poète parle d'une personne précise sans la nommer.
Jeanne Sauterie a été reine des blanchisseuses durant 17 ans. Il s'est passé 35 ans entre la fin de son règne et 1882. Les blanchisseuses paraissent fidèles à leur reine. Une fois choisie elle est reconduite dans sa fonction pendant longtemps. On peut supposer que la « commère aux airs farceurs » de 1882, est la troisième reine depuis Jeanne SauterieDes informations existent, probablement, pour mieux connaître la question. Certains journalistes aimaient parler des blanchisseuses. Leurs informations sont « perdues » au milieu de milliers de pages de journaux microfilmés. En ne dépouillant que la période février-mars, de chaque année, on devrait trouver des précisions.. Trois reines depuis 1847 totalisant chacune un règne d'environ douze ans.
Le huitième quatrain nous indique que la reine des blanchisseuses porte une couronne.
{
:1
Soyons gais ! C'est la Mi-Carême !
Crions : Ohé ! tous à la fois,
Et regardons passer la crème
Du tuyotage et de l'empois !

:4
Les dames plus ou moins bien mises,
Les messieurs plus ou moins exquis,
Auront emprunté les chemises

Des duchesses et des marquis.

:7
Qu'elle risque un simple sourire,
Et la foule va se presser ;
Un geste ? Et le peuple en délire
Tombe en ses fers... à repasser.


:2
C'est la fête des Blanchisseuses
On va contempler les bras nus

D'un tas de petites noceuses
Figurant Minerve ou Vénus.

:5
Mais, sans faire de la politique,
Le Français est toujours tenté,
Même au sein de la République,
De célébrer la Royauté.

:8
Et le soir venu, la matrone,
Cédant aux vœux du plus malin,
N'a plus qu'à jeter sa couronne
Par-dessus le premier moulin.


:3
Sur les chars où toute la clique
Dès le matin se cramponna,
Nous entendrons cette musique
Qui fait rêver à NamounaAllusion, à l'époque, d'actualité. Le ballet « Namouna », d'Édouard Lalo, a été créé, à l'Opéra, le , dix jours avant la parution de ce poème.,

:6
Les blanchisseuses ont leur reine,
Une commère aux airs farceurs,
Qui recevra, l'âme sereine,
Les hommages des blanchisseurs.

:9
C'est bien ! Mais la reine idéale
Serait celle qui, proprement,

Saurait laver le linge sale
De notre cher gouvernement« La Mi-Carême », poème signé Escopette, paru dans « Clairon », 16 mars 1882. Photocopié dans les dossiers Actualités Carnaval, à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. !


La Mi-Carême en 1883

Le Gil Blas du , daté du 2 mars, se fait l'écho des cortèges parisiens de la Mi-CarêmeFêtes de Paris et des environs, Gil Blas, 2 mars 1883. Voir l'article en entier reproduit sur la base Commons. :
Parmi les nombreuses cavalcades qui traverseront Paris, il convient de citer celle du marché des Carmes, organisée par la Société des Enfants du Plaisir. Huit piqueurs sonnant de la trompe ouvriront la marche ; suivront : le char de la Musique ; la voiture du président, M. Sérié ; les voitures du roi, M. Didier ; celle de la reine, Georges ; huit landaus contenant des personnes costumées.

Voici l'itinéraire du cortège :
A dix heures, départ du marché des Carmes, place Maubert, Halles centrales, rue Vivienne, place de la Bourse, rue Joquelet, rue et Faubourg-Montmartre et rue Lafayette.

Un incident en 1887

Fichier:Mi-Carême 1877 - Recadré.jpgvignetteuprightScènes de la Mi-Carême parisienne caricaturées par Draner en 1877L’Éclipse, 11 mars 1877, page 291..
Le Petit Parisien écrit le Paris, Le Petit Parisien, 4 mars 1887, page 3, colonne. :
Hier, vers quatre heures de l'après-midi, les blanchisseuses du bateau-lavoir installé au quai du Louvre venaient de nommer leur reine pour la Mi-Carême prochaine : elles dansaient sur la berge.
Un gardien de la paix du premier arrondissement, nommé Roth, voulut s'opposer aux danses des blanchisseuses.

Celles-ci refusèrent d'obéir.
Mais le gardien de la paix se fâcha et fit mine de tirer son sabre.
Aussitôt, il fut hué et malmené.
D'autres gardiens de la paix accoururent à son aide.
Six arrestations ont été opérées.
Une seule a été maintenue : celle du nommé Marius Couard, tôlier, âgé de dix-neuf ans.

La Mi-Carême en 1887

Fichier:La Marche des Blanchisseuses.jpgvignetteLa fête chez les blanchisseuses inspire des chansonsVoir les paroles et la musique de la chanson La Marche des Blanchisseuses..
Le Petit Journal écrit le samedi Article La Mi-Carême, Le Petit Journal, page 2, et colonnes, et page 3, colonne. :
Les Parisiens en général et plus particulièrement les blanchisseurs et blanchisseuses, pour qui la Mi-Carême est le jour de fête par excellence, ont eu une désagréable surprise, hier matin, à leur réveil.

La neige était tombée en assez grande abondance, pendant la nuit, blanchissant le toit des maisons et le sol des rues; le temps semblait pris irrémédiablement pour toute la journée.

Malgré le mauvais état de la température, la Mi-Carême n'a pas laissé cependant d'être très animée.

Comme cela a lieu tous les ans depuis plusieurs années, c'est spécialement autour de l'hôtel du Petit Journal, rue Lafayette et place Cadet, que l'animation a été plus vive dans Paris et que l'entrain a été le plus grand.

L'entrée de l'hôtel avait été décorée avec beaucoup de goût par M. Storm, propriétaire du Jardin d'hiver de la rue Milton.

Le vaste hall, qui vient d'être construit dans l'immeuble récemment annexé à notre hôtel pour l'agrandissement des services du Petit Journal, a servi hier à la réception des nombreux amis qui sont venus nous faire leur visite annuelle.

Le lavoir du boulevard de la Villette, numéro 80, est le premier dont nous ayons reçu la visite, vers deux heures de l'après-midi. Nous avons demandé au roi, M. Montorier, et à la reine, Cartin, si le mauvais temps n'allait pas décourager les blanchisseuses.

—Les blanchisseuses, voyez-vous, monsieur, nous a répondu la reine, comment voulez-vous qu'elles aient peur de l'eau ?...
En fait, rien n'a découragé les blanchisseuses et jamais Mi-Carême n'a été plus brillante, au Petit Journal tout au moins.

Le lavoir de l'Espérance, rue de Belleville, 15, est le second dont nous avons reçu le roi et la reine, M. Loubière et Dru, qui nous ont remis un très beau bouquet.

Un grand char à cinq chevaux, avec musique, a ensuite amené M. Lagache et Lambert, le président et la reine du lavoir Saint-Pierre, rue de Tardieu, qu'accompagnaient Mesdemoiselles Rosine Séquet, Marie Rousseau et Adèle Roudier, trois jeunes filles costumées en trois couleurs.

Le lavoir Saint-Jean, rue Tandou, arrivé à la suite, avait aussi, pour représenter les trois couleurs, Marie Fricher et Mesdames Michel et Soules. Le roi était M. Simon et la reine Weller.
Des sonneries de trompes ont annoncé l'arrivée du lavoir Jeanne d'Arc, rue Patay, venu dans un char à quatre chevaux, avec son roi M. Rognion, et sa reine Piot.
Deux charmantes jeunes filles, Mesdemoiselles Julia Evrard et Louise Buque sont venues nous offrir deux splendides bouquets, au nom du grand lavoir Sainte-Marie, 127, faubourg du Temple, dont le roi est M. Fouillet et la reine Buque.

Le patron de ce lavoir, M. Digard, nous a, en outre, remis une somme de dix francs pour les pauvres.

Le lavoir Sainte-Marguerite, de la rue du même nom, a versé également entre nos mains la somme de vingt francs au profit de la caisse des écoles du onzième arrondissement, par l'intermédiaire de leur jeune roi et reine M. Normand et Gavanier.

A ce moment, une très belle cavalcade, organisée par le Biberon-RobertCette célèbre marque de biberons a laissé, en argot, l'expression « les roberts », pour désigner les seins chez la femme., a défilé vers trois heures et demie, dans la rue Lafayette. Le ciel s'est un peu éclairci, et, tout aussitôt, une foule considérable s'est massée autour de l'hôtel du Petit Journal, entravant toute circulation.

Deux mousquetaires à cheval, précédant les landaus et un char renfermant un orchestre de douze musiciens, nous ont annoncé l'arrivée du lavoir de Jouvence, rue d'Avron. La reine, Joseph Petit, fêtait en même temps ses noces d'or et le roi était M. Gustave François.

Après une sérénade donnée par les Amis de Saint-Hubert, est venu le lavoir Sainte-Marthe, dont M. et Vognin étaient roi et reine, avec leur demoiselle d'honneur Simone Zelea.

Le lavoir d'Orléans, de la rue Bisson, nous a présenté son roi M. Sandoz, et sa reine, Failly, accompagnés de Mesdemoiselles Marie Clévenot et Louise Leroy, l'une demoiselle d'honneur, et la seconde fort bien costumée en République.

Deux chars à cinq chevaux, avec une musique de dix-sept exécutants, ont amené en même temps le lavoir Saint-Jean, rue de Belleville. M. Charles Ridel et Levrey étaient roi et reine, ayant comme garçon et demoiselle d'honneur M. Étienne Collas et Vilzinski, accompagnés de M. Berthe, patron du lavoir.

M. Ancien, patron du lavoir de ce nom, situé 32, rue de Belleville, nous a remis peu après le produit d'une collecte faite au profit des pauvres et montant à . M. Ancien était roi et Bacot reine de ce lavoir.

Trois landaus du lavoir de la rue du Buisson-Saint-Louis ont amené M. Eugène Martin et Delahaye, roi et reine, qui ont eu la gracieuseté de nous offrir un splendide bouquet.
Après le passage de la ménagerie incohérente, dont le dompteur et les animaux féroces renfermés dans une cage ont obtenu le plus vif succès dans Paris, sont venus simultanément le bateau-lavoir de la Villette et le bateau-lavoir de la Gare-Carré.
Le premier avait comme roi et reine M. Jules et Etévé; le second M. Benoist et Gigon.

Une musique nous annonce l'arrivée du lavoir de la rue Germain-Pilon, ayant pour roi M. Déglise et pour reine Noirel.
Après la visite d'une jeune cantinière, Églantine Grosca, qui nous a remis un franc pour l'œuvre de la Bouchée de pain, la société de la Mi-Carême d'Arcueil-Cachan, le pays par excellence des blanchisseurs, s'est présentée à notre hôtel, accompagnée de la musique des Touristes montrougiens, dirigée par M. Millard.

Un immense tambour-major, M. Ernest Legorgu, menait cette société, pleine d'entrain, dont le roi et la reine sont M. et Louis Lorrain.
Un bal s'est improvisé dans notre hall. Il aurait pu durer longtemps, si le trajet n'avait été si long pour retourner à Arcueil.

Après une sérénade des Trompettes de Paris, le défilé a été clos par la société la Républicaine, de Charonne, qui avait organisé une charge très réussie en imaginant le lavoir des rosiers à Nanterre.

En somme, charmante journée, bien faite pour resserrer les liens amicaux qui unissent le Petit Journal et ses lectrices, tout aussi bien que ses lecteurs.

Dans la soirée, la société en formation, l Espérance, est venue nous sonner de brillantes fanfares.

La Mi-Carême en 1889

Berthe de Presilly débute ainsi son compte-rendu de la Mi-Carême dans le Carnet mondain de La Nouvelle Revue de mars-avril 1889Berthe de Presilly Carnet mondain, La Nouvelle Revue, mars-avril 1889, tome 57, . :
Mais je parle de tant de bibelots ou de fanfreluches que j'en allais oublier mon titre de Carnet mondain. Cependant la mi-carême, outre sa cavalcade dont les journaux quotidiens ont raconté tout ce qu'il y avait à dire, a vu bien des salons, donner des matinées d'enfants, des diners à têtes, des bals travestis, des soirées mixtes ; combien en faudrait-il citer pour n'en pas oublier ? Permettez-moi de· ne parler pour aujourd'hui que de la fête donnée par M. et Joseph Ferrier. Le concert qui a précédé la sauterie du boulevard des Capucines était un vrai régal pour les dilettanti. Songez donc au programme : Adiny, MM. Duc, Lauwers, Plançon, Mazalbert, Melchissedech, tout l'Opéra enfin ; des Français, la gracieuse Maria Legault qui a dit avec brio le Fou rire de Pailleron, et avec sentiment des poésies de Rameau ;...

La Mi-Carême en 1890

Une encyclopédieLa Grande Encyclopédie, inventaire des sciences, des lettres et des arts par une société de savants et de gens de lettres, Paris, H.Lamirault et Cie, éditeurs, tome 9, page 464. Ce tome ne porte pas de date. La datation provient du catalogue de la Bibliothèque du Congrès. à son article « Carnaval » décrit la Mi-Carême :
« La mi-carême. Il était déjà d'usage au de fêter la mi-carême. On élisait des rois et des reines, qui après une promenade triomphale dans les rues, donnaient à danser à leurs sujets d'un jour. À Paris, c'était le jour consacré où l'on faisait embrasser aux nouveaux apprentis la Truie qui file, sculptée à l'encoignure de l'une des maisons du marché-aux-Poirées. On heurtait fortement le nez des malheureux contre la pierre et ce spectacle soulevait les rires et les quolibets des badauds ameutés. Plus spécialement, les harengèresOn appelait ainsi les vendeuses de harengs. C'était des femmes d'esprit indépendant, qui ont laissé dans la langue l'expression, qui n'est plus aujourd'hui très utilisée : « crier comme une harengère ». C'est-à-dire s'exprimer grossièrement. Jean Loret, en 1655, dans une énumération de dix-huit personnages typiques du Carnaval de Paris, cite « des Harangères » (« La Muze Historique », livre VI, lettre VII, 13 février 1655). se distinguèrent dans la célébration de la mi-carême. Aujourd'hui, ce sont les blanchisseuses qui continuent la tradition, élisent des rois et des reines, parcourent Paris sur des chars et dansent éperdument toute la nuit. »

Élections au lavoir en 1891

uprightvignetteL'intérieur du lavoir parisien juste avant la Fête des BlanchisseusesL'image est sous-titrée : Les derniers coups de battoir. Elle est extraite de l'article cité « La Mi-Carême au lavoir », L'Illustration, numéro 2506, 7 mars 1891, page 216..
L'Illustration écrit en 1891L'Illustration, , 7 mars 1891, extrait de l'article « La Mi-Carême au lavoir », pages 216-217. :
Dans l'atmosphère âcre de la coulerie, à travers la buée qui monte de la cuve, et la pluie de gouttelettes d'eau distillée retombant des poutrelles du toit ; tout le long de la grande salle où s'alignent les baquets, où gicle l'eau chaude ; au plein du travail, quand les brosses frottent énergiquement ; à l'heure du déjeuner sur le pouce, on sentait, ces jours derniers, qu'il se passait quelque chose. Il s'agissait d'élire un roi et une reine. Que de compétitions, que de diplomatie, que de faux fuyants ! Donner sa voix, n'est pas une petite affaire. Déjà quand il est question d'un député... donc pour un roi !

Enfin ! il a bien fallu aboutir. Du reste, au lavoir comme ailleurs, il est des personnalités qui s'imposent. Au parlement, on dit de certains de nos représentants qu'ils sont ministrables ; il y a des rois de race dans le savon et la lessive. Ici, c'est le patron de l'établissement, un bon gros qui ne refoulera pas sur la question des litres — toute gloire se paye ! — là on s'arrêtera à un garçon de coulerie, jarret infatigable et, dit-on, un cœur d'or. Reste la reine. Branche aînée ou branche cadette ? La forte commère qui tiendra tête au roi, premier modèle, ou la jeune femme plus délurée, qui formera un joli couple avec l'élu genre numéro deux ? Si ce sont les vieux partis qui l'emporte, si l'on plaide la cause de la raison, en convenant qu'il faut se faire représenter par quelqu'un « ayant de la tenue » alors nous aurons le duo solennel, redingote et robe de soie noire, à peine un bouquet, et un grand cordon en bandoulière. Les freluquets — la partie un peu antique du lavoir traite ainsi la jeunesse — abordent plus aisément le costume.

Le tournant de 1891

uprightgauchevignetteFête des Blanchisseuses 1891 à Paris : la reine et son cortège quitte le lavoir
Fichier:Le Petit Journal 5 mars 1891.jpgvignettegaucheuprightAnnonce parue dans Le Petit Journal le jeudi de la Mi-Carême Le Petit Journal, 5 mars 1891, page 3, colonne..
Parlant du cortège de la reine d'un lavoir parisien, L'Illustration écrit en 1891 :
Le char est parti au grand trot, les cors emplissent l'air de leurs éclatantes fanfares, les gamins suivent en criant, les curieux s'amassent, le boulevardIl faut entendre par là, la ligne des boulevards, c'est-à-dire les grands boulevards. envahi représente une mer humaine. Cinq cent mille spectateurs attendent cinquante ou soixante chars ! Et l'on est content, et l'on rit à qui mieux mieux ! Parce que les grandes pensées, les réflexions amères ont besoin d'être coupées de temps en temps par un vent de folie. c'est humain.

AutrefoisLe journaliste qui a écrit cet article, entend par là : avant 1891. les chars se répandaient par la ville à leur gré. On a voulu cette fois les réunir en cortège officiel et stimuler le zèle des organisateurs par une distribution de primes.
Ce sera-t-il plus gai, étant plus beau ? C'est à voir. Mais on ne s’ennuiera pas tout de même ce jour-là dans le monde des lavoirs. Après la promenade, banquet, toasts nombreux au roi et à la reine ; après le banquet, bal ; après le bal, les huîtres et la soupe à l'oignon pour se réconforter. Vingt-quatre heures de sommeil par là-dessus, et il n'y paraîtra plus.

Apparition de la Reine des Reines de Paris en 1891

Fichier:Annonce Sicard 3.jpgvignetteuprightAnnonce de la désignation de la reine de la cavalcade du jeudi de la Mi-Carême 5 mars 1891Le Constitutionnel, 5 mars 1891, page 2, colonne..
Fichier:Mademoiselle Sicard, Reine des blanchisseuses 1891.jpguprightvignetteMademoiselle Louise Sicard, Reine des blanchisseuses 1891 vue par Le Progrès de Lyon.
Fichier:Louise Sicard Reine des Reines 1891.jpgvignetteuprightAnnonce du défilé de la Mi-Carême 1891 avec la première Reine des Reines de ParisLe Petit Journal, 4 mars 1891, page 1, colonne..
En 1891, Morel président de la chambre syndicale des maîtres de lavoirs prend l'initiative de créer un comité des lavoirs qui fédère les cortèges des lavoirs parisiens. Apparaît alors la première Reine des Reines de Paris : Louise SicardL'article La mi-carême dans Le Matin, 6 mars 1891, page 3, colonne, indique que Sicard est « reine des reines ». Le Progrès Illustré, supplément littéraire du Progrès de Lyon, 15 mars 1891, publie en page une son portrait gravé. Elle est présentée en qualité de « reine des blanchisseuses »..
À son propos, Le Progrès Illustré, supplément littéraire du Progrès de Lyon, écrit le page 8 : « les organisateurs (de la Mi-Carême parisienne) ont voulu apporter à cette fête un élan nouveau : ils ont voulu avoir une reine des reines. Pour cela les maîtresses blanchisseuses se sont réunies en conseil secret pour désigner celle qui devait porter ce titre. À l'unanimité elles ont nommé Sicard dont nous donnons le portrait en première page. La reine des blanchisseuses est une belle fille de vingt-six ans, à la chevelure très brune, au teint mat, à la bouche souriante, aux yeux vifs. Lorsqu'elle était au lavoir Saint-Ange elle en avait été élue reine deux années de suite. Elle appartient maintenant au lavoir de la rue Milton. »
Le Petit Journal écrit, le 4 mars 1891, veille du défilé : « Au premier rang sera « la Reine des Reines », Louise Sicard, qui a été nommée la reine des quarante reines élues par les lavoirs concurrents. » Des guillemets encadrent le titre nouveau de Reine des Reines dans l'article intitulé : « LA REINE DES BLANCHISSEUSES ».
Le 5 mars 1891, jeudi de la Mi-Carême, tous les cortèges, ou tout au moins un grand nombre d'entre eux, convergent pour défiler de concert à partir de la place de la Madeleine. Un char des blanchisseuses de Rouen est venu se joindre à eux pour la circonstance. Place de la République cent mille personnes les attendent. Un jury décerne des récompenses. Le succès est immenseLa Mi-Carême, Les chars et la reine des blanchisseuses, Le Monde Illustré, 14 mars 1891, page 204. Commons:File:Sicard 1891.jpgVoir l'article reproduit dans Commons..
Les facétieux étudiants des Beaux-Arts en profitent pour se joindre au cortège avec le char du lavoir des Beaux-ArtsVoir, à ce propos : la Balade du Rougevin, ainsi que Le Pompier, hymne des Beaux-Arts. .
Fait à relever, le jury qui juge les chars n'est pas formé de blanchisseuses. Il est masculin. Au nombre des hommes qui le composent, : « Villard, ancien conseiller municipal, Hattat, conseiller municipal, Morel, Adenis, Merwart, etcLa Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 6 mars 1891, page 2.. » Morel est le président de la chambre syndicale des maîtres de lavoirs, donc du syndicat patronal, Merwart fait partie de l'Association générale des étudiants de Paris. .
Le Monde illustré écrit, le :
La jeune reine est âgée de vingt-six ans et règne pour un jour sur une corporation dont le chiffre ne s'élève pas à moins de quatre-vingt-treize mille femmes, ainsi que nous l'apprend notre confrère du Figaro, M. G. Calmette, dans l'article qu'il a consacré à l'éphémère et jolie souveraine.

L'année d'après, pour la Mi-Carême, l'évènement est réédité, toujours avec un grand succès, et avec la Reine des Reines suivante. Cependant, Le Petit Journal, qui soutient à fond l'entreprise des maîtres de lavoirs écrit : « Cette année, la Mi-Carême avait perdu en grande partie son caractère spécial de fête des lavoirs et des blanchisseuses ; c'était une journée de réjouissance générale, une occasion de s'amuser à peu de frais ; les Parisiens n'ont eu garde de laisser échapper cette aubaineLa Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 25 mars 1892, page 2, colonne.. »
À la fête des blanchisseuses était toujours invité les « pratiques », c'est-à-dire les clients. Et quand les chars des lavoirs parcouraient les grands boulevards, tout le monde pouvait en profiter. Quand le journal écrit que la Mi-Carême a « perdu en grande partie son caractère spécial de fête des lavoirs et des blanchisseuses », il trahit les intentions de ceux qui sont en train de s'emparer de l'événement en en chassant ses organisateurs historiques : les blanchisseuses. L'opération de confiscation de leur fête est bien en route. En 1892, c'est encore un jury de reines qui élit la Reine des Reines. Bientôt, ce ne sont plus elles qui choisissent. Ce . Il faut attendre presque 120 ans et l'année 2009 pour voir avancer, pour des faits analogues, le qualificatif de « squat d'événement« Paparemborde trouve que le « squat d'événement » semble presque une nouvelle forme d'expression culturelle dans le arrondissement. » Délibération , page 12 du compte-rendu du Conseil d'arrondissement du arrondissement de Paris du 21 septembre 2009, téléchargeable à partir de cette page de la mairie du arrondissement : http://www.mairie17.paris.fr/mairie17/jsp/site/Portal.jsp?page_id=19. ».

Quelle organisation pour quelle fête ?

En 1892, un journal parisienL'Éclair, 20 mars 1892, page 1, rubrique L'actualité. écrit :
Voici la Mi-Carême : il n'y aura pas de char promenant dans les environs et sur les grands boulevards la reine élue. Depuis deux ans, par tristesse, cette coutume est tombée en désuétude.
que « la reine élue » et sa cavalcade dont il est question ici, c'est une reine et une cavalcade émanation des blanchisseuses elles-mêmes, évincées par une « reine et une cavalcade des blanchisseuses » émanation de la chambre syndicale des maîtres de lavoirsLe supplément illustré du Petit Journal, du 18 mars 1893, confond les deux reines, l'ancienne et la nouvelle, et appelle la Reine des Reines de Paris 1893 la reine des blanchisseuses..
La fête des femmes dans le cadre du Carnaval de Paris avec l'élection et la cavalcade des reines des blanchisseuses organisées par les intéressées elles-mêmes disparaît.
.

Raisons possibles du changement


Fichier:A la Reine des Reines 8 mars 1891.jpgvignettegaucheuprightPublicité 8 mars 1891A la Reine des Reines, L'Intransigeant, 6 mars 1891, page 2, ..
Plusieurs raisons peuvent être envisagées :
Lors de la Mi-Carême 1890 avait brillé une nouveauté : une cavalcade organisée par le Marché du Temple, qui avait notamment rendu visite aux sièges de grands journaux parisiens. L'idée d'organiser un cortège des lavoirs l'année d'après à la Mi-Carême 1891, avec les très actives blanchisseuses dont c'est la fête, vient probablement de làLa cavalcade du Marché du Temple en 1890 est rapportée dans l'article La Mi-Carême à Paris, La cavalcade aujourd'hui, La Presse, 14 mars 1890, page 1, .
Les Maîtres de lavoirs ont peut-être aussi voulu :
Transformer la Mi-Carême en spectacle de prestige et vitrine publicitaire.
Réduire l'espace que les femmes contrôlent.

Dans les années 1890 et autour d'elles, la pression des femmes pour acquérir de nouveaux droits, espaces d'expression et libertés, connaît des avances significatives, même en termes symboliques.
En 1897, par exemple, pour la première fois une femme intègre comme élève l'École des Beaux-Arts de Paris.
On débat de la possible entrée des femmes en politique.
Devant l'avancée féminine générale, les hommes qui dirigent les lavoirs ont pu, en réaction, souhaiter priver les femmes de la maîtrise de la Mi-Carême.
Ils ont pu aussi souhaiter ainsi liquider le réseau des reines échappant au contrôle des maîtres de lavoirs, pour prévenir sa possible transformation en réseau revendicatif des blanchisseuses. Qui ont déjà commencé à l'époque à se syndiquer. En février 1889, cinq ans à peine après la loi de 1884 autorisant les syndicats professionnels, une assemblée de cinq cents blanchisseuses parisiennes décide la fondation d'une chambre syndicale des blanchisseusesEdmond Le Roy Les blanchisseuses en syndicat, Le Gaulois, 17 février 1889, page 2, . Voir l'article reproduit sur la base Commons. La description de la condition des blanchisseuses qui se trouve dans cet article est un plagiat de l'article de E. Robichon https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k545094z/f1.r=blanchisseuses.langFR Paris qui travaille, La grève des blanchisseuses, paru dans La Presse, le 4 février 1885, page 1, et .. Et en juin 1890, un conflit social dur et bref entre les maîtres de lavoirs et les blanchisseuses se solde par le recul précipité des patrons. Dans la foulée, les blanchisseuses en mouvement, voulant obtenir plus encore, créent un « comité de résistance » composé de vingt-huit dames « pour résister à l'augmentation du prix des places et poursuivre une campagne en vue d'obtenir du Conseil municipal, l'établissement de lavoirs municïpauxhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k545955r/f2.r.langFR Pour les blanchisseuses, Une grève en perspective, Lavoirs municipaux, La Presse, 15 juin 1890, page 2, colonne. Commons:File:Menace de grève des blanchisseuses.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons.. » C'est-à-dire parvenir à la liquidation des maîtres de lavoirs.
Le rôle d'éléments extérieurs aux lavoirs n'est pas non plus à négliger dans l'évolution suivie par l'organisation de la Mi-Carême : politiques et presse en particulier. Le Petit Journal, premier soutien de l'initiative des maîtres de lavoirs a certainement joué un rôle. Habitué de la publicité, soutien traditionnel et sans doute intéressé de la Mi-Carême, il a peut-être même été à l'origine de la transformation de la fête des blanchisseuses en autre chose. La mise en scène nécessitant d'en attribuer l'origine à celles-mêmes qui en étaient spoliées : la paternité du changement et de la cavalcade de 1891 est attribuée cette année-là à une « Société des ouvriers et ouvrières en blanchisserieA travers Paris, La Mi-Carême, Le Petit Journal, 2 mars 1891, page 2, colonne. ». Six ans plus tard, Le Petit Journal n'a plus besoin de travestir la vérité et évoque uniquement en qualité d'organisateurs le « comité des maîtres de lavoirshttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6142039 La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 26 mars 1897, page 1, colonne. ».

Galerie de portraits des 51 Reines des Reines de Paris élues pour la Mi-Carême

De 1891 à 1939 inclus, en comptant les scissions, révocations ou abdications, Paris voit élire 51 Reines des Reines de la Mi-Carême. Cette galerie présente les noms, prénoms et visages des 51 Reines des Reines de Paris.
File:Sicard 1891 recadré tête.jpgLouise Sicard 1891Détail d'une photo d'Eugène Pirou accompagnant l'article La Mi-Carême, Les chars et la reine des blanchisseuses, Le Monde illustré, 14 mars 1891, page 204. Voir la photo en entier reproduit sur la base Commons. Commons:File:Sicard 1891.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons.
File:Reine des Reines 1892.jpgHenriette Delabarre 1892Le Petit Parisien, Supplément littéraire illustré, 27 mars 1892, page 1 de couverture (détail).
File:Eugénie Petit 1893 2.jpgEugénie Petit 1893Supplément littéraire illustré du Petit Parisien, .
File:Marie Bonhomme par Pierre Petit.jpgMarie Bonhomme 1894Photo de Pierre Petit parue dans le supplément littéraire illustré du Petit Parisien, 7 mars 1894.
File:Marie-Louise Grimm - Reine des Reines de Paris 1895.jpgMarie-Louise Grimm 1895Détail d'une page du supplément du dimanche du Petit Journal, 17 mars 1895.
File:Reine des Reines de Paris 1896.jpgHenriette Dufoulloy 1896Supplément littéraire illustré du Petit Parisien, 5 janvier 1896, page 40.
File:Marie Schoenacker 1897 2.jpgMarie Schœnacker 1897Supplément littéraire illustré du Petit Parisien, 28 mars 1897.
File:Maria Bourdillon Reine des Reines des Marchés 1898 2.jpgMaria Bourdillon 1898Supplément littéraire illustré du Petit Parisien, 20 mars 1898.
Fichier:Charlotte Proisy Reine des Reines de Paris 1899 - 2.jpgCharlotte Proisy 1899La Mi-Carême, Le Petit Journal, 10 mars 1899, page 1, . Portrait réalisé d'après une photo de M. Marmand, photographe rue Saint-Antoine.
Fichier:Clotilde Ozouf 1900 Couleurs - 2.jpgClotilde Ozouf 1900Pour la Mi-Carême, Élection de la Reine des Reines, Le Petit Journal, Supplément du dimanche, 11 février 1900, page 1 (détail).
File:Romelotte.jpgEugénie Romelotte 1901 (presque aussitôt déchuePhoto d'Eugène Pirou parue dans la Revue universelle, 1901, page 263.)
File:Marlin-Poirier 1901.jpegMarie Marlin-Poirier 1901 (remplace Eugénie RomelottePhoto de Ladrey-Disdéri parue dans la Revue universelle, 1901, page 263.)
Fichier:Berthe Roche 1902 - 2.jpgBerthe Roche 1902 (rive droiteLa Mi-Carême, Le Petit Journal, 7 mars 1902, portrait de Berthe Roche Reine des Reines page 1, , page suivante : dessin du Char du Temple.)
File:Lucie Le Péru.jpgLucie Le Péru 1902 (rive gaucheLa rive gauche, Une nouvelle cavalcade, L'Intransigeant, 7 mars 1902, page 3, .)
Fichier:Marie Missiou.jpgMarie Missiaux 1903 (rive droiteLa Mi-Carême, Le Petit Journal, 20 mars 1903, page 1, . )
File:Jeanne Troller.jpgJeanne Troller 1903 (rive gaucheLa Mi-Carême, Programme officiel, L'Intransigeant, 20 mars 1903, page 2, .)
Fichier:Jeanne Leclinf.jpgJeanne Leclinf 1904 (rive droiteLa Mi-Carême, Le Petit Journal, 11 mars 1904, page 2.)
Fichier:Sarah Balmadier.jpgSarah Balmadier 1904 (rive gauche)
Fichier:Jeanne Troupel 1905.jpgJeanne Troupel 1905 (rive droiteDétail d'une carte-postale d'époque.)
Fichier:Pauline Toyer 2.jpgPauline Toyer 1905 (rive gaucheDétail d'une carte-postale d'époque.)
Fichier:Rosa Blanche Reine des Reines de Paris 22 mars 1906.jpgRosa Blanche 1906Portrait extrait du programme de la fête qui eut lieu le jeudi 22 mars 1906.
Fichier:Georgette Juteau.jpgGeorgette Juteau 1907Détail d'une carte-postale d'époque.
Fichier:Fernande Morin 1908 1908.jpgFernande Morin 1908
Fichier:Augustine Orlhac 2.jpgAugustine Orlhac 1909Photo de A. Braunstein (recadrée), Le Souvenir Programme de la Cavalcade du Comité des Fêtes de Paris et de l'Association Générale des Étudiants, cliché de la Vie Illustrée, Paris 1909, page 4 de couverture.
Fichier:Thérèse Choque 1910 - 2.jpgThérèse Choque 1910Les Reines de Paris, Le comité des fêtes de la rive gauche et le syndicat du marché du Temple ont élu, hier, leurs souveraines, Le Petit Parisien, 10 janvier 1910, page 2, . Photographiée ici avant son élection au titre de Reine des Reines de Paris, Thérèse Choque ne porte pas la couronne de Reine des Reines de Paris.
File:Elisa Gaillard 2.jpgÉlisa Gaillard 1910 (remplace Thérèse ChoquePartie d'une photo extraite de l'article Royautés de Mi-Carême, Le Petit Journal, 10 janvier 1910, , et . Voir la photo en entier reproduit sur la base Commons. Commons:File:Reines de la Mi-Carême 1910.jpgVoir l'article dont est extrait cette photo reproduit sur la base Commons.)
File:Jeanne Quéru Braunstein Recadrée.jpgJeanne Quéru 1911Détail d'une carte-postale d'époque.
File:Marcelle Paradeis - Reine des Reines de Paris 1912.jpgMarcelle Paradeis 1912Détail d'une photo de l'Agence Rol
File:Germaine Bregnat - Reine des Reines de Paris 1913.jpgGermaine Brégnat 1913Détail d'une photo de l'agence Rol.
Fichier:Marcelle Guillot 1914 - Copie.jpgMarcelle Guillot 1914Détail d'une photo d'époque.
File:Lucie Bataille 1920 - Détail d'une photo.jpgLucie Bataille 1920Détail d'une photo de l'Agence Rol montrant Lucie Bataille Reine des Reines de Paris 1920.
Fichier:Yvonne Béclu 1921 - 2.jpgYvonne Béclu 1921Le portrait d'Yvonne Béclu en pied est paru en illustration de l'article La reine des reines de Paris, L'Illustration, , 26 février 1921, page 207. Yvonne Béclu, Reine des Reines de Paris 1921 figure sur la photo en compagnie de ses deux demoiselles d'honneur Raymonde Noyet et Suzanne Hahn. Le portrait d'Yvonne Béclu dans la Galerie de portraits de Reines des Reines de Paris élues à la Mi-Carême est un détail d'une autre photo, de l’Agence Rol. La rubrique https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k717460w/f4.image.langFR L'actualité par l'image, du Petit journal illustré du 27 février 1921, qui annonce l'élection de la Reine des Reines, précise que Béclu est Reine du arrondissement de Paris, Noyet est Reine du arrondissement de Paris et Hahn Reine du arrondissement de Paris.
Fichier:Germaine Buchet 1922 - 2.jpgGermaine Buchet 1922Détail d'une carte-postale d'époque.
Fichier:Jeanne Cron 1922.jpgJeanne Cron 1922 (remplace Germaine BuchetPhotographiée ici en qualité de Reine du quatorzième arrondissement de Paris, Jeanne Cron ne porte pas la couronne de Reine des Reines de Paris.)
Fichier:Geneviève Durand 1923-1924 - 2.jpgGeneviève Durand 1923 et 1924La Mi-Carême à Paris, La reine des Abeilles a été couronnée hier, Le Matin, 9 mars 1923, page 1, .
File:Jeanne Champ 1925.jpgJeanne Champ 1924Avant le débat à la Chambre, Que pensent les femmes de leur accès aux fonctions municipales, L'avis d'une patronne et celui d'une midinette, Le Petit Journal, 17 mars 1925, page 2, (l'article débute page 1). Jeanne Champ, élue Reine de Paris en juin 1924 est présentée au moment de la Mi-Carême 1925 en qualité de Reine des Reines de Paris 1924.
File:Georgette Fraigneux 1925.jpgGeorgette Fraigneux 1925Détail d'une photo de Georgette Fraigneux.
File:Mathilde Isembart à la Foire de Lyon 1926.jpgMathilde Isembart 1926Détail d'une photo de l'Agence Meurisse la montrant en visite à la Foire de Lyon 1926, avec ses deux demoiselles d'honneur.
File:Aline Lesage 1927.jpgAline Lesage 1927Le sourire des reines à travers Paris, La Presse, 25 mars 1925, page 1. Cette photo illustre un article Commons:File:Mi-Carême à Paris 1927.jpgreproduit dans Commons.
Fichier:Paulette Cayet.jpgPaulette Cayet 1928
Fichier:Suzanne Petauton 1929.jpgSuzanne Petauton 1929La reine des reines de Paris, Rubrique Dernière heure, Le Matin, 6 mars 1929, page 3, . Commons:File:Election de Suzanne Petauton.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
File:Rolande Risterucchi 1930 2.jpgRolande Risterucchi 1930Détail d'une photo du Char des Reines à la Mi-Carême 1930.
Fichier:Lucienne Clément 1931.jpgLucienne Clément 1931Détail d'une carte-postale d'époque.
Fichier:Simone Clément 3 mars 1932.jpgSimone Clément 1932Reine des Reines, Le Matin, 3 mars 1932, page 10, .
Fichier:Raymonde Nieuwensteed 1933.jpgRaymonde Nieuwensteed 1933La reine des reines et ses demoiselles d'honneur ont été élues hier soir, Le Matin, 13 mars 1933, page 2, . Commons:File:Election de la reine des reines 1933.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
File:Lise Brousseaud - L'Intransigeant - 6 mars 1934.jpgLise Brousseaud 1934Détail d'une photo parue dans L'Intransigeant le 6 mars 1934. Voir la photo en entier, reproduite sur la base Commons. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k578277k/f1.image Un autre portrait de Lise Brousseaud est paru en première page du journal Le Matin, 5 mars 1934, .
File:Portrait de la Reine des Reines de Paris 1935 - Le Monde Illustré - 16 mars 1935.jpgFrancine Constance 1935Reines de fantaisie et concours d'élégance, Le Monde illustré, 16 mars 1935, . L'agence photographique Keystone a photographié la délégation des Reines de Paris 1935, dont Francine Constance, dans la cour de la Préfecture de police le jeudi de la Mi-Carême 28 mars 1935.
File:Gilberte Soubirat 1936 - 2.jpgGilberte Soubirat 1936Détail d'une photo illustrant l'article La reine des reines de Paris et l'impératrice des provinces françaises 1936, Le Matin, 2 mars 1936, page 6. Commons:File:Mi-Carême 1936.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
File:Reine des Reines de Paris 1937.jpgFernande Botton 1937Fernande Botton apparaît sur une photo publiée le 5 mars 1937 dans la rubrique Figaro-actualités du journal Le Figaro, page 2, et prise le jeudi de la Mi-Carême 4 mars 1937. Le nom de la Reine des Reines de Paris 1937, que Le Figaro ne mentionne pas, est indiqué dans un article paru le 5 mars 1937 dans le journal Le Matin : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k585530w/f2.image.r.langFR En ce jour de mi-carême le « Matin » a reçu de nombreuses reines et majestés, page 2, . Commons:File:En ce jour de mi-carême le Matin a reçu de nombreuses reines et majestés.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
Fichier:Hélène Capron 1938.jpgHélène Capron 1938Précoce royauté, L'Humanité, 25 mars 1938, page 8, .
File:Odette Vercheval - L'Intransigeant.jpgOdette Vercheval 1939L'Intransigeant, 14 mars 1939, page 1, .

Les femmes exclues de l'organisation de leur fête


Extrait du programme de 1892Copié, en mars 1995, au Centre de documentation du Musée des Arts et traditions populaires, situé alors à Neuilly-sur-Seine, près de Paris. Ce musée a été supprimé, en 2008, au bénéfice d'un établissement créé à Marseille, consacré aux civilisations de l'Europe et de la Méditerranée. Référence du document, en 1995 : 643. :
Programme de la fête populaire de la Mi-Carême 1892
Approuvé par la Reine des Reines Mademoiselle Henriette Delabarre

Comité :
Président d'honneur : M.Villard, Président de la Société centrale du Travail professionnel. — Président : M.Morel, Président de la Chambre syndicale des Lavoirs de Paris. — Vice-Présidents : M.Rancès, vice-président de l'Association des Étudiants ; M.Merwart, de l'Association des ÉtudiantsL'Association Générale des Étudiants de Paris, AGEP, familièrement appelée et connue sous le nom de l'« A ». ; M.Rémy Leroy, vice-président de la Chambre syndicale des blanchisseurs. — Secrétaires : MM.SemichonAprès la disparition de Monsieur Morel, survenue assez rapidement après, il lui succèdera à la tête de la Chambre syndicale des Maîtres de lavoirs. Cette succession est attestée par des documents conservés aux Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine., Bailly, Isoard, Gaston Mayaud. — Trésorier : M.Raynal, Maître de Lavoir. — Commissaires : Vacquerie, Muller. — Membres du Jury : MM.Gastiné, Schwob, Dehaître, Lamothe, Cuau, Delaroch, Denterbecq et les Délégués de la Presse Parisienne.

La fête réduite à un spectacle

Le Journal illustré écrit, le :
Cette journée (de la Mi-Carême), à Paris, pourrait s'appeler, ad libitum, la journée des blanchisseuses, son titre officiel, ou la journée des confettiLes confettis en papier font leur première apparition à Paris pour la Mi-Carême en 1892. L'événement est illustré par un dessin dans Le Monde illustré et le

commentaire qui l'accompagne., ou encore la journée des bousculades.
Dans tous les cas la gaîté en a été le principal élément, et si l'effervescence joyeuse du public a revêtu parfois un caractère quelque peu brutal, il en faut peut-être rendre responsable le splendide soleil de mars qui semblait avoir exercé largement son action sur le cerveau des Parisiens.

La grande attraction de la journée était le cortège organisé en l'honneur de la reine des reines des blanchisseuses, Henriette Delebarre, dont nous avons publié le portrait.
Grâce à de généreuses subventions, les promoteurs de cette promenade carnavalesque ont pu arriver à un fort beau résultat et le défilé des chars, corps de musique et groupes de travestis dont se composait l'importante escorte de la reine des reines, a obtenu un succès mérité.
Fichier:Faluchards 1893.jpgvignettegaucheEn tête du cortège des étudiants en 1893 : vélos fleuris et FaluchesDétail d'un dessin de Georges Redon paru dans la presse parisienne en mars 1893..

Tentative de résistance de la fête ouvrière en 1893

En 1893, la lecture de l Écho de Paris daté du 10 marsLa Mi-Carême, Les blanchisseuses, L’Écho de Paris, page 3, .Commons:File:Mi-Carême 1893 - L'Echo de Paris.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. Le numéro est daté du 10 mars et annonce le cortège du 9 mars. Il est antidaté., nous apprend qu'il est en fait prévu pour la Mi-Carême deux cortèges des blanchisseuses. Le grand cortège, abondamment détaillé – auquel se joignent étudiants et marchés, –– de la Reine des Reines de Paris 1893 Eugénie Petit, blanchisseuse au lavoir de la Santé.
Et un autre cortège, mentionné juste en quatre lignes, sans autres précisions :
« Une autre cavalcade parcourra également Paris. Elle est organisée par la Chambre syndicale des ouvrières blanchisseuses, qui a élu reine Louise Vivien, une jolie brune de vingt ans. »

Ce cortège paraît être une tentative de riposte organisée et concurrentielle des ouvrières blanchisseuses syndiquées cherchant à reprendre à leurs employeurs le contrôle de la fête traditionnelle de la Mi-Carême.

1893 : convergences sociales

Fichier:La Mi-Carême à Paris - Défilé de la cavalcade sur les grands boulevards, L'Illustration, 18 mars 1893..jpgvignetteuprightLa cavalcade de la Mi-Carême 1893 défile sous les serpentins géants emmêlés dans les arbres dénudés des grands boulevards parisiensL'Illustration, 18 mars 1893, page 212..
droiteuprightvignetteUne femme pauvre et son enfant passent devant la foule en liesse de la Mi-Carême 1894Illustration du livre d'Alfred Forest Visions rouges, paru en juillet 1897..
Quand les très populaires étudiants parisiens annoncent en 1893 qu'ils vont se joindre au cortège des blanchisseuses, François Coppée les salue avec un poème : Aux étudiants pour leur Cavalcade de la Mi-Carême. Il les encourage à célébrer la Mi-Carême comme « le bon peuple naïf » et danser avec les blanchisseusesFrançois Coppée, Aux étudiants pour leur Cavalcade de la Mi-Carême, 8 mars 1893, publié dans Les Annales politiques et littéraires, revue populaire paraissant le dimanche, numéro 508, , 19 mars 1893, page 184, ..
Le 9 mars, sur les grands boulevards, trois cortèges défilent pour la Mi-Carême : de la reine des reines, de la reine du Temple (le marché du Carreau du Temple) et de la reine du syndicat (de l'Alimentation parisienne).
Les étudiants de Paris, avec l'armée du chahut, organisation qui a fait une première apparition très discrète l'année précédenteLe Petit Journal, dans son compte-rendu de la Mi-Carême 1892, écrit, le 25 mars, page 2, , qu'à sa Caisse du secours immédiat : Un groupe de jeunes gens, qui ont pris le titre d'« Armée du chahut », nous apporte, toujours pour nos pauvres, 2 fr. 10., remporte un succès immédiat.
Le journal Le Temps relève à cette occasion que :
L'armée du chahut avec son orchestre de bigophones et ses vendeuses en chapeau miss HelyettPar « chapeau miss Helyett », il est entendu ici un chapeau semblable à celui porté par Miss Helyette, héroïne de l'opérette du même nom, musique de E. Audran, paroles de Maxime Boucheron. du journal En Arrière, forment un ensemble des plus réjouissantshttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2336316/f4.image.r=bigophones.langFR La mi-carême, Les boulevards, Le Temps, 10 mars 1893, page 4, ..

À la Mi-Carême suivante, le , les étudiants sont toujours présentsLa cavalcade de la mi-carême, article de L'Illustration, , 3 mars 1894. et François Coppée leur écrit à nouveau un poèmeFrançois Coppée, Aux Étudiants. Pour la Mi-Carême de 1894.
, dans leur défilé : les chats mousquetaires à cheval d'AlfortVoir sur la base Commons le dessin des chats mousquetaires à cheval, paru dans L Illustration du 3 mars 1894, et leur photographie. , la rosière du arrondissement de Paris (un jeune homme travesti), etc.
Ainsi, à la Mi-Carême, à partir de 1893 les extrémités sociales se touchent. Défilent ensemble les étudiants, issus de familles privilégiées, les employés des marchés et de l'alimentation et les femmes des lavoirs, représentants les couches populaires les plus modestes.
À partir de ce moment, si ce n'est déjà avant, la Mi-Carême devient la grande fête des étudiants parisiens. Et le reste au moins une cinquantaine d'années. On rencontre la dernière importante participation étudiante à la Mi-Carême le .
Le long de toutes ces années, les étudiants élisent souvent leurs reines, pourvues d'un titre spécial qui varie : Lisette des étudiants, etc. Il existait déjà vers 1840-1850 une reine des étudiantes parisiennes. Émile de Labédollière, qui en parle dans un ouvrage général sur Paris, ne précise pas si la reine des étudiantes avait un rapport avec la Mi-Carême :
Avant 1830, les étudiants l'adoptèrent (le bal de la Grande-Chaumière), ainsi que leurs sémillantes compagnes, parmi lesquelles brillait Clara Fontaine, qui fut couronnée la reine des étudiantes ; elle était née à Bordeaux, le , et, pendant plusieurs années, cette belle brune à la taille cambrée trôna sans conteste à la Grande-Chaumière. Qu'est-elle devenue ? nous l'ignorons ; mais elle peut être considérée comme une des créatrices de la danse écheveléeÉmile de Labédollière, Le Nouveau Paris, Gustave Barba Libraire-Éditeur, Paris 1860, page 223..

Programme de la Mi-Carême des étudiants de Paris, en 1895

vignetteuprightÉchos de la Mi-Carême 1895 à Paris.
Extrait de La Presse, , page 1 :
Le comité central des étudiants vient d'arrêter, en ce qui le concerne, le programme de la cavalcade de la Mi-Carême.
Rendez-vous place de la Sorbonne. Départ à onze heures pour le boulevard Saint-Michel, les rues de Médicis et de l'Odéon, le boulevard Saint-Germain. Fusion, au Cours-la-Reine, avec la cavalcade des blanchisseuses.
À l'arrivée du cortège, place de l'Hôtel-de-Ville, simulacre d'une course de taureaux, défilé devant le char de la reine des reines et rentrée au quartier latin.
Le soir, place du Panthéon, autodafé du « Prince Carnaval » ; à sept heures, grand dîner fraternel à l'hôtel des Sociétés savantes, rue Serpente, et grand bal auquel la reine des reines est invitée.

La Mi-Carême 1895 dans un lavoir

Fichier:Reines de la Mi-Carême 1899 - La Caricature.jpgvignettegaucheuprightDessin datant de 1899, se moquant des reines et leur penchant pour les étudiantsLa Caricature, 11 mars 1899..
vignettegaucheuprightDessin comique datant de 1909, où voit que le cortège de la Mi-Carême est toujours appelé cortège des lavoirsLe Dimanche Illustré, 21 mars 1909. La blague est ici sur l'appellation Camelots du Roi, organisation politique connue à l'époque, mise en parallèle avec l'expression camelot de la Reine (de la Mi-Carême).

Blanchisseuses et étudiants invités au bal de l'Opéra en 1896

Julius écrit, le , dans La Revue diplomatiqueJulius, rubrique Les théâtres, La Revue diplomatique, 8 mars 1896, page 10, . :
Le quatrième grand bal masqué de la saison aura lieu à l'Opéra le jeudi de la Mi-Carême, 12 mars. Le grand succès du bal du samedi gras fait présager une fête encore plus brillante et plus animée.
L'administration s'est entendue avec le cortège des étudiants et celui de la reine des blanchisseuses qui entreront solennellement à l'Opéra, le 12 mars, à minuit.

Nous donnerons prochainement le programme complet de ce dernier bal où les attractions et les surprises ne manqueront pas.

Les étudiants au Moulin Rouge en 1897

Fichier:La Mi-Carême sur les boulevards - Camille Pissaro 1897.jpgvignetteuprightdroiteLa Mi-Carême sur les boulevards, huile sur toile, Camille Pissaro, 1897.
Harvard Art Museums.
Vue sur le boulevard Montmartre depuis une chambre du Grand Hôtel de RussieCette vue de la Mi-Carême a fait l'objet d'une lithographie œuvre de Camille Pissaro et Georges William Thornley. Voir la lithographie reproduite sur la base Commons..
L’Écho de Paris écrit en 1897, à propos du soir de la Mi-CarêmeJean Rogier La Cavalcade de la Mi-Carême, L'Écho de Paris, page 3, .Commons:File:Mi-Carême 1897.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
À onze heures, entrée triomphale et traditionnelle de la cavalcade des étudiants au Moulin-Rouge.

La Mi-Carême et l'affaire Dreyfus

La Mi-Carême 1898, le 17 mars, tombe en pleine affaire Dreyfus. Le procès d’Émile Zola pour diffamation dure depuis dix jours devant la Cour d'assises de la Seine. Les dreyfusards essayent d'introduire un char politique dans le défilé festif. La Croix raconte cette tentativeLa Mi-Carême, La Croix, 19 mars 1898, page 2, . :
Le char du « Huis clos ». — Sans la vigilance de la police, la cavalcade aurait certainement dégénéré en bagarre.

Des dreyfusards avaient fait confectionner un immense char orné de faisceaux de fusils et de sabres de bois et surmontés d'une inscription : Huis clos. Sur ce char devaient prendre place des masques revêtus de robes d'avocats et de juges, et d'uniformes d'officiers.

La préfecture a ordonné de remiser ce char qui aurait pu s'intituler : La Discorde.

Au moment de la Mi-Carême 1899, toujours en pleine affaire Dreyfus. Cette fois-ci, ce sont des antidreyfusards qui manifestent. Le 9 mars, la fête leur donne l'occasion du lancé de confettis antisémites à ParisRubrique A travers Paris, Confetti antijuifs, Le Matin, 10 mars 1899, page 3, . Commons:File:Confettis antijuifs.jpgVoir l'article reproduit dans Commons..
Le Matin rapporte cette rarissime manifestation politique dans le cadre du très neutre Carnaval de Paris :
Confetti antijuifs. — On a jeté, hier, sur les boulevards et sur divers points de Paris, en guise de confetti, des rondelles et des carrés de papier contenant des couplets antisémitiques ou des légendes et des portraits. La police n'a pas eu à intervenir. Cependant, deux manifestants, les nommés Alphonse Delarue, employé de commerce, demeurant 71, rue Rochechouart, et Benoît Jayet, garçon marchand de vins, ont été arrêtés pour avoir fait suivre le lancement de confetti antijuifs de propos injurieux et de cris séditieux.

Disparition de la fête ouvrière

vignetteChar du Marché du Temple, 1902.
vignettegaucheChar de la Pêche, 1900.
vignetteChar de Jeanne Leclinf, Reine des Reines de Paris 1904 pour la rive droite, avec un orchestre et une piste de danse.
Fichier:Char du Monde.jpgvignettegaucheChar du Monde, 1900La Mi-Carême, Le Petit Journal, 23 mars 1900, page 2, ..
vignetteredresseEugénie Barbier, Demoiselle d'Honneur de Charlotte Proisy, Reine des Reines de Paris 1899. Elle est Reine de la Renaissance des Halles en 1900 et 1909Portrait paru en page 1 du Petit Journal, le 23 mars 1900. Il a été réalisé, avec d'autres portraits, d'après le travail photographique d'Eugène Pirou..
Ce que Morel n'avait certainement pas prévu, c'est qu'en créant une Reine des Reines il allait faire naître une concurrence avec les patrons des marchés parisiens pour la possession du titre.
Ceux-ci s'en emparent à partir de 1898. La Reine des Reines des marchés remplace la Reine des Reines des lavoirs.
Consacrant, à sa façon et sans la détailler, la défaite du comité des lavoirs, Le Petit Journal écrit alors :
« On sait que cette année, les lavoirs n'ont pas organisé de cortège ; c'est individuellement qu'ils viennent nous rendre visite. La grande attraction que le public groupé rue La Fayette, devant l'entrée du Petit Journal, attend, du reste, avec bonne humeur, c'est la reine des reines des marchés, qui est venue vers onze heures et demieLa Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 18 mars 1898, page 1, et colonnes.. »

Le journal ajoute plus loin :
« Bien que laissés cette année à leur propre initiative, beaucoup de patrons de lavoirs ont tenu à prendre une part active à la fête populaire de la mi-carêmeLes lavoirs, suite de l'article débuté en page 1 : La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 18 mars 1898, page 2, colonne.. »

Les initiatives des lavoirs pour participer à la Mi-Carême mentionnées ici relèvent des patrons. Il n'est plus question des blanchisseuses. .
Ayant éliminé les lavoirs, les marchés se répartissent l'élection de la Reine des Reines, comme à la lecture de La Revue hebdomadaire rapportant l'élection de Clotilde Ozouf en février 1900Pour la Mi-Carême. — La reine des reines des marchés., La Revue hebdomadaire, février 1900. :
« Pour la Mi-Carême. — La reine des reines des marchés. — La société « Union et Progrès du Marché Saint-Germain » a procédé le mois dernier à l'élection de sa reine, élection sensationnelle, car, en vertu du roulement régulier, c'est la reine du Marché Saint-Germain qui, cette année, doit être la reine des reines de la Mi-Carême, le 22 mars. »

En 1901, en vertu de cette règle, une Reine des Reines élue, Eugénie Romelotte, est presque aussitôt déchue et remplacée par une autre, comme le rapporte le journal La Presse :
« On sait que Romelotte, qui avait été précédemment élue Reine des reines, a vu son élection annulée sous le prétexte qu'elle appartient au marché des Carmes. lequel a déjà fourni la Reine des reines l'année précédente »

« A ce propos, le marché des Carmes a décidé, devant l'affront qui était fait à sa reine, de ne point participer aux fêtes du CarnavalPour la Mi-Carême, La Presse, 20 février 1901, page 1, colonne. ! »

En 1901, croyant certainement que la Mi-Carême parisienne est encore une fête ouvrière organisée et contrôlée par les blanchisseuses, des mineurs grévistes de Montceau-les-Mines montent à Paris pour y participer de façon politique et organisée. La Mi-Carême parisienne paraît avoir un grand prestige à Montceau-les-Mines où est attestée en 1924 l'existence d'une Reine des Reines avec son char à l'exemple de ParisVoir le Char de la Reine des Reines de Montceau-les-Mines à la cavalcade 1924 organisée dans cette ville. . Ils construisent deux chars à la Bourse du travail rue Charlot et tente le jeudi de la Mi-Carême 14 mars de rejoindre le cortège place de la Concorde. Ils se heurtent à l'hostilité du public et à l'action de la police qui neutralise complètement leur initiative. Cet incident est abondamment rapporté et commenté par la presse parisienne de l'époque. Il constitue un des deux seuls du genre dans le cadre de la Mi-Carême, fête apolitique et carnavalesque réunissant indifféremment des représentants de toutes les couches, tous les âges et tous les bords de la population. L'autre incident politique du même ordre ayant été celui du char des dreyfusards en 1898.
En juillet 1901 paraît dans La Caricature un dessin de Huard intitulé ConfidencesConfidences, dessin de Huard, La Caricature, 20 juillet 1901.. C'est le seul connu qui fait allusion à l'interaction entre la Mi-Carême et la politique. À son amoureux, une blanchisseuse déclare :
– Pourquoi que j'ai pas été reine des blanchisseuses ? Parce que papa était de la Commune, tiens !
Début 1902, une scission s'opère chez les organisateurs du cortège de la Mi-Carême. Dorénavant, il y a deux Reines des Reines élues chaque année : une pour la rive droite, l'autre pour la rive gauche. Cette situation dure jusqu'à l'année 1905 inclus. En 1905, les organisateurs sont réunisVoir l'en-tête des lettres du Comité des Fêtes de Paris préparant les festivités de la Mi-Carême 1905., mais il existe encore deux Reines des Reines : Jeanne Troupel pour la rive droite, Pauline Toyer pour la rive gauche. Par la suite, il n'existe à nouveau plus qu'une seule Reine des Reines de Paris. La dernière élue est Odette Vercheval en 1939. Cependant, après la réunification, la Reine de la rive gauche continue à exister en tant que telle au moins durant plusieurs années. C'est ce qui apparaît sur une carte-postale figurant les Reines de Paris 1908. Au côté de Fernande Morin, Reine des Reines et d'autres reines, apparaît Marie Chavois, Reine de la Rive GaucheVoir la carte-postale figurant les reines de la Mi-Carême 1908 à Paris. .
En 1903, c'est au tour du commerce parisien représenté par le Comité des Fêtes de Paris, organisme privé réunissant des personnalités et des syndicats patronaux, de se saisir de l'organisation de la Mi-CarêmeL'en-tête d'un tract sous forme de lettre circulaire imprimée, signée par le président du Comité, Louis Seguin, et qui prépare les « Fêtes de la Mi-Carême 1914 », précise : « Comité des Fêtes de Paris, Organisateur des Fêtes de la Mi-Carême, 23, Avenue Victoria. == Paris. Tél.217-03, Secourir en récréant, Fondé le , Déclaré conformément à la loi du , 772 » (Bibliothèque historique de la ville de Paris, dossiers Actualités Carnaval).. Il est dirigé par Léon Brézillon propriétaire notamment de deux cinématographes, c'est-à-dire deux salles de cinéma.
Le Petit Journal, le mardi 17 mars 1903, se fait l'écho du changement :
C'est jeudi prochain, la Mi-Carême.
La fête sera célébrée, c'est plus que probable, très gaiement; mais ce ne sera plus la Mi-Carême habituelle : ce sera autre chose. Il y aura cavalcade sur la rive droite, cavalcade et réjouissances sur la rive gauche, bataille de confetti sur les boulevardsC'est-à-dire la ligne des grands boulevards.; les automobiles, pour la première fois, joueront leur partie dans l'ensemble. Les costumes seront riches, les déguisés nombreux, mais le caractère bon enfant, l'aspect ouvrier en rupture de travail et en liesse aura disparu.

vignetteDessin comique de Gottlob paru dans Le Journal amusant en 1903.
Les cortèges formés par les lavoirs, les cours des reines, majestés d'un jour, blanchisseuses de la veille et du lendemain, appartiennent dès maintenant à l'histoire anecdotique de Paris. Depuis que M. SémichonPrésident de la Chambre syndicale des maîtres de lavoirs et successeur de Morel., qui fut l'âme de ces organisations, n'est plus là pour les diriger, les lavoirs ont cessé de se réunir pour former une cavalcade unique; ils ont continué encore quelques années à sortir individuellement, mais cette fois, peu, très peu, manifestent l'intention de célébrer leur fête traditionnelle.

D'autre part, la cavalcade des marchés est, elle aussi, atteinte. Le marché du Temple, qui se mit à la tête de l'organisation abandonnée par les lavoirs, n'existe plus ; pour galvaniser la Mi-Carême, il a fallu, cette année, recourir à des appuis extérieurs et à des moyens qui, pour être bons, n'en restent pas moins étrangers aux corporations en cause.

Dans ces conditions, nous nous ferons un plaisir, au Petit Journal, de recevoir, après la reine des reines et sa cour, ceux de nos amis qui voudront bien venir nous apporter en ce jour de fête leur salut traditionnel. Nous échangerons nos vœux de bonheur et trinquerons, la coupe de MontebelloIl s'agit d'une marque de champagne. en mains ; à la prospérité des affaires.

Fichier:Tableau des membres du Conseil du Comité des fêtes du quartier des Invalides - Paris 1903.jpgvignette219pxdroiteTableau des membres du Conseil du Comité des fêtes du quartier des Invalides en 1903Quartier des Invalides. Comité des fêtes. Statuts, Paris 1903..
Mais adieu nos longues réceptions d'antan ! Adieu la décoration extérieure de notre hôtel ! Adieu la fête d'autrefois ! Place aux solennités et salut à la nouvelle Mi-CarêmeArticle La Mi-Carême, Le Petit Journal, 17 mars 1903, page 3, . Commons:File:Mi-Carême 1903.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. !

L'élection échappe aux femmes. Ce sont des journalistes, députés, élus de Paris, de sexe masculin, qui choisissent la reine.
À la faveur de son institutionnalisation, la Mi-Carême parisienne a été confisquée à ses animatrices traditionnelles : les ouvrières blanchisseuses. La festivité parisienne est organisée dorénavant par des commerçants, artisans, personnes aisées en général. La composition du Conseil du Comité des fêtes du quartier des Invalides en 1903 est parlante à ce sujet : 19 membres, tous des hommes, dont 17 artisans ou commerçants, un inspecteur de la Compagnie du gaz et un commandant en retraite.
La popularité des Reines des Reines reste immense. Elles sont reçues à l'hôtel de ville, la préfecture de Police, l'Élysée et acclamées par quatre cent mille Parisiens !
Les lavoirs sont toujours présents, mais ne sont plus les organisateurs principaux.
Le Petit Journal écrit, le 20 mars 1903 :
Après avoir longtemps hésité, après avoir même déclaré, pour la plupart, qu'ils ne sortiraient pas, les lavoirs, devant la clémence de la température, ont organisé en hâte des cortèges, qui pour avoir été constitués rapidement, n'en ont été ni moins riches, ni moins bien compris que les autres années.

C'est l'occasion de venir sabler le champagne au journal et y porter une contribution aux œuvres charitables qu'il organise.
16 lavoirs sont mentionnés dont 4 venus de la banlieue.
Les 16 lavoirs mentionnés en 1903 par Le Petit Journal sont ceux dont des délégations sont venues visiter sa rédaction. :
Lavoir des Enfants-Rouges, de la rue de Beaune,
Lavoir du Petit-Château, de Charenton,
Lavoir Championnet,
Lavoir de la Ferme, de Clichy,
Lavoir du marché Lenoir,
Lavoir Saint-Michel, 40 avenue de Saint-Ouen,
Lavoir Saint-Nicolas,
Lavoir Lamarck, de la rue Duhesme,
Lavoir des Martyrs, (« un des plus anciens établissements du quartier »)

Lavoir Sainte-Marguerite, de la rue Trousseau,
Lavoir Moderne, 77 rue de Flandre,
Lavoir Hélène, de la rue Pierre-Ginier,
Lavoir du Progrès, de la rue Ramey,
Lavoir de l'Industrie, rue de l'Industrie,
Lavoir Sainte-Marie, de Saint-Ouen,
Lavoir Saint-Charles, de Pantin.
Le Petit Journal préciseLes lavoirs, Le Petit Journal, 20 mars 1903, page 2. :
Le lavoir du marché Lenoir n'a rien organisé cette année ; mais le propriétaire a voulu quand même, à titre individuel, nous faire sa visite annuelle, et il nous a apporté, pour notre caisse du Secours immédiat, , en souvenir des anciennes fêtes de la Mi-Carême.
Longtemps le prestige des blanchisseuses reste associé à la Mi-Carême. Un dessin comique publié en 1909 atteste qu'à l'époque le cortège de la Mi-Carême est encore couramment appelé cortège des lavoirsVoir le dessin paru dans Le Dimanche Illustré du 21 mars 1909 reproduit dans Commons..

La Mi-Carême en automobile en 1903

Fichier:Mi-Carême 1903 1.jpgvignetteupright« Le Triomphe », char automobile électrique de Marie Missiaux, Reine des Reines de Paris (rive droite), stationnant devant le siège de l'Automobile Club de France, place de la Concorde, avant le départ du défilé du jeudi de la Mi-Carême 19 mars 1903Collection Jules Beau - Photographie sportive, volume 20, année 1903, Bibliothèque nationale de France. Le nom du char automobile électrique de la Reine des Reines de Paris 1903 pour la rive droite est indiqué dans https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k728669f.image.r.f2.langFR La Mi-Carême, article paru dans le journal L'Aurore du 16 mars 1903, page 2, . Voir l'article reproduit sur la base Commons. Ce char n'est pas le seul char automobile qui défile en 1903. Le 31 mai de la même année on voit un char automobile qui défile à Roubaix..
Fichier:Mi-Carême 1903 - Extrait de l'article de l'Intransigeant - Copie.jpgvignetteL'Intransigeant, 21 mars 1903Place de la Concorde — Formation du cortège, L'Intransigeant, 21 mars 1903, page 2, ..
La Mi-Carême 1903 offre comme originalité un cortège avec une importante composante automobile. G. Etchépérestou écrit à ce propos dans Le Journal amusant du 28 févrierRubrique Automobile, Le Journal amusant, 28 février 1903, page 14, . Commons:File:La Reine des Reines en automobile - Le Journal amusant - 28 février 1903.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
La Reine des Reines en automobile — La mi-carême sera, cette année, plus brillante que d'habitude, car Paris va voir défiler la Reine des Reines sur un char automobile. Le cortège partira de l'Automobile Club de France, place de la Concorde.

Le cercle a donné au comité d'organisation une subvention de , et la toute mignonne souveraine de la journée recevra un bijou lorsque, à une heure de l'après-midi, elle viendra dans les salons de l'A. C. F., où on lui offrira le Champagne au nom de cette autre reine des reines du jour, l'automobile.
Le cortège comprend trois groupes, dont les deux derniers seront les groupes classiques hippomobiles de jadis.
Mais le premier groupe va révolutionner Paris. Voici sa composition :

Tout d'abord, sur un char de la maison de Dion-Bouton, — la Reine des Reines. Ce char est décoré par Jambon, le grand artiste du décor. Puis derrière, pour son cortège, un autre char, et entre les deux, faisant la navette, trois PopulairesIl s'agit de trois voitures de la marque De Dion, d'un modèle lancé en 1902..
Puis viendront les voitures des Grands Garages de Paris, splendidement décorées.

Voici l'itinéraire du parcours :
Départ : place de la Concorde, avenue des Champs-Élysées, avenue Marigny, place Beauvau (arrêt à l’Élysée), faubourg Saint-Honoré, rue Royale, la Madeleine, les grands boulevards, MargueryIl s'agit du restaurant Marguery, tenu par Marguery, importante personnalité dans l'organisation de la Mi-Carême à cette époque. (arrêt), place de la République, rue Turbigo, boulevard Sébastopol, rue de Rivoli, Hôtel-de-Ville (arrêt), quai de Gesvres, place Saint-Michel, boulevard du Palais, Préfecture de police (arrêt), boulevard Saint-Michel (dislocation).

La Mi-Carême au théâtre

En 1903, la Mi-Carême apparaît dans Sans Mère !, pièce de théâtre de Michel Carré et Georges MitchellSans Mère ! – Pièce de théâtre en cinq actes et six tableaux, de Michel Carré et Georges Mitchell, première représentation donnée au théâtre de l'Ambigu-Comique le 14 mai 1903..
Extrait d'une critique :
Pour tout vous dire, nous ajouterons à ce récit que nous tombons en pleine mi-carême, qu'il y a là une cavalcade de blanchisseuses réjouissantes — si l'on veut — où chacun se rencontre sous un déguisement imprévu : gendarme, polichinelle, clown, Gugusse (hélas que tout cela est donc vieux jeu !) ; que la Reine des Reines est Anne-Marie; que la patronne du lavoir est la femme de Souillard (à quoi bon, grands dieux !) ; que la moitié du cortège entre au Palais de Justice et chez le juge d'instruction aussi facilement, plus facilement que le ferait le garde des Sceaux lui-même ; qu'il y a aussi des trompettes, des bigophones, de la joie, de la gaieté... et qu'enfin on essaie d'exciter le rire qui, toutefois, ne vient guèreLes Annales du théâtre et de la musique, 1903, , pages 323-324..

1904-1905 : Solennités internationales

vignetteuprightLa Reine de Turin, à droite, accueille les Reines de la Mi-Carême parisienne, Turin septembre 1904.
vignetteuprightgaucheVue prise en 2010 de la Tettoia dell'Orologio (Dais de l'horloge), bâtiment emblématique du marché turinois de Porta Palazzo, construit en 1916.
upright=1.2vignetteÉlections de reines en mars 1905Le Petit Temps, 4 mars 1905..
Vers 1900, la popularité de la Reine des Reines a franchi les frontières.
vignetteRosina Ferro-Pia Reine du Marché turinois de Porta Palazzo à Paris en 1905.
À l'époque c'est une élue des marchés parisiens. Ce serait à son exemple que d'autres reines apparaissent dans le mondeC'est en tous cas ce qu'a déclaré le président du Carnaval de Metz au représentant du Carnaval de Paris, en 2003, à une réunion tenue à l'hôtel de ville de Mulhouse à l'occasion du Carnaval de cette ville..
Ce qui est certain en tous cas, c'est qu'en 1902 de grandes fêtes sont organisées au célèbre marché de Porta Palazzo à Turin. Bien qu'ayant un caractère carnavalesques, elles ont lieu en septembre loin de la période du Carnaval. Est élue à cette occasion la première reginetta palatina, ce qui signifie en italien : « petite reine palatine », car le marché de Porta Palazzo se trouve voisin de la porta Palatina, monument antique romainLe nom de la première reginetta palatina est Margherita Rosa, comme le rapporte Cesare Bianchi dans « Porta Palazzo e il Balon, storia e mito » (Porta Palazzo et le Balon, histoire et mythe), Editrice il punto, 1991 (côte à la Biblioteca Civica de Turin : 251 C 96), pages 208-210..
En septembre 1904, à l'initiative du journal turinois satirico-humoristico-politico-sociale « Il Fischietto »« Le Sifflet », en italien fischiare, signifie « siffler ». Ce journal ressemble singulièrement, par sa présentation et ses dessins au journal français « L'Assiette au beurre »., la Reine des Reines, avec d'autres reines de la Mi-Carême parisienne, participent aux fêtes de Porta PalazzoIl Fischietto, Giornale Satirico-Umoristico-Politico-Sociale, 30 août 1904, Anno 57, ..
C'est un voyage fabuleux pour l'époque et pour des reines d'extraction modesteDans le programme de la tombola de la Mi-Carême 1906, à Paris, conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, figure, parmi les prix : « 5 lots : un voyage à Fontainebleau en classe, offerts par les Voyages Modernes, 1 rue de l'Échelle. » On mesure difficilement ce que pouvait éprouver, en ces temps-là, celui qui allait plus loin. (Fontainebleau n'est qu'à de Paris)..
C'est le début d'une période de dix ans d'échanges internationaux entre la Mi-Carême parisienne et des villes d'autres pays que la France.
L'annonce de la participation italienne à la fête à Paris en 1905 galvanise les Parisiens et amène la réunification de la Mi-Carême parisienne qui, depuis trois ans, s'était divisée avec une Reine des Reines de la rive gauche et une Reine des Reines de la rive droite de la Seine.
Le , « M. Brezillon a exposé au préfet (de Police Louis Lépine) la fusion des deux comités, suscitée surtout par le désir de faire mieux que ce qui a été fait jusqu'alors, en unissant les ressources, les efforts et les initiatives pour pouvoir organiser une réception grandiose aux délégations des halles et marchés de Turin et aux commerçants des grandes villes italiennes qui se joindront à ellesL'Éclair, 24 décembre 1904.. »
Une délégation parisienne est invitée au Carnaval de Milan en 1905L'Humanité, 14 mars 1905, page 2..
À la gare de Turin, Torino Porta Nuova, le , à 0 heures 20, une foule énorme acclame le convoi de douze voitures, attelées de deux locomotives, qui part vers ParisRubrique Cronaca (Chronique), La partenza delle Regine dei mercati per Parigi (Le départ des reines des marchés pour Paris), La Stampa, 28 mars 1905.. Trois cents Italiens, de Turin et Milan, partent participer aux fêtes de la Mi-Carême 1905. À leur tête se trouvent la reginetta palatina Rosina Ferro-Pia, reine du marché de Porta Palazzo et Maria Nulli, reine des marchés de Milan.
Dans le programme pour les fêtes de la Mi-Carême, 1905 est indiqué qu'il est prévu que le 30 mars défileront dans la grande cavalcade des marchés, lavoirs et cortège allégorique des syndicats de l'Alimentation parisienne 40 chars et 2000 figurants.
Ce jour-là, la cavalerie du Wild West Show le célèbre cirque de Buffalo BillQue les Américains appellent le colonel Cody. Si vous parlez, aujourd'hui, de « Buffalo Bill », à des Américains, ils ne comprennent pas qui c'est. arrivé la veille de la fête à Paris rejoint le cortège et l'accompagne ensuite :
Mais une surprise nous était réservée : Buffalo-Bill nous envoyait quelques-uns de ses meilleurs cavaliers, qui venaient se joindre au cortège à la place de la Concorde, et ce fut le plus beau défilé, où, après les Peaux-Rouges, superbement empanachés, on vit cosaques, gauchos et cowboys, sans oublier une batterie d'artillerie anglaise, qui représentait sans doute quelque entente cordiale.

Le soir, les reines avec leur suite officielle sont reçues à l'Hôtel de ville et à la préfecture de police.
Puis l'on se sépare, un peu ahuris d'avoir accompli, avec quelques bigophones, des légumes grotesques, des seigneurs Louis XIII et des jolies filles, de si grandes choses sans s'en douterL'Éclair, 31 mars 1905..

Le lendemain soir une retraite aux flambeaux de la gare de l'Est à l'Observatoire rassemble 1000 musiciens et 1500 figurants avec chars lumineux, illuminations et feux d'artifices.
Ce n'est pas la première fois que le Carnaval de Paris reçoit une délégation étrangère. Déjà le mardi gras , une délégation de 64 étudiants espagnols, membres de la Estudiantina espagnola de Salamanque, avec guitares et tambourins avaient défilé dans Paris, accueillie par 600 étudiants parisiens et une foule immenseLe mardi gras à Paris, Le Petit Parisien, 7 mars 1878, .

Les festivités de 1905 vues par la Gazzetta del Popolo


La Gazzetta del Popolo (Journal du Peuple), éditée à Milan, écrit le 1er avril 1905 :
Les petites reines italiennes à Paris

Le banquet au « Petit Journal »

Paris, 31 mars (par téléphone) – Hier soir avait lieu à 21 heures, dans la salle des fêtes du Petit Journal, le banquet organisé par le Comité des fêtes de la Mi-Carême, sous la présidence d'honneur du comte Tornielli.

La Reine des Reines de Paris présidait, assistée par les petites reines italiennes.
A la table d'honneur était Archdeacon, député de Paris, des conseillers municipaux, Trezza di Musella de la Chambre de commerce italienne, les présidents des Comités parisiens, Piccini de Turin, Gerosa de Milan, etc.
Huit cents personnes assistaient au banquet dans la salle du Petit Journal.

Au dessert ont été portés des toasts par Archdeacon, Trezza di Musella et Gandolfi.
A minuit a commencé un bal qui a duré jusqu'au matin.
La matinée

Paris, 31 mars (par téléphone) – Les petites reines de Turin et Milan, accompagnées par les reines françaises et des membres du Comité franco-italien, ont assisté à une matinée artistique dans la salle des fêtes du magasin Dufayel.

Elles ont reçu en cadeau un bracelet d'or.
La retraite aux flambeaux

Paris, 31 mars (par téléphone) – La retraite aux flambeaux, en l'honneur des reines de Milan et Turin, a attiré une grande foule à la gare de l'Est, d'où devait partir le cortège.

Les reines sont vite arrivées avec leurs suites, acclamées par la foule.
Le cortège se composait de 1000 musiciens et 1500 figurants.
Tout le long du boulevard de Strasbourg la foule criait avec enthousiasme : Vive les reines ! Vive l'Italie !
Le cortège a traversé les Halles et le Marché Lenoir, particulièrement applaudi. Tous les cafés étaient plein de gens qui montaient sur les tables ou sur les sièges pour voir passer les petites reines.

Après la traversée des marchés le cortège est allé à l'hôtel de ville où ont été reçues les reines italiennes.

Une fête, comment ?

Fichier:Délégation calaisienne à la Mi-Carême à Paris 1906.jpgvignetteupright=1.2Des délégués de Calais à la Mi-Carême 1906 avec la Reine du Courgain, quartier maritime de Calais.
Fichier:Hermance Taverney.jpgvignetteupright=1.2Des délégués suisses à la Mi-Carême 1906, dont Mademoiselle Hermance Taverney, Palès déesse du Printemps de la Fête des Vignerons de Vevey 1905 et ses deux demoiselles d'honneur.
Fichier:Char de Rosa Blanche, Reine des Reines de Paris 1906.jpgvignetteupright=1.2Le char de la Reine des Reines de Paris 1906La Mi-Carême à Paris, Le Journal du dimanche, ..
Fichier:Académie Culinaire 1906.jpgvignetteupright=1.2La société des Étourdis ou de l'Académie culinaire, une société bigophonique aux instruments de musique en carton en formes de denrées alimentaires. – Mi-Carême 1906Une aubade à la Reine des Reines, Le Petit Journal, 19 mars 1906, page 1..
En 1906 au scrutin pour l'élection de la Reine des Halles présidé et organisé par une large majorité d'hommes, les électrices sont très nombreuses« Puis le scrutin est ouvert, après que les six concurrentes, leur numéro d'ordre épinglé au corsage, sont montées sur l'estrade pour fixer le choix des électeurs — et des électrices très nombreuses. » Le Petit Journal, 29 janvier 1906. En revanche, quand il s'agit de choisir parmi les candidates, reines ou demoiselles d'honneur, la Reine des Reines, c'est tout autre choseL'Éclair, 26 février 1906.:
Fichier:Char de Tantale 1906.jpgvignetteuprightLe char du supplice de Tantale, un des deux chars comiques, avec celui de la Tortue, à la Mi-Carême 1906La Mi-Carême, Le Figaro, 23 mars 1906, page 4, ..
Fichier:Mi-Carême 1906 - Place de la Concorde, le char de Gargantua 2.jpgvignetteuprightLe char de Gargantua à la Mi-Carême 1906. Le thème de ce char avait déjà été utilisé pour un char animé de la Promenade du Bœuf Gras au Carnaval de Paris en 1866 et un autre en 1902Voir le char de Gargantua à la Cavalcade du Bœuf Gras 1902. .
Cela s'est passé dans la grande salle des fêtes de la mairie du dixième arrondissement, car le temps n'est plus où l'élection de la reine des reines avait lieu sous les quatre vents des pavillons des Halles. Jamais, non plus, on n'avait vu autant de personnages officiels : MM. Tournade et Auffray, députés; Achille Barillier, Joseph Ménard, Gay, Chassaigne-Goyon, Gally, Moreau, Dausset, Leriche, Pannelier, Congy, Quentin, Massard, conseillers municipaux, et, sur l'estrade, MM. Marguery, président de l'Alimentation parisienne, et les actifs organisateurs des fêtes de la Mi-Carême, MM. Brézillon, Leroy, Leray, etc.

En toilettes claires, dans leurs plus beaux atours, les dix concurrentes se rangent face aux électeurs, qui sont les députés, les conseillers municipaux, les membres du comité et les membres de la presse ; chacune porte à la main une sorte de houlette qui porte un numéro distinctif.

En 1906, on relève un des rares incidents politiques rapporté par la presse dans le cadre de la Mi-Carême :
La police a saisi, vers deux heures et demie, avenue Parmentier, un char composé d'une voiture à bras décorée de draperies rouges, sur laquelle se trouvaient deux individus portant, l'un une tête de chien, l'autre un costume de prêtre, et qui distribuaient des placards de propagande anarchiste aux curieux.

La petite voiture était traînée par un groupe d'individus déguisés en moutons ; l'un portait une pancarte rouge sur laquelle on lisait : « Groupe des électeurs. »
Vingt arrestations ont été opérées au cours desquelles deux agents ont été fort malmenésLe Petit Journal, 23 mars 1906, page 2, ..

Deux sociétés bigophoniques, dont celle des Étourdis de Paris, participent de façon marquante au cortège de 1906La Mi-Carême, Le Matin, 22 mars 1906, page 2, ..
Quand étudie le Seul Programme Officiel de la Mi-Carême 1911, que , organisme à caractère privé, déposé selon la loi de 1901. Mais, à cette objection, Voir par exemple le char de la Reine des Reines de Paris 1908..
nullement par ailleurs accuser le Comité des fêtes de Paris, organisme privé, de vouloir se substituer abusivement aux autorités municipales. Car la ville de Paris ne dispose d'aucune Commission des fêtes, mais tout au plus juste d'une Commission de la fête nationale, comme cela apparaît dans un débat tenu au Conseil municipal de la ville le 30 décembre 1911.
Le programme de la Mi-Carême parisienne 1906 annonce que l'organisation de sa tombola est faite au Profit des Pauvres de Paris et de la Société de Secours Mutuels. Cette Société de Secours Mutuels est sans-doute celle dépendante du Comité et de l'Harmonie des Fêtes de Paris, c'est-à-dire des organisateurs de la tombola. En ceci, le Comité des fêtes de Paris reste fidèle à la tradition qui veut combiner festivités et bienfaisance, comme cela se faisait déjà à Paris, par exemple en consacrant en 1830 aux pauvres les bénéfices du célèbre bal masqué de l'OpéraL'usage de la recette du bal de l'Opéra au bénéfice des pauvres apparaît dans Le National, Feuille Politique et Littéraire, du 17 février 1830, page 2. Il est écrit à la fin de sa description du somptueux bal de l'Opéra tenu la veille :
Un sentiment vrai se joignait au plaisir causé par ce spectacle, c'était la certitude d'un bienfait considérable, car on savait que la recette était de plus de cent mille francs. Notre France est vive, mobile mais elle est bonne, compatissante, elle fait le bien aussi volontiers qu'elle s'amuse..
En 1906, 1909, 1910 et 1911, les échanges festifs internationaux se poursuivent. Participent à la Mi-Carême parisienne des délégations avec les reines et demoiselles d'honneur de Lisbonne, VeveyEn fait, pas une reine, mais une « déesse », voir, vers la fin de cet article, la liste des reines non françaises, invitées à la fête., Madrid, Rome, Ostende, Prague.
Participent également à la fête à Paris des délégations de provinces françaises.
Fichier:Mi-Carême 1906 - Place de la Concorde, la délégation portugaise 2.jpgvignetteuprightLa délégation portugaise défile avec une géante place de la Concorde en 1906Il s'agit d'une géante en temps normal portée à dos d'homme et pour la circonstance installée sur une petite plateforme roulante attelée. Les bras sont destinés à être manipulés avec des perches par deux accompagnateurs. Se reconnaît ici une géante réalisée selon la technique traditionnelle des géants de Catalogne..
Fichier:Char de Bibendum et De Dion-Bouton à la Mi-Carême 1908 à Paris.jpgvignetteuprightChar de Bibendum et de Dion-Bouton à la Mi-Carême à Paris 1908.
Fichier:Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 4 janvier 1910, page 55, 1ère colonne.jpgvignetteuprightSubventions municipales parisiennes en 1910 pour les comités des fêtes de la Mi-Carême et le comité de la fête du Bœuf GrasBulletin municipal officiel de la ville de Paris, 4 janvier 1910, page 55, colonne..
Fichier:Ruzena Brazova Reine de Prague à la Mi-Carême 1910 à Paris - Détail d'une photo de l'Agence Rol.jpgvignetteRuzena Brazova Reine de Prague à la Mi-Carême 1910 à ParisDétail d'une photo de l'Agence Rol..
Des Reines parisiennes visitent Londres, Rome« Que deviennent les reines de la Mi-Carême ? », Le Gaulois, 19 février 1914., Saint-Sébastien« Les reines de la Mi-Carême à Saint-Sébastien », Le Petit Parisien, 20 avril 1908., Madrid« Les reines de la Mi-Carême à Madrid », Le Petit Parisien, 23 avril 1908. Nos reines à Madrid, La Justice, rubrique À l'étranger, 28 avril 1908, page 1, ., Naples« Les reines de Paris à Naples », Le Petit Journal, 5 septembre 1910, page 1., Prague« Les reines parisiennes sont parties pour Prague et Plzeň », Le Petit Journal, 28 septembre 1910..
En 1908, elles assistent à Madrid à des courses de taureaux, ce dont s'indigne un journaliste français : « il est regrettable, en vérité, que les comités espagnols chargés de les recevoir n'aient pas senti toute l'inconvenance qu'il y avait à imposer à des jeunes filles françaises ce spectacle hideuxJean Lecoq, Propos d'actualité, Les Reines des halles aux courses de taureaux, Le Petit Journal, 27 avril 1908, page 2, colonne.. »
Les Reines parisiennes visitent également la province. Ainsi, le , Rosa Blanche Reine des Reines de Paris 1906 paraît aux côtés de la Reine du Commerce de Chartres, à la Cavalcade Paris-Chartres organisée à Chartres. À cette occasion, une carte-postale souvenir est éditée par le journal Le MatinVoir la carte-postale souvenir de la Cavalcade Paris-Chartres 1906 et le Char de la Reine des Reines de Paris à la Cavalcade Paris-Chartres le . .
Le , Augustine Orlhac Reine des Reines de Paris, participe au défilé fleuri de Saumur dans son char monumental amené de Paris. Le mois suivant, elle paraît aux Fêtes Normandes à Rouen, aux côtés de ses demoiselles d'honneur, assise dans un splendide landau fleuriVoir la photo d'Augustine Orlhac, Reine des Reines de Paris 1909, et ses demoiselles d'honneur, aux Fêtes Normandes à Rouen en juin 1909. .
Le , se joint à la cavalcade de la Mi-Carême un protestataire original : Jean-Baptiste Doussineau, amputé des deux jambes, qui depuis la fin décembre 1909 parcourt les rues de Paris à dos de chameau, en compagnie d'un ami arabe, Ali ben Amar. Il vend des cartes-postales, fait la charité et harangue la foule. Ancien boulanger « tombé dans le pétrin », selon ses propres mots, il accuse la Compagnie de l'Ouest et l'Assistance publique de ne lui avoir porté aucun secours après l'accident de chemin de fer qui l'a laissé infirmeVoir une carte-postale figurant Jean-Baptiste Doussineau. .
Le , aux commandes de son aéroplane, l'aviateur Jules Védrines jette des bouquets de violettes sur le cortège de la Mi-Carême parisienne, qui est ensuite survolé par le ballon dirigeable espagnol Astra TorrèsArticle LA MI-CARÊME Un aéroplane et un dirigeable ont pris part à cette belle journée, Le Petit Journal, vendredi 24 mars 1911, pages 1 et 2. Commons:File:Mi-Carême 1911 et dirigeable Astra Torrès.jpgVoir une carte-postale figurant le dirigeable Astra Torrès au-dessus du cortège de la Mi-Carême 1911. À noter que Le Petit Journal raccourcit le nom du dirigeable qui devient juste « Torrès »..
Le , défilent à Paris trois cortèges à l'occasion de la Mi-Carême : celui de la rive droite, avec la reine des reines, celui de la rive gauche avec la rose des roses et, enfin, pour fêter son cinquantième anniversaire, Le Petit Journal fait défiler un cortège formé de groupes et chars du Carnaval de NiceLa Mi-Carême, La composition et les itinéraires des différents cortèges, Le Petit Parisien, page 2, ; voir aussi l'article « Les groupes du Carnaval de Nice en route de Nice à Paris », Le Petit Journal, 13 mars 1912.. Le cortège de la rive droite est organisé par le Comité des fêtes de Paris, organisme privé dirigé par Léon Brézillon. Celui de la rive gauche est organisé par la Fédération des comités des fêtes de la rive gauche, fédération constituée en 1911 afin d'organiser une cavalcade sur la rive gauche. La ville de Paris a concouru au premier cortège par une subvention de , et au second par une subvention de Voir la délibération du Conseil municipal de Paris du 30 décembre 1911, où la subvention pour le cortège de la rive gauche a été voté. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65200140/f18.image.r.langFR 29. — Subvention à la Fédération des comités de la rive gauche pour la fête de la Mi-carême., Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 6 janvier 1912, ..
Cinq chars de Nice défilent à Paris en 1912 : le char de S. M. Carnaval XXXX, les chars de la Rascasse, du Carnaval, des Gardiens du Louvre et de la Vie chèreDans le supplément hebdomadaire illustré du Petit Journal paru le 17 mars 1912, la couverture s'orne du char de S. M. Carnaval XXXX, au verso se trouve Explication de nos gravures, Le carnaval de Nice à Paris : un commentaire de l'événement, et, en page du milieu, une illustration figurant le défilé des chars de la Rascasse, du Carnaval, des Gardiens du Louvre et de la Vie chère. Voir le journal sur Internet. Voir, reproduits sur la base Commons : le commentaire, la couverture avec le char de S. M. Carnaval XXXX et le défilé des chars de la Rascasse, du Carnaval, des Gardiens du Louvre et de la Vie chère.. Le char des Gardiens du Louvre fait référence au célèbre vol de la Joconde, qui a eu lieu en août 1911. Il s'agit d'un char tiré par un âne en cartonnage coiffé de la célèbre tiare de Saïtapharnès, un faux acheté comme authentique par le Louvre en 1896Voir une carte postale du Carnaval de Nice 1912 figurant le char des Gardiens du Louvre.. Comme aucun atelier parisien n'a de portes assez larges pour laisser sortir les chars de Nice une fois remontés, un atelier de fortune est installé sous les arcades du métro aérien, station Corvisart. Celles-ci sont fermées avec de grandes bâcheshttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k619658j/f3.langFR Le Carnaval de Nice à Paris, Le Petit Journal, 13 mars 1912.. La même année, la représentante des étudiants parisiens qui défile sur son char dans le cortège de la Mi-Carême porte le titre d Estudiantina, nom porté par les groupes musicaux et costumés traditionnels d'étudiants d'Espagne, Portugal et Amérique latinePhoto de l Estudiantina sur son char dans le cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris 1912.. Un Char de la Vie Chère qui défile en 1913 au Carnaval de Chalon-sur-Saône paraît comporter des éléments réemployés de chars niçois montés à Paris en 1912. Ce ne sont pas les seuls à avoir ainsi poursuivi leur route au-delà de Paris pour être réutilisé festivement ailleursCommons:File:Vie chère - Nice - Paris - Châlon-sur-Saône.jpgCarte-postale montrant le Char de la Vie Chère défilant au Carnaval de Châlon-sur-Saone en 1913..

1912 : la Mi-Carême colosse aux pieds d'argile

En 1912, un cortège de la Reine des Reines défile pour la Mi-Carême le même jour que deux autres. Cependant, Le Gaulois, son triomphe dissimule une faiblesse organique fondamentale. , même si de la bonne volonté et de la joie partagée. Dès que l'argent manquera au rendez-vous, ces cortèges disparaîtront des rues de ParisBloc-Notes Parisien, Les Trois Cortèges de la Mi-Carême, Le Gaulois, 14 mars 1912, page 1, et . :
{{Citation blocLorsque ce magnifique cortège défilera, on ne se rendra guère compte du travail colossal que son organisation a nécessité, ni des sommes relativement importantes que le comité a dû dépenser.
Ainsi, chaque char, pris en location seulement, revient de quinze cents à trois mille francs. Quant à la figuration, elle est représentée ordinairement par cent cinquante à deux cents femmes payées à raison de huit francs pour la journée et un millier d'hommes à cinq francs.
Le travestissement féminin vaut vingt francs ; le costume masculin dix francs, en moyenne. Il faut ajouter à cela la location de mille tiges de bottes à un franc la pièce et autant de perruques de un à trois francs, selon la qualité ou le style.
Les musiciens, au nombre de cinq cents, se paient de dix à douze francs ; les tambours et les trompettes ne valent que neuf francs ; par contre, les sonneurs de trompe de chasse reçoivent quinze francs. C'est un tarif établi.
Comme accessoires, il faut compter cinquante bannières à quinze francs la pièce, les armures, les hallebardes, épées, lances, etc., dont la location moyenne vaut, de un franc à quatre francs. Nous ne devons pas oublier non plus dans ce chapitre les cartonnages, les motifs portés à la main, les grosses têtes, dont le prix est de vingt à vingt-cinq francs, et qui figurent au nombre d'une centaine dans le cortège.
C'est la cavalerie qui occasionne les plus fortes dépenses. Il faut des chevaux de selle pour les cavaliers et des chevaux de trait pour tirer les chars. Paris n'offre à ce point de vue que des ressources très limitées, puisque la grande extension de l'automobile a supprimé la plupart des écuries. Pour se procurer les deux cents chevaux nécessaires aux personnages montés, il est obligatoire, après avoir engagé tous les chevaux des manèges parisiens, de s'adresser aux écuries spéciales de Montmorency, Robinson, Enghien, Meudon, etc. Les prix de location atteignent maintenant des prix fantastiques : vingt-cinq à vingt-huit francs.
Les chars, eux, exigent, suivant leur importance, quatre, six ou huit chevaux de trait, à cinquante francs la paire, loués chez des entrepreneurs de camionnage, et deux conducteurs par paire à six francs par homme engagé, les hommes de métier pouvant seuls opérer de savants virages sans accident.
D'ailleurs, le comité, par prévoyance, contracte une assurance contre les accidents, qui lui coûte de six à sept cents francs pour cette unique journée.
ajouter aux frais de cavalerie la location des selles d'hommes et de femmes à trois francs par cheval. Le recrutement de la figuration n'est pas chose aisée. C'est au personnel habituel de certains théâtres, comme le Châtelet, où manœuvrent des masses de figurants, que l' appel. Les écuyères, peu nombreuses, sont recrutées où . Quant aux cavaliers, d'eux la production de leur livret militaire, afin de s'assurer que les futurs mousquetaires ont servi dans un régiment de cavalerie.
L'embauchage étant terminé, rendez-vous est donné à la figuration dans un groupe scolaire. Les femmes s'habilleront du côté de l'école des filles, les hommes à l'école des garçons.
Fichier:Chars du Carnaval de Nice à Paris pour la Mi-Carême 1912.jpgvignetteredresseChars du Carnaval de Nice défilant à Paris pour la Mi-Carême 1912.
Dès sept heures du matin, le travail du travestissement commencera sous la surveillance de chefs des groupes, recevant chacun un salaire de trente francs. Ces chefs de figuration seront chargés du matin au soir de veiller sur leur équipe et de la contrôler, le comité étant responsable par traité de toute perte d'effet, de perruque ou d'accessoire.
Les costumes d'hommes ne sont pas essayés, mais distribués au jugé.
Quant aux femmes de la figuration, quinze jours d'avance elles se rendent chez les costumiers pour essayer leur travestissement, car il serait impossible de procéder pour elles comme pour les hommes et de les habiller à la dernière minute.
Maintenant, tout est prêt. Dans quelques heures les trois cortèges défileront et tout Paris sera dans la rue pour les acclamer.

Une fête, pourquoi ?

Fichier:Léon Brézillon le jeudi de la Mi-Carême 18 mars 1909.jpgvignettedroiteupright=0.7Le président du Comité des Fêtes de Paris Léon Brézillon photographié en 1909Détail d'une photo prise par l'Agence Rol le jeudi de la Mi-Carême 18 mars 1909..
Fichier:Reines de Paris à Naples 3.jpgvignettegaucheuprightLe Petit Journal, 5 septembre 1910Les reines de Paris à Naples, Le Petit Journal, 5 septembre 1910, page 1, et ..
Fichier:Char du Bouillon Oxo - 1912.jpgvignettegaucheuprightChar publicitaire du Bouillon Oxo, sorti dans Paris pour la Mi-Carême 1912Char du Bouillon Oxo, Je sais tout, magazine encyclopédique illustré, 1912, page 380..
uprightvignetteMademoiselle Ruzena Brazova, Reine Tchèque, au cortège de la Mi-Carême 1910Sa photo est parue dans Le Petit Journal, le 2 mars 1910..
uprightvignetteCarte postale tchèque célébrant la Reine des Reines de Paris et la Reine Tchèque de la Mi-Carême 1910.
uprightdroitevignetteA la Mi-Carême 1910 : le char de Lutèce.
Fichier:Mi-Carême 1912 - Figures géantes place de l'Hôtel de Ville.jpgdroiteupright=1.2vignetteMi-Carême 1912 : grosses têtes et géants du Carnaval de Nice défilant place de l'Hôtel de Ville.
En 1905 viennent à Paris les Reines italiennes. Puis en 1906 arrivent un nombre impressionnant de délégations étrangères, espagnole, italienne, portugaise et veveyzanne. Ensuite plus rien jusqu'en 1909 année où Paris reçoit la visite de Reines d'Ostende. Ostende ce n'est pas aussi loin que Madrid ou Rome.
La . Elle .
En 1909 la Reine des Reines a une identité régionale comme le rapporte Le Petit ParisienLe Petit Parisien, 15 mars 1909, page 3. :
« La Ligue Auvergnate a donné, hier soir, sa fête annuelle au Salon des familles, sous la présidence de OrlachLe Petit Parisien s'est trompé, en baptisant ici, la reine des reines de Paris 1909 « Orlach ». Son nom, en fait, est « Orlhac » (voir notamment, à ce propos, Le Petit Journal, de la même époque). reine des reines, originaire de l'Aveyron.

Étaient également présents : MM. Brézillon, président du comité des fêtes de Paris, Bonnet directeur de l Auvergnat de Paris, et Piton avocat à la cour d'appel de Paris et Ranvier, conseiller municipal.

Au champagne des discours ont été prononcés par MM. Brézillon et Bonnet. »
Les organisateurs de la cavalcade du à Saumur invite à cette occasion dans leur ville la Reine des Reines de Paris qui défile avec son char venu de la capitaleVoir la photo de la Reine des Reines de Paris défilant à Saumur le 16 mai 1909 sur le site Internet Saumur jadis ou, sur Commons : commons:File:Char de la Reine des Reines de Paris 1909 à l'entrée de la rue du Marché-Noir à Saumur le 16 mai 1909.jpgPhoto du char de la Reine des Reines de Paris 1909 prise à l'entrée de la rue du Marché-Noir à Saumur le 16 mai 1909..
En 1910 et 1911 arrivent à Paris pour la Mi-Carême des délégations praguoises. Mais 1910 est selon une source tchèque l'année de l'échec d'un gros emprunt de la ville de Prague placé à ParisPour approfondir la question il faudrait consulter « La Correspondance tchèque », revue en français qui paraissait à Prague à partir de 1902. . La reine tchèque de 1910 portant un vêtement décoré avec le lion de Bohème, les reines des fleurs praguoises l'année d'après, seraient-elles venues aussi pour promouvoir cet emprunt auprès des souscripteurs français ?
L'accueil de la foule parisienne en tous cas est enthousiaste. Elle leur crie en tchèque : « Nazdar ! », ce qui est le salut des Sokols, les faucons, sociétés sportives et patriotiques tchèquesSans précisions à propos des Sokols, la presse parisienne en 1910 et 1911 rapporte que les Parisiens crient Nazdar ! aux reines tchèques. .
Le succès remporté par la fête n'empêche pas de voir fin 1911 Léon Brézillon, président du Comité des Fêtes de Paris, se plaindre dans l Almanach pratique du journal « Le Petit Parisien » du manque de subventions officielles pour la Mi-Carême :
« Il faut des fêtes aux Parisiens, il faut que les pouvoirs publics nous aident, il faut que les particuliers se rendent compte que les réjouissances populaires déterminent un mouvement considérable de capitaux !» Ainsi nous parlait un jour M. Léon Brézillon qui, depuis dix ans, ne ménage ni son temps, ni sa peine, ni même son argent pour donner à la fête de la Mi-Carême un éclat digne de Paris.

» Mais, malheureusement, ajouta-t-il, on ne nous aide guère. Le Conseil municipal nous alloue une somme de vingt-cinq mille francs. C'est peu ! La tombola nous rapporte quelques billets de mille et nous ramassons le reste, très péniblement, chez les particuliers. Et cependant !!! Nous laissons chaque année de chez les costumiers façonniers et décorateurs. Nous donnons là-dessus de aux figurants. et nous mettons en branle les fabricants de confetti, de serpentins, de masques. Nous faisons venir les gens de la banlieue, voire de la province... Les restaurateurs, les limonadiers, triplent ou quadruplent le chiffre de leurs affaires ce jour-là... L'octroiDouane citadine, ici, bien sûr, celle de Paris. lui-même huit jours avant et huit jours après, encaisse de belles recettes, car on fait des provisions, en prévision de la fête, avant qu'elle ait lieu, et on remplace les marchandises vendues quand les lampions se sont éteints.

uprightvignetteSur un menu du grand banquet donné pour la Mi-Carême à Paris le jeudi ont été recueillis les autographes de la Reine des Reines de Paris 1911 Jeanne Quéru, d'une autre reine parisienne ainsi que celles de deux reines des fleurs tchèques Aneta Horova et Helena SykorovaDocument conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
Fichier:La Rose des Roses de Paris 1912 - Détail d'une photo de l'Agence Rol la montrant montant sur son char - Copie.jpgvignetteupright=0.6Marie Laponche, Rose des Roses 1912Détail d'une photo de l'Agence Rol..
Fichier:Election de la Rose des Roses 1912 - Le Matin - 5 février 1912 - PAge 4 - 6ème colonne - Copie.jpgvignetteupright=0.9Annonce de l'élection de la Rose des Roses 1912 et de deux reines d'arrondissementLes reines, Le Matin, 5 février 1912, page 4, . Voir l'article reproduit sur la base Commons..
Il est bien prouvé que les fêtes provoquent une hausse des affaires... On parle toujours des fêtes que l'on organise à l'étranger. On vante leur éclat, leur harmonie, leur belle composition, leur splendeur artistique. On vante les triomphes des cortèges lumineux, si vraiment beaux d'ailleurs, que l'on organise à tout bout de champ, en Italie ; la magnificence des cortèges historiques dont nos bons voisins les Belges sont si friands, les beautés pittoresques, l'art — le mot n'est pas trop gros — des défilés que l'on offre aux étrangers à Saint-Sébastien. On prône les représentations d'Oberammergau, les fêtes décennales de Munich, de Prague, du diable vauvert. Et naturellement on n'a pas assez de brocards pour cette pauvre Mi-Carême parisienne. On n'oublie qu'une chose... C'est qu'à Bruxelles, à Saint-Sébastien ou à Munich, on dépense des sommes énormes ; à Bruxelles, notamment, on a soldé par près d'un demi-million les frais occasionnés par le cortège historique de l'Exposition ! Que l'on nous donne tous les ans une pareille somme et l'on verra un peu ce que nous pouvons faire.... Et n'allez pas croire que ces fêtes seraient inutiles. Avec une publicité bien organisée, avec le concours de la Presse parisienne, on amènerait des milliers d'étrangers à Paris, on susciterait de l'émulation en province, on provoquerait un formidable mouvement de curiosité et d'argent. Les fêtes sont nécessaires au peuple parisien. Sans fêtes, il s’assomme, il devient morose, revêche, quinteux. Il s'ennuie, ce bon peuple parisien, si spirituel, si gai, si peu difficile en matière de réjouissances... Pourquoi ne lui en donnerait-on pas ? Pourquoi ne chargerait-on pas une commission mixte de les organiser... Le Comité des Fêtes de Paris mettrait bien volontiers sa compétence et ses ressources à la disposition de la commission qui serait composée, par exemple, de conseillers municipaux et généraux, de commerçants et de journalistes.

Le Comité des Fêtes de Paris est outillé merveilleusement pour organiser cela, à très bon compte. Pourquoi n'instituerait-on pas quatre grandes fêtes au Printemps, en Été, en Automne et en Hiver ? Les cent mille francs que nous dépensons annuellement pour la Mi-Carême suscitent un mouvement de fonds de deux millions au bas mot... sur lesquels on fait dix pour cent de bénéfices nets... La chose en vaut la peine et mérite d'être étudiée... Dites donc cela dans l'Almanach du « Petit ParisienPropos de Léon Brézillon extraits du chapitre Il faut des fêtes aux Parisiens, de l'article Comment on organise la Mi-Carême, Almanach pratique illustré du « Petit Parisien », 1912, pages 98-99, article signé Paul Lagardère. ! »

À la même époque existent des Comités locaux, chargés d'organiser les fameux bals du 14 juillet. Il y en a 28, rien que pour le de Paris (chiffre attesté en 1904). L'origine, l'organisation, le rôle et la composition exacte de ces comités locaux seraient intéressantes à déterminer. Les moyens dont ils disposent sont importants. Ils reçoivent, chaque année, de très grandes subventions de la ville de Paris. En 1904, elles s'élèvent, par exemple, à francsSources : Bibliothèque administrative de la ville de Paris, budgets imprimés de la ville de Paris. Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine, dossier sur le 14 juillet 1904. Cet aspect de la fête est aussi rapporté par Faure, dans son ouvrage sur le Carnaval de Paris, paru en 1978.. Avec cet argent, les festivités organisées amènent également une clientèle aux débits de boissons qui accroissent leurs bénéfices sans avoir la charge des frais du bal. Le 14 juillet est une fête officielle avec des aspects populaires. La Mi-Carême et la Promenade du Bœuf Gras au Carnaval de Paris sont des fêtes populaires avec quelques aspects officielles comme la réception des Reines à l'hôtel de ville ou la Préfecture de police. Il y a encore, dans les années 1920, pratiquement un bal du 14 juillet devant chaque bistro. La diminution des subventions aux festivités du 14 juillet amène par la suite la quasi-disparition de ces animations parisiennes.
Le projet de fêtes saisonnières parisiennes souhaitées par Léon Brézillon connait un début de réalisation en 1912 avec le cortège de la Rose des Roses le jour de la Mi-CarêmeTrois photos prises le jour de la Mi-Carême 1912 : La Rose des Roses montant sur son char, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53113394g.r La Rose des Roses sur son char, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53113396c.r La Rose des Roses sortant de l'Hôtel de Ville.. Le cortège annoncé est ainsi constituéhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k570081t/f6.item.r La Mi-Carême, Le Matin, 28 février 1912, page 6, . Commons:File:La Mi-Carême - Le Matin - 28 février 1912 - page 6 - 6ème colonne.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
Char de la Folie, char du Luxembourg, char des Facultés et de la Rive gauche (char portant la Rose des Roses et les Roses), char de la Gare Montparnasse, char des Invalides, char des Filets bleus (avec la reine des Filets bleus de Concarneau).

La Rose des Roses 1912 est une couturière âgée de dix-huit ans, Marie Laponche. En 1913, le cortège de la Rose des Roses est annoncé à une date différente de celle de la Mi-Carême et sous le nom de « Fête du Printemps » :
« La Fédération des Comités des Fêtes de la Rive gauche et l'Association générale des Étudiants qui, l'année dernière, avait organisé le cortège de la Rose des Roses, dont le succès fut très vif, tient à informer la population parisienne que sa fête n'aura pas lieu, cette année, le jour de la Mi-Carême, mais le dimanche 27 avril.
Le Comité, d'accord avec la municipalité, a décidé d'instituer une fête annuelle sur la Rive gauche qui prendrait le nom de « Fête du Printemps » et dont le caractère et l'allure générale seraient différents des fêtes de la Mi-Carême.

Le Comité des Fêtes de la Rive gauche a son siège social 31, avenue de l'ObservatoireLe Petit journal, 27 février 1913, page 2, colonne.. »

Les 4 mai 1913Cette fête est annoncée par Le Petit Parisien du 4 mai 1913, page 2, . https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k564691w/f2.image Le Petit Parisien en donne un compte-rendu dans son numéro du 5 mai 1913, page 2, . Voir aussi l'article https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k570512b/f1.image.r On fêta, hier, le printemps, Et il pleuvait, pleuvait !, dans Le Matin, du 5 mai 1913, p. 1, . Ce dernier article précise le prénom d'Hélène Mangeot. Cet article est reproduit sur la base Commons. On peut voir plusieurs photos de cette fête sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6924948k.r.langFR La rose des roses, Mademoiselle Mangeot, au pied de son char avec ses dauphines. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69249475.r.langFR La rose des roses sur son char avec ses dauphines. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6924945b.r.langFR Le char de la rose des roses. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69245115.r.langFR Les roses de la rive gauche. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6924946r.r.langFR Char de la violette. et 3 mai 1914Le Petit Parisien fait le compte-rendu avec photo de cette fête le 4 mai 1914 dans son article https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k565055f/f2.image La Rive gauche a vu défiler le cortège de la Rose des Roses, page 2, . Des photos de cette fête sont visibles sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69295747.r.langFR Le char de tête : un char gaulois. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6929573t.r.langFR Un carrosse. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69295762.r.langFR Un char romain antique. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6929577g.r.langFR La charrette de la vivandière escortée de sans-culottes. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6929575n.r.langFR Une chaise à porteurs. voient défiler ce cortège costumé à l'occasion du printemps. Des jeunes filles, les roses en sont les vedettes et l'une d'entre elles est la rose des roses. Le thème est en 1913 : les fleurs, en 1914 : la locomotion à travers les âges. Ces cortèges sont organisés conjointement par la Fédération des comités des fêtes de la rive gauche et la très populaire Association générale des étudiants de Paris. La rose des roses 1913 est Mademoiselle Hélène Mangeot. Celle de 1914 Mademoiselle Suzanne Olivier et ses suivantes Mesdemoiselles Le Calvez, Reverdy et Jacquet.
En 1913, le Concours Général Agricole se termine à Paris le 27 février. À cette occasion est organisé dans la rue une Fête de l'Agriculture, cortège comportant un char du Bœuf Gras. Cette date coïncide avec la Mi-Carême. Ce qui fait que ce jour-là, en des lieux différents de Paris défilent les deux cortèges carnavalesques traditionnels parisiens : la Promenade du Bœuf Gras et le cortège de la Mi-Carême, avec, en vedette, Germaine Brégnat, Reine des Reines de Paris 1913La coïncidence des deux fêtes est évoquée dans l'article La Promenade du Bœuf Gras, L'Humanité, 20 février 1913, page 4, . Voir l'Commons:File:Boeuf Gras Mi-Carême 1913.jpgarticle reproduit dans Commons..

Les femmes


Fichier:Reine du XIVème 1914 - 1.jpgvignetteupright=0.61914 : Annonce de l'élection de la Reine du arrondissementCoupure de presse extraite du quotidien Le Journal, 26 janvier 1914..
vignetteupright=0.6Annonce de l'élection de la Reine des Reines 1914.
vignetteupright=0.6Marcelle Guillot, Reine des Reines 1914.
En 1914, une photo de presse montre les huit candidates au moment de l'élection de la Reine des ReinesLes huit candidates à l'élection de Reine des Reines 1914.. La Mi-Carême parisienne accueille pour la deuxième fois une délégation turinoise avec à sa tête la Reginetta palatina (petite reine palatine) Adélaïde Revelli et pour la première fois une délégation de Boulogne-sur-MerEn ligne sur Internet se trouve une photo prise à Paris en 1914 des https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69290807.r.langFR reines de Boulogne et de Turin et une autre montrant https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6929081n.r.langFR l'imposant char de reines défilant dans le cortège du 19 mars 1914. La fête des blanchisseuses existe aussi en 1914 à Orléans où défilent une quinzaine de chars avec la Reine des Guêpes. http://www.loiret.com/cgloiret/index.php?page=display&method=h_display_full&class=notrehistoire_traditions&object=trad_mi-careme.
La même année Le Gaulois écrit à propos des Reines :
N'ont-elles pas un réel mérite, toutes ces jeunes filles que le Comité prend à l'atelier ou au magasin, qui ne sont jamais sorties de leur milieu, et qui savent se montrer dignes du rôle momentané qui leur est échu et ne pas se laisser éblouir par les honneurs dont elles sont l'objet ?
Cette courte royauté n'est pas sans quelque profit. Chaque année le Comité attribue à l'élue (la Reine des Reines) un livret de caisse d'épargne de deux cents francs; couturiers, modistes, fourreurs, commerçants s'empressent de lui donner robes, chapeaux, manteaux et autres objets de toilette; partout où passe la Reine elle reçoit des bijoux ou des cadeaux de prix. Tout compte fait, cela représente une somme variant de huit à dix mille francs, qui constitue une petite dot et permet aux Reines descendues du pouvoir de se marier et s'établir. Et c'est très bien ainsi, car toutes sont des jeunes filles méritantes, choisies après une rigoureuse enquête, travailleuses, honnêtes et tout à fait dignes de cette chance inespérée, comme le démontre leur simple et touchante histoire que nous venons de raconterArticle signé Tout-Paris, Bloc-Notes Parisien, Que deviennent les Reines de la Mi-Carême ?, Le Gaulois, 19 février 1914, page 1, et ..

Les Reines ne sont plus Reines que de noms. Elles ne règnent pas sur la fête mais servent de décoration. Après les avoir sélectionnées, on les exhibe, on les couvre de cadeaux, on leur offre des voyages, mais elles ne décident plus et ne sont plus élues par les femmes.

Les années 1915-1919

Fichier:Mi-Carême 1915 - 2.jpgvignettePas de cortège de la Mi-Carême en 1915Le Petit Journal, 12 mars 1915..
Le Carnaval de Paris est interdit en janvier 1915.
L'interdiction s'applique. Le 12 mars 1915, lendemain du jeudi de la Mi-Carême, Le Figaro écrit :
« La date inaperçue.
C'était hier la mi-carême, vouée, par la tradition, aux cortèges, à la cohue et à la pluie.
Il n'a presque pas plu ; il n'y a pas eu de cortège du tout, ni de fête.
Et nul n'a songé, bien sûr, qu'il y a un an, c'est à coups de confettis que se livrait la batailleRubrique Échos, Le Figaro, 12 mars 1915, page 3, colonne.. »

Après l'interruption de la Grande Guerre la fête redémarre dès mars 1919L'Éclair, 28 mars 1919.. Lucie Bataille, première Reine des Reines de Paris depuis 1914 est élue en février 1920S. M. la Reine des reines de Paris, Le Petit Parisien, 22 février 1920, page 1, ..

Début des années 1920, l'évolution et la crise du Comité des fêtes de Paris

Le Comité des fêtes de Paris, organisme privé qui organise les festivités de la Mi-Carême depuis 1903, connaît une évolution antiféminine et peu festive et une crise au début des années 1920.
La fête pour exister a besoin d'être organisée. L'organisation défaillant la fête va aussi connaître des problèmes.
En 1922, la fête des femmes est organisée par un Comité des fêtes de Paris qui a une conception très particulière de la femme. Vingt reines ont été élues, une par arrondissement de Paris. On donne à chacune des reines dix-neuf bulletins de vote nominatif correspondant aux dix-neuf autres reines en dehors d'elle.
Ainsi elle ne pourra voter que pour quelqu'un d'autre qu'elle. Cette façon d'organiser le scrutin est justifiée par les organisateurs comme permettant de rabattre la coquetterie féminine. La reine doit s'engager à ne pas faire de la boxe, du théâtre ou du cinémaDossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris..
Le 26 février est élue Reine des Reines 1922 Germaine Buchet reine du , avec pour première demoiselle d'honneur Fernande Peiffer reine du et secondes demoiselles d'honneur Jeanne Cron reine du et Germaine Ernès reine du Buchet reine du a été élue hier reine des reines de Paris, Le Petit Parisien, 27 février 1922, page 1, ..
Floréal. L'hebdomadaire illustré du monde du travail, le 4 mars suivant, indique que la nouvelle Reine des Reines est appelée à recevoir de très importantes gratifications matérielles : vingt mille francs de dot auxquels s'ajoutent dix mille francs de meublesL'actualité par le croquis. D'un jeudi à l'autre, Floréal. L'hebdomadaire du monde du travail, 4 mars 1921, page 10..
Vers le même moment, l'Association générale des étudiants de Paris procède à l'élection de « La Lisette » reine des étudiants de Paris« LA REINE DES ÉTUDIANTS - L’association générale des étudiants procédera demain soir, à 21 heures, en sa maison, 13 et 15, rue de la Bûcherie, à l'élection de « La Lisette ». Cette élection sera suivie d'un grand bal. », La Presse, 21 février 1922, page 2. Les étudiants parisiens paraissent s'être dotés, pour la Mi-Carême, au cours des années, à partir de 1894, de Reines porteuses de titres divers..
Les Corses de Paris de leur côté élisent également leur ReineArticle « La Reine des Corses de Paris », La Presse, jeudi 2 mars 1922, page 2. :
Le Comité des Fêtes corses, affilié au Comité des Fêtes de la Ville de Paris, organise une grande soirée artistique et dansante pour le samedi 4 mars, à 20 h. 30, dans la grande salle des Fêtes de la mairie du .

Au cours de cette brillante soirée et en présence de toutes les reines des arrondissements, sera élue la reine des Corses de ParisCette Reine existe toujours en 1939, année où elle est couronnée par Tino Rossi http://www.parisenimages.fr/fr/popup-photo.html?photo=3036-4 .

Le jeudi de la Mi-Carême « il faisait frais, presque froid ». Le mauvais temps n'a jamais été un obstacle à la tenue du cortège. Celui de 1914 a, par exemple, défilé sous une pluie battante. Cette fois-ci les organisateurs paraissent singulièrement frileux, comme le relève Le Petit Journal dans un article intitulé Un somptueux cortège de Mi-Carême sous un ciel d'hiver, Les Reines ont défilé dans des automobiles fermées :
Après avoir longtemps hésité en raison de l'inclémence du temps, le Comité des fêtes finit par décider que la cavalcade aurait lieu. Mais les reines qui le désiraient avaient la permission de défiler en automobiles fermées au lieu de monter sur leur char. Elles en usèrent presque toutes, et qui leur en voudrait ? L'héroïque petite reine des Corses, Chiaverini et ses demoiselles d'honneur, qui tinrent à rester à leur poste et à distribuer leurs baisers à la foule du haut de leur monument de carton n'en méritent que plus de compliments et de reconnaissance.

Les hésitations météorologiques du Comité sont en complet décalage avec la réalité d'une fête d'hiver qui attire la très grande foule parisienne habituelle :
Sur les flancs du cortège, une foule immense, compacte, moutonnant joyeusement et se bousculant avec bonne humeur, se pressait, heureuse et bruyante, enserrant étroitement les rares véhicules qui la traversaient, parsemée de « déguisés » touchants, embrumée des confetti lancés par des mains innombrables et pareille, vue de haut, grâce aux chapeaux rouges dont les femmes sont folles en ce moment, à un océan noir, sillonné de petits bateaux pourpresExtrait de l'article Un somptueux cortège de Mi-Carême sous un ciel d'hiver, Les Reines ont défilé dans des automobiles fermées, Le Petit Journal, 24 mars 1922, page 1, , et ..

La joie collective est renforcée par la levée de l'interdiction des confettis à Paris, interdits depuis 1919 et autorisés en 1922Les confettis seront à nouveau par la suite victimes à Paris d'une interdiction renouvelée chaque année de 1923 à 1932..
Durant l'été 1922 une scission a lieu au Comité des fêtes de Paris organisateur de la Mi-Carême. Son nouveau Conseil d'administration, composé de vingt membres élus et dix-sept présidents de Comités d'arrondissements, par un vote décide que la Reine des Reines 1922 qui ne reconnaît pas la nouvelle direction est déchue de son titre. Le prétexte invoqué est qu'elle veut aller participer aux fêtes de La Baule comme prévu auparavant et refuse d'obéir au Comité qui veut à présent l'envoyer participer au Carnaval d'été à CalaisUn coup d'état : Germaine Buchet n'est plus Reine des Reines, Le Petit Parisien, 2 juillet 1922, page 1, ..
Comme le précise Le Petit Parisien du , elle n'est pas la seule à être déchue :
Les reines du et ont suivi Buchet dans sa déchéance. La reine du a été déclarée déchue par le comité de son arrondissement. Les autres majestés et la reine des Corses se sont groupés autour du nouveau Comité des fêtes dont le président est M. Aublanc. À ses côtés se trouvent, composant le bureau, MM. David, Mounereau, Allouchery, Gaston Duval, Patin et Giovanelli, président du comité des Corses de Paris.

À la place de Germaine Buchet est désignée comme nouvelle Reine des Reines une de ses demoiselles d'honneur : Jeanne Cron, avec pour demoiselles d'honneur Lucienne Loin, reine du et Renée Durand, reine du . Les remplaçantes sont récompensées de leur docilité par la promesse d'une semaine de vacances au bord de la mer suivant les trois jours du carnaval d'été calaisien. Récompense très appréciable pour des reines de condition modeste, en des temps où les congés payés n'existent pas et où pratiquement seuls les riches peuvent s'offrir des vacances.
Le Petit Journal écrit le même jour :
Non seulement il y a maintenant deux Comités, l'un des fêtes de Paris, l'autre des fêtes de Paris et des villes de France, mais il y a deux reines des reines de 1922. L'une est Buchet, qui a présidé le cortège de la Mi-Carême, l'autre Jeanne Cron, nouvelle élue du Comité des Fêtes de Paris.

Buchet et plusieurs autres reines ont quitté Paris hier pour aller assister aux fêtes de la Baule organisées au profit de la Maison individuelle du Grand Mutilé.
M. Aublanc, président du comité D. F. P. et la reine des reines Cron, sont partis de Paris hier à 3 h. 25 se rendant à Calais pour assister aux fêtes du Carnaval d'étéLes reines de Paris se déplacent, Le Petit Journal, 2 juillet 1922, page 3, et ..

Au Comité des fêtes de Paris, la nouvelle direction veut carrément jeter la tradition par-dessus bord et tout changer. Comme cela apparaît en août 1922 dans un bref article du Petit Parisien intitulé Les fêtes de Paris en 1923 :
Le comité des fêtes de Paris offrait hier un dîner en l'honneur de Jeanne Cron, la nouvelle Reine des reines.
Au dessert, M. Aublanc, président, expose un programme que compte réaliser le comité. La traditionnelle cavalcade de la Mi-Carême serait supprimée. Par contre, des fêtes sportives, des reconstitutions historiques, un cortège lumineux au bois de Boulogne seraient organisésLes fêtes de Paris en 1923, Le Petit Parisien, 11 août 1922, page 2, ..

Traduisant cette intention, l Almanach illustré du Petit Parisien pour 1923, sorti fin 1922, annonce pour 1923Mémento pour mars 1923, Fêtes catholiques, civiles et de famille, Almanach illustré du Petit Parisien pour 1923, page 25, . :
Le 8 mars : la Mi-Carême (cortège de la Reine des reines à travers Paris, mais il est possible que, cette année, cette fête traditionnelle soit remplacée par une « Fête du Printemps » qui aurait lieu un peu plus tard).

Un roman-feuilleton

Le , est annoncé dans le journal La Presse le début de la parution d'un roman-feuilleton de Maxime La Tour Reine des Reines, roman dramatique, dont l'héroïne est Reine des Reines de la Mi-Carême parisienneLa parution du roman-feuilleton de Maxime La Tour Reine des Reines, dont l'héroïne est Reine des Reines de la Mi-Carême parisienne, est annoncée à partir du 23 mars 1922 dans La Presse, 22 mars 1922, page 1, . Commons:File:Reine des Reines - Feuilleton.jpgVoir l'annonce reproduite sur la base Commons..

Le bal de Magic City

vignetteLe bal de la Mi-Carême 29 mars 1935.
Image:Bal de la Mi-Carême 1920 à Magic City.jpggauchevignetteLe bal de la Mi-Carême 11 mars 1920Annonce pour le bal de la Mi-Carême parue dans la rubrique Spectacles et concerts, Le Petit Parisien, jeudi de la Mi-Carême 11 mars 1920, page 3, ..
Fichier:Le Matin - 20 février 1937 - Reine du 7ème.jpgvignettedroiteAnnonce d'élection d'une Reine pour la Mi-Carême 1937L'élection de la Reine du de Paris est annoncée dans la rubrique Échos et propos, Aujourd'hui, Réunions, du journal Le Matin, 20 février 1937, page 2, ..
Depuis 1900 jusqu'à au moins 1935, des bals sont organisés dans le parc d'attractions parisien Magic City. Existant déjà en 1920, celui de la Mi-Carême est durant très longtemps le phare des nuits homosexuelles à ParisParis dans les années 30. Il se déroule sur la grande piste de danse avec orchestre située au du 180 rue de l'Universitéhttp://www.hexagonegay.com/region/paris20.html Paris dans les années vingt http://www.bibletango.com/tangoencyclopedie/basencycl/basency_m/magic_city_basency.htm L'encyclopédie du Tango - Magic City. Le bal est immortalisé par le photographe Brassaï en 1931http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=78&FP=654673&E=2CN64BCZ5B3&SID=2CN64BCZ5B3&New=T&Pic=39&SubE=2C6NU077LUJW Agence photographique.
Longtemps après sa disparition l'historien David Higgs en dresse le tableau David Higgs, Queer Sites: Gay Urban Histories Since 1600, éditions Routledge, 1999, :
« La crème des invertis parisiens devait se rencontrer là-bas, sans distinction de classe, de race ou d'âge. Et chaque catégorie est venue, des fagots, des croiseurs, des poulets, des vieilles reines, de célèbres antiquaires et des garçons bouchers, des coiffeurs et de jeunes garçons d'ascenseur, des créateurs de robes bien connus et des drag queens… »
L'annonce pour le bal de la Mi-Carême 1920 proclame : « Les Travestis seront la majorité ».
Après la fermeture du parc d'attractions en 1934, la salle continue à être utilisée pour des événements. Dont l'élection de Francine Constance, Reine des Reines de Paris 1935L'élection de la reine des reines de Paris, Le Matin, 23 mars 1935, page 9, . Commons:File:Election de la Reine des Reines de Paris 1935.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons..
La même année, une évolution dans le bal de la Mi-Carême. Dans son annonce, il est précisé queLe Petit Journal, rubrique Bals, 28 mars 1935, page 5, . Commons:File:Bal de la Mi-Carême 1935 à Magic-City.jpgVoir l'annonce reproduite sur la base Commons. :
Pour répondre à certaines critiques, la direction de Magic City prévient sa clientèle qu'elle assistera à un bal costumé très gai, mais de bon goût, auquel les hommes travestis en femmes ne seront pas admis.

L'interdiction des travestis marque la fin du temps de la prospérité des bals homosexuels de la Mi-Carême à Magic City.
En 1937, c'est à Magic City qu'a lieu l'élection de la Reine du de Paris.
Les restes de Magic City seront finalement liquidés, reconvertis en studio de télévision en 1942.

Reines d'arrondissements de Paris 1922


Fichier:Reine du IIème arrondissement 1922 Van Hove.jpg Van Hove
Fichier:Reine du IIIème arrondissement Scharer.jpg Scharer
Fichier:Reine du IVème arrondissement 1922 Colomb.jpg Colomb
File:Mlle Rouland - Reine du Vème arrondissement 1922.jpg Rouland
Fichier:Reine du VIème arrondissement 1922 Peiffer.jpg Fernande Peiffer Fernande Peiffer élue reine du , Le Petit Parisien, 6 février 1922, page 2, . Commons:File:Fernande Peiffer élue Reine du VIème arrondissement 1922.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
Fichier:Reine du VIIème arrondissement 1922 Patay.jpg Patay
Fichier:Reine du 1922 Lhuillery.jpg Lhuillery
File:Cayet, Reine du XVIème arrondissement de Paris 1922.jpeg Cayet
Fichier:Reine du XVIIème 1922 Louin.jpg Lucienne Louin

Liquider la tradition

En 1923, le Comité des fêtes de Paris veut jeter la tradition par-dessus bord et supprimer tout simplement la Mi-Carême. Expression de cette politique, le 12 janvier 1923, lit dans L'Homme libre"Une Saison Parisienne", L'Homme libre, 5 janvier 1923, page 2, et . Voir le début de l'article reproduit sur la base Commons, Commons:File:Une Saison Parisienne - L'Homme libre - 5 janvier 1923 - 2.jpget la fin de l'article. :
Une "Saison Parisienne"

M. Aublanc, président du comité des fêtes de Paris, a fait ses confidences au Petit Journal :

Le Comité des Fêtes de Paris, lui a-t-il dit, contrôlé maintenant par un comité d'administration de quarante membres choisis parmi les maires de Paris et les grands commerçants, veut créer une « Saison Parisienne », comme il y a une saison à Nice ou à Pau. Il faut qu'on puisse dire : « Je vais à Paris parce que la saison des fêtes est ouverte. » Nous aurons donc, pendant cette « season », la grande fête de la rue remplaçant le cortège de la Mi-Carême qui est supprimé. Cette fête sera donnée sur les boulevards à une époque propice.

Ce sera une grande reconstitution historique, faite sans lésiner, avec de larges moyens, afin de ne pas retomber dans les pauvretés du déjà vu. Nous estimons que Paris ne doit pas seulement favoriser le petit commerce de détail que ce genre de fêtes intéresse surtout. Il y a aussi le moyen et le grand commerce que nous allons intéresser à des fêtes fleuries aux Tuileries, à des fêtes de nuit dans le cadre merveilleux du bois de Boulogne ; nous pensons à une fête où les messieurs devront être en habit... de couleur, à une kermesse pour les tout petits ; dans l'une de ces fêtes sur laquelle je ne suis pas encore autorisé à fournir les détails, nous allons associer nos chères colonies. Qui avait pensé à cela, avant nous ? Dans cette intention, le Comité des Fêtes de Paris va se rendre, le 6 février, à Tunis. La métropole, en faisant appel à nos colonies pour l'organisation de divertissements montés avec éclat fera mieux aimer nos frères lointains, et nous aurons joint l'utile à l'agréable. Le ministère de la guerre, que nous avons déjà pressenti pour une grande fête militaire lors du 14 Juillet, nous a promis son concours.

1923 : les abeilles et la reine des abeilles

Fichier:Mi-Carême 1923 - Le char de la Reine des Abeilles 1923 sur le pont de la Concorde. Détail d'une photo de l'Agence Rol.jpguprightvignetteCortège des Abeilles 1923 : un des landaus décorés d'une ruche de paille, passe sur le pont de la Concorde le jour de la Mi-Carême.
En 1923, le Comité des fêtes de Paris annonce que dorénavant il ne récompensera plus la beauté mais la vertu et le travail. Un journal titrera même son article de compte-rendu de la nouvelle orientation : « Paris renonce à la beauté ». En réalité, chose bien peu originale, sous le nom d'abeilles le Comité a « réinventé » la très classique rosière.
Succédant aux vingt reines d'arrondissements et à la Reine des Reines de Paris de 1922, en 1923 sont élues vingt « abeilles » et une « reine des abeilles » choisie parmi elles. Il n'est plus question d'élire des Reines et une Reine des Reines. Est également élue une abeille des Corses et une abeille des Angevins de ParisLe récit de la journée de la Mi-Carême 1923 est fait dans l'article Il a la vie dure le Carnaval !, paru dans Le Petit Parisien du vendredi 9 mars 1923, pages 1 et 2. Le titre de l'article fait référence au temps exécrable de la journée et à l'interdiction des confettis et serpentins qui n'ont pas empêchés la fête d'avoir lieu quand même. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53100999n.r Voir une photo de presse où figurent la Reine des Reines de Paris 1923 avec ses deux demoiselles d'honneur..
L'idée de faire figurer à la Mi-Carême une Reine des Abeilles n'est pas nouvelle. En 1914, neuf ans auparavant, Orléans avait déjà vu défiler à la Mi-Carême une jeune fille montée sur un char ruche et figurant une Reine des AbeillesVoir une carte postale figurant la Reine des Abeilles de la Mi-Carême 1914 à Orléans..
Poursuivant à Paris la politique déjà observée en 1922, le Comité des fêtes annonce que la reine des abeilles va recevoir d'importantes récompenses matérielles, dont des meubles.
Vers la même époque, un membre du Comité propose que la fête soit déplacée à un autre moment de l'année où le temps est meilleurSource : coupure de presse conservée dans les dossiers Actualités Carnaval à la Bibliothèque historique de la ville de Paris..
Fin 1923, le Comité des fêtes se révèle incapable de verser les récompenses promises. L'avenir des festivités de la Mi-Carême paraît compromis, au point que l Almanach illustré du Petit Parisien en entrevoit la fin et l'annonce pour mars 1924Almanach illustré du Petit Parisien pour l'année 1924, page 108. :
LA MI-CARÊME. — Comme les cortèges du Mardi-Gras, les cavalcades de la Mi-Carême ont vécu. Elles sont remplacées par des promenades en voitures des reines des différents quartiers de Paris, mais ces sorties se font sans le grand apparat d'autrefois.

En 1924, le Comité des fêtes n'organise pas d'élections de Reine (des abeilles ou Reine des Reines) et ne prévoit aucun cortège pour le jeudi de la Mi-Carême 27 mars. Le président du Comité démissionne.
Dans sa lettre de démission il précise que le Comité a décidé dès 1922 la suppression de « la mascarade de la Mi-Carême » pour protéger les reines qui défilent :
Cette suppression fut décidée aussitôt auprès la Mi-Carême 1922, la morsure du froid était telle que les malheureuses jeunes filles durent être enfermées dans un char à bancs. Personnellement, j'ai pensé que pour ces sortes de manifestations, il faut de la chaleur et du soleil. Or, le calendrier situe la Mi-Carême à une époque peu favorable à ces sortes de réjouissances, qui dégénèrent le plus souvent en un spectacle que je ne veux pas qualifier, mais en tout cas indigne d'une ville comme ParisAu Comité des fêtes de Paris, M. Aublanc expose les motifs de sa démission, Le Petit Parisien, 9 mars 1924, page 2, ..

En 1924, pour sauver la fête du désastre, un cortège est improvisé le jeudi de la Mi-Carême 27 mars. Il est clos par un défilé en camions fleuris portant des animaux primés au Salon de l'AgricultureUNE MI-CARÊME « A L'IMPROVISADE », Malgré la pluie la foule s'est empressée sur le parcours du cortège, Le Petit Journal, 28 mars 1924, page 1, et , page 2, .. Confirmant, s'il en était besoin, la popularité de la fête, en dépit d'une pluie battante et ininterrompue, la foule est au rendez-voushttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k574650c/f2.image La Mi-Carême, Le cortège du bœuf gras parcourt la capitale sous une pluie battante, Le Matin, 28 mars 1924, page 2, .Voir l'article reproduit sur la base Commons.. C'est une Promenade du Bœuf Gras ajoutée au cortège où la Reine des Abeilles 1923, faute d'une nouvelle élue pour 1924, défile à nouveau. Le Bœuf Gras, lui, n'est pas sorti depuis 1913.
Deux jours plus tard, le 29 mars, dans Le Journal amusant, René Dubreuil s'interroge sur la disparition de la fête de la Mi-CarêmeRené Dubreuil Les Gaités de la Semaine, Sur la Mi-Carême qui disparaît, Causerie sentimentale et philosophique, Le Journal amusant, n°255, 29 mars 1924, p.5, .. Il en avance la raison, c'est que :... « il y avait autrefois, à Paris, un Comité des Fêtes, aussi en avions-nous quelques-unes. Aujourd'hui, il y a deux Comités des Fêtes, et c'est pour cela qu'il n'y a plus de fêtes du tout ! Si nébuleux que ce raisonnement puisse être, il comporte une part de vérité. »
Le lendemain dimanche 30 mars, dans la banlieue de Paris défile la cavalcade de la reine des blanchisseuses de Boulogne-sur-Seine.
Le journal Le Matin écrit à cette occasionREINE DES BLANCHISSEUSES DE BOULOGNE-SUR-SEINE Par une joyeuse cavalcade fut fêtée, hier cette souveraineté d'un jour, Le Matin, 31 mars 1924, page 1. Commons:File:Reine des blanchisseuses de Boulogne 1924.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
Une joyeuse cavalcade, favorisée par le beau temps, a parcouru hier les rues de Boulogne et de Billancourt où, suivant une tradition que la capitale a oubliée, la reine des blanchisseuses — la toute charmante Fleury — s'est offerte aux vivats de la foule.

Fin juin 1924, la presse annonce que Jeanne Champ abeille du a été élu Reine de ParisL'abeille du est reine de Paris, Le Matin, 29 juin 1924, page 3, . Commons:File:Election de Jeanne Champ - Le Matin - 29 juin 1924.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons..

Retour à la tradition

Fichier:Annonce Mi-Carême 1925.jpgvignetteLe Petit Parisien, 19 mars 1925Le Petit Parisien, 19 mars 1925, page 2, .
Fin 1924, devant son échec, le Comité des fêtes de Paris, contraint et forcé de faire allégeance à la tradition parisienne, renonce à ses idées de tout changer. Et retourne aux pratiques habituelles de la Mi-Carême. , le 20 novembre dans Paris-soirNous reverrons la Mi-Carême, La Reine des Reines entrera dans Paris le 19 mars 1925, Paris-soir, 20 novembre 1924, page 3, . Commons:File:Nous reverrons la Mi-Carême - Paris-soir - 20 novembre 1924.jpgVoir l'article reproduit sur la base Commons. :
Nous reverrons la Mi-Carême

La Reine des Reines entrera dans Paris le 19 mars 1925

Le Comité des Fêtes de Paris vient d'avoir l'excellente idée de nous redonner un cortège de la Mi-Carême. C'est une tradition qui s'en allait. Sous un ciel généralement pluvieux, la Reine des Reines, magnifiquement habillée, promenait dans Paris la grâce de ses vingt ans et prodiguait des sourires « à trente-deux dents » au peuple, au bon peuple massé sur les boulevards, s'écrasant avec sérénité et admirant le cortège composé généralement de « chienlits » « splendidement » revêtus des laissés pour compte des costumiers de théâtre.

Le Comité des Fêtes veut changer tout cela.
Le jour de la Mi-Carême, le 19 mars, nous verrons un magnifique cortège, un cortège de luxe lequel sera suivi du couronnement de la Reine de Paris.

Ajoutons que le Comité organisera, du 15 janvier au 15 février 1925, une série de réjouissances dans les 20 arrondissements de Paris, à l'occasion de l'élection des Reines.

Enfin, le 20 décembre de cette année, nous aurons une fête de l'Enfance donnée, par ce même Comité, au bénéfice des Pupilles de la Préfecture de la Seine.

À la Mi-Carême 1925, Jeanne Champ est présentée comme la Reine des Reines 1924, qui assiste à l'élection de la Reine des Reines 1925, Georgette Fraigneux.

L'avis de la Reine de Paris 1924 sur le vote des femmes


Après avoir interrogé Maria Verone, patronne d'une très grande maison de mode de Paris, qui déclare vouloir la « parité intégrale des deux sexes », un journaliste demande son avis sur le sujet à la Reine de Paris, qui est midinette de profession.
Jeanne Champ, reine de Paris de 1924, compte bientôt un an de règne. Elle a donc deux fois l'expérience du pouvoir, étant reine plusieurs fois, et jolie femme.

Jeanne Champ ne votera point, elle a vu ses compagnes élire des reines et des demoiselles d'honneur. On donne ses suffrages à la plus gentille, explique-t-elle, on agit selon sa sympathie ou son antipathie, et aussi on discute, on ne se met jamais d'accord, parce que les femmes sont beaucoup plus entêtées que les hommes.

– D'ailleurs, nous avons mieux à faire qu'à voter, les soins du ménage, des enfants, de la coquetterie et les étalages des grands magasins sollicitent notre attention. Vrai, nous n'aurions pas le temps de nous faire une opinion, et beaucoup d'entre nous se contenteraient de voter avec leur instinct, pour le plus joli garçon.

– Eh ! Mademoiselle, cette manière-là en vaut une autre et apporterait peut-être un peu plus d'élégance dans l'hémicycle du Palais Bourbon. Quel bel ensemble formeraient 300 députés, aux profils de médailles et aux vestons à la dernière mode !

La Reine de Paris et la Reine des Reines de Paris

Dans les années 1920, l'élection de la Reine des Reines de Paris est à nouveau régulièrement organisée, cependant qu'existe parallèlement une « Reine de Paris ».
Le Matin du 7 mars 1929 explique la relation existant entre la Reine des Reines de Paris et la Reine de Paris élues chaque année pour la Mi-CarêmeDébut de l'article Les fêtes de la mi-carême à Paris, Le Matin, 7 mars 1929, page 2, . Commons:File:Les fêtes de la Mi-Carême 1929 à Paris.jpgVoir l'article entier reproduit dans Commons. :
C'est aujourd'hui la mi-carême. En ce jour de fête populaire par excellence, les reines ont éclos de tous côtés, prémices fragiles d'une saison où tout ne serait que grâce et sourire. Deux groupements, le comité des fêtes de Paris, dont le député Auguste Sabatier est le président et le vice-président M. Joly, et la Fédération des comités des fêtes d'arrondissements, choisissent à cette occasion, l'un une reine des reines, l'autre une reine de Paris, parmi les souveraines des arrondissements déjà élues.

Mais seule la première de ces organisations, qui touche une grosse subvention du conseil municipal, organise la cavalcade traditionnelle qui, à travers boulevards et avenues, va faire connaître au bon peuple de Paris sa jeune et gracieuse majesté.

Le second a des visées moins hautes : sa reine des reines ne sera point présentée aux Parisiens sur un char rutilant d'or. Le devoir des reines n'est pas seulement de paraître, mais aussi de se pencher sur la misère humaine, ne serait-ce que pour lui faire l'aumône d'un peu de sa beauté. C'est pourquoi aujourd'hui, Suzanne Petauton, reine des reines de la Fédération des comités des fêtes d'arrondissements, va, accompagnée de ses demoiselles d'honneur, dans les hôpitaux parisiens pour distribuer des douceurs aux malades.

Le Bœuf Gras à la Mi-Carême

uprightvignetteÉcho de la Mi-Carême 1925.
L'Intransigeant nous apprend que le jeudi de la Mi-Carême un peu partout à Paris « on a promené des bœufs gras. Et pour ces promenades dans nos rues, les voitures des bouchers étaient fleuries, enrubannées et les chevaux eux-mêmes portaient des cocardesL'Intransigeant, 20 mars 1925, page 2, colonne.. »
En 1927, dans la description du cortège de la Reine de Paris apparaît à nouveau le bœuf gras :
« Le bœuf gras, timide et mélancolique, et songeant peut-être à sa mort prochaine, inclinait doucement ses cornes dorées vers la foule comme pour la saluer une dernière fois : Moriturus te salutat. »

Trois photos de presse du passage du cortège de la Mi-Carême place de l'Opéra, le montrent que cette fête déplace toujours des foules énormesPhotos du passage du cortège de la Mi-Carême 1928 sur la place de l'Opéra : passage du char de la Reine des Reines, 1, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90401653.r.langFR passage du char de la Reine des Reines, 2, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9040166h.r.langFR passage du char du Bœuf Gras.. Et « Sur les Grands boulevardsboulevards la foule était dense et joyeuse et parsemée de nombreux costumés. »
Cette année-là, le bœuf gras fait encore partie du cortège :
« Le bœuf gras, innocente victime de cette journée, marchait à la mort sous les bravos et les fleurs. »

La Mi-Carême en 1926

Le Temps écrit en 1926Le Temps, 12 mars 1926, article Le cortège de la mi-carême, page 6, et . :
Sous une bise assez aigre et un ciel où apparaissent de vagues menaces de pluie, le cortège de la reine de ParisMademoiselle Simone Maître (Le Gaulois, 6 mars 1926, page 2). se forme sur la place Daumesnil, après la réception à la mairie du . Il y a un peu de retard sur l'horaire prévu, mais le pittoresque n'y perd rien, s'il est vrai qu'un peu de désordre le favorise. Les cavaliers de la garde républicaineLa Garde républicaine, à cheval, ouvre, habituellement, les cortèges du Carnaval de Paris. Sa dernière participation, à ce jour, remonte au cortège de la Promenade du Bœuf Gras, du dimanche 20 avril 1952 (voir : Combat, 21 avril 1952, article « Dans les flonflons des fanfares, Le Bœuf Gras, solennel et impavide, a sillonné les rues du arrondissement »)., qui vont prendre la tête du cortège, sont là bons, premiers. Le char des « Femmes qui votent » suit, avec l'auto fort joliment décorée où prendra place Ménétrat, reine de l'Association des élèves et anciens élèves de rhétorique, philosophie et mathématiques. Peu à peu, arrivent les chars de la T.S.F., le char de l'alliance franco-russe et diverses voitures où s'étale la publicité coutumière. Enfin, le long cortège se forme tout entier : il est assurément varié à souhait, imposant par sa masse et comprend des parties décorées avec beaucoup de goût.

En tête, les cavaliers et les trompettes de la garde républicaine. Puis nous notons, dans l'ordre : l'Harmonie du , les étudiants, le char de la Basoche, le Rallye Saint-Hubert de Boulogne, la reine des Catherinettes ; les reines de l'Alimentation, de la Bonneterie, les étudiants de Clamart, la reine de la Couture, la reine des Dactylos, les Féministes, la reine des Fleurs, la reine de la Mode, les reines du Music-hall et du Cinéma, la commune libre de Montmartre, originale comme il convient ; la reine de la Parfumerie, la reine de la Corse, la Fanfare de la ville de Paris, la République de l'île Saint-Louis, le Soutien de Saint-Louis, la reine de la Presse, le Soutien de Saint-Gilles : 153 musiciens belges, qui sont très applaudisLe Soutien de Saint Gilles qui a participé deux fois à la Mi-Carême à Paris était une fanfare bigophonique.. Ils précèdent immédiatement la reine de Paris, dont le trône est une auto de 18 Ch. Cinq ou six chars ferme la marche.

Le cortège se déroule par l'avenue Daumesnil, les rues de Charenton, Crozatier et le faubourg Saint-Antoine.
L'autre cortège, celui de la reine des reines, organisé par le Comité général des fêtes (fédération des comités d'arrondissement), se forme, à 13 heures, devant la mairie du où IsembartDans l'article du journal Le Temps du 12 mars 1926, le nom de la Reine des Reines de Paris Mathilde Isembart est déformé en « Izembert ». L'erreur est ici corrigée., reine des reines, ses compagnes et les reines d'Alsace et de Lorraine sont reçues avant de monter dans les vingt-quatre voitures à chevaux qui viennent de ranger autour de l'édifice.

A 13 heures 30, les reines d'Alsace et de Lorraine, en costumes de leurs contrées, prennent place dans le premier landau, qui se met à la tête du cortège ; dans les vingt landaus suivants, tous découverts et décorés de guirlandes de fleurs en papier, montent les reines des vingt arrondissements et leurs demoiselles d'honneur, vêtues de robes claires et légères, malgré le vent froid et les nuages menaçants. Le vingt-deuxième landau est destiné à la Esméralda et à ses compagnes, les « foraines », en costumes de gitanes.

Le cortège se termine par trois voitures à la Daumont ; dans la première, ornée de fleurs, prend place la charmante reine des reines, Isembart, qui porte avec autant de grâce que de majesté le manteau de cour, la couronne dorée et le sceptre. Ses demoiselles d'honneur sont dans les deux autres voitures, qui n'ont reçu aucune décoration.

Les deux cortèges ont passé à travers deux compactes rangées de curieux. Ni la sympathie ni les compliments ne manquent aux élues et au spectacle qui les encadre : il manque seulement du soleil et de la lumière. Les reines, frileuses, relèvent leurs manteaux somptueux, mais comme leur sourire rayonne ! Et on les acclame, puisqu'elles représentent, en ces temps mélancoliques, l'éternelle et invincible grâce de la Parisienne.

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Le quartier latin a été parcouru, dans ses principales voies, par la cavalcade des étudiants à la gloire de Mimi-Pinson ; elle a rejoint le cortège de la reine de Paris, pour parcourir les grands boulevards, où la foule était presque celle des mi-carêmes d'autrefois.
On peut voir sur Internet 1 minute 46 d'actualités cinématographiques de la British Pathé à propos de la Mi-Carême parisienne 1926, avec notamment un plan d'ensemble de la fanfare bigophonique belge du Soutien de Saint-Gilles, costumée en pierrots, défilant dans le cortège de la fête. À la fin on voit les Reines de la Mi-Carême, très probablement à leur sortie de la mairie du de Paris. Parmi elles on distingue la Reine des Reines Mathilde Isembart qui porte un bâton surmonté d'un emblème.

La rivalité des deux comités en 1929

Cyrano, satirique hebdomadaire écrit le Par le temps qui court, Les comités ennemis, Cyrano, satirique hebdomadaire , 8 décembre 1929, . :
Les comités ennemis

La bataille est engagée. Deux organisations ennemies se disputent l'honneur et la gloire de divertir les Parisiens.

Il y a le « Comité des Fêtes de Paris », que dirige M. Sabatier, député et boucher, et il y a le « Comité de Paris », que préside M. Guy Duval, négociant aux Halles.
Depuis des années, une sourde animosité dresse l'un contre l'autre ces deux pouvoirs dont le premier affecte de réserver ses plaisirs à l'âme populaire, et le second à l'élite.

Sont-ils, l'un et l'autre, parvenus à leurs fins ? C'est une autre affaire !
Pour l'instant, le « Comité de Paris » va saisir l'opinion publique d'une question financière qui a son intérêt.
Il révèle que le Conseil municipal de Paris vient d'accorder au comité de M. Sabatier la somme de pour payer les frais de la mascarade de la Mi-Carême dernière, qui fut lamentable, nul n'y contredit.
Et M. Guy Duval s'insurge contre ce procédé qui consiste à faire payer aux contribuables une pareille chienlit.
Et il suggère un programme de fêtes qui pourraient, comme le Carnaval de Nice, devenir un rapport pour le commerce tout en maintenant les traditions artistiques de Paris.
C'est assurément une idée.
Mais elle ne pourra se réaliser que par la collaboration des deux organismes existants et par celle aussi des pouvoirs publics.
C'est dire qu'elle est encore à échéance.

La Mi-Carême en 1930

vignetteredresseL'élection de la Reine de la colonie russe de Paris 1928.
Le Petit Parisien écrit en 1930Article La Mi-Carême sera brillante, Le Petit Parisien, 27 mars 1930, page 2, . :
Les fêtes de la mi-carême seront brillantes

Si le temps, malheureusement incertain depuis deux jours, veut bien leur être propice aujourd'hui, les fêtes de la mi-carême témoigneront d'une joyeuse diversité.

Dès 11 h. 30 partira, du numéro 83 de la rue de Sèvres, un curieux cortège représentant un « mariage d'autrefois », qui s'en ira prendre sa place dans la grande cavalcade, dont le rassemblement doit se faire à midi sur le parvis Notre-Dame,

Ce défilé comprendra, outre les trompettes de la garde, une douzaine de sociétés musicales, un défilé d'animaux guidés par des nègres, de nombreux chars dont celui de la Reine des reines, Colette ChénierIl s'agit en fait de la Reine de Paris.. Voici l'itinéraire du cortège : place du Parvis-Notre-Dame, rue d'Arcole, place de l'Hôtel-de-Ville, rue de Rivoli (jusqu'à la rue de Rohan), avenue de l'Opéra, place de l'Opéra (à droite), les boulevards, place de la République, avenue de la République, avenue Gambetta. Dislocation : place Gambetta.
Précédant le cortège du Comité des fêtes de Paris, celui du Comité des fêtes du quartier Latin, qui partira à 14 h. 30 de la rue Auguste-Comte, suivra le même itinéraire jusqu'à la place de la République. Puis il regagnera la rive gauche en joyeux monôme – avec le concours de l'Association générale des étudiants, des élèves et anciens élèves de rhétorique, philosophie et mathématiques – par la rue de Turbigo. La dislocation aura lieu à 17 h. 30 rue de la Huchette.
A 14 h. 30, la Ligue française pour le droit des femmes donnera une fête enfantine, 3, avenue Ledru-Rollin. Les comités des fêtes du arrondissement feront une distribution de gâteaux et de jouets aux petits malades des hôpitaux.

La soirée ne sera pas moins occupée. Au cours d'une représentation de gala des Saltimbanques, au Trianon-Lyrique, la reine de Paris sera couronnée au deuxième acte. Ensuite se dérouleront, au Parc des expositions, un bal de nuit, avec la présence de toutes les reines d'arrondissement et, à l'Opéra, à 22 h. 30, le grand bal masqué organisé par l'Association générale des étudiants, avec un éclairage inédit du plafond de la salle et des défilés de groupes travestis.

Ajoutons que la Reine des reines et ses demoiselles d'honneur seront reçues à l'hôtel de ville. À l'issue de cette réception, M. d'Andigné remettra, au nom de la ville de Paris, un très beau collier à la Reine des reines. Ses demoiselles d'honneur recevront chacune un sac à main.

Le 6 avril 1930, dans un article intitulé Feu le Rire, paru dans Le Quotidien de Montmartre, journal hebdomadaire qu'il dirige, Jean Bastia se moque des Reines de la Mi-CarêmeJean Bastia Feu le Rire, Le Quotidien de Montmartre, 6 avril 1930, , . :
Il n'y a de vrai plaisir, aux Mi-Carêmes contemporaines, que pour ces femmes qui, elles, se trouvent élevées sur le pavois au titre de Miss Ceci, Miss Cela, reçoivent un trousseau, une chambre à coucher, et sont embrassées tour à tour par M. Gaston Doumergue, M. Chiappe, M. d'Andigné, les directeurs des grands journaux, et un tiers des Fratellini.

Ça, oui, c'est une joie qui doit compter dans l'existence d'une midinette ou d'une dactylo.

Le début des années 1930 : l'alibi de la crise


vignettePas de cortège pour la Reine des Reines à la Mi-Carême 1931.
Fichier:Annulation du cortège de la Mi-Carême 1934.jpgvignetteAnnulation du cortège central de la Mi-Carême en 1934Pas de cortège de la mi-carême, Le Matin, 4 mars 1934, page 2, ..
Fichier:Le Figaro 9 mars 1934.jpgvignetteÉchos de la Mi-Carême 1934 sans cortège organisé de la Reine des Reines de ParisLe Figaro, 9 mars 1934, page 3, ..
Le jeudi de la Mi-Carême n'est pas organisé de défilé. Comme le note le journaliste correspondant à Paris du quotidien L'Ouest-Éclair dans son compte-rendu de la journée : « Il est vrai que les organisateurs des fêtes avalent supprimé le cortège (ce qui est assurément une façon originale d'organiser), pour le reporter au 12 avrilLa Mi-Carême s'en va, L'Ouest-Éclair, 13 mars 1931, page 2, colonne.. » Le cortège défile ce jour-làhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k626969m.image.langFR Sous un clair soleil le cortège des reines a défilé hier dans Paris, Le Petit Parisien, 13 avril 1931, page 1, .. Le motif de ce changement qui bouscule la tradition est le temps souvent pluvieux en mars à Paris. Raymond de Nys dans Le Petit Parisien approuve l'initiative : « C'était pourtant une ingénieuse trouvaille que d'avoir renvoyé la mi-carême après Pâques, et cela donnait au soleil une chance d'être de la partie. Il brillait de tout son éclat. Pour avoir attendu trente jours une occasion de rire et de s'amuser, la foule parisienne — public en or — s'était rangée à l'heure dite au long des avenues et des boulevards ou allaient passer les reinesRaymond de Nys, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k626969m/f2.image.langFR La Mi-Carême retardée, Le Petit Parisien, 13 avril 1931, page 2, colonne.. »
Dans les années 1930, l'existence d'une Reine de Paris concurrentielle à la Reine des Reines de Paris amène une confusion qui voit, par exemple, à vingt jours d'écart, le même journal appeler en 1933 Henriette Pointal « Reine de Paris » et « Reine des Reines de Paris ».
Cette confusion est d'autant plus facile à faire qu'aucun de ces titres ne correspond à une véritable fonction officielle.
Dès la Mi-Carême 1929, L'Ouest-Éclair relevait cette rivalité royale dans un article très critique de compte-rendu du défilé parisien intitulé La tradition s'en va : à Paris, la Mi-Carême fut lamentable, Quelques chariots branlants, 7 ou 8 limousines d'officiels... C'est toutLa tradition s'en va : à Paris, la Mi-Carême fut lamentable, Quelques chariots branlants, 7 ou 8 limousines d'officiels... C'est tout, L'Ouest-Éclair, 8 mars 1919, page 2, . :
Le comble, dans cette pseudo cavalcade de la Mi-Carême, c'est qu'il n'y avait pas de reine des reines ! La reine des reines, c'est un comité concurrent qui s'en était en effet emparé, et le dit comité boudait aujourd'hui. Nous n'avons donc vu qu'une reine de Paris qui, verte de froid, grelottante sur un horrible char de carton qui menaçait de s'effondrer à chaque tour de rue, envoyait tristement des baisers, en s'essuyant de temps en temps la goutte qui lui venait au nez.

En 1934, les organisateurs du cortège central de la Mi-Carême parisienne renoncent à l'organiser, invoquant pour motif le deuil national décrété en France à la suite du décès du roi Albert Ier de Belgique. Il peut s'agir d'une dérobade de leur part. En effet, il n'y a pas de deuil national au moment de la Mi-Carême en 1935, 1937, 1938 et 1939, et il n'est pas non plus organisé de cortège central. À lire la presse parisienne, il semble que les organisateurs de la fête n'ont pas franchement trop envie de l'organiser.
Boire le champagne en compagnie de jolies reines reçues par la presse ou l'hôtel de ville, envoyer les reines distribuer des jouets aux enfants hospitalisés paraît parfaitement leur suffire.
Significatif de cette situation est le compte-rendu des fêtes de la Mi-Carême 1934 que fait Le Petit Parisien :
La mi-carême à Paris est devenue essentiellement une fête royale... Entendons par là que c'est une journée réservée à celles, choisies parmi les plus belles et les plus jolies que les divers groupements ont décidé d'élire comme les plus dignes de les représenter avec grâce.

La Ville de Paris, en la personne du président au conseil municipal, a reçu tout d'abord, à 15 h. 30, la reine des Halles et ses demoiselles d'honneur. A 16 heures, a eu lieu la réception de la reine des reines de France, de la reine de Paris, de ses demoiselles d'honneur et d'une délégation du comité des fêtes de Paris.

En quittant l'hôtel de ville, les « majestés » se sont rendues dans les crèches et hôpitaux parisiens.
A 18 heures, elles rendaient visite au Petit Parisien. S'étant groupées autour de Brousseaud, reine des reines, qu'escortaient ses deux demoiselles d'honneur, Tissier et Halan, elles pénétrèrent dans la salle des fêtes où elles furent reçues par un de nos collaborateurs qui leur souhaita la bienvenue. Après avoir vidé une coupe de champagne, chaque reine, ainsi que ses demoiselles d'honneur, reçut un présent de la direction de notre journal.

Indiquons que les cortèges organisés avenue d'Orléans et sur l'esplanade des Invalides par les commerçants ont remporté un très gros succèsLa Mi-Carême à Paris, Les reines en visite au « Petit Parisien », Le Petit Parisien, 9 mars 1934, page 8, et ..

Là où des initiatives sont prises, il y a des cortèges qui se déroulent avec succès. Mais s'agissant des reines, le comité des fêtes de Paris se bornent à des mondanités officielles et à envoyer ensuite ces jeunes filles faire la charité de leur visite, durant une paire d'heures, aux crèches et aux enfants malades des hôpitaux. Ce « comité des fêtes » n'a plus guère de festif que son nom et son passé.
S'agissant du « cortège de l'esplanade des Invalides », il est organisé par les commerçants et élus du dans le cadre de la « foire Saint-DominiqueLa foire Saint-Dominique 1934 avec son Bœuf Gras est annoncé dans la presse : La foire Saint-Dominique se tiendra de mercredi à dimanche dans le quartier du Gros-Caillou, Le Matin, 5 mars 1934, page 2, colonne. Voir l'article reproduit dans Commons. ». Une photo en est conservée et montre des reines posant derrière un char attelé et pavoisé porteur d'un Bœuf Gras accompagné d'employés de la boucherie et passant rue Saint-DominiquePhoto de la https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9045681g.r.langFR Cavalcade de l'esplanade des Tuileries, jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934.. Il existe aussi deux photos du défilé de l'avenue d'Orléans organisé par le syndicat d'initiatives des commerçants de l'avenue d'Orléanshttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k578275t/f9.image.r=mi-car%C3%AAme Les fêtes commerciales de l'avenue d'Orléans se sont ouvertes hier, Le Matin, 3 mars 1934, page 9, . Voir l'article reproduit dans Commons. Et aussi : photo de la https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90272014.r.langFR Cavalcade au Lion de Belfort, n°1 et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9027209f.r.langFR , jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934..
En 1935, la Reine de Paris est interrogée par un reporter pour les Actualités Gaumont. Elle s'apprête à entrer à l'hôtel de ville avec la Reine des Halles. On n'a pas organisé de cortège cette année, pourquoi ? Le prétexte classique de ceux qui ne veulent pas agir est tout trouvé : il n'y a pas d'argent. (Avec la crise) « surtout depuis deux ans, impossible au carnaval de faire des défilés comme autrefois dans la rueCet événement filmé pour les actualités est visible au Forum des images de la ville de Paris.. »

Le refus d'organiser la Mi-Carême

Dès le 4 mars 1932, lendemain du jeudi de la Mi-Carême, J. Madelaigue souligne dans L'Ouest-Éclair, l'incompétence, la démission des organisateurs habituels de la Mi-Carême, et l'énorme potentiel, les disponibilités très considérables d'une foule parisienne qui ne demande qu'à s'amuser et qu'on prive de fête au nom de « la criseJ. Madelaigue, La Vie de Paris, Une Mi-Carême en bourgeons, L'Ouest-Éclair, 4 mars 1932, page 2, et colonnes. » :

Les années 1936-1960

uprightvignette
Fichier:Cavalcade de l'avenue d'Orléans 8 mars 1934.jpguprightvignetteEn l'absence de cortège central, deux défilés organisés localement le jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934, en haut : rue Saint-DominiqueUne photo presque identique illustrant l'article La Mi-Carême à Paris publié le 9 mars 1934 dans Le Petit Parisien, page 8, est sous-titrée : Les fêtes de la rue Saint-Dominique. Voir l'article reproduit sur la base Commons., en bas : avenue d'Orléans.
upright=0.7vignetteDéfilé d'enfants costumés sur les Champs Élysées pour le jeudi de la Mi-Carême 28 mars 1935.
La réalité se charge de contredire les propos de ceux qui prétendent enterrer la fête au nom de « la crise » : le jeudi de la Mi-Carême défile un grand cortège. C'est le dernier cortège du Bœuf Gras sorti à grande échelle à Paris au En 1936 le Bœuf Gras défile à la Mi-Carême, alors que sa date traditionnelle de sortie, c'est durant les jours gras, dont le Mardi Gras..
L'année suivante, un journaliste commentant aux Actualités Éclair la réception des reines de la Mi-Carême à l'Élysée laisse entrevoir son souhait de voir disparaître cette fête :
C'est une « tradition moribonde qu'on essaie de faire revivre – Monsieur Albert LebrunPrésident de la République. s'y prête de bonne grâce – Compliments – Cadeaux – Baisers – Champagne. »
Les étudiants, eux, restent fidèles à la fête. Le Petit Journal rapporte, avec photo à l'appui, que le jour de cette « Mi-Carême froide et grise » (où le temps donc a été mauvais) « Un joyeux monôme d'étudiants, après avoir défilé dans les rues de Paris, s'est disloqué place du Tertre devant la mairie de la commune libre de MontmartreMi-Carême froide et grise, Le Petit Journal, 5 mars 1937, page 1.. » Le Petit Parisien, de son côté, remarque, sans la nommer, la place de la faluche dans la fête étudiante, et parle d'un « Monôme plein de bérets et de chansons, qui marquera au moins cette mi-carême dans nos rueshttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6641248/f9.image.r.langFR Mi-Carême 1937, Où les vaches - maigres - tuent le bœuf gras, Le Petit Parisien, 5 mars 1937, lendemain de la Mi-Carême, page 9, colonne.. »
Traditionnellement, la Reine des Reines de Paris est reçue par le Préfet de police de Paris. Cet événement marquant les liens traditionnels d'amitié existant entre le Carnaval de Paris et la police de Paris. Dans les années 1930, les modalités de cette réception sont modifiées. Dorénavant, c'est l'épouse du Préfet de police qui reçoit la Reine des Reines de ParisVoir par exemple la réception de la Reine des Reines de Paris 1935 et de l'Impératrice des provinces de France 1935 par Madame Langeron, épouse du Préfet de police, à la Préfecture de police le jeudi de la Mi-Carême 28 mars 1935 annoncée par Le Petit Parisien du même jour, page 7, . Voir l'article reproduit sur la base Commons. La réception de Fernande Botton Reine des Reines de Paris 1937 et Colette Richardy Impératrice des provinces françaises 1937 par Madame Langeron, épouse du Préfet de police, à la Préfecture de police le jeudi de la Mi-Carême 4 mars 1937 rapportée dans Commons:File:Reine des Reines 1937 - 1.jpgun article du Figaro publié le 5 mars 1937..
En 1939, le refus d'organiser le cortège central de la Mi-Carême fait que ce jour-là, comme le relève L'Intransigeant, seuls « les étudiants ont organisé un joyeux cortège, qui a quitté le Quartier Latin à 14 h. 30 et qui, après avoir traversé les grands boulevards, s'est disloqué place du TertreArticle Mi-Carême, L'Intransigeant, 17 mars 1939, page 5, colonne.. » Le journal parle de la désaffection de la Mi-Carême tout en oubliant de relever et souligner la démission de ses organisateurs.
Le jeudi de la Mi-Carême , un journaliste parisien se croit enfin débarrassé définitivement du Carnaval de Paris grâce à la guerre.
Il écrit :
Déjà aux jours heureux de la paix, les masques, les cortèges carnavalesques apparaissaient comme d'un autre temps

Seuls les « moins de dix ans » rappelaient encore par quelques déguisements le sens de ces fêtes populaires.

Mais, avec la guerre, les enfants eux-mêmes oublieront définitivement ces réjouissances rangées désormais au plus profond du « magasin des accessoiresLa Mi-Carême, Le Petit Parisien, 28 février 1940, page 1. ».

Ceux qui, depuis des années, refusent d'organiser la Mi-Carême, ne vont bien sûr rien faire pour cette fête de 1941 à 1945.
Après dix ans d'interruption, le jeudi de la Mi-Carême , cette fois-ci sans Bœuf Gras, défile le dernier grand cortège du Carnaval de Paris au .
Il est organisé par les étudiants, les Forts des Halles de Paris et les grands journaux parisiens. La presse relève que les autorités n'ont pas soutenu financièrement cette initiative festive, car elles préfèrent les commémorations funèbres et patriotiques.
En dépit des moyens matériels réduits utilisés, la fête est un immense succès et la foule est au rendez-vous..
Aux Actualités Éclair le commentateur note nostalgique : « Joyeuse fête de la Mi-Carême vous êtes beaucoup du Paris d'autrefois, un peu du Paris de demain qui nous console du Paris d'aujourd'hui. »
Au début des années 1950 les marchés de Paris élisent pour la dernière fois une reine. Les conditions à remplir pour être candidate sont qu'il faut être fille de commerçants, travaillant sur les marchés pour les aider, souriante et accepter toutes les danses à la fête annuelle des marchés qui a lieu en salle. Faute de candidates répondant à ces critères, la profession se raréfiant, les commerçants des marchés élisent à la place d'une reine l'un d'entre eux. Il est choisi sympathique et âgé. Il reçoit un beau lot, par exemple, un poste de télévision. Cela dure un an ou deux. Puis la tradition est abandonnéePrécisions données en 1994 par Marcel Gache président des marchés parisiens..
L'existence de reines des Halles est attestée en 1935 .. En 1955, elles sont encore là et accompagnent les Forts des Halles portant le traditionnel muguet du 1er mai au président de la République au palais de l'Élysée{{lien briséurl=http://www.parisenimages.fr/fr/popup-photo.html?photo=2259-12 titre=Les Forts des Halles avec leurs reines apportant le muguet au Palais de l'Élysée, le ; .. À présent ces reines de même que les Forts des Halles paraissent avoir disparu depuis longtemps.
Pour la Mi-Carême dans les années 1950 défilent sur les Champs-Élysées des cortèges de centaines d'enfants costumés. Les Archives photographiques de l'Agence France-Presse conservent des photos de ces défilés. Ils sont d'autant plus aisés à organiser qu'à l'époque le jeudi est le jour de congé scolaire hebdomadaire dans les écoles françaises. Cette pratique est déjà attestée à l'occasion de la Mi-Carême 1935La photo montrant le défilé d'enfants costumés sur les Champs Élysées le jeudi de la Mi-Carême 28 mars 1935 illustre l'article La Mi-Carême à Paris, Le Petit Parisien, 29 mars 1935, , .. En 1960, le journal France-Soir précise que le cortège est formé de 800 enfants de Saint-MandéArticle du journal France-Soir, coupure de presse conservée aux dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris..
Puis, la Mi-Carême comme la Promenade du Bœuf Gras est oubliée avec le reste du Carnaval de Paris jusqu'en 1993.
La tradition des reines se maintient chez les forains qui continuent à élire l'Esméralda des forainsArticle : « Reine des forains : une couronne pour la bonne cause », dans l'hebdomadaire Télé Loisirs, numéro 948, 26 avril au 2 mai 2004..
Jusqu'au début des années 1980 cette élection est suivie par un défilé de vingt à trente chars dans Paris. Chaque char représentant un métier de la foire. Sur le dernier la reine des forains prend place.
Des amicales parisiennes d'originaires ou descendants d'originaires de provinces de France conservent la tradition des reines. Il existe toujours une Belle Pastourelle des Auvergnats de Paris. Il a existé une Reine des Bretons de Paris, etc.

La Mi-Carême parisienne aujourd’hui

Fichier:Chicard et le Cancan à la Grande Chaumière.jpgvignettedroiteupright=0.9Le célèbre danseur de Carnaval Chicard danse le cancan avec une blanchisseuse au bal parisien de la Grande-ChaumièreIllustration de couverture de la partition de la chanson la Grande Chaumière, paroles de Julien Fauque, musique de Frédéric Barbier, chantée par Augustine Kaiser à l Eldorado..
La Mi-Carême, grande fête ouvrière et populaire a vu son organisation dans la rue confisquée par les maîtres de lavoirs à partir de 1891. Par la suite, d'autres leur ont succédé. La fête a été fragilisée, devenant dépendante du bon vouloir de comités subventionnés. Elle a perdu de sa vitalité tout en restant très bien accueillie par la foule parisienne réduite à l'état de spectateurs auxquels l'usage des serpentins est interdit dès les années 1890 et celui des confettis à partir de 1919.
Au début des années 1920, l'évolution moraliste et peu festive du Comité des Fêtes de Paris, sa crise et son déni des traditions, conduisent au recul général du Carnaval de Paris privé par ailleurs du cortège du Bœuf Gras des jours gras.
Recul que renforce l'absence de maire de ParisEn 1977 Jacques Chirac est le premier maire de Paris élu depuis 106 ans. et la suppression des congés scolaires du Carnaval dans les années 1930. Officiellement les congés scolaires des écoles primaires, lycées et établissements secondaires de Paris pour les jours gras, c'est-à-dire le Carnaval, ne sont pas supprimés mais regroupés avec les congés scolaires de la Pentecôte. Ainsi les enfants et la jeunesse parisienne sont empêchés de faire librement Carnaval. Seuls les facultés et établissements d'enseignement supérieur ont alors congé. Ce qui concerne à l'époque un nombre réduit de personnes. Sachant qu'en 1930 il y a seulement dans toute la FranceRapport Rousso, 2001, qui cite Antoine Prost, Éducation, sociétés et politiques. Une histoire de l’enseignement de 1945 à nos jours, Paris, Édition du Seuil, 1997 (nouvelle édition), 254 p., ; Christophe Charle, Jacques Verger, Histoire des universités, Paris, PUF, 1994, (collection « Que sais-je ? »), , pour une population totale de 41 millions .
Concernant le regroupement, à Paris, des congés scolaires des jours gras avec ceux de la Pentecôte, Le Temps écrit le Les congés scolaires des jours gras, Le Temps, 25 février 1936, page 8, . Commons:File:Congés scolaires des jours gras 1936.jpgVoir l'article reproduit dans Commons. :
Cette année comme précédemment, à Paris et dans la Seine (le département de la Seine), les autorités compétentes ont décidé de bloquer les congés des jours gras avec ceux de la Pentecôte.

Ce n'est donc pas la première fois que cette mesure est prise.
De 1891 jusqu'aux années 1930 la fête féminine résiste tant bien que mal à ceux qui veulent la transformer en autre choseExprimant bien l'usurpation de la Mi-Carême par les hommes et le commerce parisien et la ré-interprétation de son histoire, par exemple : « À Paris la mi-carême fut fêtée d'abord par les étudiants, les marchands des halles et les blanchisseuses, parmi lesquelles on élisait la reine des reines. Aujourd'hui des groupements plus généraux participent à cette fête. » Larousse du , volume 4, lettres I-M, page 858, édité en 1931. Les récupérateurs se désintéressant de la Mi-Carême, on trouve où on peut des arguments justificatifs de la situation de la fête. Comme en 1935, la Reine des Reines au micro des actualités filmées invoque le manque d'argent et déclare que (avec la crise) « surtout depuis deux ans, impossible au carnaval de faire des défilés comme autrefois dans la rue. » Plus tard on trouvera d'autres « arguments » : la vie « moderne », les départs en week-end, la circulation , ni doit troubler avec des cortèges, la frivolité et la superficialité supposées des reines, assimilées à des miss et autres reines de beauté, etc..
Les dernières lueurs de la Mi-Carême parisienne sont les défilés d'enfants costumés organisés sur les Champs-Élysées dans les années 1950Archives photographiques de l'Agence France-Presse et dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Le dernier cortège dont l'existence est attestée ici, a défilé en 1960. .
Le coup final intervient en 1953 lorsque la Préfecture de police de Paris interdit « afin d'éviter tout risque d'incident » un cortège d'écoliers costumés qui devait remonter les Champs-Élysées, précédé de voitures anciennes et suivi d'un char portant un énorme dragonLe Monde, 13 mars 1953. La Mi-Carême des enfants disparaît dès lors de la mémoire collective. La grande fête étudiante correspondante, après avoir prospéré durant plus d'un demi-siècle à partir de 1893, a disparu elle aussi. Ces festivités sont remplacées par le monôme du bac qui monte en puissance dans les mêmes années, mais ne tardera pas à prendre un caractère tout différent.
En 1993, au cours des recherches entreprises sur le Bœuf Gras pour sa renaissance, Basile Pachkoff se trouve rapidement confronté à une masse d'articles sur la Mi-Carême, rangés avec ceux concernant le Bœuf Gras dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, qu'il consulte. D'abord il ne s'y intéresse pas. Puis la curiosité aidant il dépouille la masse d'articles. Il apprend entre autres que les premiers échanges entre la Mi-Carême parisienne et une ville hors de France se sont faits avec Turin en 1904-1905. Or, il connaît Turin, le Piémont, et a des amis là-bas.
Des contacts sur place sont pris avec la mairie de Turin, la région Piémont, le Comité des fêtes de VerceilVercelli, ville du Piémont et capitale du riz, en Italie., des associations et des particuliers dès 1994 pour renouer les liens carnavalesques qui existaient jadis.
Au marché de Porta Palazzo où furent élues les reines turinoises venues à Paris en 1905 et 1914 pour la Mi-Carême il n'y a plus de reines depuis très longtemps.
En 2005, après onze ans d'efforts, est finalement renoué le lien carnavalesque pas seulement avec Turin mais avec l'Italie en général. De nombreux étudiants des Beaux-Arts d'Italie, à l'appel de leur Comité NationalComitato Nazionale degli Studenti delle Accademie di Belle Arti d'Italia (Comité National des Étudiants des Académies des Beaux-Arts d'Italie), dont le siège est à Bologne., avec les étudiants de la société festive traditionnelle de la Goliardia de Turin, participent au Carnaval de Paris. Ils viennent célébrer festivement le centième anniversaire de la participation italienne à la mi-Carême parisienne en 1905.
À cette occasion un traité carnavalesque italo-français est signé sur l'hôtel de ville de Paris.

Renaissance de la fête des blanchisseuses depuis 2009

Fichier:Le cortège du Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses de la Mi-Carême 2011 passant devant le parvis du Centre Pompidou à Paris.JPGvignetteLe cortège du Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses de la Mi-Carême passe rue Saint-Martin (en longeant le parvis du Centre Pompidou) le . À gauche : Pat le Clown ; à droite : Alexandra Bristiel, Présidente du Carnaval de Paris et du Carnaval des Femmes de Paris.Fichier:Blanchisseuse cherchant le linge par Forain.jpgvignette145pxgaucheForain, Blanchisseuse emportant le linge à laver (1898Détail d'un dessin anti dreyfusart paru dans Psst...!, 5 février 1898.).
Aux écosseuses, marchandes d'oranges et harengères succédèrent jadis les blanchisseuses. La disparition des lavoirs n'explique pas celle de la Mi-Carême. Car il existe toujours beaucoup de groupes, sociétés ou corporations très féminins, par exemple dans les hôpitaux. Les femmes du personnel hospitalier n'ont jamais participé à la fête. Car jusque vers 1940-1950, c'était des religieuses. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
En 1994, plusieurs reines et rois : Ophélie, reine de Paris, Alexandre, prince de l'étable, Zizi Chiffon, reine des biffinsUne petite fille, qui devait défiler, montée sur un âne, en référence à Zizi-Chiffon, Reine des biffins au Carnaval de Paris 1905., le roi des bouchersUn petit garçon, en référence au roy des bouchers qui apparaît dans la première description connue du Bœuf Gras, en 1739. Il était également prévu Elena, reine du Bœuf Gras et Sire Olivier, écuyer tranchant du prince de l'étable, dont seul l'immense couteau carnavalesque sera finalement présent, apporté au cortège de renaissance de la Promenade du Bœuf Gras, le 27 septembre 1998., sont pressentis pour participer au cortège de renaissance du Bœuf Gras, prévu pour 1995Basile Pachkoff « Carnaval du Bœuf Gras de Paris 1995, 18-26 février 1995 », brochure éditée en novembre 1994, page 2.. Celui-ci est annulé, faute d'autorisation pour défiler. En 1996, est envisagé que le Carnaval de Paris retrouve une de ses sources dans les marchés parisiens, jadis acteurs importants de la Mi-Carême. En 1998, c'est la renaissance du Carnaval de Paris dans la rue avec la réapparition du cortège de la Promenade du Bœuf Gras. Le Mardi Gras n'étant plus chômé à Paris, depuis longtemps, il sort un dimanche. À partir de 2002, la date annuelle de sortie est fixée le Dimanche Gras, dimanche qui précède le Mardi Gras.
La fête sœur du Bœuf Gras, c'est la fête des blanchisseuses, la Mi-Carême au Carnaval de Paris.
La Mi-Carême était jadis un jour en partie chômé à Paris, comme le rapporte par exemple Le Petit Parisien en mars 1909 : « Les ateliers s'étant clos vers midi et nombre de magasins ayant eux aussi fermé leurs portes, petites-mains, cousettes moqueuses, midinettes aux beaux rires gais d'écolières, employés de l'un et l'autre sexe, s'étaient envolés comme émerillons qu'on décapuchonneAllusion à l'envol du faucon qu'on décapuchonne en fauconnerie., prêts aux batailles à coups de confetti, aux intrigues masquées, et bien résolus à prendre leur part de gaitéLe cortège de la Mi-Carême s'est déroulé sous la pluie, Le Petit Parisien, 19 mars 1909, page 1, colonne.. »
La Mi-Carême était encore en partie chômée à Paris en 1946. Les administrations parisiennes donnèrent congé aux employés l'après-midi du jeudi 28 mars pour leur permettre de participer à la fête. Mais aujourd'hui, la journée de la Mi-Carême n'est plus chômée, même en partie. C'est pourquoi, en avril 2008, Basile Pachkoff a proposé la renaissance de la fête des blanchisseuses pour le dimanche qui précède la Mi-Carême. L'association festive féminine Cœurs-Sœurs, créée en référence à la Corda FratresCorda Fratres signifie en latin les Cœurs Frères., a pris en charge l'organisation de cet événement. Présidée par Alexandra Bristiel elle a proposé qu'à cette occasion toutes les femmes se costument en reines et les hommes en femmes, en référence au Carnaval de Dunkerque et aux Carnavals d'Allemagne. Le défilé a eu lieu le de la place du Châtelet à la place des Vosges en passant par le Marais. La presse s'en est fait l'échoLe Parisien, édition d'Île-de-France, 15 mars 2009, page 14 : La Fête des blanchisseuses ressuscitée, Le Parisien, Édition de Paris, 16 mars 2009, page III : Les blanchisseuses sont de retour.. La Fête des blanchisseuses, baptisée Carnaval des Femmes ou Fête des Reines des Blanchisseuses de la Mi-Carême, a lieu à nouveau depuis chaque année le dimanche qui suit le jeudi de la Mi-CarêmeLe défilé a été annoncé entre autres par Le Parisien, Édition de Paris du 16 mars 2009, par Paris Mômes, numéro de février-mars 2010, page 32..
L'affiche en couleurs de la renaissance de la Fête des Blanchisseuses, créée par Alexandra Bristiel présidente-fondatrice de Cœurs Sœurs et déposée au département des arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France, comporte une grenouille couronnée portant un bouquet de violettes et dansant le cancan. Allusion à ce que la Fête des Blanchisseuses était aussi appelée jadis la Fête des grenouilles, en référence à l'eau omniprésente au lavoir. Le bouquet de violettes rappelle le mode d'élection des reines de lavoirs décrit en 1868 par Timothée Trimm dans Le Petit Journal et les bouquets de violettes lancés sur le cortège par Jules Védrines du haut de son aéroplane en 1911. Le cancan est une danse inventée par les blanchisseuses de Montmartre.
Le , Alexandra Bristiel devient présidente d'honneur de l'association Cœurs Sœurs. Basile Pachkoff est élu président.
La treizième édition de la Fête des Blanchisseuses est programmée pour le dimanche .

Annexes

Chanson

Fichier:La Reine des Blanchisseuses (chanson).jpgvignetteuprightCette chanson date sans doute de 1891, année où fut créée la Reine des ReinesL'illustration originale est en couleurs..
Fichier:Chats mousquetaires à cheval 3 - Non légendé.jpgvignetteupright=1.2Les élèves de l'école vétérinaire d'Alfort costumés en chats-mousquetaires escortant les animaux de la création dans le cortège de la Mi-Carême 1894Article La cavalcade de la Mi-Carême, L'Illustration, 3 mars 1894, page 172..
  • La Reine des Blanchisseuses ou La Reine des Reines
  • Chansonnette créée par Valti, à la Scala.
    Paroles de A. Poupay. Musique de E. Spencer
    {
    - 1 -
    Dans le corps des blanchisseurs
    On a fait choix d'une reine
    Pour lui rendre les honneurs
    D'la Bastille à la Mad'leine,
    En la voyant sur son char,
    Orné de son diadème,
    On chant'ra sur le boul'vard
    Le jour de la Mi-Carême:
    Refrain
    V'là la rein'qui passe!
    Qui passe et repasse!
    La voilà!
    R'gardez-là!
    Quel chic ell'vous a!
    C'est la rein'des reines,
    La fille à Sosthène,
    Faut la voir
    Au lavoir
    Avec son battoir!
    - 2 -
    Cette année on a choisi
    La plus jeune et la plus belle;
    Et s'il faut croire les on dit,
    Elle est encor demoiselle.
    Aussi que de prétendants
    Vont s'empresser autour d'elle
    Et la suivre sur deux rangs,
    En chantant cett'ritournelle:
    - 3 -
    Déjà plus d'un reporter
    A franchi son domicile
    Afin de l'interviewer,
    Elle qu'était si tranquille!
    Tout le monde bientôt, saura,
    Ce qu'ell'boit ou ce qu'ell'mange
    Et l'journal nous apprendra
    Si, quéqu'part, ça la démange.
    - 4 -
    Comme aux grand's célébrités,
    On f'ra sa biographie
    Et les journaux illustrés
    Donn'ront sa photographie.
    On dit qu'un Américain,
    Un millionnaire excentrique
    Pour lui demander sa main
    A pris le transatlantique.
    - 5 -
    Tous les jours à son lavoir,
    Abonde la clientèle,
    On fait queu' matin et soir
    Pour se fair'blanchir par elle.
    On voit même des dandys
    Des gommeux, c'est par trop bête!
    Offrir jusqu'à cinq louis
    Pour se fair'rincer la tête.

    Liste de Reines


    On peut voir aussi sur la base iconographique Commons, des portraits et des vues des chars de parade des Reines du Carnaval de Paris.
    Concernant la Reine des blanchisseuses de Paris, la Reine des chiffonniers de Paris, les Reines venues à Paris des provinces françaises ou de villes hors de France, et les Reines, Rois, demoiselles et garçons d'Honneur de Paris en général, voir l'article Reines du Carnaval de Paris

    Reines des Reines de Paris et dates de la Mi-Carême de 1891 à 1939

    Liste complète des 51 Reines des Reines de Paris :
    vignetteGeorgette Juteau, Reine des Reines de Paris 1907.
    vignetteLe char de Paulette Cayet, Reine des Reines de Paris 1928.
    Fichier:Election de la Reine des Reines 1929.jpgvignetteÉlection de Suzanne Petauton, Reine des Reines de Paris 1929Le Petit Parisien, 6 mars 1929, , ..
    Fichier:Concepcion Ledesma 1906 - 3.jpgvignetteConcepcion Ledesma, Reine de Madrid, à la Mi-Carême à Paris 1906.
    {{Colonnesnombre=31=
    • – Louise Sicard Le prénom de la Reine des Reines 1891 est indiqué dans le compte-rendu de la Mi-Carême publié dans Le Petit Journal, 6 mars 1891, page 2, ..
    • – Henriette DelabarreLe Journal illustré, 27 mars 1892
    Demoiselles d'honneur :

    Anaïs DelabarreSœur de la Reine des Reines Henriette Delabarre.
    Félicie Pierre,
    Petit La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 25 mars 1892, page 2, ..

    • – Eugénie PetitProgramme officiel de la fête, conservé au Cabinet des Estampes de la BNF.
    • – Marie BonhommeArticle La Mi-Carême, Le Figaro, 2 mars 1894, page 2, et .,
    Demoiselles d'honneur :

    Félicie Pierre,
    Maria Bouffé.
  • – Marie-Louise Grimm
  • Demoiselles d'honneur :

    Victorine Malinowsky,
    Jeanne Gauthier Le Petit Journal, 22 mars 1895, page 2, .

  • – Henriette DufoulloyProgramme officiel de la fête, conservé au Cabinet des Estampes de la BNF.
  • Demoiselles d'honneur :

    Tallois, Eugènie,
    François, Marie.
  • – Marie Schœnacker
  • Demoiselles d'honneur :

    Becker, Marie,
    Croiza, Thérèse,
    Fuchs, Caroline,
    Geffroy, FernandeLe nom de la Reine des Reines de Paris 1897 est indiqué dans l'article La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 26 mars 1897, page 2, . Les noms de ses quatre demoiselles d'Honneur figurent dans https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6142039 La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 26 mars 1897, page 1, ..

  • – Maria Bourdillon
  • Demoiselles d'honneur :

    Alice Leroy
    Désirée Leroi
    Flore Sasse
    Jeanne CazeauxLa Mi-Carême, Le Petit Parisien, 17 mars 1898, page 1, .

  • – Charlotte ProisyLe Petit Journal, 4 février 1899.
  • Demoiselles d'honneur :

    Aimée Soreuil,
    Eugénie Barbier,
    Émilie Pouyet,
    Laure Dubois La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 10 mars 1899, page 1, et .

    • – Clotilde OzoufLe Petit Journal, 23 mars 1900.
    • – Une Reine des Reines déchue : Eugénie Romelotte
    • Remplacée par Marie Marlin-Poirier
    Demoiselles d'honneur :

    Lebreton, Marie,
    Vidal, Eugénie,
    Marle-Meunier, Louise La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 15 mars 1901, page 1, nomme la Reine des Reines de Paris 1901 Poirier. Dans l'article https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5498155.r.langFR L'épilogue du carnaval, Cavalcades de la Mi-Carême, paru dans La Presse, 15 mars 1901, page 1, la Reine des Reines est appelée Marlin-Poirier. C'est également le cas dans https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k615647q Le Petit Journal, du 15 mars 1901, , et , qui, en plus, indique son prénom ainsi que les noms et prénoms de ses trois demoiselles d'Honneur..

    • – 2 Reines des Reines :
    • Berthe Roche, Reine des Reines de la Rive droite
    Demoiselles d'honneur :

    Bernard,
    Louise Stock,
    Louise Millaubach,
    Marthe Girault, Reine du marché Saint-GermainArticle Les Cavalcades d'Aujourd'hui, Le Petit Parisien, 6 mars 1902, page 1, et ..

    • Lucie Le Péru, Reine des Reines de la Rive gaucheArticle Les Cavalcades de la Mi-Carême, Le Petit Parisien, 7 mars 1902, pages 1 et 2.
    • – 2 Reines des Reines :
    • Marie Missiaux, Reine des Reines de la Rive droiteLe Petit Journal, supplément illustré, 29 mars 1903 indique comme nom : Marie Missiou.
    Demoiselles d'honneur :

    Marcelle,
    Juliette Debrécourt,
    Suzanne Pare,
    Louise Stock
  • Jeanne Troller, Reine des Reines de la Rive gauche
  • Demoiselles d'honneur :

    Ernestine Masson,
    Louise Barbare,
    Armandine Jumel,
    Marie LaurentArticle La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 18 mars 1903, page 2, , et . https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8264212/f1.image.r=mi-car%C3%AAme.langFR La Mi-Carême, La Justice, 20 mars 1903, page 1, . Le Petit Parisien du 18 mars 1903 donne pour demoiselles d'honneur : Masson, Barbare, Jeunel et Amandine Laurent. Les noms et prénoms indiqués ici sont ceux publiés dans La Justice du 20 mars 1903. Commons:File:La Mi-Carême - La Justice - 20 mars 1903.jpgVoir l'article de La Justice reproduit sur la base Commons.

    • – 2 Reines des Reines :
    • Jeanne Leclinf, Reine des Reines de la Rive droite
    Demoiselles d'honneur :

    Jeanne Troupel,
    Marie Albaret,
    Alphonsine Mermet,
    Claire Huguet.
  • Sarah Balmadier, Reine des Reines de la Rive gauche
  • Demoiselles d'honneur :

    Laure Barbare,
    Jeanne Hilary,
    Amandine Jumel,
    Jeanne Dubrulle.
  • – 2 Reines des Reines :
  • Jeanne Troupel, Reine des Reines de la Rive droite,
    Demoiselles d'honneur :

    Jeanne Loth,
    Marie AlbaretL'Éclair, 27 février 1905..

    Pauline Toyer, Reine des Reines de la Rive gauche
    • – Rosa Blanche
    • – Georgette JuteauLe Gaulois, 19 février 1914. Photo dédicacée de la Reine des Reines de Paris 1907.
    • – Fernande Morin
    Demoiselles d'honneur :

    Julie Brottin,
    Lucie Bourget La Mi-Carême de 1908, Paris a acclamé, hier, ses Reines et celles des anciennes provinces, Le Petit Journal, 27 mars 1908, page 1, . Commons:File:Fernande Morin, Lucie Bourget et Juliette Brottin 1908.jpgPhoto de la Reine des Reines de Paris 1908 avec ses deux demoiselles d'honneur.

  • – Antoinette OrlhacLe Petit Parisien, lundi 22 février 1909, page 2, et jeudi 18 mars 1909, page 4.
  • Demoiselles d'honneur :

    Victorine Hervé,
    Marie Salat.
  • 1910 – Thérèse ChoqueSon élection est rapportée par L'Éclair, 7 février 1910. Par la suite, Élisa Gaillard prend sa place. « Au moment où, après sa descente du train, la jeune reine (tchèque, Ruzena Brazova) arrive dans le hall de la gare (de l'Est) accompagnée de M. Brézillon et des membres du comité (des fêtes de Paris), Élisa Gaillard, la nouvelle reine des reines, qui remplace Thérèse Choque, qu'un gros rhume a forcée à abandonner sa royauté, s'avance près d'elle, entourée de Vanek, ses demoiselles d'honneur, ainsi que de toutes les reines de Paris, et lui remet un superbe bouquet. » Le Petit Journal, 27 février 1910.,
  • Demoiselles d'honneur :

    Madeleine Dubois,
    Eugénie Choque La Mi-Carême 1910, La Reine de la Rive gauche, Le Petit Journal, 10 janvier 1910, p.3, . La photo d’Élisa Gaillard, Reine du Temple et celle de Thérèse Choque Reine de la Rive gauche figurent en première page, et , dans l'article https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k618866g/f1.image.langFR Royautés de Mi-Carême. Commons:File:Reines de la Mi-Carême 1910.jpgVoir cet article reproduit sur la base Commons..

    • – Élisa Gaillard remplace Thérèse ChoqueLe Petit Journal, 2 mars 1910.
    • – Jeanne QuéruLe Petit Journal, 21 mars 1911. Jeanne Quéru a été filmée par les Actualités Éclair, voir la Filmographie du Carnaval de Paris
    • – Marcelle Paradeis
    • – Germaine Brégnat
    Demoiselles d'honneur :

    Thérèse Laloue,
    Eugénie Fournil La Mi-Carême, Le cortège de la Reine des Reines a défilé hier dans Paris, Le Petit Journal, 28 février 1913, page 3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6924111s.r.langFR Photo de l'arrivée de la Reine des Reines 1913 à l'hôtel de ville..

    • – Marcelle GuillotLe Petit Journal, 17 mars 1914.
    • – La Mi-Carême est interditeL'interdiction du Carnaval de Paris par le préfet de police est prononcée en janvier 1915. Voir Le Petit Parisien, 27 janvier 1915, page 3, ..
    • – La Mi-Carême fêtée à nouveau
    • – Lucile BatailleLe Temps, 10 mars 1920
    • – Yvonne Béclu Reine du et Reine des ReinesLa petite Gironde, 5 mars 1921. Les reines de la Mi-Carême, Le Petit Parisien, 6 février 1921, page 2, .
    Demoiselles d'honneur :

    Raymonde Noyet,
    Suzanne Hahn.
  • – Germaine Buchet Reine du et Reine des ReinesSon élection est rapportée par L'Écho de Paris, du 27 février 1922. Germaine Buchet et les 19 autres reines de Paris, ont été filmées par les Actualités Eclair, voir la Filmographie du Carnaval de Paris.
  • Première demoiselle d'honneur :

    Fernande Peiffer Reine du ,

    Deuxièmes demoiselles d'honneur :

    Jeanne Cron Reine du ,

    Germaine Ernès Reine du .

    Germaine Buchet déchue courant 1922, sont élues :
    Jeanne Cron, nouvelle Reine des Reines 1922
    Demoiselles d'honneur :

    Lucienne Loin Reine du ,

    Renée Durand Reine du .

  • – Geneviève Durand, « abeille du » et « Reine des abeilles »
  • Demoiselles d'honneur :

    Jeanne Bonfils « abeille du »,
    Hélène Papon, « abeille du »
    • – Geneviève Durand « Reine des abeillesArticle Mi-Carême, Le Petit Journal, 27 mars 1924, page 1. »
    • Élue Reine de Paris en juin 1924 et présentée en mars 1925 en qualité de Reine des Reines de Paris 1924 : Jeanne Champ, Abeille du L'abeille du est reine de Paris, Le Matin, 29 juin 1924, page 3, .
    Demoiselles d'honneur :

    Odette Chauvin,
    Paulette Ridon
  • – Georgette Fraigneux, reine du Georgette Fraigneux est dactylographe. Le récit de la fête est donné dans l'article La Mi-Carême, Le Petit Parisien, 20 mars 1925, page 1 (suite en page 3). https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k606060x/f3 Mi-Carême ensoleillée, Le cortège des reines a parcouru en autos, parmi les vivats et au milieu de la joie populaire, presque tous les quartiers de Paris, Le Petit Parisien, 20 mars 1925, page 3, .
  • Demoiselles d'honneur :

    Henriette Camier, Esméralda des forains,
    Monique Delapierre, reine du ,

    Yvonne Henri, reine du ,

    Renée Laurent, reine du Le Temps, 21 mars 1925.

    • – Mathilde Isembart Paris a fêté hier toutes ses reines..., Le Petit Journal, 12 mars 1926, page 1. L'Illustration n°4332 du 13 mars 1926 parle également de Mathilde Isembart.
    • – Aline Lesage
    Demoiselles d'honneur :

    Villa
    Sèvre
    LacroixLa Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 25 mars 1927, page 2, et .

    • – Paulette Cayet Le Petit Parisien, 15 mars 1928, page 1.
    • – Suzanne Petauton Reine du et Reine des ReinesArticle La Mi-Carême s'annonce brillante et joyeuse, Le Petit Parisien, 7 mars 1929, page 2, . Cet article précise que Suzanne Petauton est la reine de la Fédération des comités d'arrondissements.
    Demoiselles d'honneur :

    Josette Gouhot La Mi-Carême à Paris, Le Petit Parisien, 8 mars 1929, page 2, . Reine du ,

    Hélène Vingester, Reine du .

  • – Rolande Risterucchi
  • Demoiselles d'honneur :

    Gilberte Maugey,
    Odette Guibourg,
    Yvonne Monet,
    Simone Teysonnier Les fêtes de la Mi-Carême, Le Petit Parisien, 28 mars 1930, page 3, .

    • – Lucienne Clément
    • – Simone Clément
    Demoiselles d'honneur :

    Émilienne Fromenty,
    Catherine Hallan,
    Jeanne Rougé,
    Liliane Mallot Le comité général des fêtes a élu sa reine des reines, Le Matin, 2 mars 1932, page 8, . Commons:File:Compte-rendu de l'élection de la reine des reines 1932.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.

  • – Raymonde Nieuwensteed Reine du et Reine des Reines La reine des reines de Paris pour 1934 a été élue hier, Le Matin, 5 mars 1934, page 5, . Commons:File:Election de la Reine des Reines de Paris 1934.jpgVoir l'article reproduit dans Commons.
  • Demoiselles d'honneur :

    Simone Henocq Reine du ,

    Marguerite Leclerc Reine du

  • – Lise Brousseaud
  • Demoiselles d'honneur :

    Francine Tissier Reine du ,

    Jeanne Halan Reine de Bonté La Mi-Carême à Paris, Le Petit Parisien, 9 mars 1934, page 8, et et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2976269/f3 Les reines à l'hôtel de ville, Le Figaro, 9 mars 1934, page 3, . Le Figaro indique « Jeanne Hadan » et non « Jeanne Halan » comme Reine de Bonté..

  • – Francine Constance
  • Demoiselles d'honneur :

    Marcelle Zwalhehn Reine du ,

    Christine Lefèvre Reine de Bonté Les reines de Paris au « Figaro », Le Figaro, 29 mars 1935, page 4, et ..

  • –– Gilberte SoubiratRubrique Nos Échos, Le Petit Parisien, 19 mars 1936, page 2, . http://ouestfrance.cd-script.fr/opdf/1936/08/06/85/1936-08-06_85_05.pdf St-Gilles-Croix-de-Vie, La Reine des Reines de Paris au Havre de Vie, L'Ouest-Eclair, page 5, .
  • Demoiselles d'honneur :

    Simone Maillet,
    Simone Benadon Mi-Carême joyeuse et ensoleillée, Le Petit Parisien, 20 mars 1936, page 5, ..

    • – Fernande Botton.
    • – Hélène Capron
    Demoiselles d'honneur :

    Jacqueline Cordonnier Reine du ,

    Germaine Perceval Reine du ,

    Claire Scherer du groupe folklorique alsacien et Reine de Bonté La Mi-Carême à Paris, Les Reines font une visite au « Figaro », Le Figaro, 25 mars 1938, page 3, ..

  • – Odette Vercheval
  • Demoiselles d'honneur :

    Duffeau Reine du ,

    Thomas Reine du Le Matin, 17 mars 1939, page 8..


    Reines de Paris et dates de la Mi-Carême

    vignetteGeorgette Fraigneux, Reine des Reines de Paris 1925.
    vignetteHenriette Pointal, Reine de Paris 1933.
    Liste à compléter :
    {
    • 11 mars 1926 – Simone MaîtreLe Gaulois, 6 mars 1926, page 2.
    • 24 mars 1927 – Mary Simona
    • 7 mars 1929 – Simone Gabard La Mi-Carême à Paris, Le Petit Parisien, 8 mars 1929, page 2, . La BNF conserve la photo de Made Brillant, indiquée comme « reine de Paris » 1929 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9028851d.r.langFR photo de Made Brillant. Made Brillant n'apparaît pas dans le compte-rendu de la Mi-Carême 1929 fait par le Petit Parisien.
    • 27 mars 1930 – Colette Chénier
    Demoiselles d'honneur :

    Hélène Lictaer
    Alfreda Pecq
    • 12 mars 1931 – Claire HébrardArticle La Mi-Carême sans cavalcade, Le Petit Parisien, 12 mars 1931, page 6, .
    • 3 mars 1932 – Elmina Duquesne, Reine du arrondissement
    Première demoiselle d'honneur :

    Léone Giraudet, Reine des poupées
    Deuxième demoiselle d'honneur :

    Madeleine Bernoux, reine de la coiffure
    Assistantes :
    Lucienne Vidal,
    Simone MassinL'élection de la reine de Paris, Le Petit Parisien, 4 mars 1932, page 3, ..


  • 23 mars 1933 – Henriette Pointal
  • Demoiselles d'honneur :

    Lemire

    Huguen La Mi-Carême, Le Petit Parisien, jeudi 23 mars 1933, page 5, . Dans cet article Henriette Pointal est présentée en qualité de « Reine des Reines de Paris ». https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6276553/f4 Le Petit Parisien du 2 mars 1933, page 4, présente Henriette Pointal en qualité de « Reine de Paris ».

  • 8 mars 1934 – Madeleine de Charpin dite Wanda Barcella
  • Demoiselles d'honneur :

    Denise Larcher,
    Henriette Rosset C'était hier la Mi-Carême, Le Petit Journal, 9 mars 1934, page B, et ..

    • 28 mars 1935 – Suzy LesageLa Reine de Paris 1935 Suzy Lesage, avec la Reine de Paris 1934 Madeleine de Charpin, préside le banquet annuel de la colonie russe de Paris. Voir l'article dans Le Petit Parisien, 8 mars 1935, page 4, au bas de la . Commons:File:Banquet annuel de la colonie russe de Paris présidée par deux Reines de Paris.jpgVoir cet article reproduit sur la base Commons.
    • 1995 – Ophélie Esteve
    Accompagnée de :
    Alexandre, prince de l'étable,
    Son écuyer tranchantUn jeune boucher.,
    Zizi Chiffon, reine des biffinsUne petite fille.,
    Le roi des bouchersUn petit garçon, en référence au roy des bouchers de 1739.,

    Elena, reine du Bœuf GrasTous pressentis pour participer au cortège de renaissance du Carnaval de Paris, la Promenade du Bœuf Gras 1995, prévue en février, puis en avril. Cette fête dut être annulée, faute d'avoir obtenu une autorisation officielle pour défiler. Sa sortie, où seul Alexandre, prince de l'étable, était présent, costumé en Fumante de Pantruche, eut finalement lieu le 27 septembre 1998..


    Filmographie de la Mi-Carême

    Liste lacunaire à compléter :
    Elle a été filmée en 1897 par Georges Méliès (2 films) et par les équipes des frères Lumière (1 film). En 1899 par les équipes des frères Lumière, et par d'autres en 1905, 1909 et 1912. Ainsi que pour les actualités Éclair en 1911, 1922, 1929, 1930, 1933, 1935, 1936, 1937 et 1946, et pour les actualités Gaumont en 1935. On peut consulter sur Internet un documentaire d'1 minute 46 montrant la Mi-Carême 1926 filmée par la British Pathé. On voit notamment une grande troupe de musiciens costumés en pierrots : les 153 bigophonistes belges du Soutien de Saint-Gilles. Tout à fait à la fin on voit la Reine des Reines de Paris 1926 Mathilde IsembartMi-Carême 1926 vue par la British Pathé. On peut également voir sur Internet des images tournées par la British Pathé à l'occasion des éditions 1920, 1921, 1922, 1928 et 1931 de la Mi-Carême parisienne.
    Les films de Méliès et les films de 1905, 1909 et 1912 sont perdus. Les autres, à part les deux films Lumière et les films de la British Pathé, sont facilement consultables au Forum des images de la ville de Paris.
    Pour plus de détails voir la Filmographie du Carnaval de Paris.

    Photos de presse de la Mi-Carême

    vignette
    Fichier:Maria Nulli sur la tour Eiffel.jpgvignetteSur la tour Eiffel en 1905 : Rosina Ferro-Pia Reine de Turin (en haut) et Maria Nulli Reine de Milan (en bas)L'Illustration, numéro 3241, 8 avril 1905..
    Fichier:HUMA 1913.jpgvignetteEn 1913, la visite du président de la République à l'hôtel de ville suscite la colère de L'Humanité. Elle a lieu entre le Mardi gras et la Mi-Carême, d'où le parallèle choisiExtrait de l'article Ce que Paris verra aujourd'hui, Un carnaval officiel auquel feront escorte deux mille flics, L'Humanité, 18 février 1913, page 1, . La réception a lieu le 18 février, Mardi Gras tombe le 4 et la Mi-Carême le 27..
    Fichier:La préparation des chars pour la Mi-Carême.jpgvignettedroiteCroquis montrant la construction d'un char pour la Mi-Carême 1922Lucien Lantier Bloc-notes, Floréal. L'hebdomadaire illustré du monde du travail, 25 février 1922, page 163.
    vignettedroiteYvonne Béclu Reine des Reines de Paris 1921, détail d'une photo de presse de l'agence Rol.
    On peut en voir au moins 176 sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France :
    {{Colonnesnombre=31=
    1908 - 4 :

    • Fernande Morin Reine des Reines de Paris 1908
    • Char de la Reine des Reines 1908
    • La Reine des Reines Fernande Morin et ses deux demoiselles d'honneur Julie Brottin et Lucie Bourget descendant de leur char 1908
    • Une jeune fille déguisée le jeudi de la Mi-Carême 26 mars 1908
    1909 - 3 :

    • La Reine des Reines descend de son char 1909
    • Le char de la Reine des Reines 1 - 1909
    • Le char de la Reine des Reines 2 - 1909
    1910 - 6 :

    • Le char de Pataud 1910
    • Char de Saint Louis 1910
    • Char de la Reine des Reines 1910
    • La Reine de Prague dans son landau fleuri 1910
    • La Reine des Reines descendant de son char 1910
    • La Reine des Reines et ses demoiselles d'honneur au pied de leur char 1910
    1911 - 5 :

    • La bataille de confettis à la Mi-Carême 1911
    • Char fleuri 1911
    • Char du zeppelin 1911
    • Char de la Reine des Reines 1911
    • Léopold Bellan et la Reine des Reines Jeanne Quéru 1911
    1912 - 17 :

    • La Reine de la Renaissance des Halles 1912
    • La Reine des Reines sur son char 1912
    • Préparation de géant et grosses têtes 1912
    • La Rose des Roses montant sur son char 1912
    • Un homme non identifié devant les chars de la Mi-Carême 1912
    • Le char de l'Ouest-Etat 1912
    • Le char du déménagement à la cloche de bois 1912
    • Deux géants 1912
    • La Rose des Roses sortant de l'Hôtel de Ville 1912
    • La Reine du Marché Lenoir 1912
    • La Rose des Roses sur son char 1912
    • Le char de la Reine des Reines 1912
    • La Reine des Reines sur son char 1912
    • Atelier de fabrication de grosses têtes 1912
    • Le char de la vie chère 1912
    • Personnages de Carnaval 1912
    • Char de l'aviation du journal Le Matin 1912
    1913 - 9 :

    • La Reine des Reines Germaine Brégnat et Mr Seguin en calèche le 26 février 1913 veille du jeudi de la Mi-Carême
    • La Reine des Reines Germaine Brégnat, Mr Seguin et ses deux demoiselles d'honneur Thérèse Laloue et Eugénie Fournil 1913
    • Char de la Reine des Reines - 1 1913
    • Char de la Reine des Reines - 2 1913
    • Les reines à l'hôtel de ville 1913
    • La Reine des Reine quittant l'hôtel de ville 1913
    • Vue générale du défilé du Bœuf Gras 1913
    • Vue rapprochée du Bœuf Gras 1913 – 1
    • Vue rapprochée du Bœuf Gras 1913 – 2
    1914 - 6 :

    • Les huit candidates à l'élection de Reine des Reines 1914.
    • Marcelle Guillot, Reine des Reines de Paris 1914.
    • Reines de Boulogne et Turin 18 mars 1914
    • 19 mars 1914, foule place de la Concorde, photo en mauvais état
    • Char des Reines 19 mars 1914
    • Reine des Reines entourée d'autres reines de Paris sur son char 1914
    1920 - 13 :

    • Lucie Bataille, Reine des Reines de Paris 1920 - 1
    • Lucie Bataille, Reine des Reines de Paris 1920 - 2
    • Char de la Reine des Reines passant sur le pont de la Concorde 1920
    • Les reines reçues à l’Élysée 1920
    • Char de la Reine de Metz 1920
    • La Reine de Metz quitte l’Élysée 1920
    • Défilé des étudiants 1920
    • La Reine des étudiants reçue à l’Élysée 1920
    • Char des étudiants 1920
    • Char de l'Alimentation passant sur le pont de la Concorde 1920
    • Personnages costumés, salle Jouffroy, réunion Académia 1920 – 1
    • Personnages costumés, salle Jouffroy, réunion Académia 1920 – 2
    • Personnage costumé, salle Jouffroy, réunion Académia 1920 – 3
    1921 - 23 :

    • Dessin de Joe Bridge représentant le char du cinéma éducateur 1921Le char du cinéma éducateur est mentionné dans https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k604582c/f2.image.r.langFR Le Petit Parisien, 4 mars 1921, page 2, ..
    • Simone Lanlard, Fernande Rainal élue, Mlle Marie Dubost, élection de la Reine du 1921
    • Andrée Legendre reine du 1921
    • Raymonde Vachelier, Melle Idoïne Cabuzel élue, Jacqueline Lechaire, élection de la Reine du 1921
    • Raymonde Bachelet, Suzanne Nivet reine du , Adrienne Mathieu le 12 février 1921
    • Reine du , Marguerite Lek, Simone Niquet reine, Suzanne Baumel, à la mairie du le 5 février 1921
    • Mlle Alice Ulpien, reine du élection du 30 janvier 1921
    • La Reine du de Paris et ses deux demoiselles d'honneur 1921
    • La Reine du de Paris et ses deux demoiselles d'honneur 1921
    • Élection de la Reine du de Paris 1921
    • La Reine du de Paris aux fêtes du 14 juillet 1921
    • La Reine du de Paris 1921
    • La Reine du de Paris et ses deux demoiselles d'honneur 1921Une des deux demoiselles d'honneur de la Reine du de Paris en 1921 est Germaine Buchet qui deviendra Reine des Reines de Paris en 1922.
    • La Reine du de Paris 1921
    • La Reine du de Paris 1921
    • La Reine des étudiants de Paris 1921La Reine des étudiants de Paris 1921 porte la faluche.
    • Marie de Martini demoiselle d'honneur de la Reine des étudiants de Paris 1921
    • Maryse Regieg demoiselle d'honneur de la Reine des étudiants 1921
    • La Reine des forains et ses deux demoiselles d'honneur 1921
    • Yvonne Béclu Reine des Reines de Paris 1921
    • La Reine des Reines à l'Élysée 1921
    • Départ du cortège avec la Reine des Reines 1921
    • Char de la Reine des Reines 1921
    • Char de la chanson 1921
    • Char des fétiches 1921
    1922 - 26 :

    • 26 février 1922, élection de la reine des reines Germaine Buchet élue entourée de gauche à droite de ses demoiselles d'honneur Germaine Ernés, Fernande Peiffer et Jeanne Cron
    • Germaine Buchet, Hélène Bemers élue reine du , Raymonde Duchêne 1922
    • Germaine Buchet, reine des reines, élection le 26 février 1922
    • Élection de Germaine Buchet, la reine des reines le 26 février 1922
    • Élection de la reine du , de g. à d. Lucie Capoulade, Mlle Boulanger, Mlle Olga Cayet élue reine 1922
    • Élection de la Reine du de Paris 1922
    • La Reine du de Paris et ses deux demoiselles d'honneur 1922
    • Élection de la Reine du de Paris 1922Sur la photo figurent les trois représentants de la Commune libre de Montmartre venus à la cérémonie.
    • La Reine du et ses deux demoiselles d'honneur 1922
    • Arrivée à Paris des reines de Strasbourg et Metz à la gare de l'Est 1922
    • Deux géants, 1922
    • Char du contribuable, 1922
    • Char des encombrements de Paris, 1922
    • Char de Monsieur Carnaval 1922
    • Char de la reine des Corses 1922
    • Char des étudiants 1922, on distingue sept Faluche (coiffe)Faluches
    • La Reine des Reines avec les reines d'Alsace et de Lorraine 1922
    • Les reines de Metz, Strasbourg et du de Paris reçues aux Halles de Paris (1) 1922
    • Les reines de Metz, Strasbourg et du reçues aux Halles de Paris (2) 1922
    • Les reines de Metz, Strasbourg et du reçues aux Halles de Paris (3) 1922
    • Les reines sur la terrasse des Galeries Lafayette 1922
    • Les reines au banquet donné aux Galeries Lafayette 1922
    • Les reines des différents arrondissements de Paris quittent la mairie du 1922
    • La Reine des Reines au palais de l’Élysée (1) 1922
    • La Reine des Reines au palais de l'Élysée (2) 1922
    • Les reines d'Alsace et de Lorraine à l'Élysée 1922
    • La reine de Strasbourg (à gauche) et la reine de Metz (à droite) à Paris pour la Mi-Carême 1922
    1923 - 8 :

    • La Reine des Abeilles et ses demoiselles d'honneur – 1923
    • 3 personnes déguisées dans la rue – 1923
    • 6 personnes déguisées dans la rue - 1923
    • 2 personnes déguisées dans la rue - 1923
    • Défilé de landaus sur le pont de la Concorde - 1923
    • 2 landaus ruches rue Lobau - 1923
    • 3 personnes déguisées dans la rue - 1923
    • 6 personnes déguisées dans la rue - 1923
    1925 – 3 :

    • Les reines des vingt arrondissements de Paris
    • La Reine des Reines de Paris 1925 avec ses demoiselles d'honneur
    • La foule sur les grands boulevards attendant le passage du cortège
    1926 - 13 :

    • Les reines de Paris et d'Alsace-Lorraine
    • Les étudiants costumés (ensemble de bigophones) place du Panthéon
    • Défilé des étudiants costumés
    • Défilé des étudiants costumés ou faluchés
    • Un char étudiant : le char de Mimi Pinson
    • Mimi Pinson reine des étudiants parisiens, avec ses demoiselles d'honneur, entourées d'étudiantsOn sistingue les mots « Mimi Pinson » sur l'écharpe royale, ainsi qu'une faluche brodée.
    • Dans une voiture découverte, la reine de Paris Simone Maître (au milieu) avec à sa gauche la Reine des Reines de Paris Mathilde Isembart
    • Musique belge du Soutien de Saint Gilles composée de 153 musiciens 1926
    • Enfants aux tambours défilant 1926
    • Musidora reine du cinéma, à cheval, 1926
    • A la Foire de Lyon : la Reine de Paris avec ses deux demoiselles d'honneur (1) 1926
    • A la Foire de Lyon, la Reine des Reines de Paris et ses deux demoiselles d'honneur (2) 1926
    • A la Foire de Lyon, la Reine de Paris et la Reine de la colonie russe se tenant par la main 1926
    1927 - 11 :

    • Mary Simona Reine de Paris 1927
    • Musique belge du Soutien de Saint Gilles et chars 1927
    • Musique belge du Soutien de Saint Gilles défilant en 1927 - 1
    • Musique belge du Soutien de Saint Gilles défilant en 1927 - 2
    • La foule sur les grands boulevards 1 1927
    • La foule sur les grands boulevards 2 1927, photo en mauvais état
    • Le Bœuf Gras de la boucherie Sabatier sur son char 1927
    • Char de la mariée de Robinson 1927Char mentionné dans l'article compte-rendu des défilés de la Mi-Carême 1927 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6067951.langFR Mi-Carême ensoleillée, Trois cortèges ont parcouru au milieu d'une grande affluence les divers quartiers de Paris, Le Petit Parisien, 25 mars 1927, , et .
    • Chars réclames 1927
    • Char de la Reine de Paris, avec des papillons géants 1927
    • La Reine de Paris Mary Simona et ses deux demoiselles d'honneur sur leur char 1927
    1928 - 8 :

    • Char du Royaume d'Argot 1928https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k630226h/f2 La Mi-Carême sous le soleil, Le Petit Journal, page 2, .
    • Char du Bœuf Gras place de l'Opéra, 1928
    • Les chars romains place de l'Opéra, 1928
    • Char Zig, Puce et Alfred place de l'Opéra 1928
    • Char des suppliciés 1928
    • Ancien omnibus attelé Saint-Ouen Bastille place de l'Opéra 1928
    • Char de la Reine des Reines Paulette Cayet place de l'Opéra 1928 - 1
    • Char de la Reine des Reines Paulette Cayet place de l'Opéra 1928 - 2
    1929 - 6La BNF conserve la photo de Made Brillant présentée en tant que reine de Paris 1929. Mais les journaux de 1929 indiquent une autre femme en qualité de reine de Paris 1929 : Simone Gabard.:

    • Élection d'une Reine, peut-être Simone Gabard 1929
    • Char de l'Exposition coloniale, 1929Une banderole ajoutée sur ce char porte l'inscription « République libre de Vincennes ».
    • Deux chars et une musique 1929
    • Char de la S.D.N. 1929Sur ce char une effigie d'Aristide Briand fait face à un bébé Kellogg.
    • Char vu de face 1929
    • Char passant devant l'Hôtel de Ville 1929
    1930 - 7 :

    • La foule et le cortège 1930
    • Vue du char de la Reine des Corses 1930Sur le char, on lit, en zoomant sur la photo l'inscription : « A LA REINE DES CORSES »
    • Défilé des chars 1930
    • Vue d'ensemble du char des Reines 1930
    • Le char des Reines 1930
    • Le char des Reines, détail 1930
    • Vue d'ensemble du cortège dans Paris en 1930
    1931 - 3 :

    • Élection de la reine du 1931
    • Char de la reine des Étudiants 1931Il défile le dimanche 12 avril 1931 et pas le jeudi de la Mi-Carême 12 mars.
    • Char avec géant 1931
    1932 - 1 :

  • La Reine de Paris au palais de l'Élysée 1932
  • 1934 - 3 :

    • Cavalcade rue Saint-Dominique 1934
    • Cavalcade de l'avenue d'Orléans, n°1 1934
    • Cavalcade de l'avenue d'Orléans, n°2 1934

    Sources

    Fichier:REINES 1906.jpguprightvignetteLes Reines de la Mi-Carême 1906Le Matin, 22 mars 1906, page 1..
    • Bibliothèque historique de la ville de Paris : dossiers Actualités Carnaval.
    • Bibliothèque publique d'information-BPI, Centre Georges Pompidou, à Paris : microfilms de journaux quotidiens parisiens des .
    • Collections historiques de la Préfecture de police de Paris, dossiers sur le Carnaval, la Mi-Carême, à Paris. La quasi-totalité des archives de la police de Paris a malheureusement brûlée en mai 1871. Quelques rares documents antérieurs à cette date, concernant le Carnaval de Paris, subsistent.
    • Site Gallica de la BNF : journaux parisiens et ouvrages divers sur Paris.

    Notes et références


    Articles connexes


    • Promenade de la Vache enragée
    • Descente de la Courtille
    • Goguette
    • Orphéon

    Liens externes

  • Cœurs-Sœurs association organisatrice officielle du Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses.

  • Catégorie:Carnaval de Paris
     
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